‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 188 sur 197 · ALIMENTS · texte numérisé non relu

ALIMENTS

ALIMENYTS ( Droit). On comme aliments ce qui est nécessaire 4 la nourriture et a Pentretien d'une personne.

La valeur qui représente les aliments est essentiellement variable, suivant la position et les besoins de la personne qui les recoit et les facultés de celle qui les doit. Cest aux tribunanx qu'il appartient d’apprécier toutes ces circonstances , de décider si la pension alimentaire demandée est vraiment nécessaire, et d’en régler la nature. — L’obligation de payer des aliments dérive principalement de la naissance et du mariage; elle nait aussi de services rendus; quelquefois elle est la conséquence d’un fait acvidentel ;

dans d’autres cas, enfin, elle est purement volontaire , et —

cest alors un contrat de bienfaisance.

Tout individu, 4 sa naissance, a droit 4 des aliments qui doivent lui étre fournis par ses parents jusqu’a ce quil soit lui-méme en état de subvenir a ses besoins ; ce qui lui permet bient6t a son tour d’acquitter la dette quwil a contractée, en rendant a ses parents , dans leur vieillesse, par une juste réciprocité, les soins qu’il a recus d’eux dans son enfance. Dans lordre civil, cette obligation alégard des enfants est restreinte aux ascendants légitimes; elle ne s'étend plus, comme autrefois dans quelques provinces, aux fréres et sceurs, oncles et tantes. A Venfant naturel les aliments ne sont dus que par le pére ou la mére qui l’ont reconnu légalement, et les enfants incestueux et adultérins ont également droit 4 des aliments contre leur mére, et méme contre leur pére lorsqu’il peut étre désigné par la justice, dans des circonstances assez rares. Le méme droit a une pension alimentaire existe au profit des enfants abandonnés; mais comme alors il ne se trouve personne qui puisse étre spécialement tenu de l’acquitter, la charge retombe nécessairement sur la société tout entiére , c’est-a-dire sur l’Etat. Lors donc que le législateur a preserit que dans chaque commune il fat fait les fonds nécessaires pour nourrir et élever les enfants abandonnés, ce n’est point un acte de pure bienfaisance qu’il a’ voulu imposer, mais une dette sacrée qu’il a rappelée au pays.

En principe, l’obligation de fournir des aliments est corrélative : d@’ou il suit que les enfants doivent eux-mémes des aliments a leurs pére et mére et a leurs autres ascendants, et qu’en général Yon est tenu de donner des aliments a fous ceux dont on en aurait pu exiger, saufle cas ou les aliments ne sont accordés par justice qu’a titre de peine. — Par le mariage, les époux, outre obligation qu’ils contractent envers les enfants qui doivent naitre de leur union, s’engagent a se fournir mutuellement des aliments. Le mariage a également pour effet d’assurer au gendre et a la belle-fille des aliments contre leur beau-pére ou belle-mére, comme a ceuxci contre leur gendre et leur fille ; mais , comme il ne s’agit ici que d’un lien civil, l’obligation cesse 4 Ja dissolution du mariage lorsqu’il n’en existe pas d’enfants, ou lorsque aprés cette dissolution avec enfants, Ja belle-fille, devenue veuve, convole a de secondes noces. —Des services rendus donnent droit aussi a des aliments : c’est ainsi que le donateur qui

s'est librement et volontairement dépouillé en faveur d’un

donataire qu’il a gratifié de ses biens, a le droit incontestable Wexiger une pension alimentaire de celui-ci s'il vient a se trouver dans le besoin. C’est encore d’aprés le méme principe que l'Etat est tenu de reconnaitre par une pension alimentaire les services de ceux qui Jui ont consacré leur vie. Le créancier, qui fait incarcérer son débiteur, est soumis 4 lobligation de lui fournir des aliments. La loi du 2 mai 1861, modifiant l'art. 29 de la loi du 17 avril 1832, dispose a cet égard que les consignations pour aliments doivent étre faites par périodes de trente jours, que la somme consignée doit étre de 45 fr. & Paris, 40 fr. dans les villes de plus de cent mille Ames, ef 35 fr. partout ailleurs pour chaque période; le défaut de consignation préalable des aliments emporte la cessalion de la contrainte par corps, qui ne peut plus étre ullérieureinent exercée pour la méme dette.

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ALIMPIUS — ALIZARD

ALIMPIUS (Saint), moine du couvent des Grottes, a Kief, qui vivait au douzitme sidcle , est le plus ancien peintre de la Russie. Il avait appris son art des Grecs, et Yexerga au profit de son pays, en peignant gratuitement un grand nombre d’images saintes pour les églises. Ce qu'il y a surtout de remarquable dans ses wuvres, c’est la fraicheur du coloris et la durée des couleurs employées par Vartiste , et que le temps n’a pas pu encore détruire.

ALIMUSIES,, petits mystéres célébrés 4 Alimus, bourg de VAttique prés d’Athenes. Cérés et Proserpine y avaient un temple.

ALIOTH. C’est le nom que les Arabes ont donné 4 une étoile de la Grande Ourse.

ALIPTIQUE (du grec deigev, oindre). Les anciens donnaient ce nom a la partie de ’hygiéne qui enseignait l’art Woindre le corps pour le rendre plus vigoureux et plus souple. Ils appelaient alipte celui qui était chargé de frotter @huile les athlétes, et aliptérion la salle ou se faisait cette préparation. Comme en général leurs moyens curatifs étaient tréssimples, ils pensaient que dans certains cas des onctions faites avec des corps gras ou des substances médicamenteuses n’étaient pas sans ulilité; et aujourd’hui encore le systéme de Paliptique compte quelques partisans.

ALIQUANTE. Sous cette dénomination on désigne les parties @un tout qui, répétées un certain nombre de fois, ne font pas le nombre complet, mais donnent un nombre plus grand ou plus petit que celui dont elles sont des parties.+

ALIQUOTE. Ce terme désigne les parties d’un tout qui, répétées un certain nombre de fois, produisent le tout complet, en égalant ce tout : 1,2,3, 4, 6 sont des parties aliquotes de 12, car tous ces nombres divisent 12 sans reste,

ALISE ou ALESIA ( Siége d’), ancienne et grande ville gauloise, située sur le mont Auxois ( Céte-d’Or ). Vainqueur & Génabum, 4 Avaricum et 4 Gergovie, César passa la Loire prés de Nevers, atteignit ’armée de Vercingétorix dans le pays des Lingons, et la défit dans une bataille. Le général gaulois , qui s’était-réfugié sous les murs d’Alise avec $0,000 hommes @élite, y fut suivi par César, qui vint mettre le siége devant la place. Tandis que Vercingétorix , campé a mi-cdte , se disposait 4 une vigoureuse résistance , le général romain faisait tirer une ligne de circonvallation de onze milles d’étendue et fortifiait son camp de vingt-trois forts. Pendant que les Romains achevaient ces travaux, un combat de cavalerie s’engage; les Gaulois sont mis en déroute, et ne regagnent leur camp qu’avec peine. Vercingéiorix , qui sait que les Romains n’ont pas encore achevé leurs retranchements , profite de cette circonstance pour renvoyer sa cavalerie pendant la nuit , avec ordre a chacun de retourner dans son pays pour lui ramener des renforts. César, instruit de cette résolution, prend de nouvelles dispositions de défense , établit une ligne de contrevallation garnie de fossés, de terrasses et de remparts. Cependant la Gaule entidre s’était levée 8 la voix de Vercingétorix ; 8,000 cavaliers , 250,000 fantassins accourent au secours d’Alésia. Mais les efforts réunis des assiégés et de leurs auxiliaires sont impuissants ; 300,000 hommes viennent se briser contre les retranchements de César, la tactique romaine et le courage de ses soldats. Vaincus dans trois combats, les Gaulois se rendent aprés sept mois d’un siége opinidtre (l’an 52 av. J.-C. ). La prise d’Alésia fut le signal de l’asservissement de la Gaule. La ville fut détruite, ef Vercingétorix alla orner les triomphes du général romain.

{ La question de la position d’Alésia a vivement occupé les archéologues dans ces derniers temps. En 1855 M. A. Delacroix, architecte de la ville de Besangon, chercha a ¢établir que l’oppidum des Mandubiens qu’assiégea César et ot Vercingétorix fut vaincu, était & Alaise, en Franche-Comté , au nord de Salins, etnon A Alise-Sainte-Reine, sur le mont Auxois, en Bourgogne. Il se basait sur l’interprétation des textes de César, de Plutarque et de Dion Cassius, et sur des

découvertes d’objets d’antiquité. M. Quicheral appuya cette opinion , que réfutérent M. Rossignol et M. Dey. M. Lenormant, M. de Saulcy et M. Coynart se mélérent aussi de cetie discussion. Un prince de la maison d’Orléans a qui les études de lantiquité sont familitres dit également son mot en gardant l’anonyme. M. Ernest Desjardins a résumé les diverses opinions, en se pronongant pour Alaise , tandis que \’Académie des inscriptions parait tenir pour Alise. M. Ed. Clerc a donné un album des objets trouvés 4 Alaise. Z. j

ALISMA, genre de plantes herbacées , vivaces, croissant dans les lieux marécageux , sur Je bord des étangs ef des riviéres , dont la principale espéce estle plantain d’eau, que Von cultive dans les bassins des parcs et des jardins. C’est une grande et jolie plante, a feuilles ovales, aigués , portées sur de longs pétioles, et dont les fleurs forment une sorte de panicule allongée assez gracieuse. La racine du plantain d’eay est considérée dans quelques pays comme un reméde efficace contre ’hydrophobie.

ALISON (sir Ancupatp) , historien anglais, né le 29 décembre 1792 dans le pays de Galles , était le fils d’un ministre écossais, auteur d’un trailé estimé sur les Principes du gout. Aprés avoir fait d’excellentes études 4 Edimnbourg , il fut admis au barreau de cette ville, et exerca de 1822 4 1830 la charge d’avocat-député de l’Ecosse. En 1834 il devint shériff du Lanark, et en 1852 lord Derby le nomma baronet. A l'exception de deux savants t.aités sur le droit criminel écossais, Alison n’a publié que des ouvrages historiques; nous citerons les deux plus considérables : History of Europe during the French Revolution (1839-42, 10 vol. in-8), qui s’arréte a 1815, et History of Europe from the fall of Napoleon to the accession of Louis Napoleon (1852-59, 9 vol. in-8), quia été traduite dans plusieurs langues. Alison est mort Je 23 mai 1867, prés Glasgow.

ALIX DE CHAMPAGNE, fille de Thibaut IV, comte de Champagne, épousa Louis VII, dit le Jeune, roi de France, dont elle eat Philippe-Auguste. A Ja mort de son mari elle Voulut avoir une part d’autorité; mais Philippe-Auguste neutralisa l’une par l’autre les ambitions rivales de sa mére et des autres princes, et réussit a échapper a toufe tutelle. Cependant lorsqu’il partit pour la Terre Sainte, il lui confia la régence en méme temps que la tutelle de son jeune fils. Alix sut contenir dans le devoir les grands yassaux de la couronne, résister aux usurpations de la cour de Rome, protéger les arts et lindustrie et faire respecter la justice, Elle mourut le 4 juin 1206,

ALIZARD ( Avotpne-Josrpn-Louis), chanteur d’un grand mérite, était né a Paris, le 29 décembre 1814. Il perdit son pére de bonne heure, et accompagna sa mére A Montdidier, puis 4 Beauvais, ot elle ouvrit un pensionnat de demoiselles. Dans ces deux villes Alizard suivit les cours du collége, et se prit dune forte passion pour le violon, av grand regret de sa mére. Des lecons de M. Victor Magnien lui firent faire des progrés rapides. En 1833, Alizard yint * a Paris dans Vespoir d’étre recu au Conservatoire, et de trouver une place dans un orchestre de théadtre. Son espoir fut dégu, non qu'il ett mal joué son morceau de concours , mais parce que sa tendance a lobésité, la briéveté de ses bras et la grosseur de ses doigts ne laissaient pas espérer qwil pot jamais faire un artiste accompli. Cependant Alizard ne perdit pas courage , et continua d’étudier sous la direction d’Urhan, qui lui fit avoir une place a lorchestre du théatre de la Gaité. S’étant enfin apercu qu’il avait une belle voix, Alizard résolut den tirer parti; il entra comme chantre aux Missions-Etrangeéres, puis a Saint-Eustachie, et il fut ensuite recu dans les cheeurs de POpéra. En méme temps il entraif dans la classe de chant de Banderali au Conservatoire, oi il obtint le second prix au bout d'un an, et le premier Vannée suivante. Il débuta alors a YOpéra comme sujet le 23 juin 1837, dans le réle de Gessler de Guii-

laume Tell. Alizard continua a paraitre pendant cing ans dans des rdles secondaires, qui du reste n’avaient jamais été si bien rendus. En 1842, sentant sa force et mécontent de sa position, il quitta Paris , obtint un engagement en Belgique ef se rendit en Italie. Il se fit entendre au thédtre de la Scala & Milan; mais il y fut mal accueilli. De retour en France , il obtint de grands succés A Marseille, et fut rappelé a Paris avec 18,000 fr. d’appointements. II fit sa rentrée en 1847 dans le rdle de Bertram de Robert le Diable, puis il joua dans Freyschutz, Moise, les Huguenots, la Favorite, Jérusalgm, et il chanta encore tous ces roles comme ils ne l’avaient jamais été. Enfin il espérait chanter dans le Prophéete un role fait pour lui, lorsqwune grave maladie lui enleyala yoix. Le séjour des iles d’Hyéres lui fut ordonné. 11 s’en trouva bien , puis revint 4 Paris ; mais une rechute terrible lui fit reprendre le chemin de Marseille : a peine y était-il arrivé qu'il expira, le 23 janvier 1850. — Alizard possédait une magnifique voix de basse, d’une étendue de deux octaves, de fa en fa, parfaitement égale, et qu’il maniait avec la méme facilité dans toute son étendue. La fermeté de ses intonations et son aplomb dans la mesure étaient on ne peut plus remarquables ; sa voix, en dépit de son yolume, se pliait 4 tous les traits d’agilité que les voix graves abordent rarement avec avantage. Excellent musicien, il aidait puissamment aux effets d’ensemble. L’absence des avantages physiques, si nécessaires 4 la scéne, se rachetait chez lui par un talent qui réunissait 4 un méme degré la force, la chaleur, la grace, la noblesse du style et la justesse de expression. Adrien DE LAFAGE,

ALIZARINE. MM. Robiquet et Collin ont donné ce nom au principe colorant rouge de Ja racine de garance. Quand on a isolé cette substance, on la voit sous forme de cristaux d'un rouge orangé, inodore, insipide, trés-volatile , et trés-soluble dans Veau.

ALIZES ( Vents). On nomme ainsi des vents: constants qui soufflent entre les tropiques dans l’Atlantique et le Grand-Océan. Is sont dus a l’échauffement et a l’élévation de Vair sous l’équateur, qui, se déversant sur des couches plus froides , se dirige vers le péle; sa direction est, toutefois, modifiée par la rotation de la terre qui lui imprime un mouvement de l’est 4 l’ouest. On ne remarque dans les yents alizés que de petites variations périodiques, occasionnées par les déclinaisons du soleil.

ALIZIER, arbre de la famille des néfliers et des poiriers, assez commun en France, et dont les fruits, quoiqueacerbes, se mangent quand on a le soin, comme on fait pour les néfles,de les laisser quelque temps sur la paille ow ils arrivent a un état intermédiaire entre la pourriture et la maturité ; état que l’on appelle blet. — Son bois, dur et incolore, susceptible de prendre la teinture avec avantage, a une odeur assez agréable, et est assez recherché par les tourneurs. On en fait des vis de pressoir, des alluchons, des fuseaux pour les rouages des moulins, des fliites, des fifres. L’alizier commun,

‘fort répandu dans les bois de la Haute-Marne, dans le Jura et les Hautes-Alpes, atteint de sept a dix métres d’élévation.

ALJUBAROTTA, bourg de Portugal (Estramadure ), 4 24 kilometres sud-ouest de Leiria, renferme une population de 2,000 habitants. Jean 1°", roi de Portugal , y remporta en 1385, aidé des Anglais, une victoire sur les Castillans et Jes Francais réunis.

ALKEKENGE, genre établi par Tournefort , dont Vespéce connue sous le nom yulgaire de coguere? est le type. L’alkékenge croit dans les haies et dans les vignes, et produit un fruit quelque peu acidule, contenu dans une yésicule de couleur rougeatre. On employait autrefois ces baies 4 préparer des trochiques et une eau distillée. Elles ont un effet purgatif et légerement diurétique. Oa les fait entrer, comme ingrédient , dans la fabrication du sirop de rhubarbe ou de chicorée composé. En Espagne et en Suisse, on sert dans les repas le fruit de V'alkékenge.

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