ALLA BREVE — ALLAINVAL
dessus. Si la barre verticale n’existe pas, on bat deux fois sur chaque bréve, et alors la mesure se trouve par le fait non plus alla breve, mais alla semi-breve, dénomination qui a &é aussien usage. Lorsque le cercle ou le demi-cercle sont barrés , les anciens auteurs disent que on ne doit battre quwune fois sur chaque bréve; toutefois Pusage a prévalu de battre sur chaque semi-bréve, mais avec rapidité, Cette mesure et ses variétés n’étant en usage qu’d V’église, on V’a aussi Nommée mesure a cappella, mesure de chapelle (c’est s’exprimer vicieusement que de dire alla cappella), parce qu’elle s’exécute par les chantres qui font partie des chapelles-musiques attachées aux collégiales ou aux palais des souverains.
Par extension, on a nommé s/yle alla breve celui dans fequel on fait surtout usage des mesures désignées plus haut. Ce style se caractérise par V’usage continuel des formes du contrepoint fugué, ef on n’y emploie que des durées en rapport avec Vunité metrique ; on y fait par conséquent un usage fort rare de la croche, et l’on en bannft absolument la double croche, sauf un petit nombre de cas ou elle favorise la marche mélodique. La cantiléne roule toujours sur la bréve ou carrée, la ronde et la blanche. Voila pourquoi en France la musique ainsi composée s’appelait autrefois du gros-fa.
L’expression style ou musique a cappella désigne plus précisément les pieces d’église destinées aux voix avec accompagnement d’orgue ; par opposition 4 la musique alla Palestrina, autrement celle qu’exécutent les voix sans aucun accompagnement instrumental. Adrien bE LAFAGE.
ALLACCI (Leone), savant laborieux du dix-septi¢me siécle , qui a composé la plupart de ses ouvrages en latin , et les a signés du nom d’Allatius. Les plus célébres sont intitulés : De Ecclesix occidentalis et orientalis perpetua Consensione (Cologne, 1648), ouvrage dans lequel il s’efforce de prouver la constante identité de foi et de dogmes entre ’Eglise romaine et l’Eglise grecque; et De Patria Homeri ( Lyon , 1640 ). On y remarque plus d’érudition que de critique. Néa Chio, en 1586, il alla achever 4 Rome des études commencées a l’dge de neuf ansen Calabre ; et on le voit dés 1622 chargé par le pape Grégoire XV de transporter a Rome la bibliothéque de Heidelberg , don fait a VEglise par Vélecteur de Bavidre; plus tard, il devint bibGothécaira du cardinal Barberini, et en 1661 bibliotnecaire du Vatican. Il mourut en 1669, a Page de quatrevingt-trois ans. — Minutieux et méthodique jusque dans les plus petits détails, Allacci s’était, dit-on, servi pendant quarante années de la méme plume, et il éprouva un profond chagrin lorsqu’il perdit ce fidéle instrument de ses travaux. On raconte encore, comme un trait qui prouve Voriginalité de son esprit , qu’interrogé un jour par le pape Alexandre VII sur les motifs qui avaient pu le porter a rester célibataire , sans pour cela entrer dans les ordres, il répondit : « Je ne me marie pas, pour pouvoir prendre les ordres quand je youdrai ; et je ne m’engage pas dans les ordres , pour pouvoir me marier si la fantaisie m’en prenait. »
ALLAH, mot arabe qui signifie Diew, créateur de toute la nature, le seul étre, dit Mahomet, qui existe par lui-méme, auquel aucun autre étre ne peut étre comparé : c’est de lui que toutes les créatures ont recu leur existence ; il n’engendre point et n’est point engendré; il est le maitre et seigneur du monde corporel et intellectuel. Dans le Coran, Mahomet recommande l’adoration d’Allah comme le dogme fondamental de sa religion.
Le mot Allah est composé de article al et du mot ilah, qui signifie celui qui est adoré et qui doit étre adoré.
ALLAHABAD, c’est-a-dire ville de Diew, nom d’une province, d’un cercle et d’une ville de ’Hindoustan. La province, située entre le 24° et le 26° de lat. nord, comprenait sur une superficie @environ 2,000 myriamétres carrés, et peunlée de 4,527,000 habitants, des territoires acquis suc-
' ment conduite
cessivement par les Anglais en 1775, 1803 et 1810. Elle est traversée par deux chemins de fer récemment établis. Cette vaste province s’étend sur les deux vallées du Gange et du Dyumnah, et s’éleve au nord-ouest jusqu’aux chaines les plus élevées de l’Himalaya. L’Allaiabad est en général bien cultivé, et son sol est fertile. Divers districts et villes célébres , comme Bé nar és, Mirsapour, Bundel kund, Jouanpour, etc., dépendent de cette province. Allahabad, son chef-lieu, est située au confluent des deux fleuves sacrés, le Gange et le Djumnah : aussi cette cité est réputée sainte, et des milliers de pélerins viennent chaque année s’y baigner dans eau sacrée et en emportent pour le service des temples situés @ des distances considérables. Une magnifique forteresse en bloes de granit rouge, construite par ’empereur Akbar, en 1583, commande la navigation des deux cours d’eau ainsi que la grande voie de communication entre Delhi et Calcutta. La ville, autour de laquelle les débris de son antique splendeur forment une large ceinture, ne comptait déja plus guere avant 1857 que 70,000 habitants, se livrant avec succes a la fabrication des étoffes de soie et de coton, et trés-renommés pour leur habileté dans les arts céramiques. Les Anglais possédent Allahabad depuis 1801. Elle est en communication avee Calcutta par un chemin de fer. tA Le 4 juin 1857, un régiment indien, qui avait consent a marcher contre Jes insurgés venus de Delhi vers Allahabad, assassina ses officiers et alla rejoindre les rebelles aprés avoir bralé le temple, toutes Jes habitations de la place et avoir pillé le trésor. D’autres troupes cependant restérent fidéles ; le fort fat gardé par les troupes anglaises, et les Eurepéens durent se réfugier derriére ses remparts. Les maisons avaient été abattues par la canonnade, les maisons des champs brulées. Prés de 3,000 prisonniers s'¢va dérent et commirent toutes sortes d’horreurs. ¢ ALLAINVAL (Léonore-Curistine, abbé Sounas p’), né a Chartres, vers la fin du dix-septiéme siécle, et morta PHotel-Dieu de Paris, le 2 mai 1752, n’est guére connu dé notre siécle que par l’Ecole des Bourgeois, petite comédie pleine de verve et de gaieté, le seul de ses ouvrages resté au théatre. C’est un petit tableau de moeurs qui n’est pas indigne de figurer ala suite de Turcaret. Elle fut donnée en 1728. On y voit Vintérieur d’une famille de traitants et @usuriers dont la fille est sur le point d’épouser un grand seigneur. Ce grand seigneur, le marquis de Moncade, prodigue, dissipateur, sacrifiant tout a ses plaisirs, suit la mode, qui commencait a s’accréditer en ce temps-la parmi la haute noblesse, de chercher dans les coffres-forts roturiers de quoi réparer les ruines de sa fortune, et d’employer le riche fumier des vilains 4 engraisser des terres épuisées. Le marquis*de Moncade a donc pris, comme il le dit lui-méme, le parti de s’encanailler. Il fallait voir laisance, le laisseraller avec lequel le spirituel acteur Fleury rendait ce mélange d’impertinence et de bon ton exquis, le naturel inimitable avec lequel il reproduisait cette image, aujourd*hui perdue, des marquis de I’ancien régime. Il y a dans cette piéce une scene délicieuse et admirablement filée entre Moncade et M. Mathieu, oncle intraitable, qui s’irrite contre la folie de sa soour, madame Abraham, pour s’étre entichée de noblesse, et qui prétend dire son fait au marquis et rompre le mariage. Avec ses belles maniéres de cour et au moyen de quelques mots de politesse, Moncade apprivoise M. Mathieu, et l’'améne a le supplier & genoux de vouloir bien épouser sa niéce. Et M. Pof-de-Vin, Vintendant du marquis, n’est-il pas encore un profil spirituellement esquissé? — Le pauvre d’Allainval travaillait ala fois pour la Comédie-Frangaise, pour la Comédie-Italienne et pour ]’0péra-Comique, ce qui ne ’empécha pas de vivre dans la pauvreté et de finir-par mourir de faim. On cite encore de lui ’Embarras des Richesses, comme une pidce habilect heureusement dénoude. Elle fut donnée
en 1726. Le besoin lui fit composer aussi des ouvrages @un autre genre, tels que: Anecdotes de Russie, sous Pierre I; Lettres du cardinal’ Mazarin; Eloge de Car, ete. ; ARTAUD:
ALLAITEMENT. C’est Valimentation de enfant durant les premiers temps de son existence : on le divise en naturel et en artijficiel. L’allaitement naturel comprend Pallaitement materne!, qui est fourni par la mére, et Pallaitement étranger, qui est confié 4 une nourrice.
A moins d’obstacles résultant de la santé générale ou constitutionnelle de la mére, de maladies, de absence ou de la mauvaise qualité du lait, les avantages de Vallaitement maternel sont incontestables pour la mére et pour V’enfant. L’enfant y trouve une nourriture appropriée a son age, et la mére évite mieux les accidents résultant de ?engorgement et de inflammation aigué et chronique des mamelles, de la fiéyre de lait, etc. Il est cependant des femmes dont le lait ne convient pas a leurs enfants : tel est celui dune femme atteinte de scorbut, de scrofules ou de phthisie, quoique souvent dans ces deux derniéres maladies les femmes aient une grande quantité de lait : leurs nourrissons, gras et frais pendant qu’ils tettent, dépérissent aprés le sevrage et finissent toujours par étre affectés des mémes maladies que leurs méres. S’il est un moyen de les soustraire a la funeste hérédité qu’ils ont recue d’elles, c’est de leur faire teter Je lait @une nourrice pleine de santé et de vigueur, et d’un tempérament opposé a celui de la mére. Il en est de méme lorsque la mére est d’une constitution trés-faible, sans étre attaquée d’aucune maladie. Les médecins ne sont pas d’accord entre eux sur !’époque a laquelle, aprés 'accouchement, Venfant doit ¢tre approché du sein de la mére : les uns ont fixé ce temps 4 cing ou six heures, les autres a un jour, a trois jours, ou méme davantage. Il est bon toutefois de laisser la mére se calmer de V’agitation produite par les angoisses de V’accouchement. L’enfant peut, en général, se passer de nourriture dans les premiéres heures de la vie : quelques cuillerées & café d’eau sucrée tiéde suffisent pour apaiser ses cris, et servent a délayer les mucosités qui obstruent les premiéres yoies, Si l'enfant saisit le mamelon et tette sans répugnance, la mére lui fournit un aliment approprié a ses besoins : c’est un liquide jaundtre, séreux, appelé colostrum, auquel on attribue une action favorable sur les yoies digestives, et qui l’aide 4 rendre le méconium. Desormeaux , le plus habile des accoucheurs de notre siécle , regardait ce liquide si utile pour expulsion du méconiwm, quiil voulait que dans le cas d’allaitement étranger ou artificiel, on y suppléat par quelques petites cuillerées de sirop de chicorée composé, étendu de parties égales d’eau, ou tout simplement de l’eau mpiellée. Il est des cas ot, la faiblesse de Venfant s’opposant a ce qu’il puisse saisir le mamélon et teter, on lui fait prendre alors avec avantage un peu de vin sucré coupé d’eau, quelques cuillerées d’une potion 1égerement aromatique, édulcorée avec les sirops d’écorce Worange , de menthe, etc. Dans tous les cas, il convient de faire prendre le sein a ]’enfant avant le développement de Ja fiévre de lait; le gonflement qui survient alors aux mamelles, et qui efface la saillie du mamelon, s’oppose a la succion, et les efforts que fait l'enfant déterminent des tiraillements douloureux, et par suite des gercures. En prenant, au contraire, le sein de bonne heure, l’enfant y trouve plus de facilité. Par cette conduite, on procure al’enfant l’avantage d’exercer de bonne heure les organes de la succion, et par conséquent deles fortifier, et de donner a sa nourriture les caractéres connus de perfectibilité; car 4 mesure que Ja lactation s’exerce, le lait se perfectionne, c’est-a-dire qu’il devient de plus en plus nourrissant. La mére en retire elleméme des avantages réels : la mamelle étant, en effet, dégorgée et stimulée a Ja fois par la succion, se trouve préparée de bonne heure aux fonctions qu'elle doit remplir ; le mamelon et les conduits lactiféres sont ramollis par les