AIMANT — AIMOIN
aimantée est placée sur une pointe aigué et disposée en équilibre , elle ne penchera pas plus d’un cété que de l’autre; mais si on la place de la méme maniére apres l’avoir aimantée , on observera , dans nos climats , que celle de ses pointes qui sera tournée vers le nord s’inclinera vers la terre ; et si l’on porte la méme aiguille de Pautre coté de I’équateur , Vinclmaison de l’aiguille se fera en sens contraire, ce sera la pointe tournée vers le sud qui s’abaissera. La meilleure maniére de disposer les aiguilles aimantées pour faire des observations, c’est de les suspendre par leur centre de gravité 4 un fil de soie tel qu’il sort du cocon. Une aiguille ainsi suspendue dans nos climats s’inclinera vers la terre du cété du nord; mais encore, si on la détourne a droite ou & gauche de la direction qu’elle aura prise @elle-méme , elle y reviendra en faisant plusieurs oscillations , 4 la maniére des pendules que l’on écarte de la perpendiculaire : de la la distinction des aiguilles aimantées en aiguilles de déclinaison et aiguilles @inclinaison. L’aiguille de déclinaison conserve toujours sa position horizontale , parce que Yon fait Pextrémité de cette aiguille qui se trouve vers le nord plus légére que Vextrémité qui se dirige vers le sud, de fagon qu’elle ne peut plus s’incliner vers la terre du cété du nord. La direction de Vaiguille de déclinaison est trésvariable , suivant les lieux ou on la porte, et suivant les temps. A Paris , par exemple, elle s’écarte de la méridienne de cette ville d’environ 19° 42’ vers Pouest. En 1678 son écartement n’était que d’un degré un tiers; on prétend qu’aujourd’hui elle se rapproche de nouveau du méridien, On trouve sur le globe terrestre plusieurs lignes courbes sur lesquelles la déclinaison de Vaiguille est nulle ; c’est-a-dire qu’étant portée sur un point quelconque de ces courbes, elle se dirige exactement vers le nord. La direction de VYaiguille de déclinaison varie aussi de quelque chose a certaines heures de la journée. Le maximum de déclinaison a lieu de midi 4 trois heures du soir; l’aiguille a repris sa premiére position 4 huit heures, puis elle demeure stationnaire toute la nuit. C’est entre les deux équinoxes de printemps et d’automne qu’ont lieu les plus grandes variations diverses. Ces variations ne sont pas les mémes dans tous les pays. L’aiguille aimantée est encore sujette a des variations brusques et accidentelles, qui se manifestent surtout a apparition des aurores boréales; les tremblements de terre la détournent , et la foudre lorsqu’elle tombe auprés renverse quelquefois totalement ses péles , c’est-a-dire que Ja pointe qui se dirigeait vers le nord se tourne brusquement vers le sud. On dit alors qu’elle affole. La boussole est une application des propriétés de Vaiguille de déclinaison.
L’aiguille d’inclinaison se construit avec une lame d’acier mince, suspendue par son centre de gravité sur un petit arbre horizontal, qui tourne sur ses deux extrémités comme une roue de montre sur ses pivots. Quand cette aiguille nest pas aimantée, elle prend une position horizontale; mais lorsqu’on lui a communiqué les propriétés magnétiques, elle s’incline vers la terre du cdté du nord, ou du cété du midi, suivant qu’elle est portée en deca ou au dela d'un cercle qui se trouve dans le voisinage de l’équateur terrestre, et qu’on appelle éqguateur magnétique, parce que l’aiguille d’inclinaison, étant portée sur un point quelconque de ce cercle, prend une position parfaitement horizontale ; dans tout autre lieu de la terre elle s’incline plus ou moins; il existe 4 coup stir des péles magnétiques, ov elle se tiendrait verticalement. L’équateur magnétique est fort irrégulier ; il forme plusieurs coudes, puisqu’il coupe l’équateur terrestre en quatre endroits différents. Pour que l’aiguille d inclinaison agisse en toute liberté, il faut la diriger suivant e meéridien magnétique, dont la direction est indiquée par Paiguille de déclinaison; nous voulons dire que l’axe qui la porte doit faire quatre angles droits avec la direction qui est indiquée par Vaiguille de déclinaison. L’aiguille dincli-
naison, aussi variable que Vaiguille de déclinaison, n’est pas 4 beaucoup prés d’une aussi grande utilité, parce que ses variations ne sont ni réguliéres ni constantes. Deux aiguilles sinclinent différemment dans le méme temps et dans le méme lieu. On évaluait l’inclinaison magnétique a Paris en {831 4 67° 40’; en 1858, & 66° 16’; en 1859, a 66° 15’,
L’inclinaison de laiguille aimantée augmente avec la latitude. Les voyageurs qui ont pénétré dans les régions polaires ont trouvé des inclinaisons voisines de 90°, c’est-a-dire presque verticales, mais jusqu’a présent on n’a pas rencontré le lieu of Paiguille aimantée coinciderait avec le fil a plomb.
Action du globe terrestre sur les aimants. — Les phénoménes que les aiguilles aimantées indiquent sont attribués a Vaction du globe terrestre. En effet, les physiciens admettent ou supposent que les diverses masses de fer qui sont ensevelies dans les entrailles de la terre jouissent des propriétés magnétiques; que leurs actions s’ajovtant, il en résulte que le globe agit comme un gros aimant ayant ses poles, l'un vers le nord, l’autre vers le sud ; qu’enfin il agit sur les autres aimants suivant les lois qui régissent les fluides magnétiques. Ainsi donc, une aiguille aimantée qui peut tourner librement sur un pivot prendra forcément une direction qui s’écartera peu ou point de la méridienne du lieu ou on la placera. Appelons A le péle de l’aimant terrestre qui est du cété du nord, et B le péle qui est du cété du sud, et désignons par a et 0 les pdles de Vaiguille aimantée. Le fluide contenu vers le péle a étant de méme espéce que celui du pdle A de la terre, ce péle a sera repoussé par le pdle A, et il sera attiré par le pole B; et par la méme raison, comme nous l’avons dit plus haut, le péle 6 sera attiré par le pole A, tellement que la pointe de l’aiguille vers laquelle sera le pdle b se dirigera vers le nord, et l’autre pointe vers le sud : d’ot il suit que si l’on appelle les péles de l’aimant représenté par Ja terre austral et boréal, et que, par analogie, on donne les mémes noms a ceux de laiguille aimantée, il est évident que celle de ces pointes qui se tourmera vers le nord portera le nom de pdle austral , et que le pdle boréal de la méme aiguille se tournera vers le sud.
C’est encore, dit-on , a l’influence du globe terrestre qu’il fant attribuer les vertus magnétiques qu’acquiérent avec le temps, ainsi que Gassendi 1l’a remarqué le premier, les croix des clochers et des barres de fer disposées verticalement pendant un certain temps. Dans nos climats le fluide du pole boréal de la terre attire vers celle-ci le fluide de nom contraire de la barre de fer, et il repousse autre qui est de méme nature que lui, de fagon qu’a la longue la barre acquiert les propriétés d’un aimant.
Les propriétés de Paimant sont d’une grande utilité pour se diriger avec certitude en tout temps, la nuit comme le jour, sur terre, sur mer et dans les souterrains. Sans le secours de la boussole, les longs voyages maritimes seraient impossibles ou trés-dangereux.
Les Egyptiens et les Grecs employaient l’aimant en médecine sous forme d’emplatre ou de poudre auxquels ils attribuaient des propriétés merveilleuses. Ces préparations sont complétement abandonnées aujourd’hui. On a imaginé depuis Pusage de plaques aimantées, qui, par les courants électriques qu’elles (éterminent au travers des organes dans le voisinage desquels elles sont appliquées, peuvent apporter un soulagement réel dans une foule de maladies nerveuses. Quant aux bagues aimantées, que quelques personnes portent au doigt pour prévenir la migraine, elles n’ont sans doute daction que sur imagination des malades. i FS
AIMOIN, chroniqueur frangais, naquit vers Vannée 950, a Villefranche, en Périgord, et mourut en l’an 1008. Entré au cloitre des Bénédi¢tins de Fleury-sur-Loire, il devint un des disciples de l’'abbé Abbon. Il a laissé une Histeire des Francais, qui comprend cing livres, Les trois premiers embrassent une période qui se termine a la seizidme année du régne de Clovis II. Quant aux livres quatriéme et cinquiéme,
on a lien de supposer qu’ils n’ont pas été composés par Aimoin.
AIMON (Les quatre fils), Voyez Aymon.
AIN (Departement de I’ ), Composé de l’ancienne Bresse, du Bugey, du Valromey, du territoire de Gex et de la principauté de Dombes, il est borné au nord par le département du Jura, a Vest parla Suisse et les départements de la Haute-Savoie et de la Savoie, au sud par le Rhdne qui le sépare du département de I’Isére, et &ouest par la Sadne qui le sépare des départements du Rhdne et de Sadne-et-Loire.
Divisé en cing arrondissements, dont les chefs-lieux sont Bourg, Belley, Gex , Nantua et Trévoux , il compte 35 cantons et 450 communes, Il envoie sept députés a PAssemblée; forme avec le Rhone et Sadne-et-Loire la 17° conservation forestidre; constitue la 4° subdivision de la 8° division militaire, dont le quartier général est 4 Lyon; ressortit & la cour d’appel de la méme ville, et compose le diocése de Belley, suffragant de l’archevéché de Lyon. Son académie comprend 1 lycée, 1 collége communal, 5 institutions secondaires, 8 pensionnats, 821 écoles primaires.
Sa superficie est de 580,660 hectares, dont 243,383 en terres labourables, 119,863 en bois, 12,139 en foréts et domaines non productifs, 38,923 en prés, 14,955 en vignes, 2,102 en vergers, pépiniéres et jardins, 19,834 en étangs , mares, canaux irrigation, 4,119 en riviéres, lacs et ruisseaux, 68,633 en landes et bruyéres, 4,198 en propriétés baties, ete. Sa population est de 374,643 habitants. L’ancienne principauté de Dombes, formant l’arrondissement de Trévoux, est couverte d’étangs au nombre de 16,000, sur 13,000 hectares, alternativement remplis d’eau et cultivés : une loi de 1857 en régle et facilite l’asséchement.
Ce département est arrosé par Ain, qui lui donne son nom, par Ja Bienne, la Reyssouse, la Valserine, la Veyle, la Chalaronne et le Furan. L’Ain, qui prend sa source dans le département du Jura, et va se jeter dans le Rhone a 28 kilom. au-dessus de Lyon, traverse le département du nord au sud, et le divise en deux régions. La partie orientale, sur sa droite, forme un vaste plateau ondulé, couvert de terrains argileux st marécageux ; la partie occidentale . sur sa gauche, est hérissée de montagnes de 1,400 4 1,800 métres d’élévation, qui se rattachent aux Alpes par le Jura, et sillonnée de vallées profondes, presque toutes dirigées du nord au sud, et traversées par des torrents rapides. Dans la région orientale , Vagriculture, qui forme la principale occupation des habitants, leur fournit des récoltes suffisantes pour leur consommation; le sol leur donne de la tourbe et quelques bancs de houille. Dans la région occidentale,-on culfive des terres fertiles, on éléve des beeufs, des moutons et des chevaux ; on exploite du fer et d’excellents matériaux pour les constructions.
Dans ce département, les riviéres sont poissonneuses ; les aloses et les truites qu’on y péche sont partliculiérement renommées. Les essences dominantes dans les foréts sont le chéne, le hétre et le sapin. La truffe noire est assez commune. La mine de fer de Villebois-sous-Belley est la seule exploitation métallurgique de YAin; mais les carriéres de marbre, de pierres de taille, de marne, d’argile 4 potier, de gypse, y sont nombreuses et importantes. On y trouve de Yalbitre, des stalactites en grandes masses, qui présentent des formes et des nuances curieuses. Les pierres lithographiques de arrondissement de Belley sont les meilleures de France. Plusieurs localités possédent des tourbiéres , et les mines de bitume de Seyssel et de Pyrimond sont Pobjet @une exploitation avantageuse.
L’industrie agricole y est florissante. On y cultive la vigne, le froment, le seigle, l'orge, l’avoine, le mais, le millet, le chanvre, la pomme de terre. L’éléve des chevaux et des bestiaux occupe un grand nombre de cultivateurs ; les pores gras, la yolaille de Bresse, les poissons des angs sont lobjet d'une grande exploitation. Depuis quelques années on s’y