‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 161 sur 197 · ALBUM — ALBUQUERQUE · texte numérisé non relu

ALBUM — ALBUQUERQUE

ments oOfficiels, On distinguait ces tablettes les unes des autres par le nom des diverses autorités : par exemple, !’album pontificum était la chronique de ’Etat. C’est pourquoi le mot album sert aussi a désigner les matricules ou registres sur lesquels on inscrit les noms des personnes qui font partie dune association quelconque, d’un corps de troupes, dune corporation ou communauté; puis les tables d’annonces, ou planches noires des universités , et les Stammbuch, proprement dits livres généalogiques, ou recueils de souvenirs. — Un album est une sorte de portefeuille , tréscommun en Allemagne et dans le nord de l'Europe, en Suisse, en Angleterre, etc., composé de feuilles détachées, reliées souvent avec beaucoup de luxe et d’élégance, sur lesquelles les personnes que Ton désire pouvoir se rappeler écrivent leurs noms , des pensées en prose ou en vers, des romances et des airs notés, peignent des portraits ou des fleurs, dessinent des paysages, des sites curieux, des monuments remarquables, ou bien placent des ouvrages en cheyeux, en broderie, etc., et consacrent ainsi, d’une maniére plus ou moins expressive et ingénieuse, leurs sentiments ou leurs souvenirs. — L’album et l\’ag enda sont deux sortes de livrets , dont la destination est trés-différente. — L’album est le livre du passé; c’est un mémorial, dépét de souvenirs , qui fait passer rapidement en revue les personnes que Von a connues, que l’on aaimées, les lieux que !’on a parcourus. M.-A. JULLIEN, de Paris.

ALBUMAZAR. Voyez Asou-Mascuar.

ALBUMEN, nom latin du blanc d’ceuf. — En botanique, ce mot est synonyme d’endosperme.

ALBUMINE (du latin albumen, blanc d’ceuf ). Cette substance, qui forme presque a elle seule le blanc d’ounf, fait partie constituante de nos tissus, en particulier du sang; Vhumeur vitrée de Vceil n’est presque formée que d’albumine. On en trouve en quantité plus ou moins grande dans la synovie articulaire, dans eau de ’hydrocéle, de l’ascite, de plusieurs kystes, dans les tissus blancs en général, dans les muscles , etc. L’urine en contient dans la néphrite albu mineuse. Quelques chimistes modernes regardent Valbumine comme Véquivalent de Ja fibrine.

L’albumine liquide est visqueuse, transparente, incolore, plus pesante que l’eau, dans laquelle elle semble soluble, légérement alcaline 4 cause de la petite portion de soude qu’elle contient : ala température de -+ 74° cent. elle se coagule : elle est alors solide, blanche, insoluble dans !’eau et soluble dans les alcalis et dans Vacide acétique. Desséchée au soleil, elle fournit une masse jaundtre, parfaitement soluble dans !’eau froide. Les acides un peu forts, excepté lesacides phosphorique et acétique, se combinent avec elle, et donnent lieu a des précipités. M. Melsens |’a coagulée par des actions mécaniques.

L’albumine du blanc d’ceuf est composée, selon M. Dumas, de 5,337 de carbone, 7,10 d’hydrogéne, de 15,77 d’azote, 23,76 d’oxygene, etc. L’albumine du sérum de ’Phomme contient 0,05 de moins de carbone, 0,19 de plus d’hydrogene, 0,07 de moins d’azote , et 0,07 de moins d’oxygéne. L’albumine de la farine contient 0,37 de carbone de plus que celle du blanc d’ceuf, 0,01 de plus d’hydrogeéne, 0,11 de moins d’azote, et 0,26 de moins d’oxygéne : V’albumine de Voeuf renferme en outre du mucus, de Ja soude et du soufre.

L’albumine est employée comme aliment léger dans certaines maladies, dans les convalescences, dans les gastrites chroniques. Dans ce dernier cas, on prépare des blancs d’ceeuf trés-frais, en les écrasant et en les faisant passer par un filtre, afin de séparer l’albumine de Ja membranule alvéolaire qui la renferme dans les ceufs ; on la délaye dans de Peau ou dans du bouillon froid. On peut aussi édulcorer la solution aqueuse et la donner comme tisane. A l’extérieur ralbumine est plus souvent employée en médecine. On s’en servait autrefois dans le traitement des fractures par l’appareil inamovible, ou on la remplace aujourd’hui par l’amidon

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ou la dextrine. Dans le premier pansement des brdlures, on se sert utilement du blanc d’ceuf battu, dans lequel on méle de l’alun en poudre ou de l’acétate de plomb liquide; des linges sont trempés dans ce mélange, et appliqués sur les parties malades. L’albumine est encore employée dans les arts ; Jes pharmaciens, les raffineurs et les confiseurs s’en servent pour clarifier 4 chaud ou a froid différentes liqueurs a chaud, l’albumine se coagule et entraine avec elle les impuretés ; a froid, elle est coagulée par le tannin, et le méme phénoméne est produit. Les relieurs se servent de l’albumine pour vernir les livres.

[En soumettant les liquides albumineux a lépreuve de Vendosmométre, MM. Mialhe et Pressat ont reconnu que Yalbumine, franche de toute altération, ne passait jamais dune cellule dans lautre, d’ou ils ont conclu que l’albumine du sang, comme celle du blanc d’ceuf, est une substance véritablement organisée, suspendue, mais non dissoute dans Peau qui lui sert de véhicule. Cependant, pour entrer dans Véconomie, il faut que Palbumine passe 4 !’état liquide; elle se transformerait alors en une substance isomérique que MM. Mialhe et Pressat nomment albuminose. Pour cette transformation, l’albumine passerait d’abord par un état moyen dans lequel déja soluble elle constituerait l’albumine amorphe. Sous ces trois états isomériques, |’albumine aurait la méme composition chimique, mais, bien que toujours précipitable par les sels de plomb, d’argent, de mercure, par la créosote, le tannin, V’alcool, etc., ’albumine se laisse. rait distinguer sous ces états divers par la maniére dont elle se comporte avec la chaleur et Vacide nitrique. Le passage de l’albumine dans les urines aurait ainsi sa cause dans une modification anormale de Valbumine du sang plutét que dans une affection spéciale des reins. Z.]

ALBUMINURIE. Voyez NEépHRITE ALBUMINEUSE,

ALBUQUERQUE (Atrnonse p’), vice-roi des Indes, surnommé le Grand et le Mars portugais, naquit a Lisbonne, en 1463, d’une famille issue du sang royal. Sa nation se distinguait dans ce siécle par son héroisme et par le génie des découvertes ; elle avait découvert et soumis une grande partie dela céte occidentale del’ Afrique, et commencait aussi A étendre sa domination sur les mers et sur les peuples de l’Inde. Albuquerque, nommé vice-roi de ces nonyelles possessions, aborda le 26 septembre 1503, avec une flotte et quelques troupes, sur la céte de Malabar, conquit Goa, dont il fit le centre de la domination portugaise et du commerce en Asie. Il soumit ensuite tout le Malabar, Vile de Ceylan, les tiles de la Sonde et Ja presqu’ile de Malacca. En 1507 il s’empara de Vile d’Ormus, a lentrée du golfe Persique. Lorsque le roi de Perse fit réclamer le tribut que les princes de cette ile avaient acquitté jusque-la, Albuquerque présenta aux envoyés une balle et un sabre, et leur dit : « Voila en quel!e monnaie le Portugal paye son tribut. » Tl fit respecter le nom portugais par tous les peuples et par tous les princes de l’Inde; et plusieurs , en particulier les rois de Siam et de Pégou, recherchérent son allianceet sa protection. En 1513 il fit une expédition dans l’Arabie Heureuse ; mais il échoua , et ne fut pas plus heureux lorsqu’il renouvela une seconde tentative contre Aden. Toutes ses entreprises avaient quelque chose de grand et d’extraordinaire. Il maintenait une sévére discipline dans son armée; il était actif, prévoyant, sage, humain, équitable, estimé et craint de ses voisins, aimé de ses sujets. Ses vertus firent une telle impression sur les Indous, que longtemps encore aprés sa mort ils se rendaient en pélerinage 4 son tombeaw poor lui demander son assistance contre les vexations de ses successeurs. Malgré la grandeur de ses services, il ne put échapper a Venvie des courtisans et 4 la défiance du roi Emmanuel, qui envoya Lopez Soarez, ennemi personne! d’Albuquerque, pour lui su ecéder dans le poste de vice-roi. Jl supporta cette ingratitude avec un profond chagrin, écrivit une courte lettre au roi pour lui recommander sox

{ils unique, et mourut quelques jours aprés 4 Goa, Van {515. Emmanuel honora sa mémoire par un long repentir et éleva le fils d’Albuquerque aux premiéres dignités de VEtat. — Le fils du grand Albuquerque, Blaise-Alphonse b’ALBUQUERQUE, a publié les mémoires de son pére ( Lisbonne, 1576, in-fol.).

ALBUS ou Pfennig blanc, petite monnaie d@’argent qui fut frappée a partir de l’an 1360, sous le régne de l’empereur Charles IV, et qui avait surtout cours dans Vélectorat de Cologne et dans la Hesse-Cassel. Elle valait neuf pfennigs, mais n’est plus aujourd’hui en usage.

ALCABALA ou ALCAVALA, tribut prélevé sur le prix des ventes publiques en Espagne et dans les pays de la domination espagnole. Il fut pour la premiére fois voté par les Etats de Castille & Alcala de Hénarés, en faveur du roi Alphonse II, vers Van 1330. Cet impot ne devait servir qu’a la conquéte de la ville d’Algésiras, puis 4 Ja guerre contre les Maures ; mais il devint ensuite permanent et fut basé sur le dixidme du prix de toutes les marchandises.

ALCADE (en espagnol alcalde), mot dérivé de V’arabe al cadh, le cadi, qui sert 4 désigner en Espagne des magistrats qui ont remplacé le cadi musulman aprés expulsion des Maures. Les attributions des alcades sont a la fois de ordre civil et;de l’ordre judiciaire. Il y en a de plusieurs sortes. Les principaux sont les alcades nommés par voie d’élection dans les villes. Ce sont des espéces de juges et @officiers municipaux. Ils portent comme marque de leurs fonctions une longue baguette blanche ornée d’une main Wivoire. Il y a, en outre, ’alcade de casa corte y rastro, aleade de la maison et cour du roi; lalcade de obras y bosques, alcade des batiments et foréts, avec juridiction civile et criminelle sur les maisons et foréts royales hors de Madrid ; Valcade de noche, alcade‘de'nuit ; Valcade alamin, juge pour les arts et métiers; Palcade de la mesta, nommé pour connaitre des contestations qui peuvent naitre dans le commerce des bétes a laine.

ALCAIQUE, espéce de vers inventé par Alcée, et qu’on retrouve fréquemment dans la poésie lyrique grecque ou latine. Le vers alcaique se compose de quatre pieds, un épitrite, deux choriambes, et un bachique. Horace l’a adopté dans un grand nombre de ses odes; il a aussi été employé par plusieurs poétes allemands, en particulier par Klopstock dans son Ode au Rédempteur et dans celle & Fanny. lly a aussi le vers alcaique-dactylique , qui commence par un iambe ou spondée, suivi d’un second iambe, @une césure, et de deux dactyles, ou bien encore qui se compose de deux dactyles et de deux trochées. — On nomme également alcaique une sorte dode grecque ou latine dont chaque strophe a quatre vers qui sont : les deux premiers, alcaiquesdactyliques; le troisitme, iambique; et le quatriéme, alcaique simple.

ALCALA , nom arabe commun 4 plusieurs villes d’Espagne. Les plus importantes sont : Alcala de Hénares, dans Ja Nouyelle-Castille, avec 5,300 ames; et Alcala la Real, dans la province de Jaen, qui compte 11,521 habitants. — Alcala, sur le chemin de fer de Madrid a Barcelone, Vancien Complutum des Romains, ruiné au neuvieme siécle, est le siége d’une université fondée en 1499, par le cardinal Ximénés, et dont la réputation s’étendait autrefois en tous lieux. Ce fut par les soins des membres de ce corps savant, et aux frais de son protecteur, que fut imprimée dans cette ville la célébre Bible polyglotte (textes hébreu, chaldéen , erec et latin) dite de Complute. —Cervantes était né a Alcala de Hénarés.

ALCALESCENCE. En chimie ce mot se prend dans un sens actif et dans un sens passif. Dans le premier il désigne Je mouvement qui s’opére dans une substance lorsqu’elle devient alcaline; dans le second il indique Vétat des substances animales ou végétales dans lesquelles il s’est développé spontanément de ’ammoniaque. L’alcalescence est

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