‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 142 sur 197 · AIX - LA- CHAPELLE · texte numérisé non relu

AIX - LA- CHAPELLE

Pépoque du quatorziéme sivcle on ajouta du cété de Porient un cheeur de style gothique & Poctogone construit dans le style byzantin , tandis qu’a Pouest s’y relie un clocher quadrangulaire flanqué de deux petites tours formant escaliers et conduisant & la chambre des reliques. C’est 1a qu’on conserve ce qu’on appelle les grandes reliques, que tous les sept ans on mentre au peuple de la galerie de la tour, et qui au mois de juillet attirent & Aix-la-Chapelle plusieurs milliers d’étrangers. Si des maisonnettes et des boutiques adossées a Védifice nuisent & son aspect imposant, tout son ensemble et Ja profusion d’ornements architectoniques qu’on y trouve, par exemple au portail du Loup, témoignent d'une antiquité vénérable et riche en traditions et légendes. L’hdtel de ville orne la place du Marché; a sa droite s’éléve la tour de Granus, dont le nom rappelle ’époque romaine, et a sa gauche la tour du beffroi. A Vintérieur, on remarque surtout Ja grande salle du couronnement , avec le portrait de tous les empereurs et une foule de précieux restes de ancien art allemand. On y voit aussi les portraits de Napoléon et de Joséphine, peints par David. Devant ’hétel de ville séléve une belle fontaine jaillissante, avec la statue en bronze de Charlemagne. On admire dans Véglise des Franciscains une magnifique Descente de croix de Rubens. Du milieu des environs d’Aix-la-Chapelle, qui ne forment pour ainsi dire qu'un vaste parc, s’éléve le Lousberg, ou plutdt Louisberg, dont Je point culminant est & 260 métres au-dessus du niveau de la mer, avec une magnifique vue et un délicieux belyéJére. A une petite lieue d’Aix-la-Chapelle on rencontre les ruines de Frankenberg, séjour favori de Charlemagne. Non loin de la est situé Burtscheid.

Six sources d’eaux minérales chaudes ef deux froides jaillissent & Aix-la-Chapelle. Les sources chaudes appartiennent aux eaux thermales alcalines muriatiques, et sont divisées, d’aprés leur situation méme, en sources supérieures et inférieures. La température des premicéres est plus élevée que celle des secondes, de méme qu’elles donnent une plus grande quantité de gaz hydrosulfureux. La principale des sources supérieures est la source de’Empereur, quijaillitau milieu de Yauberge du Bain-de-l’Empereur ; vient ensuite une petite source située devant le Bain-de-l’Empereur, et la source Quirinus. Parmi les sources inférieures, il faut citer Pan- -eienne source 4 boire, et le nouveau puits a boire organisé en 1827, le puits d’Flése, la source du Bain-de-Rose, et la source de Cornélius. Les bains eux-mémes ont de quatre a cing pieds de profondeur, sont complétement massifs et construits 4 ’ancienne mode romaine. Les sources acidulées ferrugineuses sont des sources froides, et peu riches. La plus forte de toutes est encore la source de la Lanterne. Celle qui se trouve dans le Drischstrass est moins abondante; on Vappelle le puits de Spa, en raison de l’analogie de son ean avec Veau de Pouchon a Spa.

Les eaux chaudes d’Aix-la-Chapelle ont une odeur sulfureuse, pénétrante ef un godt hépatique. Leur température varie de 35 a 46° R, Elles contiennent de l’azote, de l’acide carbonique et de Vhydrogéne sulfuré, du carbonate, du muriate et du sulfate de soude, des carbonates de chaux et de magnésie, et de la*silice. Les eaux d’Aix-la-Chapelle sont trés-excitantes, irritent la peau et le systéme nerveux. On les prescrit contre les paralysies, les rhumatismes chroniques, les affections goutteuses, les anciennes maladies de la peau, les affections syphilitiques invétérées, les maladies de la vessie et des voies urinaires, les engorgements , et les affections chroniques des organes abdominaux. Elles sont administrées sous toutes les formes , en boisson, en lotions ; en bains et en douches. On doit les boire & petites doses; Jorsqu’on en boit un ou deux litres, elles deviennent purgatives. On peut les méler avec du lait de vache ou d’anesse : quand elles causent des nausées ou des vertiges, il faut les boire refroidies.

Deux traités de paix et un congrés ont donné dans ces

derniers temps un intérét historique tout particulier & Aixla-Chapelle, Le premier de ces traités mit fin 4 la guerre de dévolution déclarée en 1667 a Espagne par Louis XIV, parce que, & la mort de son beau-pére, Philippe 1V, il prétendait 4 la possession d’une grande partie des Pays-Bas, en se fondant sur le droit de dévolution en vigueur dans le Brabant et le pays de Namur parmi les particuliers, et en agissant au nom et du chef de sa femme, V’infante Marie- Thérése. Les progres victorieux de Louis XIV furent arré~ tés par la triple alliance que conclurent l’Angleterre, la Hollande et la Suéde. Les coalisés prescrivaient & Espagne de céder 4 Louis XIV, ou Ja Franche-Comté, ou la partie de la Flandre déja conquise par son armée, a savoir : Charleroy, Ath, Oudenarde, Douai, Tournay et Lille, menacant de se tourner contre celle des parties contendantes qui refuserait d’en passer par cette décision. Louis XIV ayant accepté ces conditions & Saint-Germain-en-Laye, et Espagne de son coté ayant recouvré la Franche-Comté au moyen de la cession des places fortes de la Flandre, les puissances signa taires de la triple alliance conclurent a Aix-la-Chapelle, le 2 mai 1663, le traité de paix définitif, que corrobora encore un second traité, signé en 1669. — Le second traité de paix d’Aix-la-Chapelle mit fin 4 la guerre de la succession d’Autriche, provoquée par les prétentions que Vélecteur Charles-Albert de Baviére éleva en 1740 au tréne de Marie- Thérése, qui dura huit années, avec des intermittences de succes et de revers pour chacune des parties belligérantes, et dans laquelle la France, ?Espagne, Modéne et Génes épousérent les intéréts de la Baviére, pendant que la Sardaigne-, Angleterre, la Saxe ef la Hollande prenaient fait et cause pour l’Autriche. Le malheur qui s’aftacha aux armes de cette puissance amena en Allemagne un Corps russe auxiliaire, commandé par le prince Repnin, et a la solde des puissances maritimes. L’arrivée de ce puissant renfort sur les bords du Rhin hata la conclusion des préliminaires, qui furent signés le 30 avril 1747, entre la France et les deux puissances maritimes. Ce traité préliminaire fut transformé le 18 octobre 1748 en un traité définitif, auquel accédérent YEspagne, l’Autriche, Génes et la Sardaigne, aprés que la Saxe.et la Baviére eussent déja renoncé a la lutte. Ce traifé confirma tous les traités précédents ainsi que la garantie de la Pragmatique sanction. On reconnaissait & chacune des puissances intéressées la possession des territoires qu’elle possédait avant la guerre. La Sardaigne conserva les places du Milanais qui lui avaient été cédées pendant le cours de la guerre. Parme, Plaisance et Guastalla furent cédées a infant d’Espagne Philippe, second fils d’Elisabeth, sous certaines réserves de droits de retour a l’Autriche. La possession de la Silésie et du comté de Glatz fut garantie a la Prusse. L’Angleterre obtint de nouveau le traité d’e/ Assiento pour quatre ans et le démantellement de Dunkerque da cété de la terre. La France s’engagea a expulser de son territoire le prétendant Edouard. Grace a Vhabileté du ministre Kaunitz, lAutriche se tirait de cette guerre par de trsfaibles sacrifices, tandis qu’elle codtait 4 l’Angleterre, en dépit de ses brillantes victoires navales, 80,000,000 liv. st. ajoutés a sa dette publique.

Le congrés que les trois souverains de Russie, d’Autriche et de Prusse tinrenta Aix-la-Chapelle, au mois d’octobre 1818, eut pour objet de délibérer sur le retrait des troupes confédérées restées en France comme corps d’occupation, et par 1a d’affermir la confiance dans la paix générale. Le signal officiel d'une réconciliation avec la France fut une invitation adressée le 4 novembre, au nom de leurs souverains respectifs, par Metternich, Castlereagh, Wellington, Hardenberg, Bernstoff, Nesselrode et Capo d’Istria, au duc de Richelieu, de venir joindre ses efforts aux leurs pour asseoir sur des bases solides la paix de l'Europe. Cette invitation ayant été acceptée, un protocole fut signé,le 15 novembre suivant, par PAutriche, Ja France, la Russie, la Grande-Bretagne, la

Prusse, dans lequel furent confirmés tous les principes proclamés par la Sainte-Alliance, et qui lui servaient de base. Le contenu en fut notifié & toutes les cours de ’Europe dans une déelaration A la suite de laquelle il était formellement dit que la nouvelle alliance n’apportait aucune modification aux rapports consacrés par les traités précédents, et “que, tout au contraire, les souverains avaient résolu de ne jamais, dans leurs rapports mutuels vu avec d’autres Etats, s’éloigner des principes qui constituent le droit des peuples.

AJACCIO, chef -lieu du département de la Corse, 4 875 kilométres sud-est de Paris, ancienne ville maritime sur la céte occidentale de Vile, au fond du golfe du méme nom. Sa population est de 14,558 habitants. On croit qu'elle fut fondée par les Lesbiens, qnijlui donnérent le nom @ Ajasso, daprés une petite ville de l’ile de Lesbos, qui existe encore. Les Romains la mommérent Urcinium, a cause de ses excellentes fabriques de poterie; mais la ville actuelle, batie, en 1495, par les Génois, se trouve a 2 kilométres plus au nord de lancienne Ajaccio. Siége d’une subdivision militaire, Ajaccio posséde un évéché, dont Vile forme le diocése, des tribunaux de premiére instance et de commerce, un eollége communal, une école normale primaire départementale , un séminaire, une société d’agriculture, une école de navigation, un jardin botanique, une cathédrale, ef une bibliothéque publique, composée de 14,000 volumes. Elle est assez bien construite, et ses rues sont droites, larges et bordées de maisons agréables. Son port, le plus beau de toute Vile, est spacieux et commode, bordé par un trés-beau quai, et les gros vaisseaux y trouvent un bon mouillage protégé par une citadelle, qui en défend trés-bien Yapproche. Son commerce principal consiste en blés, vins, huiles, oranges, etc. On péche le corail sur les cdtes. Ajaccio est la patrie de Napoléon; un monument lui a été élevé, dout l’inauguration svest faite le 15 mai 1865 avec un grand éclat.

AJAN (Céte d’). On comprend sous ce nom la céte @ Afrique, aride, sablonneuse et presque déserte, qui s’étend depuis le Zanguebar jusqu’au cap Guardafui, ainsi que le pays des Somaulis, qui occupent le territoire compris depuis le Magadoxo et la céte d’Ajan jusqu’aux confins de Abyssinie et jusqu’A la céte méridionale du golfe d’Aden. Cette vaste contrée est habitée par des peuplades négres, indépendantes les unes des autres, et professant le mahométisme. Lacéte d’Ajancomprend le royaumed’A de], ot lecommerce vient s’approvisionner divoire et de poudre d’or. e

AJASSON DE GRANDSAGNE (J.-B.-FR. ETIENNE ou STEPHANE, vicomte), connu par un grand nombre de publications populaires, des traductions, et surtout comme directeur dela Bibliotheque populaire, était né a La Chatre en 1802 et mourut subitement a Lyon le 9 mai 1845. Z.

AJAX. Parmi les princes grecs qui assistérent au siége de Troie, il y eut deux Ajax, ’un fils de Télamon, l'autre fils d’Oilée.

Le premier était roi de Salamine; suivant Homére, il était le plus beau et le plus vaillant des Grecs apres Achille ; il avait une taille énorme, et ressemblait, dans les combats, au dieu Mars. Ajax combattit pendant un jour entier contre Hector sans pouvoir décider la victoire : les deux guerriers ne se séparérent qu’a la nuit, et ils échangérent entre eux des présents. Malgré sa bouillante valeur, le fils de Télamon ne fut jamais blessé, ce qui le fit passer, aux yeux des Troyens, pour invulnérable. Aprés la mort @ Achille, il réclama les armes de ce héros, fondant ses droits sur sa parenté et sa bravoure. Ulysse, son concurrent, ayant emporté sur lui, il tomba aussitét en proie a une démence furieuse. Revenu plus tard 4 lui, honteux d’avoir servi deriséea tous, il se perca le coeur avec son épée.

Le second Ajax était roi des Locriens. I! se rendit devant Troie, impatient de venger l’outrage fait 4 la Gréce par lenlévement d’Héléne, dont il était un des adorateurs. II était renommé pour sa grande agilité et pour son indomp-

Page 1