‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 138 sur 197 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

s’operent le mélange et la combinaison de plusieurs métaux de pesanteurs spécifiques différentes , et combien il faut les remuer ou les brasser. Plusieurs métaux , tels que Vor, l’argent, le bronze, l’étain, le plomb, etc., abandonnés a Ja seule action du feu, n’auraient formé, méme en supposant une fusion simultanée, que des masses confuses , composées de plusieurs couches, selon la pesanteur spécifique et la quantité de chaque métal; ou ils ne se seraient qu’imparfaitement mélangés, et il n’aurait pu en résulter un tout également combiné, et propre, par exemple, 4 servir a Ja forte des ouvrages du statuaire. Pline dit que lon initait Pairain de Corinthe par un alliage de cuivre, d’or et d’argent. Mais les connaissances en métallurgie et en analyse chimique étaient-elles alors parvenues au point de faire trouver la composition de ce bronze et les proportions de son alliage? C’est ce dont il est permis de douter. Pline parle de trois espéces d’alliages : la premiére était blanche, et Yargent y dominait; la seconde avait la couleur de lor, ce métal n’y entrait probablement qu’en petite quantité; sil y ett été réparti uniformément, il se serait opposé, en conservant sa couleur, a ce que le temps produisit facilement cette belle teinte verte que les anciens aimaient a voir au bronze. Dans la troisitme espéce, les métaux étaient combinés par parties égales. ;

Il y avait un airain noir, nommé hépatizon, a cause de sa couleur @’un rouge brun foncé, qui avait assez de ressemblance avec celle du foie (en grec jmap ) : Pline n’en connaissait pas la composition; il parait qu’elle était due au hasard. Ce bronze était moins estimé que celui de Corinthe , mais plus que ceux de Délos et d’Egine.

AIRAIN (Serpent d’). Voyez Serpent.

AIRE (du latin area). En géométrie on appelle ainsi lespace que renferme une figure rectiligne, curviligne ou mixtiligne. Dans ce cas wireest synonyme de surface ou superficie ; mais il s’emploie plus particulierement en parlant dune portion de surface, bien qu’il puisse s’appliquer aussi a une surface entiére. — En mécanique , on appelle principe des aires ou conservation des mouvements de rotation un principe général posé par Newton, et qui s’applique particuliérement a un systéme de points maférieis sollicités par les actions mutuelles et par des forces dirigées vers un point fixe. — En astronomie, Képler adonné le nom de loi des aires proportionnelles a une des lois auxquelles obéissent les planétes dans leurs mouyements; découverte que ce grand astronome, notons-le en passant, fit en méme temps que celle de la figure eliiptique des orbites de ces mémes planétes. Cette loi consiste ence cue le rayon vecteur, mené du centre du soleil au centre de la planéte qui tourne autour de lui, parcourt des sectears égaux dans des temps égaux. Ainsi, que la planéte soit deux fois plus éloignée du soleil , elle ira deux fois plus lentement; de sorte que le triangle du secteur parcouru étant deux fvis plus étroit, quoique deux fois plus long , la surface sera Ja méme. De la découverte de cette loi, Képler conclut que le mouvement des planétes devait nécessairement étre produit par une force dirigée constamment vers le soleil et combinée avec une force initiale. — En termes d’architecture, on appelle aire toute surface plane d’une construction : ainsi, Paire d’un pont est le dessus d’un pont , la partie sur laqueile on marche; laire d'un bassin est un massif d’environ 33 centimetres d’épaisseur, composé de chaux et de ciment avec des cailloux ou un corroi de glaise , pavé par-dessus, et qui fait le fond dun bassin; aire d’un plancher est Venduit en platre, en platras on en mortier que l’on fait au-dessus , au-dessous et entre les solives d’un plancher, etc. — En agriculture on donne ce nom a une surface plane et circonscrite par les bords, ménagée sur le sol, et sur laquelle on bat les gerbes de blé pour séparer le grain de la pailie. — En numismatique, aire est synonyme de champ, et désigze la surface plane de la médaille sur laquelle est gravé le sujet de Ja légende. — Aire se dit

aussi, en ornithologie, du nid des grands oiseaux de proie. Il est rond, aplati, trés-peu concave et fort ample : des branches et de jeunes rameaux composent son tissu, et il est garni de mousse, de poil et de laine. — En termes d’eaux et foréts, on entend par coupes @ tire et & aire celles qui doivent étre faites entre des lisitres marquées pour faire un champ ou une aire, dans laquelle on ne laisse que des arbres de réserve. — Dans la marine on nomme aire ou air de vent une des trente-deux divisions de la boussole ou rose des vents. La circonférence de lhorizon est divisée en trentedeux parties auxquelles on a donné des noms empruntés aux points cardinaux ; et la rose des vents est divisée en trente-deux aires, qui répondent aux divisions de horizon.

ATREENNES. Voyes ALo£es.

AIRELLE, nom commun d’un genre de plantes que 1es botanistes nomment vaccinium, et quwils rangent dans la famille des éricacées. — Les foréts du nord de l'Europe, celles de Allemagne, et en France celles des Vosges surtout, renferment dans leurs sites les plus ombragés et les plus froids ma arbuste qui n’a qu’un pied de hauteur, et qui dans plusieurs positions domine néanmoins tellement le sol, qu'il Poceupe seul sur de grandes superficies , 4 exclusion de tout autre végétal; c’est Vairelle myrtil ou myrtille. Cet arbuste produit des fruits bleus ayant le volume de petits raisins , légérement acides, trés-agréables & manger, dont on fait un excellent sirop, des tartes aussi délicates que celles de raisins de Corinthe, et dont il se fait une trés-grande consommation dans les Vosges et ailleurs. Les Vosgiens, a l’imitation des habitants de Amérique septentrionale , qui préparent avec Vairelle de Pensylvanie des tourteaux de confitures, font avec Vairelle des Vosges des confitures séches faconnées a la maniére américaine, qui, mises en lieu sec, se conservent plusieurs années. — Mais le principal emploi du fruit de Vairelle myrtil est de colorer le vin, auquel il donne, en outre, un petit godt piquant, qui ajoute a la qualité des vins ordinaires. — Il y a déja quelque temps, une quantité remarquable de fruits d’airelle myrtil secs, en balles, envoyés de Allemagne sur la place de Paris, servirent, avec de l’alcool et une matiére sucrée , a faire des vins artificiels agréables et d’une belle couleur, qui s’écoulérent par la yoie du commerce, et furent consommés dans cette ville sans danger pour la santé publique. Du reste, il est certain que pour colorer le vin ce fruit est préférable aux baies de sureau , qui ne sont pas sans danger dans certaines circonstances, tandis que l’airelle myrtil n’est jamais dangereuse. — L’airelle myrtil , déja multipliée dans nos jardins, sera vraisemblablement un jour un objet de culture de quel-

que importance parmi nous, et surtout dans le Nord, moins

pour faire le yin que pour le colorer, ou comme plante tinctoriale , dont les applications ne sont pas encore suffisamment connues. — L’airelle myitil porte encore les noms de morcé , brimbelle, raisin de bois et teint-vin.

Lairelle de Pensylvanie s’éléve a la hauteur de six a sept pieds, et croit abondamment dans l’Amérique septentrionale, o& ’on consomme ses fruits comme aliment, a l’état frais, sur toutes les tables. Cette plante est d’une grande importance peur les peuplades qui vivent au sein des foréts. On en fait dans les Etats-Unis des confitures trés-délicates, qui se conservent plusieurs années si on a soin de les tenir dans un lieu sec. C. Tottarp ainé.

Parmi les autres espéces on cite : l'airelle des marais, qui croit dans les Alpes, dont les fleurs sont blanches ou roses, avec des bates noirdtres; ’airelle ponctuée, dont les feuilles sont ponctuées en dessous, les {leurs rougeatres, et les bales rouges trés-acides et rafraichissantes. Cet arbuste croit jusqu’en Laponie, ol on mange ses baies crues. Dans quelques contrées d’Allemagne elles servent d’assaisonnement. Une autre espéce, Pairelle carneberge ou coussinet, croit dans les marais tourbeux ; ses baies rouges, trés-acides, sont abandonnées aux oiseaux.

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