‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 191 sur 197 · ALLAINVAL — ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

ALLAINVAL — ALLAITEMENT

lévres de Venfant, et la sortie du lait rendue plus facile. Dans les premiers temps ee ne tette pas d’une maniére continue : il s’arréte souvent, ef semble se reposer ; mais par Ja suite, devenu plus vigoureux, il s’interrompt beaucoup moins souvent. Lorsque Venfant tette & vide, comme on dit, c’est-a-dire qu'il n’extrait pas de lait de la mamelle ou qu'il n’a tiré que de la sérosité quelquefois sanguinolente, les mouvements de succion ont lieu comme lorsqu’il tette réellement ; mais les mouyements de déglutition n’ont lieu que d’une maniére incompléte, etne sont point accompagnés du bruissement déterminé par le passage du liquide de la bouche dans loesophage. La mére doit avoir soin de donner alternativement!’une et l'autre mamelle, afin qu’elles soient toutes deux également dégorgées, 4 moins pourtant que l’une ne fournisse plus de lait que l’autre.

La fiévre de lait, qui peut manquer complétement, est presque toujours légére lorsqu’on a allaité enfant de bonne heure, et n’est point un obstacle 4 ce que l’allaitement soit continué. Y a-t-il convenance a régler les heures des repas de l’enfant? Il est impossible de rien préciser 4 ce sujet : cest la voix de la nature qu'il faut écouter. Durant les premiers mois de la vie l’enfant parait végéter dans le sommeil, d’ot il n’est retiré de temps en temps que par le sentiment de la faim, qu’il exprime par des cris. Ce sentiment lui-méme parait revenir 4 des distances variables , selon la constitution de Venfant et la qualité du lait de la mére; en conséquence, il doit éfre remis 4 la mamelle toutes les fois qu’il s’éveille, et que par ses cris il réclame la satisfaction de son appétit. A mesure que l’enfant prend de la force, ses besvins augmentent, et ses repas deviennent de plus en plus copieux. Le lait de lamére subit aussi des changements en harmonie ayec ces circonstances ; il devient de plus en plus substantiel, de moins en moins séreux. Aprés le troisiéme mois, l’enfant exerce lui-méme sur la mamelle, ayec sa petite main, une sorte de compression qui, en augmentant Vexpression du lait , satisfait 4 merveille ses besoins. Aprés cette époque, ouméme avant, on rend l’alimentation de l’enfant plus substantielle en ajeatant a la lactation de petites crémes féculentes. C’est alors qu’on pourrait a la rigueur régler jusqu’a un certain point les heures de ses repas.

L’allaitement comprend ordinairement une période de douze a dix-huit mois; il touche a son terme lorsque la sécrétion dulait diminue, et que ce liquide redevient séreux comme dans le principe; mais déja a cette époque }’enfant se trouve tellement habitué aux farineux, quil peut se passer du lait de sa mére. I] est rare cependant qu'on attende le terme de dix-huit mois pour le sevrer. Souvent !’allaitement est interrompu par une nouvelle grossesse. Cette circonstance n’est pas toujours un obstacle absolu pendant les trois premiers mois; mais une foule d’autres circonstances d’ailleurs peuvent l’empécher.

Lorsque la mére ne peut s’acquitter elle-méme de la tache dallaiter son enfant, on confie ordinairement le nouveau-né a une nourrice. C’est a ce mot que nous parlerons des conditions qu’elle doit offrir.

Autrefois, lorsque la mére ne pouvait ou ne youlait pas — nourrir, on confiait Vallaitement & un animal; mais cette — espece d’allaitement est aujourd’hui peu en usage, et en ce

cas on se sert d’une chévyre jeune et de seconde portée, que Yon dresse a cet effet assez facilement.

L’allaitement artificiel consiste dans administration des boissons laiteuses & Yaide de biberons, lorsque Vallaite-

-ment maternel ou d’une nourrice est impossible. Dans plu-

sieurs hospices d’enfants nouveau-nés on n’emploie pas

d@autre nourriture. On avait autrefois une mauvaise opinion —

de ce mode d’alimentation. I] ne vaut pas sans doute Vallaitement maternel ; mais l’expérience a prouvé aujourd’hui que les enfants allaités au biberon viennent bien s‘ils regoivent dailleurs des soins conyenables et respirent un bon air, et une multitude d’enfants élevés de la sorte par leurs propres

ALLAITEMENT — ALLEGEANCE

méres jouissent d’une santé parfaite. Pour Vallaitement artificiel, on se sert ordinairement du lait de vache ; et, s'il est possible, on préfere celui d’une vache jeune, bien portante, nourrie & la campagne, au grand air et dherbes frat- ches; quelques médecins recommandent particuli¢rement le lait d’anesse , ou celui de chévre lorsque lenfant commence & grandir. On prétend que ce dernier lait est trop substantiel pour les premiers temps de Vallaitement. Une circonstance essentielle 4 surveiller, c’est que l’animal qui fournit le lait 4 Venfant soit bien portant. Il faut que le lait qu’on administre 4 l'enfant soit frais, récemment trait. On le coupe d’abord avec de Veau dorge légére ou de Veau simple sucrée, dans la proportion de deux tiers de ce liquide et dun tiers de lait. Ce mélange doit étre titde, ce qui s’obtient en versant de eau chaude dans le lait; on peut aussi le réchauffer au bain-marie : le mélange doit étre souvent renouvelé, surtout en été. Aprés le second mois, on rend le lait plus nourrissant en diminuant graduellement la proportion et en augmentant la consistance du liquide aqueux. La décoction d’orge germée qui est sucrée parait trés-favorable & la santé de Venfant : aussi la méle-t-on au lait avec avantage. Quelquefois on joint au lait une forte ' décoction Worge légérement torréfiée comme du café bralé; cette substance parait donner a l’enfant de la fraicheur et de Vembonpoint. On continue ainsi jusqu’d quatre ou cing mois; on joint alors ’usage des crémes farineuses; on diminue le nombre des repas au lait, et on arrive peu a peu jusqu’a ’époque du sevrage, ou, pour mieux dire, 4 ’époque ou Venfant peut se nourrir d’autres aliments que de lait, quoique Vusage de ce liquide soit encore continué sous forme de potage ou dune maniére différente.

ALLAN-DORVAL (Madame). Voyes Dorvat.

ALLANTOIDE (da, Gdavroc, boyau; «doc, forme ). Les anatomistes appellent ainsi une membrane assez semblable 4 un long boyau et faisant partie de l’arriére-faix dans la plupart des mammiféres. Les opinions sont encore partagées sur Vexistence de Vallantoide dans le feetus humain : Haller, Cuvier, Meckel, etc., ’y admettent. C’est un petit réservoir membraneux, placé entre le chorion ef Vamnios, ou, suivant M. Velpeau, en dehors du chorion, et qui communique avec la vessie par un canal appelé ouraque ; il est rempli d’un liquide limpide quw’on a considéré comme Purine du feetus, ou plus vraisemblablement comme un dépot de matiéres alimentaires; car dans V’ceuf humain rien ne prouve qu’il communique avec la vessie. M. Velpeau, qui a disséqué un grand nombre d’ceufs, n’a jamais rencontré cette communication.

ALLAQUAIS. Voyes Aventuriers.

ALLARD (Jean-Francois ), généralissime de l’armée de Lahore, né a Saint-Tropez (Var), en 1783. Lors des éyénements de 1814 il servait comme capitaine de cava- Jerie dans Varmée francaise. Aide de camp du maréchal Brune en 1815, il quitta la France aprés l’assassinat de son général, et se dirigea sur Livourne, doit il comptait faire voile pour l’Amérique. Mais Jes conseils d’un ami le firent renoncer 4 ce projet; et il se rendit d’abord en Egypte, puis de 14 en Perse, auprés d’Abbas-Mirza, qui Jui accorda le grade et la solde de colonel dans son armée. Mais n’ayant pas obtenu de régiment 4 commander, il donna sa démission, pour passer dans 1|’Afghanistan , @ou il gagna le royaume de Lahore. C’était en 1822. Il entra alors au service du célébre Rundjet-Singh, dont il réussit si bien a gagner Jes bonnes graces, que ce prince ne tarda pas a lui accorder Ja confiance la plus illimitée et le combla dhonneurs et de dignités. Dans cette position il réussit 4 faire apprécier Vimportance de ses connaissances militaires , en formant a la tactique européenne les populations guerriéres au milieu desquelles il se trouvait. Il créa en effet 4 Lahore une armée complétement organisée sur le modéle des armées de Napoléon, et en fut nommé

généralissime par Rundjet-Singh. Quelque temps aprés il s’y maria avec une indigéne. Cependant |’amour de la patrie ne pouvait point étre éteint dans un cour tel que le sien, et un événement comme celui de Ja réyolution de juillet dut lui inspirer le plus vif désir de revoir le sol qui lavait vu naitre. En 1835 il obtint de Rundjet-Singh, a qui il promit solennellement de bient6t revenir, la permission de partir pour la France avec sa femme et segs enfants. A son arriyée il fut regu par les ministres et par le roi Louis-Philippe avec la plus grande distinction, puis nommé chargé @affaires de France pres le roi de Lahore, avec autorisation de servir dans ses armées sans pour cela perdre ses droits ni sa qualité de Frangais. C’est ainsi qu’un voyage entrepris d’abord dans un simple intérét privé acquit une importance politique réelle. 11 ne fut pas moins utile aux intéréts de la science; car Allard fit présent a Ja Bibliotheque royale de sa riche collection de coins et de médailles. Fidéle & sa promesse, il repartit en 1837 pour Lahore, laissant en France sa femme et ses enfants; et a son arrivée auprés de Rundjet-Singh il eut occasion de lui rendre encore de nombreux et importants services en contribuant 4 diriger d’heureuses opérations militaires contre les Afghans. Mais, saisi tout 4 coup de violents vomissements a Peschauer, il y expira, le 23 janvier 1839. Sa veuve, qui était fille d@’un nabab, embrassa la religion catholique en 1841 ef continua @habiter Saint-Tropez avec ses enfants, dans le cercle de la famille de son époux,

ALLATIUS. Voyez Atvacct.

ALLEE COUVERTE. Voyez Druimeues (Monu< ments ).

ALLEGATION. Ce mot, qui dans le langage de la controverse veut dire citation dune autorité , énoncé d’un principe, d’un fait péremptoire , se prend le plus souvent en mauvaise part dans le langage de Ja conversation. Alléguer dans ce sens, c’est avancer une proposition sans étre bien str qu’elle soit vraie, et quelquefois méme en sachant bien quelle ne Vest pas. — Le mot allégation devient alors synonyme d’affirmation dénuée: de preuves, pour ne point dire complétement fausse.

ALLEGE. Dans la marine, on donne en général le nom d’alléges a des embarcations de grandeur médiocre, qui accompagnent les gros batiments, et qui sont destinées a recevoir une partie de la charge de ceux-ci dans certaines occasions. Dans les ports, les alléges servent aussi a porter aux gros navires une partie de leur armement ou de leur chargement. Leur forme varie suivant les pays. — En architecture, on donne le nom d’aliége au mur d’appui dune fenétre, moins épais que embrasure. — Le tender des locomotives s’appelle aussi allége.

ALLEGEANCE. En Angleterre on donne ce nom (dérivé dad legem) a la soumission que le sujet doit a*son souverain. Il y al’allégeance naturelle, qui est due par le sujet né dans le pays, Vallégeance acquise, qui est due par l’étranger naturalisé , ef l’allégeance locale, qui est due par l’étranger tant qu’il réside dans les Etats du souverain. On a encore établi une distinction entre l'a//égeance perpétuelle et Vallégeance temporaire.

Les Anglais nomment serment d’allégeance (oath of allegiance) celui qwils prétent & leur souverain en sa qualité de prince et de seigneur temporel; serment qu’il ne faut pas confondre avec le serment de suprématie, qu’ils lui prétent comme chef de l’Eglise anglicane. L’établissement de cet usage remonte au seiziéme siécle. Plusieurs prétendants au trone ayant surgi apres la mort de la reine Marie, Flisabeth fut choisie, et le serment @allégeance fut établien sa faveur, Jacques 1° le modifia, et le fit préter non-seulement au roi régnant, mais encore a ses héritiers. A Ja révolution de 1688 le serment ¢d’allégeance subit de nouvelles altérations : il enjoignit la fidélité au roi seul, et autorisa la désobéissance aux ordres du souyerain lorsqu’ils se trouve-

raient en opposition avec les lois du pays. Les quakers furent, par une clause particulitre, dispensés de ce sérment. Voici la formule du serment d’allégeance, introduit en Angleterre en 1606, a la suite de la fameuse conspiration des Poudres : « Je..... proteste et déclare solennellement de- « vant Dieu et les hommes que je serai toujours fidéle et « soumis au rois... Je proteste et déclare solennellement « que j'abhorre, déteste et condamne de tout mon cceur, « comme impie et hérétique, cette damnable proposition, « que les princes excommuni¢s ou destitués par le pape ou «le siége de Rome peuvent étre légitimement déposés ou « mis a mort par leur sujet, ou par qui que ce soit, » Mais depuis longtemps la premiére phrase de cette formule est seule en usage. Le serment d’allégeance est exigé de tous les fonctionnaires publics ainsi que de certaines personnes exercant des professions libérales , telles qu’avocats, avoués, archivistes, professeurs d’universités, ecclésiastiques , etc.

ALLEGHANYS ( Monts ). La chaine des Alleghanys, qui divise en deux parties le territoire de ’Union américaine, s’étend 4 peu prés parallélement au littoral de Pocéan Atlantique, sur une longueur d’environ 200 myriamétres. Elle est baignée par la mer au nord; c’est elle qui forme la cote des Etats de Massachusets , de New-Hampshire et de Maine. Au midi elle s’affaisse, et finit par disparaitre, 4 quelque distance du golfe du Mexique, aprés s’étre épandue en un plateau qui couvre une partie des Etats de Tennessee et de Géorgie, et des flancs duquel plusieurs cours d’eau importants sortent pour aller se décharger, les uns dans Atlantique, les autres dans l’Ohio, d’autres enfin directement dans le golfe du Mexique. La chaine est formée d’une série de crétes longitudinalement disposées, que séparent de larges sillons, et qui s’étendent, sauf quelques interruptions, ou plutét quelques bréches, d’une de ses extrémités a Pautre. On dirait que ce sont des rides uniformes, dues a un redressement ou a un plissement régulier que les couches de la crotite terrestre auraient simultanément éprouvé sur cet immense espace de 200 myriamétres, par V’effet de la contraction que le refroidissement a pu produire dans la masse du globe, ou par toute autre cause.

La direction générale des Alleghanys est du nord-est au sud-ouest; mais entre ces deux extrémités elle subit des inflexions qui modifient Vaspect général de la chatne, le nombre et l’espacement des crétes paralléles, et offre des angles, ou plutét des neeuds, desquels partent quelques ramifications. Elle décrit un de ces détours, qu’on pourrait aussi bien qualifier de renflements, dans la Pensylvanie, si bien que ce vaste Etat, qui équivaut 4 peu prés au quart de la France, est presque tout entier compris dans le périméetre de la chaine proprement dite. Le nombre des crétes paral- Jeles varie de six & douze; il est plus habituellement de huit. Elles changent de nom suivant les lieux et suivant les accidents de terrain qui les ont réunies ou séparées, La chaine oceupe une largeur moyenne de 16 a 20 myriamétres. M. Darby évalue a 6,000 ou 7,000 métres environ la largeur de la base de chaque créte, ce qui laisserait 15,000 a 17,000 métres pour largeur moyenne des sillons. Ces sillons sont le plus souvent susceptibles de recevoir une belle culture; c’est toujours Je cas lorsqu’ils reposent sur le calcaire bleu de formation ancienne, qui est abondant aux Etats-Unis. ,

D’apres la régularité de configuration qui distingue les Alleghanys, on serait tenté de croire que les fleuves et les riviéres ont da se creuser un lit dans le sens des sillons qui séparent les crétes. I n’en est rien cependant : ces sillons ne forment pas de yallées, quoique quelques-unes en portent le nom; les riviéres se rendent a la mer en traversant les crétes successives. Elles s’y sont fait jour violemment, sans doute & la faveur de quelque révolution terrestre. Les crétes présentent ainsi des tranchées larges et profondes, par oti les fleuves continuent leur chemin vers la mer, quelquefois

ALLEGEANCE — ALLEGHANYS

méme sans que leur cours soit précisément interrompu en ce point par des rapides ou des chutes. L’une des plus remarquables de ces ouvertures est celle d’Harper’s Ferry, oti le Potomac et le Schenandoah, unissant leurs eaux, ont forcé la créte connue sous le nom de Bluwe-Ridge ( montagne Bleue ). Ces bréches, qui offrent ordinairement des sites pittoresques , sont de la plus grande utilité pour les communications ; elles donnent le moyen de se rendre d’un sillon a un autre, sans avoir 4 franchir aucun sommet. Le deéfilé d’Harper’s Ferry, par exemple, a été aussi mis a profit par un canal, par une route et par deux chemins de fer.

Entre |’Hudson et le milieu de la Virginie , la plupart des fleuves et des riviéres prennent naissance sur les flancs Wune créte centrale, 4 laquelle on a donné le nom d’Alleghany ou de montagne Apalache, ef qui a une hauteur a peu pres constante de 800 4 1,000 métres au-dessus de la mer.

Parmi les crétes allongées qui, marchant paralléles les unes aux autres, composent la chaine des Alleghanys , on en distingue, indépendamment de la créte centrale, deux qui renférment entre elles ensemble de la chaine comme un faisceau. Ce sont le Blue-Ridge , situé a Vest , et la créte de Cumberland ou de Gauley , placée 4 Vouest , qui du coté du nord porte d’autres noms.

Le Blue-Ridge forme probablement ce qui au nord de Hudson est connu sous le nom des Green Mountains ; sur la rive droite de ce fleuve, il constitue les Highlands , qui partent de West-Point. En Pensylvanie et, plus au sud, en Virginie, il borde ce qu’on appelle dans ce dernier Etat la Vallée par excellence, région calcaire , salubre et fertile. A partir du nord jusqu’é 37° de latitude , il est coupé par tous les fleuves qui se rendent a l’Océan ; mais arrivé 1a, il devient la créte du versant des eaux. Le large sillon formant cette magnifique vallée, qui depuis Hudson se continue sans interruption au travers de la Pensylvanie , du Maryland et de la Virginie , sur un espace de plus de 600 kilom., en suivant le flanc occidental du Blue-Ridge, est borné alors par un éperon massif qui rattache la créte centrale ou Alleghany au Blue-Ridge , ou plutot qui marque la fin de la créte centrale clle-méme, comme si a partir de ce point, elle était confondue avec le Blue-Ridge. Cet éperon, dirigé 4 peu prés du nord-nord-ouest au sud-sudest, est compris entre le James-River, qui se rend dans l’Atlantique , et le New-River, qui va se jeter dans l’Ohio. De 1a jusqu’a l’extrémité méridionale de la chaine, le Blue-Ridge renvoie a l’Atlantique le Dan , branche du Roanoke , le Pedee , la Santee , la Savannah ; a l’Ohio , le New- River, qui plus bas prend le nom de Kanawha, et le Tennessee, et, directement au golfe du Mexique , la Chatahoochée et l’Alabama.

La créte de Cumberland , avec les crétes qui se prolongent ou en dépendent, est dans les Etats du Sud plus massive que le Blue-Ridge. En commencant par le midi, elle a son point de départ A peu de distance de la riviére Tennessee , qui pour se rendre du plateau du Blue-Ridge a Ohio est obligée de la tourner et de décrire ainsi un long circuit; parvenue en. Virginie, au nord de !’éperon qui joint la créte Alleghany au Blue-Ridge, elle semble d’abord se confondre avec la créte Alleghany ; et plus loin, en se rapprochant du nord, dans ta Pensylvanie et dans VEtat de New-York, elle constitue en arriére de celle-ci , sur quelques points, la ligne du versant des eaux, quoiqu’elle cesse d’offrir des sommets élevés , et que sa continuité soit moins distincte. Ainsi, dans la Pensylvanie et — dans l’Etat de New-York elle donne naissance, d’un cdété a la Genesee, et de l'autre 4 Ja Susquehannah , qui s’ouvre un passage & travers toutes les crétes situées entre le prolongement du Cumberland et |’Atlantique , tout comme au midi le New-River , sortant du Blue-Ridge , coupe toutes les crétes qui séparent le Blue-Ridge de l’Ohio. Cependant,

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