‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 140 sur 197 · AISNE — AIX · texte numérisé non relu

AISNE — AIX

feaux & pentes abruptes, et dont les points culminants atteignent 4 peine 200 métres d’altitude. La surface de ces plateaux, dont la masse secompose de formations argileuses, siliceuses et calcaires, est recouverte d’une couche végétale assez fertile; mais lo sol des vallées surtout, résultant d’alluvions fluviales, est remarquable par sa fécondité. Le département de l’Aisne est boisé, et présente un assez grand nombre de lacs et d’étangs, dont le plus considérable est celui de Saint-Laurent.

Les foréts qui le recouvrent recélent un grand nombre de bétes fauves et d’animaux sauvages, On péche des sangsues dans les étangs ; l’écrevisse y est commune et d’une grosseur remarquable. Les essences dominantes dans les foréts sont le chéne, le charme, le hétre, le fréne et le bouleau. Le sol, généralement calcaire ou crayeux, ne renferme pas de mines métalliques susceptibles d’exploitation ; mais il abonde en pierres a batir, en marbres, en argile 4 creusets, en terres pyriteuses et alumineuses, en gypse, grés, lignite,

tourbe.

L’art agricole est fort avancé dans ce département. La culture prédominante est celles des céréales, qui occupent annuellement les cing septiémes environ de l’étendue du sol. On y cultive les plantes oléagineuses, les betteraves a sucre, les poiriers et les pommiers pour le cidre, le houblon, les haricots renommés de Soissons. Les vignes ne produisent que

des vins de médiocre qualité. L’exploitation des foréts ferme |

une branche trés-importante de lindustrie agricole. L’engrais des bestiaux et éléve des chevaux et des moutons y ont acquis quelque développement. Les animaux de bassecour sont aussi l’objet de spéculations dela part d’un grand nombre de cultivateurs.

L’industrie manufacturiére du département de I’Aisne est trés-importante. Ses principaux produits consistent en tissus dits articles de Saint-Quentin, toiles de Thiérache, tulles brodés, chales et tissus cachemires, glaces de Saint-Gobain, verreries de Folembray, farines, sucre de betteraves, huiles, cidre, charbons de bois, boissellerie, vannerie, platre, briques, toiles, produits chimiques.

Le département de |’Aisne posséde plusieurs canaux : les canaux de Crozat, des Ardennes, de Manicamp, de La Fére, de la Somme, de la Sambre 4 lOise, et le canal de Saint- Quentin, qui lielaSomme al Escant. Il est en outre sillonné par 8 chemins de fer (279 kil.) , 12 grandes routes (613 kil.), 30 routes départementales (671 kil.), 2,397 chemins vicinaux (5,771 kil.). Envahi par les Allemands, en aout 1870, il a été occupé militairement jusqu’en septembre 1871.

Ses principales yilles sont: Laon, chef-lieu du département, Saint- Quentin, Soissons,Chateau-Thierry, Vervins, Guise, La Fére. La Ferté-Milon est ie patrie de Racine.

»AISSAOUAS, secte musulmane qu’on rencontre surtout dans Je nord de l'Afrique, en Algérie et au Maroc, et dont les membres pratiquent des tours d’adresse, comme de jouer avec le fev, avec des serpents, etc. Ils tirent leur nom d’Aissa, marabout du seiziéme siécle. Z.

AISSE (Mademoiselle), Circassienne devenue célébre par ses aventures, fut achetée alAge de quatre ans, en 1698, moyennant la somme de 1,500 fr., par le comte de Ferriol, ampassadeur de France a Constantinople ; le marchand d’esclaves assurait qu’elle était princesse circassienne; du reste, elle promettait déja une rare beauté. M. de Ferriol l’amena en France, et la confiaa sa belle-sceur, sur de madame de Tencin. Mile Aissé recut donc une éducation brillante, Son bienfaiteur voulut se payer de ses soins en la séduisant. Elle résista aux offres du Régent. Au nombre de ses adorateurs, elle distingua le chevalier d’Aydie, et cet amour remplit le reste de sa vie. M. d’ Aydie était chevalier de Malte : il voulut se dégager de ses vceux ; mais elle s’y opposa constamment, et alla en Angleterre, ou elle donna najssance au fruit de leur liaison. Bientét les remords les

DICT. DE LA CONVERSATION. — y, 1

plus amers vinrent accabler mademoiselle Aissé; ne pouvant vaincre sa passion, elle ne voulut point du moins y céder denouveau, et sa vie se consuma dés lors en chagrin. Elle mourat 4 Paris en 1733. Elle a laissé des lettres remplies de graces et d’agrément; elle y peint les faiblesses de son coeur avee franchise et abandon ; on y trouve aussi des anecdotes sur ses contemporains. Ces lettres, imprimées Wabord avec des notés de Voltaire, ont été depuis réunies a celles de mesdames de Villars, de La Payette et de Tencin, et ont obtenu plusieurs éditions, parmi lesquelles on cite celle d’Auger, avec une notice de M. de Barante, et celle de M. Ravenel avec une étude de M. Sainte-Beuve. *

AISSELLE (du latin axilla), cavité qu’on remarque au-dessous de l’épaule, a la naissance de |’articulation du bras, entre ce dernier membre et le cété de ‘la poitrine; on Pappelle aussi le creux de U’aisselle. Cette cavité, en forme de triangle mobile, suivant les divers mouvements qu’affecte le bras, se trouve bornée par deux espéees de saillies souscutanées, dont la premiére en avant est formée par une partie du muscle grand pectoral, et la seconde en arriére par les muscles grand dorsal et grand rond. La peau de l’aisselle est de légére épaisseur, plus ou moins garnie de poils 4 Page de la puberté. Une assez grande quantité de ganglions dits sébacés sécrétent une espéce de matiére muqueuse dont l’exhalaison est désagréable. La peau se raftache a la région que forme le creux delaisselle au moyen dune bride, qui se relie elle-méme avec la coracoide. On découvre immédiatement au-dessus de la peau une légére couche de tissu cellulaire, puis ensuite une aponévrose, laquelle se treuve elle-méme enveloppée dans une nouvelle couche plus considérable de tissu cellulaire. C’est au sein de cette derniére région qu’on rencontre les vaisseaux axillaires ainsi que les nerfs du plexus brachial. Les maladies principales de laisselle sont les abcés, les bubons, les furoncles, les plaies des vaisseaux axillaires, l’'anévrysme de l’artére axillaire, ’engorgement des ganglions lymphatiques, etc.

Par analogie , on donne le nom d’aisselle, en botanique, a langle formé par une feuille ou par un rameau sur une branche ou sur la tige.

AIS VARIRA, nom des sectes bouddhiques qui admettent l’existence d’un étre primitif, eréateur du monde et maitre de toutes choses ; tandis que les svabhavihos attribuent l’origine de toutes choses a la force productrice de la seule nature (svabhava), dont les productions sont le résultat nécessaire de lois éternelles, préexisfantes et immuables. Les ais’varikas sont a leur tour partagés en deux grands partis, dont l'un admet un Dieu éternel et immortel comme cause unique et principe immédiat de tout ce qui est; et autre, tout en reconnaissant ce méme Dieu, avec les mémes attributs, cette mémg cause avec les-mémes résultats, ajoute qu’ils sont unis a un principe matériel, quoique éternel. Comme d’autres sectes bouddhiques, les ais’varikas admettent l’existence de deux mondes, celui de l’action et celui du repos; mais ceux-l4 méme qui croient en un seul Dieu immatériel par essence n’admettent ni sa providence ni son autorité. Ils pensent que ’homme vertueuX peut arriver au bonheur par Vabstraction mentale et par les efforts de labnégation qu'il professe pour tontes les choses extérieures.

AITON (Wit), botaniste anglais, né en 1731 prés d’Hamilton, comté de Lanark (Ecosse ), était d’abord un simple jardinier. Venu 4 Londres, il fut nommé en 1759, surintendant du jardin botanique de Kew, et contribua beaucoup 4 l’enrichir. En 1789 il publia avec Solander et Dryander I'Hortus Kewensis, 3 vol. in-8°, qu’un de ses fils a continué. Aiton mourut en 1793. Thunberg lui a dédié un genre de plantes. Zz.

AIX. C’est PAque Sextie des Romains. Ville de France, ancienne capitale de’la Provence, aujourd’lui chef- lieu d’arrondissement des Bouches-du-Rhone, prés de la riviéie

@Arc, A 20 kilom. nord de Marseille. Population, 28,152 habitants. Elle fut fondée en Pan 124 avant J.-C., pres d’une source d’eaux thermales, par le consul C, Sextius Calvinus, dont elle prit le nom. Elle est le siége d’un archevéché , @une cour d’appel, d'un tribunal de premiére instance et d’un tribunal de commerce; son académie comprend hes départements des Basses-Alpes , des Bouches-du-Rhone , de la Corse, du Var, de Vaucluse et des Alpes-Maritimes ; Aix posséde des facultés de droit, des lettres et de théologie, un collége communal, une école normale primaire, une école impériale d’arts et métiers, un cabinet @histoire naturelle, un musée de tableaux et d’antiquités, augmenté de Ja galerie de Granet, et une riche bibliothéque publique. Aix a de magnifiques hdtels, de belles rues, une grande place et de superbes promenades. Un embranchement Ja relie au chemin de fer de Lyon a Marseille. Son industrie dn coton est déchue; mais elle trouve une large indemnité dans I’éducation des vers a soie et la fabrication des soieries. Les huiles d’Aix jouissent d’uneréputation européenne, et le succés avec lequel on y a acclimalé les legumes et les fruits de I’'Italie est devenu pour les habitants de son territoire une source de richesses. A la fin du douziéme sitcle, Aix fut pour ainsi dire le centre et le foyer de la littérature provengale; et elle resta la capitale des comtes de Provence jusqu’a l’extinction de leur race, On y conserve encore le souvenir du roi René, auquel on a élevé une statue en 1819. Quelque temps aprés sa fondation, Aix fut embellie par Marius, et César y envoya une colonie : plus tard, elle devint la métropole de la seconde Narbonnaise. Lors de Vinvasion des Bourguignons et des Wisigoths elle vit son territoire entitrement dévasté; enfin suryinrent les Sarrasins, qui mirent la ville 4 feu et a sang. On ne commenca 2 la rebitir qu’en 796. Sous le régne de Francois 1° Aix fut pillée par les Marseillais et prise, en 1535, par Charles-Quint, qui s’y fit couronner roi d’Arles.

AIX, V’encienne Ague Sabaudice, chef-lieu de canton du département de la Savoie, 4 12 kilom. de Chambéry, prés du lac de Bourget; elle a 4,430 habitants. On y voit les belles ruines de PAque Gratiane des Romains. C’est dans cette ville qu’eut lieu la cession de la Savoie et de la Maurienne a Bérold par Rodolphe, en 1000. Elle renferme des eaux thermales en grande réputation. Ces eaux étaient connues des Romains, et l’on attribue l’établissement de ses bains au proconsul Domitius , qui vivait vers la fin du quatriéme siécle, sous Yempire de Gratien ; celui-ci y fit faire ensuite de grands embellissements. Les batiments qui existent maintenant sont dusa Vingénieur Capellini, qui les construisit d’aprés les ordres du duc Amédée III. Les eaux d’Aix sont sulfureuses ; elles coulent de deifx sources qui sortent d’un rocher calcaire servanl d’enceinte 4 la ville. La premiére est appelée sowrce @Valun ou de Saint-Paul, ou thermes de Berthollet, en mémoire du célébre chimiste qui était né dans ces contrées ; la seconde est appelée source de soufre. La chaleur des eaux d’alun est de 38°,2 ; celle des eaux de soufre, de 43°,7. La température des eaux sulfureuses d’Aix ne baisse que temporairement, au moment de la fonte des neiges et des pluies équinoxiales. L’eau est parfaitement transparente, un peu onctueuse au toucher. L’analyse chimique y démontre, selon M. Buonvicino, la présence des matiéres suivantes : acide sulfhydrique, carbonates de chaux et de fer, chlorures de calcium et de magnésium, sulfates de chaux, de magnésie et de soude, ainsi que quelques traces de matiére extractive animale. On les administre en boissons pour les affections de poitrine, telles que Pasthme, les catarrhes chroniques et la phthisie commengante ; en bains et en boisson dans les paralysies incomplétes , les tumeurs blanches , les maladies des articulations , les rhumatismes , ies anciennes blessures et les vieux ulcéres.

AiX (Ile d’), petite ile de Pocéan Atlantique, 4 ?embouvive de 1a Charente, ot les vaisseauy partis de Rochefort

Page 1