‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 143 sur 197 · AIX-LA-CHAPELLE — AJUSTER · texte numérisé non relu

AIX-LA-CHAPELLE — AJUSTER

table courage , bien que celui-ci dégénérat parfois, dans la chaleur du combat, en une sorte de frénésie. Lors du sac de Troie, il poursuivit Cassandre jusqu’aux pieds de la statue de Pallas, l’en arracha par les cheveux, et se livra sur elle aux excés de la plus révoltante brutalité. Ulysse dénonga cette infame violence: Ajax se justifia par le serment; mais Pallas, irritée, le poursuivit de sa vengeance et le fit périr dans les flots. On raconte qu’Ajax, luttant contre la tempéte, parvint 4 gagner un rocher, qu’il blasphéma alors contre les dieux, mais que Neptune frappa le rocher de son trident et engloutit ainsi le blasphémateur.

AJAXTIES. Ajax, fils de Télamon, proche parent et ami d’Achille, et le plus brave des Grees aprés le fils de Thétis, fut mis, comme lui, au rang des immortels. On lui rendait des honneurs divins, et il avait un temple a Salamine. Sa statue y était d’ébéne. Tous les ans, a sa féte, on portait sur un lit trés-orné une figure armée de toutes pieces. Les Athéniens honoraient aussi Ajax; ils ayaient donné son nom a une de leurs tribus, |’A°antide.

AJONC. Cet arbuste é¢pineux, connu encore sous le nom de jean, hande, jonc marin, et genét épineux, est célébre par la propriété dont il jouif d’utiliser de mauvaises terres, ou on le séme avec avantage pour en obtenir, en le coupant tous les deux ou trois ans, du menu bois pour le chauffage et pour faire des clotures. Quelquefois la pousse de la premiére année est coupée en herbe, ef sert de fourrage. L’ajonc fertilise tellement le sol que la sixiéme année en peut le détruire et le remplacer par du froment, ou toute autre céréale, qui y réussit parfaitement. Mais c’est surtout pour faire des haies que l’ajonc est recommandable a cause de ses innombrables épines et de sa rusticité. Pour obtenir des haies d’ajonc, il faut en semer les graines en place, et non pas les planter, parce qu’il est d’une reprise difficile, méme en employant du plant de pépiniére, quoique ce dernier soit moins mauvais que celui qu’on aurait fait arracher dans les vieilles haies d’ajone ou dans les terres ou cet arbuste aurait été semé. — L’ajone est un arbuste A fleurs jaunes , solitaires , trés-rameux, plus ou moins velu, épineux, sans feuille. Il croit naturellement dans toute l'Europe sur les terres incultes ou abandonnées, et surtout dans les sables légers et mobiles , qu’il fixe, utilise et fertilise. Il appartient a la famille des légumineuses. On en connait trois espéces, ou plutét trois variétés. C. Toutarp ainé,

A JOUR . C'est expression dont on se sert pour indiquer un genre de monture qu’on adapte aux pierres fines. Un cercle entoure la pierre, dont les deux faces sont visibles , ce qui établit la transparence. — Onse sert de cette expression en comptabilite commerciale : les livres sont & jour ; mettreun compte @ jov7, c’est-a-dire lescomptes sont amenés sans lacune jusqu’aux derniéres opérations, il n’y a pas @écriture en arriére.

AJOURNEMENT se dit, en procédure, de l’assignation ou avertissement qu’on fait donner par un officier public 4 une personne pour qu’elle se présente devant un tribunal 4 jour et heure fixes. Dans l’ancienne procédure criminelle on appelait ajournement personnel Vassignation donnée a quelqu’un, en vertu d’une ordonnance ou dun décret du juge, pour comparaitre en personne et répondre sur les faits dont il était accusé. — Jacques de Molai, du haut de son bicher, ajourna, dit-on, Philippe le Bel et Clément V devant le tribunal de Dieu. — Notre langage parlementaire aemprunté aux Anglais le mot ajournement pour désigner le renvoi d’une discussion 4 un autre jour, ce qui peut étre une fin de non recevoir.

AJUDA, palais du roi de Portugal, & 4 kilométres de Lisbonne. Quoique inachevé, il se dessine majestueusement aVentrée du Tage, et sa facade est un des points les plus remarquables du panorama de la ville. Z.

AJUSTER. Dans art militaire, ajuster, c’est régler la position de son fusil en raison du but qu’on veut faire at-

AJUSTER — AKERBLAD

teindre a la balle, et de la distance qu’elle doit parcourir. Pendant longtemps on a agité la question de savoir s'il importe a V’art militaire que ?infanterie, quand elle se bat en ligne, ajuste son feu. On disait que Vinfanterie en masse tirant sur des masses son feu devait toujours porter, ct qu’il valait mieux tirer plus de coups que de vouloir ajuster. Néanmoins, il a paru si important que le fantassin tire juste qu’on a fondé A Vincennes une école de tir ot chaque régiment envoie tour a tour des officiers, des sous-officiers et méme des soldats, qui, en retournant 4 leurs corps une fois que leur instruction est achevée, y portent et y propagentla connaissance des vrais principes du tir. y AJUSTEUR. En termes de technologie, ajusfer cest réunir les pidces diverses d’une machine, exécutées par W@autres ouvriers, qui travaillent sans bien savoir ce qu ils font, tandis que l’ajusfewr (on Vappelle encore plus souvent peut-Ctre le monéewr) connait la place que doit occuper dans la machine chacune de ces pieces, et sait comment il devra les poser pour s’assurer si elles s’ajustent bien, et si une fois réunies elles produisent le jeu et Veffet attendus. On nomme plus spécialement ajusfeurs : 1° les ouvriers balanciers, qui fabriquent les poids et les mesures conformément aux étalons légaux ; 2° les employés des hdtels des monnaies chargés de constater le poids des flans, avant quwils soient soumis au balancier pour recevoir ’empreinte monétaire; de renvoyer a la fonte ceux qui sont trop faibles, ou bien, quand ils sont trop forts, de les couper et de les limer pour leur donner le juste poids quils doivent avoir. AJUTAGE. Ce mot désigne un petit tube conique ou cylindrique qui s’adapte 4 lextrémité dun tuyau de plus grand diamétre pour produire un jet d’eau. On emploie les ajutages, soit isolément, soit en les combinant; et on leur donne différentes formes qui produisent les effets les plus variés. Tantot Veau jaillit en gerbe élincelante, tantot elle forme un gracieux berceau pour retomber ensuite en larges nappes, en flots écumeux ou en pluie fine et diamantée. On dissimule les ajutages en les faisant passer dans ‘des statues d’hommes ou d’animaux; le plus souvent on les cache dans la gueule entr’ouverte d’un poisson monstrueux, que tient une humide Naiade ou quelque Amour bouffi. ARABIA (Maatry), professeur de médecine dans luniversité de Paris, né 4 Chalons-sur-Sadéne, devint, par son mérite, lun des principaux médecins de Francois 1°". Ce docteur mourut en 1551. Il avait traduit plusieurs écrits relatifs 4 son art. On cite les suivants : Ars medica, que est ars parva, et De Ratione Curandi, de Galien. Cette derniére traduction est accompagnée d’un Commentaire. — Martin Agana, fils du précédent, fut médecin comme son pére et professeur royal en chirurgie; il mourut en 1588, agé Wenviron quarante-neuf ans, On a sous son nom un - traité intitulé: Consilia Medica, 1598, in-folio. Mais, suivant quelques auteurs, cet ouvrage, ainsi que celui qui traite des maladies des femmes, et qui lui est généralement attribué, appartient 4 son pére. — Cette famille a fourni plusieurs autres -médecins. — Tout le monde connait la piquante Diatribe du docteur Akakia, médecin du pape. Voltaire, auteur de ce pamphlet, emprunta ce nom, connu dans la médecine, pour ridiculiser un livre de Maupertuis; cette diatribe est une continuelle allusion 4 tous les passages de ce livre qui étaient Vobjet de la moquerie publique. CHAMPAGNAC. ~ AKBAR (DséLAL-Eppin-Monammep), empereur de l’Hindoustan , de la race de Tamerlan, et l'un des plus grands princes de l’Asie dans les temps modernes, naquit 4 Amerkat, en 1542, et avait treize ans quand, 4 la mort de son pére Houmajoin , il parvint au tréne sous la tutelle du ministre Beyram. Il se distingua trés-jeune encore par des talents remarquables , et surtout par la brayoure et l’activité qu’il développa dans une guerre qu’il eut & soutenir contre ses sujets révoltés , parmi lesquels se trouvait Beyram lni-méme. Malgré les guerres continuelles qu’il eut A soutenir contre

ses voisins ou contre ses propres sujets, et qui l’entrainérent successivement dans toutes les provinces de son empire, il cultiva les sciences, principalement histoire, et donna les plus grands soins a l’administration de ses Etats. Il fit faire le dénombrement de ses peuples, et ordonna des recherches sur la nature et les produits de l'industrie de chacune de ses provinces. Le résultat de ce travail statistique a été réuni en corps d’ouvrage par son ministre Aboul- Fazel, sous le titre de Ajin-Akbori. Akbar mourut en 1604, aprés un régne de quarante-neuf ams. Aux environs d’Agra on voit encore un superbe monument funéraire avec cette seule inscription : « Akbar ». Son fils Sélim lui suceéda, sous le nom de Djthangir.

AKBAR-ABAD. Voyes Acra.

A KEMPIS (Tromas). Voyes Tuomas A Kempis.

AKENE (du grec & privatif; yafvw, je m’ouvre ). On nomme ainsi un genre de fruit, tres-commun dans la nature, dont le péricarpe est sec, n’a qu’une seule loge, contenant une seule graine, est indéhiscent, et non soudé avec la graine. L’akéne peut provenir d’un ovaire infére, ou d’un ovaire supére, et offrir méme quelques autres modifications. Ainsi Yakéne est tant6t couronné par les dents du calice, tantét il est nu; assez souvent il est terminé par des soies , des paillettes, c’est-a-dire par une aigrette. Ces modifications, de peu d’importance d’ailleurs , ont donné lieu 4 de Mirbel, Desvaux et autres botanistes de faire des espéces. Le fruit des synanthérées , des polygonées , appartient au genre akéne.

ARENSIDE (Marc), médecin et poéte anglais, né en 1721 4 Newcastle-sur-Tyne, était fils d’un boucher. A dixhuit ans, il fut envoyé A Vuniversité d’Edimbourg pour y étudier la théologie, qu’il abandonna bientét pour la médecine; son goit dominant lentratnait toutefois vers la poésie. Recu docteur en médecine en 1744, a Leyde, il se rendit Yannée suivante en Angleterre, ot il exerca successivement sa profession 4 Northampton, 4 Hampstead et a Londres. J] edt vécu longtemps dans une grande médiocrité, au milieu de cette derniére ville, sans un ami généreux , Jérémie Dyson, qui le forca d’accepter une pension de 300 livres sterling. 11 donna des lecons publiques d’anatomie, et devint membre de la Société royale et du Collége des Médecins de Londres, docteur de Cambridge , et médecin de la reine. Il mourut en 1770. Il a laissé quelques dissertations de médecine estimées, une entre autres sur la dyssenterie. Ses poésies, dans Jes genres didactique et lyrique, ont été réunies et publiées 4 Londres par Dyson, en 1772, en 1 vol. in-4°. Son poéme le plus remarquable est intifulé: Les Plaisirs de V Imagination. Cet ouvrage, qu’il publia a vingt-trois ans, lui valut les suffrages de Pope, et fit sa réputation. Retouché plus tard par son auteur, il a été fraduit en frangais, en prose, par le baron d’Holbach ( Amsterdam, 1769, et Paris, 1805). Lord Chesterfield disait : « C’est le plus beau des livres que je n’entends pas.» *

ARERBLAD (Jean-Davip) , célébre philologue et ar~ chéologue suédois, était employé a la chancellerie royale depuis 1783, lorsqu’en 1789 il fut nommé interprete pour la langue turque. En 1795 il se rendit en qualité de secréfaire de légation 4 Constantinople, d’ou il fut rappelé en 1797. Ii habita ensuite pendant quelque temps, vers 1800, Goettingue, fut nommé en 1802 secrétaire de légation 4 La Haye, et année suivante & Paris, d’ott il fut cependant encore rappelé en 1804. Mécontent des changements politiques survenus dans sa patrie, il résolut, a ce qu’il parait, de renoncer complétement la Suéde, et se retira 4d Rome, ou il trouva dans la duchesse de Devonshire et quelques autres amis des lettres les secours et l’'appui nécessaires pour lui permettre de se livrer en paix a de vastes travaux littéraires, dont nous avons les fruits dans un ouvrage également important pour la paléographie et ’épigraphie, et intitulé : Inscrizione greca sopra una lamina di piombo trovata in un sepolcro nelle vicinanze d’Atene (Rome, in-4°, 1813). Dans les

derniéres années de sa vie, Akerblad subsistait 4 Rome en

exercant Pobscur métier de cicerone, se faisant passer pour ¢ >

un Danois auprés des étrangers 4 qui il montrait les monuments de la ville éternelle. Ses ouvrages témoignent dune profonde connaissance des langues orientales et occidentales, En effet, non-seulement il les parlait, mais il les écrivait avec facilité. Akerblad mourut & Rome, le 8 février 1819. On cite encore de lui: Lefére & M. Silvestre de Sacy sur Vécriture cursive copte; Lettre a M. de Sacy sur Vinscription égyptienne de Rosette ; Notice sur deux inscriptions en caractéres runiques trouvées & Venise, et sur les Varanges , avec les remarques de M. d’Ansse de Villoison, morceaux imprimés dans le Magasin encyclopediqgue, années 1801, 1802 et 1804. Akerblad élait correspondant de l'Institut de France , et membre de beaucoup d’académies.

ARHALZIKH ( Ancien pachalik @’), le Sa-atabago des Géorgiens, forme aujourd’hui l'un des onze arrondissements du gouvernement grousio-iméréthien des possessions russes au dela du Caucase, sur les bords du Kour supérieur. I est borné au nord-ouest par les arrondissements d@’Osourgéti et de Koutniss, au nord et au nord-est par celui de Tiflis, au sud-est par celui d’Alexandropol, en$n au sud par les cercles tures de Tschaldir et de Kars, Dans les vallées Gu Kour et du Poskho setrouvent de riches paturages et des champs fertiles, tandis que la vigne est cultivée avec succés sur les collines ; néanmoins, l’aspect général de cette contrée est nu et désert. La vallée supérieure du Kour et du Poskho s’appekait jadis Semo-Karthli ( Karthli supérieur ) ; elle était habitée par les Géorgiens, et fut toujours pour eux un lieu d’asile assuré. Vers la fin du premier siécle de Vére chrétienne, Erowant a Arménie fit la conquéte du Semo-Karthli, quine repassa sous la domination des rois de Géorgie qu’aprés une lutte aussi longue qu’acharnée et sangiante. Réunie alors de nouveau a la Géorgie par des liens politiques plus intimes, cette contrée parvint, grace a la bienfaisante influence du christianisme, 4 un haut degré de civilisation. Elle était administrée par des gouverneurs appelés atabegs; le plus ancien de ces fonctionnaires dont histoire ait conservé le souvenir s’appelait Sargis, et mourut en 1334.

Pendant la guerre qui eut lieu entre les Tures et les Persans, au milieu et vers la fin du seiziéme siécle, le pays @Akhalzikh devint fréquemment le théatre des plus horribles dévastations, Malgré Vhéroique résistance des deux fil. de Vatabeg Keecnosrow, Kouarkouar et Manoutsciar, es ures réussirent A s’en rendre mattres. Cependant Manoutschar y recut Vinvestiture souveraine, sous le titre de pacha de Saatabago. En V’an 1625 les Turcs assurérent encore plus complétement leur domination sur ce territoire en en expulsant complétement l’ancienne faraille régnante, qu’Amurath LV remplaga par Saphar-Pacha, dont les descendants continuérent a le gouverner. Le ferritoire, dévasté et appauvri sous Yadministration turque, fut divisé en sandjaks, dont les cing suivants: Akhalzikh , Atskwer, Aspindse, Chertwis et Achalkalaki, ont été cédés en 1829 a la Russie par le traité de paix conclu 4 Andrinople. Beaucoup de familles musulmanes émigrérent alors, et la population diminua. :

La capitale de!’Akhalzikh est la ville du méme nom, place forte batie sur le Poskho ( Dalka ou Dalki), défendue par une bonne citadelle, et qui compte 15,000 habitants. Cette ville fut prise le 27 aodt 1828 par le feld-maréchal prince Paskewitch, et occupée par un bataillon russe. Quand les pachas de Kars et d’Erzeroum apprirent la prise d’Akhalzikh, ils tentérent, ala téte dun corps dedix-huit mille hommes, de reprendre cette ville, quiest la clef septentrionale de PAnatolie ; mais cette entreprise échoua, par suite de la vigoureuse résistance de la garnison russe. Le gouvernement russe ordonna V’établissement d’une nouvelle ville sur la rive droite du Poskho; cette cité nouvelle a été peuplée de colons «rméniens. Akhalzikh ayant cess¢ d’étre un grand

es

: Se ened

AKERBLAD — AKJERMANN

marché d’esclayes, a singuliérement perdu de son importance On y compte huit églises, pour la plupartarméniennes, et une synagogue; ses nombreuses mosquées sont tombées en ruines, & Vexception de celle d’Achmed, située dans la citadelle, et qui avait été batie sur le plan de Sainte-Sophie de Constantinople : elle a été consacrée par les Russes au culte grec. A cette mosquée était jadis annexé un collége, dont Ja bibliothéque passait pour ’une des plus riches de Orient ; les livres les plus précieux en ont été transportés a Saint- Pétersbourg. :

Pendant la guerre d’Orient, dix-huit mille hommes de troupes turques, sous les ordres du férik Ali-Pacha, s’avancérent jusqu’a Akhalzikh et se fortifiérent au village de Soupliss. Le général Andronikoff marcha au secours d’Akhalzikh, ow ij arriva le 24 novembre 1853. Le 26 les Russes, aprés une vive canonnade, traversérent le Poskho et parvinrent & chasser les Turcs de leurs positions, en Jeurtuant un millier d’hommes et leur prenant 12 canons, 5 drapeaux, une grande quantité d’armes et de munitions. Les Russes poursuivirent les Turcs jusque sur leur territoire, et le lieutenant-colonel Zimmermann pénétra, le 1°* décembre, jusqu’a Didveri. Z.

AKHTIRKA, villede Russie, dans leegouvernement de Kharkof, sur la riviére de son nom. Cette ville, chef-lieu dun district, compte 15,832 habitants. On y récolte des fruits estimés et on y fabrique des lainages. Dans l'une des églises se trouve Pimage miraculeuse de Notre-Dame d’Akhtirka, quiest le but d’un pélerinage célébre. Akhtirka a été fondée par les Polonais, en 1641.

AKIBA, fils de Joseph, célébre docteur de la loi et de la Mischna chez les Juifs, vécut en Judée vers l’an 100 aprés J.-C. Bien qu'il ne se fat livré a l’étude que dans un Age déja assez avancé, il ne tarda pas 4 l’emporter sur tous ses contemporains, autant par l’étendue que par la profondeur de ses connaissances, et les fondateurs de la Mischna furent tous ses disciples. Il fit de grands voyages dans les trois parties du monde, s’efforgant partout et toujours d’améliorer la condition des Juifs, alors soumis au joug de fer des Romains. Impliqué, en 135, dans l’insurrection du fameux Barkokébas, Rufus le fit écorcher vif. Les écrits cabalistiques qu’on lui attribue sont tous apocrypnes.

AKRJERMANN ou AKKERMANYN, vilie de la Bessarabie turque, a ?embouchure du Dniester dans la mer Noire , avec une citadelle et un port. C’est Alba Julia des Romains, qui périt presque complétement a l’époque de la grande migration des peuples, ne fut relevée de ses ruines que beaucoup

plus tard par les Génois, et devint ensuite la proie des Tures. ©

Les Polonais la nomment Bialogrod (ville blanche). Sa population est de 26,000 habitants.

La convention signée dans cette ville, le 6 octobre 1826, entre la Porte Othomane et la Russie, représentée par le comte Woronzof et le marquis de Ribeaupierre, avait pour but d’arranger la question turco-russe , qui n’avait fait que se compliquer toujours davantage depuis la paix de Boukarest. Cette convention additionnelle aux stipulations du trailé de Boukarest se composait de huit articles, et avait pour coroilaire deux actes additionnels relatifs a la Moldavie et 4 la Servie. Elle assurait & la Russie la libre navigation de la mer Noire pour son pavillon, protégé désormais d’une maniere efficace contre les corsaires des Etats barbaresques. Elle stipulait en outre la création de divans en Meldavie et en Valachie , le rétablissement des priviléges de la Servie, province dont les troupes turques devaient se borner a occuper les places fortes, ainsi que la reconnaissance des réclamations élevées par les sujets russes, et dont la liquidation devait ¢tre opérée par une commission mixte. Les frontiéres des deux puissances contractantes devaient rester en Asie telles qu’elles étaient au moment de la signature de la convention : c’était dire que la Russie conservevait les places fortes turques dont elle s’était emparée en

AKJERMANN — AL-ACSA

Asie. Le non-accomplissement par la Porte des stipulations de la convention d’Akjermann eut pour résultat, en 1828, Ja guerre & laquelle la paix d’Andrinople mit un terme.

AR-KOYUNLU. Voyez Ac-Coinwu.

AROVA (Baronnie a’). Le pays d’Akova est situé au milieu des montagnes de l’ancienne Arcadie, sur la rive orientale du Ladon, Au moment de la conquéte de la Morée par les Francais, en 1205, Akova fut donnée a titre de haute baronnie, ayant droit de haute justice , de guerre privée, de forteresse et d’évéché, a Gaultier de Ronchéres ou de Roziére, avec vingt-quatre fiefs de cavalerie. A la mort de Gaultier de Ronchéres, qui ne laissa pas d’héritiers, la baronnied’Akova passa 4 sa niéce, Marguerite de Neuilly ; mais cede-ci ne put prendre possession de ce fief. Cependant Guillaume de Villehardouin lui en rendit le tiers , et elle Vapporta en dot a la maison de Saint-Omer par son mariage avec Jean de Saint-Omer.

ALABAMA, vaste territoire admisen l'année 1819 au nombre des Etats souverains composant J’Union américaine du Nord , est limité au nord par Etat de Tennessée , a l’est par la Floride occidentale , 4 Jouest par l'état de Mississipi, et au sud par le golfe de Mexique. Il s’étend du 30° 10’ au 35° de latitude septentrionale , et du 87° 24’ au 90° 49’ de longitude occidentale. Sa moyenne longueur peut ¢tre évaluée a environ 340 kilométres, sa largeur 4 environ 200 kil., sa superficie totale & 53,000 kilométres carrés. En 1810 la population ne s’élevait pas a plus de 20,960 habitants ; en 1820 elle atteignait déja le chiffre de 127,901, et en 1845 de 624,827 Ames, dont 253,522 esclaves. Avant |’explosion de la derniére guerre le nombre des esclaves avait pris dans Alabama un accroissement prodigieux : ainsi il était en 1860, de 435 080 contre 526,271 hommes libres ; cet Etat était sous le rapport de la population servile un des plus considérables de l'Union. Depuis 1862 les négres ont éte affranchis. En 1870 l’Alabama comptait 997,500 ames.

Lachaine la pius occidentale des monts Alléghanys sépare l’Alabama du nord de |’Alabama du centre et de PAlabamadn sud. L’Alabama du nord est montagneux, et Je sol en est propre 4 laculturedes céréales, quoiqu’elle y soit négligée. L’Alabama du centre est plus fertile; son produit principal est le coton (environ 100,000 balles par an); on y cultive aussi le sucre et l'indigo, et le riz prospére dans les terrains d’alluvion aux environs du golfe de Mexique. L’Alabama dusud est un pays de plaines immenses, couvertes d’une espéce de roseaux appelés canes breaks. Les foréts de la partie septentrionale fournissent le meiilour bois que Pon connaisse pour laconstruction desnavires, celui du chéne dit de vie, et autres essences précienses. Dans les parties centrale et méridionale croissent les pins; dans leur voisinage Pair est sain, mais le sol sterile et presque sans valeur. C’est 1a que viennent se réfugier les habitants du reste de PEtat aux époques oi sévit la fiévre jaune. Des mines dor sont exploitées dans |’ Alabama du nord. Les débris des Chérokees, des Creeks, des Chacktas et des Chikasas, ainsi que d’autres peuplades indiennes, habitants aborigénes de ce pays ont insensiblement péri ou ont émigré a Vouest du Mississipi. Le séjour de lAlabama est dailleurs fatal aux émigrants , et son climat est trés-insalubre en certains endroits et pendant certains mois.

L’Alabama, fleuve navigable dans la plus grande partie de son cours, et qui donne sen nom al’Efat, est le plus grand cours d’eau de ce territoire , qu’arrosent en outre le Tallapousa, la Cousa, la Cahacoba, le Tombigbee et le Black-Warrior, lesquels, aprés leur réunion, forment la Mobile et se déchargent en deux grands bras dans la baie de Mobile. Le Fennessée traverse la partie septentrionale de I'Ktat. L’Appalachicola, formé par la jonction du Chattahouche et de la Flint-River, et les torrents de Yellow-Water, d’Escambia et de Perdido, déversent leurs eaux dans le golfe du Mexique.

Mobile est le centre commercial de Alabama. Montgomery, avec 12,000 ames, est la capitale de tout |’Ktat; cest 1a que fut établi en 1861 le siége du gouvernement sécessionniste. Tuscalousa posstde une université et compte 5,000 habitants. On peut encore citer Blakely (situé en face de Mobile), Selma, Florence, Tuscumbia, Cahacoba et Huntsville.

L'Elat d’Alabama concourt pour huit voix a |’élection du président de Union, 11 envoie six députés au congrés. Les sénateurs , au nombre de trente-trois, sovt élus pour quatre ans; les représentants, au nombre de cent, ne le sont que pour deux. Tout citoyen, noir ou blanc, agé de 21 ans et domicilié depuis un an dans |’Etat y jouit du droit électoral. Le pouvoir exécutif est délégué 4 un gou verneur élu par l’assemblée générale, laquelle nomme aussi les membres de la cour supréme. Aprés l’élection de M. Lincoln comme président des Etats-Unis, |’Alabama déclara se relirer de l'Union (11 janvier 1861). Les députés des Etats déja séparés se réunirent 4 Montgomery pour y former une confédération du Sud, et y adopiérent la nouvelle cons- Utution, L’Alabama, ou le nombre des esclaves atteignait plus du tiers de la population totale, s’associa & Ja guerre avec énergie et fournit, dit-on, 34,000 sojidats a l’armée séparatiste. La résistance s’y prolongea avic succes jusqu’au dernier moment, et il ne fallut pas moins pour |’abattre d’une armée expéditionnaire Ce 80,000 hommes et la prise de Mobile, sa plus forte place (9 avril 1865),

L’ Alabama, tel fut le nom d’ua hardi corsaire confédéré, commandé par le capitaine Semmes, et qui aprés avoir fait subir des pertes énormes 4 la marine fédérale, fut coulé a fond, le 10 juin 1864, dans la Manche, en vue de Cherbourg, ala suite d’un combat meurtrier que lui livra la corvette le Kearsage.

ALACOQUE ( Manis), religieuse visitandine, devenue celébre, dans son temps, par ses extases, ses visions et ses prédietions. Toutefois, malgré la part qu’elle a eue a V’institulion de la féte du Sacré-Coeur, son nom, resté obscur, serait peut-ctre difficilement parvenu jusqu’a nous, s’il ne nous ayait été transmis par Vert-vert, qui, on le sait, était lui-méme éléve du couvent de la Visitation, et dont le poéte a dit :

Il savait méme un peu du Soliloque Et des traits fins de Marie Alacoque,

Elle naquit le 22 juillet 1647, 4 Lauthecour, prés d’Autun. Atteinte @infirmités dés Venfance, elle était déja, a Page de huit ans, au couvent de Charolles. Ayant été guérie @une paralysie, elle fit honneur de sa guérison A la Vierge, et par reconnaissance substitua désormais le nom de Marie a celui de Marguerite, qui étail le sien. Poussée par une yocation irrésistible, elle prit habit de novice au couvent des Visitandines de Paray-le-Monial le 24 aofit 1671, et elle y prononga ses voeux le 6 novembre 1672. La, ses dispositions naturelles au mysticisme s’exaltérent, et elle recut, au dire de ses biographes, le don de prophétie, de révélations , et méme le don des miracles. Le fruit de ses contemplations mystiques fut un ouvrage qu'elle composa sous ce titre : La Dévotion au ceur de Jésus. Ml fut publié en 1698, aprés sa mort, par le pére Croiset. Ce fut 1a Yorigine du culte du Sacré-Coeur. Marie Alacoque raconte elle-méme le plaisir ineffable qu’elle éprouva en grayant sur son sein, avec un canif, le nom de Jésus en gros caractéres. Elle mourut le 17 octobre 1690, aprés avoir prédit avec exactitude le jour de sa mort. C’est du moins ce que disent ses biographes, et, entre autres , Pévéque Languet, qui a publié sa vie en un volume in-4°, Paris, 1729.

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