‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 150 sur 197 · ALAUX — ALBAN · texte numérisé non relu

ALAUX — ALBAN

en effet qu’il n’y a pas exécuté moins de quinze panneaux, de haute ou de petite taille. C’est également pour Versailles que M. Alaux avait peint la Lecture du Testament de Louis XIV, qui a figuré, avec un médiocre honneur, au salon de 1851, et que les héritiers da roi ont ensuite mis ea vente. M. Alaux a eu aussi une grande part dans la restau-

ration des peintures de Ja salle de Henrill 4 Fontainebleau. |

Ein 1846 M, Alaux, présenté le second par l’Académie des Beaux-Arts pour remplacer M. Schnetz comme directeur de Pécole francaise A Rome, fut nommé, par suite de la retraite de M. Couder. Cette place, quwil occupa depuis le (** janvier 1847 jusqu’a la fin de 1852, fut peut-¢tre son meilleur

, dizabal fut nommé ministre des finances. Vers la fin de

1835 il accepta une mission 4 Paris. Sous l’administration d’Isturiz on le vit solliciter intervention francaise, qu’il avait repoussée de toutes ses forces pendant son ambassade a Londres. Aprés l’insurrection de la Granja, ii refusa de préter serment a Ja constitution de 1812, déclarant qu’il était fatigué de préter constamment de nouveaux serments. Il donna sa démission, et se retira en France, Il est mort en 1843, a Baréges. *

ALAVOINE (Jean-ANTOINE, Chevalier), architecte,

néa Paris en 1778, mort dans la méme ville en 1834 , étudia

litre académique. Il a été en effet appelé a V'Institut le 22

février 1851, Ala place de Drdlling. Peintre sage jusqu’a la froideur et prudent jusqu’a la banalité, M. Alaux ne se distinguerait pas des maitres de son école, s'il n’avait

un défaut qui le singularise : nous voulons parler de son |

colorjs, ordinairement violet ou lie de vin, ton bizarre et faux qui donne a ses productions le plus étrange aspect. Il est mort le 3 mars 1864. Paul Mantz,

M. Alaux avait deux fréres qui s’occupaient aussi de peinture. L’un, directeur de l’école de dessin de Bordeaux, mourut dans cette ville & la fin de janvier 1858 ; l'autre, Paul Atavx, peignait le paysage. Propriétaire du Pano-

rama dramatique a Paris, il fonda dans cette ville le Néo- |

rama, ol ilexposa la Basilique de Saint-Pierre et l Ab-

baye de Westminster. Il est mort a Paris aussi en 1858. | Le musée de Bordeaux posséde de lui une Vue prise d Floi- |

rac, qui avait été exposée au salon de 1827. Z. ALAVA, la plus méridionale des trois provinces basques de |l’Espagne, a pour limites au nord le Guipuzcoa et la Biscaye, au sud-est la Vieille-Castille, et au sud-ouest la Navarre. Cette province forme, en s’avancant au midi jusqu’a l’Ebre supérieur , une succession de plateaux, continuation des montagnes dont sont hérissées les cétes cantabres, et qui, sous les noms de Sierra-Alta, Montés de Altubé et Sierra de Aranzaza, ceignent tovt son territoire. Elle est arrosée par la Zadora et d’autres petits affluents de Vkbre. On voit bien rarement tomber de la neige dans les vallées, ou presque partout réussissent la vigne el méme |’o-

livier. De magnifiques foréts de cliénes, l’éléve des bétes |

a cornes, des moutons et des chévres, la culture du froment, du mais, du chanvre, du lin et de la vigne, de riches mines de fer et de cuivre, des sources salines presque inépuisables, fournissent en abondance aux habitants des produits avantageux pour l’exportation. D’une superficie de 3,122 kil. carrés, l’Alava comptait, en 1860, 97,934 habitants. ALAVA (Don Mrevet Ricarpo DE ) , général espagnol, né a Vittoria, en 1771, était parvenu au grade de capitaine de frégate quand il passa dans le service de terre. Aprés Vabdication de Ferdinand VII il adhéra, comme membre de Vassemblée de notables conyoquée a Bayonne, 8 la nou-

velle constitution donnée 4 son pays par la France. Toute- |

fois, en 1811, il embrassa Ja cause nationale. Adjoint a Vétat-major de Wellington, il se fit remarquer dans la guerre de l’indépendance. Suspect de libéralisme, il fut jeté en

prison & la restauration ; mais le crédit de son oncle, Vin- |

quisiteur Ethénard, et la protection de Wellington lui valurent sa liberté et sa nomination au poste de ministre plénipo-

fit remarquer parmi les exaliados. Député de sa province |

aux cortés, il votaa Séville ( 1823) pourla suspension du roi, et prit part 4 Cadix aux négociations entamées avec le duc

@Angouléme. Le rétablissement du pouvoir absolu dans la

Péninsule le contraignit 4 se réfugier d@’abord a Bruxelles, puis en Angleterre; A la mort de Ferdinand, la régente le rappela et le nomma procer du royaume. En 1834 Mar tinez de la Rosa VPenvoya comme ambassadeur d’Espagne a Londres. Ce fut sur sa recommandation que Me n-

son art sous Dumas, Faivre et Thibaut. On lui devait le projet de la fontaine de l’Eléphant pour la place de la Bastille , ou il fut chargé d’élever la colonne de Juillet, aprés la révolution de 1830. Le monument de Louis XIV, sur la place des Victoires 4 Paris, est encore de lui. Z.

ALBACETE, chef-lieu de la province de ce nom en Espagne, avec 12,000 dmes, fait un grand commerce de vins , de bestiaux et de quincaillerie.

ALBAN (Saint), martyr anglais, naquit 4 Vérulam, I! servit d’abord dans les armées de ]’empereur Dioclétien. De retour en Angleterre, il embrassa la foi chrétienne. I} fut mis A mort en l’an 286 selon les uns, en l’an 303 selon d'autres. On érigea en mémoire de son martyre un monastére auquel la ville moderne de Saint-Alban a emprunté son nom. L’Eglise célébre sa féte le 22 juin.

ALBAN, un des directeurs de la fabrique de Javel avant la révolution, a fait avec son associé Vallet, un des plus heureux essais de direction aérostatique que l’on connaisse. Dés le mois de janvier 1784 ils produisaient dans leur usine le gaz nécessaire aux aéronautes. Ils inventérent pour la conduite des aérostats une sorte de mécanisme ressemblant a des ailes de moulin 4 vent qu’ils adaptérent d’abord a une civiére maintenue par un contre-poids , puis a un bateau auquel ils firent traverser la riviére ; enfin, fixant ces ailes & une forte nacelle, ils arrivérent 4 faire avec un ballon quils nommérent le comte d’Artois, une suite d’expériences curieuses. Ils annoncérent méme publiquement un cours de direction aérostatique, et le 24 aodl 1785 ils tentérent daller & Versailles en ballon libre. Ils ne prirent pas de lest et s’embarquérent avec un garcon charpentier nommé Truchon, a quatre heures vingt-cing minutes du matin, par un vent sud-est peu favorable. Elevés & 200 pieds seulement, ils traversérent la Seine, et faisant mouvoir leurs ailes de bas en haut, ils descendirent dans la plaine de Boulogne. Enlevés de nouveau, ils se portérent vis-a-vis de Saint-Clond. Pour traverser les hauteurs de cette ville, ils agitérent leurs ailes de haut en bas et montérent & plus de 300 pieds. A cinq heures ils étaient au-dessus du chateau et se dirigérent vers la plaine de Garches ; mais le vent devint trop fort et ils durent descendre : le vent s’étant maintenu ils revinrent 4 Javel a huitheures du soir. Le 13 septembre ils allérent sur Issy, revinrent a Javel, se dirigérent sur Vaugirard et revinrent encore a Javel. Les 17 et {8 ils firent de nouvelles expériences; le 19 ils allérent descendre dans la cour duchateau de Saint-Cloud, ot le roi et la reine vinrent les voir. Par les manoeuvres de leur appareil, ils purent monter et descendre, mais ils ne purent

| lutter contre e vent qui s’était élevé, et ils durent se faire tentiaire 4 La Haye. II revint en Espagne en 1820, apres la |

révolution. Nommé alors capitaine général d’Aragon , il se —

remorquer a Javel. Le comte d’Artois, qui était devenu leur protecteur, fit plusieurs voyages avec eux. En 1786 ils se livrérent A de nouvelles recherches. Dans le temps calme ils se portaient en avant et en arriére et parcouraient un cercle de 250 pieds de diamétre. Ils parvenaient 4 vaincre le courant de lair en formant avec la ligne du vent un angle de 20 A 25°. Plusieurs fois ils allérent 4 Saint-Cloud’, Bellevue, etc. Ils se servaient de deux rames a jalousie, d’un moulinet & la prove et d’un gouvernail ala poupe dela gondole: Ils montaient et descendaient sans perdre de lest ni de gaz et par le simple jeu de leurs appareils. L. Louver.

2 itt ALBANAIS., Voyes Atnanie.

ALBANE, un des trois principes immédiats de la gutta percha dans la composition de laquelle il entre pour 14 a 19 centidmes. Z.

ALBANI (Francesco), peintre célébre, né a Bologne, en 1578, et plus connu sous le nom francisé de U’Albane, était le fils @un marchand de soie, qui voulait lui faire embrasser sa profession ; mais l’Albane aimait passionnément la peinture. Il étudia @’abord cet art chez le Flamand Denis Calvart, ou il rencontra le Guide. Ils se li¢rent d’amitié, et fous deux passérent dans lécole des Carraches, fameuse alors dans toute l’Italie. L’Albane exécuta de grands travaux a Bologne, 4 Florence, ot le cardinal de Toscane le fit venir pour décorer son palais de Mezzo-Monte. L’Albane peignit de grandes galeries et beaucoup de tableaux d’autel. Tous les souyerains youlaient avoir de ses tableaux, qu’il peignait sur des lames de cuivre pour que le transport en fit plus facile. Les carnations de femmes et d’enfants lui conyenaient mieux que les corps musclés des hommes. On l’a mis pendant longtemps au-dessus de tous les peintres pour I’étude des formes féminines; cependant le Corrége lui est bien supérieur sous ce rapport. Ses compositions les plus estimées sont : les Amours de Vénus et d Adonis, gravé par Audran; 4a Toilette et le Triomphe de Vénus; les Quatre Eléments, etc. On lui reproche de dessiner avec incorrection et de répéter ses sujets; ses tétes d’enfants, de femmes et de vieillards ont trop de ressemblance. I] a réussi admirablement 4 reproduire la véritable couleur des arbres et de la verdure, la limpidité des eaux et la clarté de lair; mais il se complait trop souvent dans ces effets, et les reproduit trop fréquemment. Néanmoins la légéreté, l’'enjouement, la facilité, la grace, caractérisent les ouvrages de l’Albane, gu’on a surnommé l’Anacréon de la peinture. Il ne comprenait pas son art 4 la maniére des grands maitres: « De méme, disait-il, qu’un poéte est responsable de la moindie -syllabe de ses vers, le peintre doit rendre compte des plus pelits détails qu’il met dans son ceuvre. » Ses dessins sont fort rares. !ls sont lavés au bistre et a l’encre de Chine, parfois relevés de blanc. D’autres sont entiérement a la plume, avec des couleurs et des tétes pointillées. On y remarque peu de facilité de main, un crayon embarrassé, des figures lourdes, mais des draperies bien jetées. Homme de moeurs douces ev pures, irréprochable dans sa vie privée, Francesco Albani ayait épousé en secondes noces une trés-belle femme, qui lui servit trés-souvent de modéle. Il en eut douze enfants, qwil prit aussi plaisir 4 peindre en Amours. Son talent baissait de plus en plus lorsqu’il mourut en 1660, a Vdge de quatre-vingt-deux ans, aprés avoir survécu a sa gloire. L’Albane cultiva toute sa vie les belles-lettres; il a laissé des écrits qui nous ont été conservés par Malvasia. ALBANI (Famille). Cette riche et célébre maison de la noblesse romaine est originaire de V’Albanie, qu’elle abandonna au seiziéme siécle pour venir chercher en Italie un refuge contre les Turcs, et dont elle prit le nom. A son arrivée sur le sol italien, elle se divisa en deux branches, dont Yune fut anoblie 4 Bergame et l'autre 4 Urbino. Cette famille doit d’ailleurs son illustration 4 Pheureux hasard qui voulut que ce fat un Albani qui apportat au pape Urbain VII Ja nouvelle de la prise d’Urbino. Elle acquit encore bien autrement @influence quand un de ses membres, Giovanni Francesco ALBANI, acquit la tiare , en 1700, sous le nom de Clément XJ. — Annibale Aupant, né a Urbino, le 15 aotit 1682, se rendit A Vienne en 1709, comme ambassadeur de Clément XJ, avec mission d’opérer une réconciliation entre le pape el ’empereur : ce a quoi il réussit. En 1719 il fut appelé aux importantes fonctions de camerlingue de YEglise romaine; mais en 1747, sous le pontificat de Benoit XIII, il se retira dans son évéché d’Urbino, afin de sy vouer exclusivensent désormais a la culture des sciences, et y mourut, le 2L/septembre 1751. Une bibliothéque ma-

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