‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 169 sur 197 · ALDROVANDE — ALEGRE · texte numérisé non relu

ALDROVANDE — ALEGRE

trouve des détails et surtout des gravures qu’on chercherait ailleurs inutilement.

ALDUDES (Combat des), ou @ISPEGUI. Le général Muller, commandant Varmée des Pyrénées occidentales , voulant tenter une expédition sur le territoire espagnol par la vallée de Bastan, fit attaquer les positions des Aldudes et dIspégui le 3 juin 1794. La défense fut énergique, et les troupes frangaises se virent plusieurs fois contraintes de se reployer; mais l’adjudant général Harispe combattit si vaillamment a la téte des Basques, qu’il finit par enlever les redoutes de ’ennemi et par le chasser des positions qu’il occupait.

ALE ( prononcez aile ou éle ), nom dune biére de table, claire, forte, dune piquante amertume, dont il se fait en Angleterre une immense consommation, et qui est la plus forte des biéres qu’on connaisse. Elle contient prés de 7 pour 100 d’alcool. La fabrication de l’ale demande beaucoup de soins. On n’y doit employer que le malt le plus beau, le mieux torréfié, et le houblon le plus récent et le mieux conservé; on dirige la fermentation de telle sorte que la levure en soit a la vérité complétement séparée, mais que beaucoup de sucre y reste non décomposé ; ce qui est la cause de la faculté de se conserver pendant longtemps que cette espéce de biére posséde a un haut degré, ainsi que du gout qui lui est particulier. On exporte Pale avec beaucoup de facilité. Il s’en fait aujourd’hui une assez importante consommation sur le continent. Comme le procédé employé dans les brasseries anglaises est parfaitement connu, on fabrique de Vale dans divers pays avec le plus grand succés.

ALEA, ville d’Arcadie, fondée, dit-on, par Aléus, non Join de Mégalopolis, oi Minerve, Bacchus et Diane avaient chacun un temple. On y célébrait en Vhonneur de Bacchus une féte dans laquelle les femmes se déchiraient de coups de fouet, comme dans les fétes de Diane Orthia, & Lacédémone,

ALEATOIRE ( du latin alea , jeu de hasard ), adjectif qui dans notre langue n’a point de substantif, et se rapporte a tout ce qui dépend d’un événement incertain, tel qu’un coup de dés; il s’applique, surtout en droit, aux contrats ou conventions dans lesquels, soit les deux parties, soit Yune d’elles, s’en remettent pour l’exercice de leurs droits a un événement incertain entiérement subordonnéau hasard. Dans Yorigine de notre législation, les décisions judiciaires elles-mémes étaient souvent aléatoires; le plaignant avait a soutenir sa plainte , et le prévenu 4 prouver son innocence par les armes ; d’autres fois, le prévenu était soumis a de certaines épreuvesjudiciaires, soit du fer, soit du feu, soit de V’eau , qui décidaient de son sort; c’était ce que Yon nommait alors le jugement de Dieu: le hasard faisait les arréts.

Parmi les conventions, celles qui sont purement aléatoires, et qui dépendent, soit d’un coup de dés, soit d’un jeu de hasard , ont toujours été sévérement proscrites comme contraires a la morale publique et au bon ordre. Ainsi, la loi ne reconnait ni les dettes de jeu ni les paris; et Lien que les parties contractantes soient liées 4 cet égard par une obligation naturelle, puisqu’elles ont volontairement consenti 4 courir des chances qu’elles réputaient égales, il leur est interdit d’exercer aucune action en.justice, soit pour exiger ce qui a été gagné, soit pour redemander ce qui a été payé apres avoir été perdu. Les jeux de cartes, les jeux de dés , les jeux de Bourse, sont expressément compris dans cette proscription ,.qui cependant n’est point générale, car elle ne s’étend pas aux jeux qui tiennent a l’adresse et A Pexercice du corps; 4 cet égard, V’action est ouverte, et peut étre poursuivie; mais les tribunaux ont le pouvoir discrétionnaire de régler le montant des condamnations , ou de rejeter entiérement la demande, suivant les circonstances. Ily a dureste un assez grand nombre de conventions aléatoires qui sont parfaitement licites et d’un usage

habituel : tels sont tous les contrats dans lesquels les parties stipulent sur un événement incertain qui présente pour chacune d’elles, ou pour l'une d’elles, des chances égales de gain ou de perte, soit que les deux parties consentent également 4 courir des hasards contraires, comme dans le contrat d’assurance , soit que lune d’elles céde pour une somme fixe et déterminée des droits réels qui lui sont acquis, mais dont elle ignore importance , comme dans la cession d’une créance litigieuse et de droits héréditaires non réglés, ou dans la vente d’un.coup de filet. Dans ces sortes de conventions, c’est aux parties 4 faire respectivement l’évaluation de leurs espérances et des chances qu’elles peuvent avoir & courir; mais une fois le contrat arrété , quelles que soient leurs stipulations , et quel que soit l’événement, les parties sont irrévocablement lies.

Outre les conventions générales qui peuvent contenir des dispositions éventuelles , et qui forment ainsi de véritables contrats aléatoires, les principaux de ces contrats sont : 1° les donations contractuelles que se font d’ordinaire les époux par leur contrat de mariage, et dont l’effet est subordonné au prédécés de l'un deux; 2° le contrat d’assurance, soit terrestre, soit maritime, soit sur la vie; 3° leprét dlagrosseaventure; 4° enfin le contrat & rente viagére. Nous parlerons de ces différents contrats a leurs articles respectifs.

ALECTO. Voyez Furies.

ALECTRIOMANCIE ou ALECTOROMANCIE (du grec aéxtwp, coq, et uavteta, divination), sorte de divination qui se pratiquait par le moyen d@’un coq, qu’on placait au milieu d’une figure, en forme de carré ou de cercle, tracée sur le sable et divisée en vingt-quatre compartiments. Chacune des cases, marquée d’une lettre de l’alphabet , contenait un grain de blé. On fabriquait un mot des lettres, suivant l’ordre dans lequel le volatile avait mangé le grain placé sur chacune d’elles, et on en tirait un pronostic. C’est ainsi, dit-on, que fut prédit, sous ’empereur Valens, Pavyénement de Théodose le Grand. On pourrait ranger dans la méme catégorie ces poulets sacrés de ’ancienne Rome dont le plus ou moins d’appétit décidait du sort de ’Etat.

ALECTRIONON, c’est-a-dire combats de cogs. Ce fut Thémistocle , dit-on, qui les établit en mémoire de sa victoire sur les Perses. Avant de livrer bataille , il avait tiré un heureux présage du chant d’un coq. D’autres disent qu’ayant vu avant le combat deux cogs se battre avec fureur, il les avait fait remarquer a ses soldats, pour les animer par cet exemple. — Ces espéces de jeux se célébraient avec solennité dans le grand théatre d’Athénes , vers le 20 de boédromion (septembre ). On les faisait précéder de priéres et de sacrifices. Il parait cependant que ces jeux étaient connus en Gréce avant Thémistocle , ainsi que les combats de cailles et de perdrix, mais que ce général leur donna l’appareil dune fete religieuse. Lucien dit que tous les jeunes gens en age de puberté étaient obligés d’assister A ces combatgyde coqs. — Nous retrouverons ces jeux chez les modernes. Voyes Combats de Cogs. ;

ALEES,, fétes des Tégéates en ’honneur de Minerve Aléa. Ce surnom dela déesse venait d’Aléus, dixiéme roi d’Arcadie et pére d’Augé, qui eut d’Hercule un fils nommé Téléphe. Aléus éleva & Minerve un temple, l’un des plus anciens de la Gréce, et dont l’asile était te plus respecté, Les prétresses qui le desservaient étaient de jeunes filles dont le sacerdoce cessait 4 I’4ge de puberté. Ces fetes avaient lieu en mémoire dune victoire que les Tégéates avaient remportée sur les Lacédémoniens, dont ils avaient fait un grand nombre de prisonniers. Les Alées étaient suivies de jeux. On les nommait aussi Alofies, d’&ow, je prends.

ALEGRE. La maison d’Alégre est originaire de la province d’Auyergne, ou elle acquit un rang distingué dans la noblesse par ses alliances et par les grands officiers qu’elle a produits. — Morinot, baron d’ALEGRE, fut eonseiller et

chambellan du roi Charles VI. — Yves, son arriére-petitfils, suivit 4 la conquéte du royaume de Naples le roi Charles VIII, qui le nomma commandant de la Basilicate, et le

roi Louis XII, qui lui donna le gouvernement du Milanais.-

— Yves, marquis @’Avéere, issu du précédent, naquit en 1653; il entra dans les gardes du corps en 1675, et servit Wabord sous le duc de Luxembourg et sous les maréchaux de Créqui, de Lorges et de Villeroi. Créé lieutenant général des armées du roi en 1702, il servait dans ’armée de Flandre, lorsque les alliés, 4 la faveur de la nuit, surprirent, le 18 juillet 1705, les lignes qui couvraient nos possessions dans les Pays-Bas espagnols. Lemarquis d’Alégre y soutint un combat opiniatre, dans lequel il eut un cheval tué sous lui. Il fut fait prisonnier et conduit en Hollande, ou le roi lui expédia un plein pouvoir pour conclure la paix avec cette république. Echangé en 1712, aprés l’affaire de Denain, il fit les campagnes d’Allemagne et du Rhin, qui amenérent le traité d’Utrecht. Il recut le 2 février 1724 le baton de maréchal, et fut créé quatre ans aprés chevalier des ordres du roi. Il mourut en 1733.

ALEMAN ( Martnicv), écrivain espagnol, né a Séville, vers le milieu du seiziéme siécle, mort vers 1620, fut pendant longtemps, sous le régne de Philippe II, surintendant et contréleur des finances. Il voyagea au Mexique, et quitta ensuite les affaires pour se vouer exclusivemment 4 la carriére des lettres. Il est auteur de plusieurs ouvrages , entre antres du roman de Guzman d’Alfarache (Madrid, 1599), que Le Sage a plutét imité que traduit.

ALEMANNIQUE (Dialecte). On nomme ainsi un dialecte allemand qui n’a pas subi les modifications et le perfectionnement que les autres idiomes de Allemagne ont généralement recus depuis le seiziéme siécle. Il se parle dans Vancien pays des Alemans, en Alsace, en Souabe et dans quelques parties de la Suisse. Hebel a écrit ses poésies en dialecte alémannique.

ALEMANS (des mots allemands alle mannen, qui signifient gens de toute origine). C’est le nom dune confédération guerriére de plusieurs peuples germaniques, entre autres des Teuctires et des Usipiens, qui vers le commencement du troisiéme siécle s’approchérent de ’empire Romain. Caracalla fut défait par eux sur les bords du Rhin ainsi que Alexandre Sévére. Maximilien fut le premier qui les battit, en 236, et les refoula en Germanie. Mais aprés sa mort ils envahirent de nouveau la Gaule. Posthumius Jes défit complétement, les poursuivit au dela du Rhin; et pour mettre dorénavant Vempire a labri de leurs incursions, il fit élever le long des frontitres des remparts garnis de fossés et défendus de distance en distance par des forts. Il existe encore aujourd’hui des débris de ces fortifications a Pfoering sur le Danube, ainsi que dans la principauté de Hohenlohe jusqu’a Jaxthausen, et sur la rive septentrionale du Mein (voyez Mur du Diasie). Les Alemans n’en continudgent pas moins leurs incursions, et furent successivement battus et rejetés en Germanie par Lollianus, successeur de Posthumius , et par l’empereur Probus. Aprés la mort de ce dernier, cédant a la pression des Bourguignons venus du nord-est, ils s’établirent au dela de la muraille romaine depuis Mayence jusqu’au lac de Constance , des deux cétés dela forét d’Oden et de la Forét-Noire. Enfin, Pan 367, Julien fut envoyé en qualité de césar dans les Gaules. Les Alemans avaient continuellement porté leurs ravages surson territoire ainsi qu’a Pest sur celui de la Norique. Julien contraignit de nouveau tes Alemans a repasser le Rhin ; ies huit princes qui les commandaientimplorérent la paix. Leers forces réunies dans {a bataille rangée que leur livra Julien se montaient 4 35,000 hommes. Bientot aprés se joignirent 4 eux sur le Danube supérieurles Juthunges, dont ie nom disparait au cinquiéme siécle. Le peuple confédéré porta par la suite le nom @’ Alemans ou Sudves, dont on fit Souabes, employe comme dénomination g‘nérique. Au quatriéme siécle ils se répan-

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