ALLEU — ALLIA
gulier se présente : on touche 4 l’époque ov le systéme de la propriété allodiale va disparaitre devant le systéme de la propriété bénéficiaire , origine et précurseur de la féodalité. Précisément alors le nom d’allew devient plus fréquent qu’il ne Pavait encore été dans les lois, dans les diplomes , dans tous les monuments : on le donne a des terres qui sont évidemment des bénéfices , qui ont été concédées a ce titre et avec Jes obligations qu’il imposait. Le mot alleu désignait encore dans l’esprit des hommes une propriété plus strement héréditaire et indépendante : Vhérédité des bénéfices prévalait, et on les appelait des a/lewx pour leur imprimer ce caractére de propriété permanente et assurée. F. Guizor, de l’Acad, Francaise.
ALLEVARD (Bains d’), Alleyard, petite commune de l’Isére, 4 35 kilom. nord-est de Grenoble, avec 3,110 habitants, n’a longtemps été connu que par ses mines de fer carbonaté, qui donnent le meilleur fer de France, sa fonderie, ses hauts fourneaux et ses belles forges; mais une source d’eau thermale, qui il y atrente ans était encore ignorée et se perdait inutilement dans le torrent du Brédas, en fait aujourd’hui le rendez-vous des coureurs d’eaux minérales aussi bien que celui des artistes, des géologues et des métallurgistes. On va de Grenoble a Allevard en cing heures environ, par une route qui borde l’Isére pendant la moitié du chemin et quis’engage ensuite dans la montagne; la ville est située 4 entrée dune gorge étroite d’abord, mais s’élargissant insensiblement; c’est dans la partie la plus ouverte de la vallée qu’on trouve l’établissement thermal, bati 4 peu de distance de la source, au milieu d’un jardin, ot l’on rencontre également un hotel confortable. L’eau minérale d’Allevard est une eau sulfureuse a peu prés froide, plus riche en principes sulfureux que la source yoisine d’Uriage, mais contenant moins de sels. Elle est chauffée pour étre administrée en bains, en douches et en vapeur; elle convient dans les affections rhumatismales, dans les maladies de la peau, etc. Quoique cet établissement ne fasse que de naitre, sa vogue est déja consilérable; on y va chercher non-seulement les bains sulfureus, mais les bains de petit-lait que le médecin inspecteur de ces eaux, M. Niepce, y a établis, & imitation de ceux de la Suisse, et quil combine avec lusage de Veau minérale dans le traitement des affections nerveuses et catarrhales. Le petitlait est apporté chaque matin de la montagne, a dos de mulet, par les bergers faiseurs de fromages. On trouve a une faible distance d’Allevard les ruines du chdteau de Bayard, qui sont le but d’une excursion intéressante. Toute cette contrée, du reste, est du plus saisissant pittoresque.
ALLIA, petite riviére du Latium, qui se perd dans le Tibre, entre Fidénes et Crustumenium , célébre par la victoire que les Gaulois conduits par Brennus remporterent sur ses bords, a onze milles de Rome , l’an 390 avant J.-C. Irrités d’une violation du droit des gens commise par les trois jeunes Fabiens que Rome avait envoyés*en qualité d’ambassadeurs pour obtenir la levée du siége de Clusium, les Gaulois, n’ayant pas regu la satisfaction quils avaient justement exigée , s’avancérent contre les Romains ; ils les rencontrérent au nombre de quarante mille, sur les bords de l’Allia, commandés par ces mémes Fabiens, qui pour comble d'insulte avaient été élevés a la dignité de tribuns militaires. La se livra une bataille dont V'issue , causée par V'ineptie et la lacheté de leurs chefs , fut tellement funeste aux Romains, que ce jour fatal compta dans leur calendrier, sous le nom de dies alliensis , parmi les jours néfastes. L’attaque impétueuse des Gaulois et leur aspect terrible jeterent !’épouvante parmi leurs adversaires , qui s’enfuirent presque sans combattre. Toute la gauche de leur armée se jeta au travers du Tibre, et ce qui ne se noya pas se sauva 4 Véies sans penser & Rome; la droite s’enfuit & Rome, et courut s’enfermer dans la citadelle, sans méme fermer les portes de la ville. — Les Gaulois, étonnés de ne plus voir