‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 2 sur 197 · LECTURE · texte numérisé non relu

LECTURE

A, lettre voyelle, la premiére de l’alphabet dans la plupart des langues connues, n’occupe que la treiziéme place dans Valphabet éthiopien. Les Romains l’appelaient la lettre salutaire, litéera saluéaris, parce que, lorsqu’il sagissait de prononcer sur le sort d’un accusé, le juge qui voulait l’absoudre écrivait sur sa tablettea, premiére lettre etabréviation du mot absolvo, j'absous. Au contraire, sila culpabilité lui était démontrée, il y inscrivait la lettre ¢, premiére lettre et abréviation du mot condemno, je condamne. — Employé comme lettre numérale, A valait 1 chez les Grecs, et 500 chez les Romains avant Vadoption du D.

Possidet A numeros quingentos ordine recto,

Mais quand cette lettre était surmontée d’un trait, elle valait 5,000. — En numismatique, VA qu’on voit sur quelques médailles grecques indique qun’elles furent frappées soit a Athénes, soit & Argos. Sur les médailles du Bas-Empire A indique Antioche, Aquilée, Arles, etc. Sur des monnaies francaises, la lettre A désigne I’liétel des monnaies de Paris ; AA est la marque de Metz. — En chronologie, les deux lettres A. D. sont l’abréviation des mots anno Domini, Pan du Seigneur; A. C., celle des mots anno Christi, Van du Christ; A. M., cellede anno mundi, an du monde; A. K., celle de ante calendas, avant les calendes; A. U. OC. semploient pour Pan de Rome (ab urbe condita, depuis Ja fondation de la ville); A. A. C. signifient anno ante Christum, année ayant le Christ, avant Pére chrétienne. — A., chez les Latins, s’employait pour Aulus, Augustus; AA., pour Augusti, les Augustes; Ap., pour Appius; Agr., pour Agrippa. Plus tard, A. M. s'est mis pour artium magister, maitre és arts. — En musique, chez les peuples qui, comme les Anglais, les Allemands, se servent de lettres pour solfier, la lettre A désigne le sixiéme ton de la gamme, celui que les Frangais et les Italiens appellent da. Ecrite en tale d’une partie de musique, elle indique la partie de ta haute-contre (Alto). — On dit de quelqu’un qui n’a rien fait, rien écrit, qu’il n’a pas fait une panse d’a, c’est-a-dire la moitié de cette lettre; le mot panse étant synonyme de ventre et désignant ici la partie de la lettre qui avance. On dit aussi dun ignorant qu’il ne sait ni A ni B.

En chimie, Ag signifie argent ; Al, aluminium ; As, arsenic, Au (abréviation @aurum ), or; Az, azote.

Dans les prescriptions médicales, @ ou Ga est employé pour ana, et signifie de chaque.

AA, nom commun a divers cours d’eau situés au nord de

la France, en Hollande, en Allemagne, en Suisse, en Courlande, et que les étymologistes dérivent du vieil allemand Ahha, Ach ou Aach, synonyme du latin agua, de Vanglosaxon ea, et du frangais eau.

AAH-HOTEDP, mére d’Aah-Més, fondateur de Ja dixhuitidéme dynastie des Pharaons d’Egypte, et dont M. Ma-

| riette a tronvé la momie A Gournah, en 1859. Elle était

enfermée dans une boite de cédre et couverte de bijoux de toute espace valant au poids seulement environ 30,000 fr. Ces objets, fabriqués avant Moise, dune conservation admirable, d’un travail fini et soigné, riches, de bon goit, élégants, appartiennent an musée du vice-roi d’Egypte. On y remarque un diadéme, un collier, des agrafes, un pectoral offrant Yimage d’Aah-Més, une chaine, des bracelets, des anneaux, un miroir en métal, deux poignards, une hache votive , un éventail, un baton de commandement, une bague représentant des personnages qui rappellent le voyage de l’Ame aprés la mort. Presque tous sont en or avec des incrustations curieuses. Ee De AABH-MES ou AAH-MOS. Voyez Amasis.

AALBORG, ville de Danemark, sur Ja rive droite du Lymfiord, chef-lieu de bailliage , siége d’un évéché, compte 11,953 Ames. Elle est le centre dun commerce important, ef son port, ot régne une grande activité, emploie plus de 100 navires a Ja péche. Aalborg a une école de navigation, une bibliothéque publique, des raffineries de sucre, des manufactures de tabac, d’armes & feu, etc. AALI-PACHA (Méntmet-Emn ), grand vizir ture, est né a Constantinople en 1815. Entré en 1829 dans les bureaux de la Porte, il s’y fit remarquer par son aptitude et fut emmené comme second secrétaire, par Almet-Fethi- Pacha, ambassadeur 4 Vienne en 1834. De retour & Constantinople en 1837, Aali fut nommé premier drogman ae la Porte. Il accompagna plus tard Rechid-Pacha & Londres, revint avec lui et remplit sous lui les fonctions de soussecrétaire d’Efat au ministére des affaires etrangéres. De 1841 & 1844 il résida en Angleterre comme ambassadeur. Nommé a son retour membre du grand conseil, i] géra le ininistére des affaires étrangéres pendant Vabsence de Chekib-Effendi, Chancelier du divan, i] prit en septembre 1846 la direction du ministére des affaires étrangéres qu'il conserva jusqu’en 1848. Appelé a cette époque a la présidence du grand conseil, il reprit bientét le portefeuille des affaires étrangéres, et en cette qualité il eut a répondre au ministre autrichien & propos de la mise en liberté de

2 AALI-PACHA — ABADITES

Kossuth et des internés de Kutaya. En 1852 il suecédaa Rechid Pacha comme grand vizir. Deux miois.aprés il rentrait dans la vie privée ; puis il fut successivement nommé gouverneur général des provinces de Smyrne en 1853, de Brousse en 1854, président du conseil du tanzimat lors de sa création, et encore ministre des affaires étrangéres a la fin de 1854. Au commencement de 1855 il accompagna Aarif-Effendi aux conférences de Vienne, et au mois de mai il regut le hatti-chérif qui le rappelait au grand vizirat. En 1896 il vint A Paris comme premier plénipotentiaire de la Porte au

géres le 31 juillet 1857, et la mort de Rechid lui rendif le grand vizirat en janvier 1858, mais il dut le céder en 1860 a Méhémet-Kuprili. Rappelé plusieurs fois au pouvoir, surtout dans les situations difficiles , i] était grand vizir au moment de sa mort arrivée le 6 septembre 1871. Laborieux, instruit, il était un des zélés propagateurs de la réforme.

AAR, l'une des principales rivitres de la Suisse; elle a nommé Je canton d’Argovie et la ville d’Aarau, son cheflieu. L’Aar asa source au Grimsel , d’ot cette riviére descend avec impétuosité, formant sur son passage beaucoup de cascades, dont la plus belle est la Handeck. L’Aar baigne Méyringen, traverse les délicieux lacs de Brientz et de Thoun, énveloppe la montagné sur laquelle repose Berne, se dirige sur Aarborg, Buren, Soleure et Brougg, et se jebfedans le Rhin aprés avoir accompli une course d’enviton soixante lieues. Les hords de cette tiviére sont fort pittoresques et dignes de Padmiration des voyageurs. De GoLBEry.

AARALU, jolie petite ville batie sur] Aar, et chef-lieu du canton d’Argovie, est le siége du grand conseil, du petit conséil et d’tin tribunal supérieur. On y compte plus de 4,000 habitants: Un chateau-fort, construit au onziéme siécle par le comte de Rohr, est Vorigine de cette ville, quiresta sous la domination de VAutriche jusqu’en 1315,°époque ot les habitants de Berne s’en emparérent. Au temps de l’invasion francaise, pendant les guerres dela révolution, Aarau fut un instant la cdpitale de !a confédération.

AARON, frére de Moise, était fils d’Amram et de Jochebed ; de la tribu de Lévi, et naquit en Egypte l’an 1578 av. J.-€. Quand Moise rectit de Dieu la mission de délivrer son peuple, il choisit Aaron pour lui servir d’aide dans cette glorieuse entreprise, et 4 l'érection du tabernacle on l’investit des fonctions de grand prétre, qui furent déclarées héréditaires dans sa famille. Moise éprouvait beaucoup de difficulté 4 s’exprimer, et l’éloquence facile et naturelle de son frére ainé lui fut souvent utile. Pendant la retraite de Moise an mont Sinai, Aaron eut la faiblesse de céder aux clameurs du peuple, qui lui demandait le veau d’or, sans pressentir que le peuple s’en ferait une idole. Il ne fut pourtant pas compris dans le massacre qu’ordonna Moise des 25,000 coupables; mais, pour avoir douté de Ja puissance de Dieu, il ne lui fut pas donné @entrer dans Ja terre promise. Etant monté sur la montage de Thor, non, loin de Séld en Idumée (an 1456 av. J.-C.), il y fut publiquement dépopuillé de ses habits pontificaux, dont Moise revétit son fils Eléazar, et expira ou disparut aussitot, a Page de cent vingt-trois ans. Les traditions juives postérieures le représentent comme ami de la paix,

AARHUUS, ville du Danemark, dans le Jutland, et chef-lien du district de ce nom, posséde sur le Cattégat un excellent port. Il y a une belle cathédrale gothique construjte au treiziéme siécle. L’ifdustrie y est trés-active. La population s’élevait, en 1870, A 13,020 Ames.

Le dis/rict d’Aarhuus comprend Ja partie orientale du Jut'and avec 140,000 habitants.

ABA ou OWON, beau-frére de saint Etienne, pretnier |

congrés qni s’ouvrait dans cette ville, et en cette qualité il signa la paix le 30 mars. Le 1** novembre il dut quitter le grand Vizirat, le 20 il accepta le ministére des affaires étrangéres dont il se démit le lendemain ; nommé ministre sans portefeuilie, il redevint ministre des affaires étran-

roi chrélien de Hongrie. Etienne mort, Pierre dit l’Adlemand , son neveu, lui succéda. Aba se créa des partisans, et en 1041, quoique Pierre lett exilé, il se fit cotironner. Mais une fois sur le trone il s’attira la haine des Hongrois , qui se révoltérent , et implorérent l’assistance de ’empereur Henri I1f. Aba ne se laissa pas intimider, se jeta 4 Vimproviste sur la Baviére et sur PAutriche, et ravagea sans pitié ces deux pays. S’il fut réduit A indemniser Vempereur et a restituer le butin qu’il avait fait, il conserva néanmoins le pouvoir. Ses désordres et sa cruauté révoltérent de nouveau ses sujets. Aba soutint pendant trois campagnes les efforts des mécontents, appuyés par l’empereur et par le margrave de Moravie. Vaincu, en 1044, a la bataille de Raab, il périt dans la mélée, ou, selon d’autres, il fut livré a Pierre, qui lui fit trancher Ja téte. is

ABAD I-III, rois de Séville. Voyes Azanrtes.

ABAD Y¥ QUEYPEO (Manoet), né vers 1775 dans les Asttries, embrassa l’état ecclésiastique et passa au Mexique, ott il devint juge des testaments, puis évéque de Valladolid de Méchoacan. Réduit 4 abandonner son diocése aprés linsurrection de la Nouvelle-Espagne, il se réfugia 4 Mexico ; mais rentré a Valladolid, il y donna des preuves de modération qui lui valurent d’étre privé de son évéché en 1814. Le vice-roi le fit embarquer de vive force pour |’Espagne, et quand il y arriva, il fut jeté dans une prison 4 Madrid, sur ordre du grand inquisiteur. L’insurrection de Vile de Léon le rendit a la liberté en 1820, et il fit partie de Ja junte provisvire. Affligé dune surdité profonde, il ne put patticiper aux travaux des cortés, ef fut promu a léyvéché de Tortose. Linquisition, rétablie par Ferdinand VII, restauré par Yarmée frangaise en 1823, s’empara d’Abad y Queypeo, qui fut condamné a six ans de présides. Ii est mort aprés 1830.

ABADDON. Voyes AnpaDon:

ABADIOTES , peuplades de fle de Candie, qui habite, au sud du mont Ida, une vingtaine de villages. Elle compte 4,000 individus, descendants des Arabes ou Sarrasins qui s’emparérent de ile au neuviéme siécle.

ABADIE (Lous), charmant compositeur de romances, né vers 1814, mort a Vhdépital La Riboisiére, & Paris, au mois de décembre 1858. Chaque année il publiait un album de romances, parmi lesquelles on cite Jes Feuilles mortes, le Braconnier, les Jolis pantins, Jeanne, Jeannetie eft Jeanneton. « C’était, dit M. Fiorentino, un compositeur plein d’idées, de ressources, de talent. La nature avait doué d’une imagination vive, d’un esprit charmant, d'une grande facilité d’improvisation. Chez lui la mélodie coulait de source; il avait mené Ja vie nomade des chanteurs de province... Ses chants jetés a tous les vents, retenis par les orgues de Barbarie, avait conquis la popularité , en attendant la vraie gloire. » Frappé d’apoplexie, il fat transporté a Vhdpital, of il mourut dix jours aprés. Z.

ABADIRB ou ABADDIR. Cest le nom que les mythologies greeque et romaine donnent a la pierre que Cybele ou Ops, femme de Saturne, fit avaler dans des langes a son mari, a Ja place de enfant dont elle était accouchée. Des anciens ont cru que cette pierre était le dieu Terme. Abadir,

‘qui en phénicien signifiait pere magnifique, etait te titre

que les Carthaginois donnaient anx dieux du premier ordre.

ABADITES, nom dune dynastie maure qui, au onziéme sidcle, eut pendant quarante-huit ans sa résidence a Séville.

Le premier prince de cette maison , auquel certains auteurs espagnols, Masden, par exemple, donnent le titre de roi, fut Azan 1°? ou Mohammed-ben-Ismael ; ses ancétres, Syriens d’Emesse, s’étaient établis, du temps d’Abdérame I", a Tocina, sur Je Guadalquivir, et lui-méme était un des musulmans les plus riches et les plus considérés de Séville. Son intelligence et ses libgralités luni gagnérent le coeur de ses concitoyens; fatigués des discordes intestines qui désolaient Cordoue, ils le nornmmérent leur émir en 1043. Mais son rival Se maiutint 4 Cordoue, et ce petit Etat; opprimé par des

ABADIVES — ABANCOURT 3

tyrans, ne put étre réuni & celui de Séville qu’en l'année 1070 de notre ere. Parmi tous les princes de ce sitcle, Abad 1** n’eut point d’égal dans l'art de gouverner les peuples ; nul ne sut mieux que lui tempérer la sévérité par la douceur. En 1051 il remit les rénes du gouvernement a son fils Ano If ou Abou-Amrou-ben-Abad, Celui-ci, brave et éloquent, mais cruel et débauché, étendit les limites de son domaine, et le bonheur et la victoire signalérent son régne. Toutefois , lorsqwil se vit attaqué par Ferdinand le Grand, roi de Castille et de Léon (c’élait la glorieuse époque du Cid), il fut réduit & demander la paix , qu'il acheta en livrant les reliques de saint Jsidore. linourut en 1069.

Apap LIL (Mohammed-al-Motamed), son fils, troisiéme et dernier roi de Séville, et le vingt-cinquiéme roi de PEspagne mauresque, était doné de belles qualités du coeur et de Vesprit, juste et doux, aimé de ses sujets, ami des sciences , artiste lui-méme et poéte. fl fit une guerre longue et sanglante aux chrétiens, et appela a son secours , contre le roi de Castille , Alphonse V1, les musulmans @ Afrique, commandés par Jussuf. C’est ainsi que le fondateur de Yempire des Almoravides de Maroc, l'audacieux et politique Jussuf Teschtyn, fut inyité a passer en Espagne avec ses bandes. Les deux armées réunies se porttrent au-devant des chrétiens. Une batuille fut livrée 4 Zélaka , non loin de Badajoz. Abad fut @abord repoussé, mais Jussuf poussa en avant. Abad, quoique blessé, réunit de nouveau ses troupes; les cheyaux, effrayés par aspect inaccoutamé des chameaux bardés de fer, jetérent le désordre dans Parmée d@ Alphonse , qui perdit la victoire, dont il se croyait déja str (1087). Il est & présumer que ce prince traita alors secrétement avec Jussul, car a partir de cette époque les Almoravides tournirent leurs armes contre les Maures d’Espagne. Jussuf ne tarda pas 4 s’emparer de Séville , mit la ville au pillage, et fit charger de chaines le roi Abad avec ses fils et ses filles (il avait cent enfants). Abad fut transporté en Afrique et jeté dans un cachot, et ses filles obligées de filer et de broder pour vivre; elles gagnérent assez pour adoucir encore, par leurs secours, la captivité de leur pore. Un de ses fils trouva des moyens d’existence dans son talent pour la musique et la poésie. — On a conservé d’Abad des écrits en prose et en vers , qui prouvent la culture de son esprit. Dans sa captivité de six ans, ce malheurenx prince composa des poéines destinégs & consoler ses filles et a donner des avis aux rois , en leur rappelant les vicissitudes de la fortune. En lui s’éfeignit la dynastie des Abadites, qui avait régné quaranie-huit ans 4 Séville. Aug. SAVAGNER.

ABAISSEMENT, d'un mot de la basse Jatinité signifiant diminution de hauteur. En algebre, Padaissement dune équation est saréduction ata forme la plus simple dont elle soit susceptible. Voyes Equation.

En géométrie, Pabaissement @une perpendiculaire est Vaction de mener une perpendiculaire dun point placé hors d@une tigne sur cette ligne. Voyes PERPENDICULAIRE.

En astronomie Paiaissement de Vhorizon visible est la quantité dont cet horizon est abaissé au-dessous du pdle horizontal qui touche la terre. On entend par abaissement du cerclecrépusculaire la quantité dont le soleil est abaissé audessous de horizon lorsque le crépuscule du soir est totalement fini, ou lorsque Paurore commence, c’est-a-dire quand on commence a voir le soir Jes plus petites étoiles apres le coucher du soleil, et qu’on cesse de les voir le matin avant son lever. L’abaissement dune étoile sous horizon est Yare dun eercle vertical qui se trouve au-dessous de Vhorizon, entre cette étoile et Phorizon. L’abaissement du pole est la yuantité de degrés dont on avance dn péle vers P’équateur, parce qu’autant on fait de chemin en degrés de latitude, enallant du péle vers léquateur, autant est grand le nombre de degrés dont le pole s’abaisse. L’abaissement des planétes par Veffet de la parallaxe est la quantité dont nous les yoyons plus basses que si nous ¢lions alacés an centre de la

terre, ot il faudrait étre pour voir les mouvements célestes plus uniformes. On ne peut faire usage d’aucune espéce d’observation si on ne la corrige de l’effet de cet abaissement.

En marine Vabaissement de Vhorison est synonyme de dépression de Vhorizon ou courbure sphérique de la portion de surface de mer embrassée par le regard. On congoit que cet abuissement de Vhorison, rétrécissant lespace qu’embrassent les yeux, ne permet pas a l'objet placé au dela du niveau sensible de cet espace de se montrer tout entier a l’observateur. Ses parties élevées restent seules visibles; et si objet continue de s’éloigner sar la mer, qui s’abaisse de plus en plus, il disparait proportionnellement a la distance , jusqu’a ce qu'il s’efface complétement , conséquence de l’abaissement. Mais que lobservateur s‘éléve et domine l’obstacle qui bornait sa vue, Vobjet reparaitra aussitot sur son nouvel horizon visible, quis’est élargi par son élévation.

ABAISSEUR. Cet adjectifn’est employé qu’en anatomie. ll s’applique a différents muscles dont laction consiste 4 abaisser ou a entrainer en bas les parties auxquelles ils sont attachés. Par exemple, la machoire inférieure est abaissée par les muscles digastriques et peauciers. L’eil est abaissé par un des muscles droits qu’on nomme humble, ou le muscle inférieur de Voeil, ou simplement Pabaisseur. lly a en outre un abaisseur de Paile du nez, qu'on nomme myrtiforme, a cause de sa ressemblance avec une feuille de myrte.

ABAJOUE. Sorte de poche que divers genres de mammiféres portent dans lépaisseur des joues , des deux cétés de la bouche. La plupart des singes de lancien continent sont pourvus @abajoues qui s’ouvrent a Vintérieur de la eavité buecale. Elles s’ouvrent 4 Vextérieur chez certains rongeurs @Amérique, appelés pour cela diplostomes (& double bouche ). Chez le hamster, autre genre de rongeur, les abajoues représentent deux sacs, qui se prolongent depuis Pangle des lévres jusqu’au devant des épaules. Ces poches servent a mettre en réserve pendant quelque temps ou a transporter aune certaine distance les aliments que Panimal ne veut pas consommer sur-le-champ. M. Geoffroy Saint-Hilaire a découvert des abajoues fort remarquables sur quelques chauves-souris du genre nyctére. Au fond de ces cavilés se trouve une ouverture étroite par of Panimal peut introduire de Vair dans le tissu cellulaire trés-lache qui unit la peau aux muscles sous-jacents. Dans ce but, il ferme le canal nasal au moyen dun mécanisme particulier, et il pousse sous la peau Vair qwil expire. L’animal devient ainsi plus volumineux, mais plus iéger pour le vol. — On nomme encore abajoue la partie laterale du groin de cochon ou de la téte de veau lorsquwils sont cuits. — Familiérement on qualifie d’abajoues les joues volumineuses et pendantes.

ABANA, fleuve ou plutot torrent qui prend sa source presqwau versant oriental du Liban, au pied de ce mont. Il coule sous les murs de Damas, et dans la ville méme, se jette dans le désert, et va perdre ses eaux dans un marais a quatre ou cing lieues de 1a, au midi de cette ville. Les Septante le nomment Amana, les Grecs Chrysorrhoas (torrent Wor), nom que d’autres donnent au Pharphar , torrent qui baigne aussi les murailles de Damas. Ce qui confirmerait que PAbana est plutot un torrent qu'un fleuve, cest l’étymologie de son nom, ebén signifiant pierre en langue hébraique. En effet, le propre des torrents est de rouler des cailoux et des rochers. Quelques-uns ont donné a ces eaux Je nom @Oronte; ’Oronte, dit Strabon, traverse la vallée des deux Libans. Est- -ce aux rives de ce fleuve qu’au rapport de Properce les Romains recrutaient leurs courtisanes 2

DENNE-Baron.

ABANCOURT (Frangois-Jean VILLEMAIN b’), poéte médiocre , né Je 22 juillet 1743, a Paris, ot il est mort, le {0 juin 1803. « Les poésies de ce jeune auteur, disait de Tui, «en 1772, Tabbé Sabathier dans les Siecles littéraires, « n'annoncent que la médiocrité, ce qui ne promet pas de

is

4 ABANCOURT — ABASCAL

« grands progrés. » Ce pronostic ne fut que trop justifié : ses fables, ses héroides, ses contes et nouvelles en prose, ses poésies fugitives insérées dans différents recueils, tels que le Mercure de France, Y Almanach des Muses et le Journal des Dames, sans parler de quelques ceuvres dramatiques, en sont les tristes preuves. Tous ces écrits sont complétement oubliés. I] a traduit aussi ou plutét imité de Klopstock la Mort d’ Adam, tragédie en trois actes. Amateur passionné du théatre, ilavait fait une riche collection de pitces dramatiques, et quand elles n’étaient point imprimées , il ne négligeait rien pour se les procurer en manuscrit, La Harpe, dans sa Correspondance, s'est souvent égayé surle compte de Villemain d’ Abancourt. Ch. Du Rozorr.

ABANDON, ABANDONNEMENT (des mots latins handum deserere, quitter ses drapeaux ), état ol se trouve une personne ou une chose délaissée. — En droit, ces mots s’appliquent plus spécialement a la cession de ses biens faile A des créanciers par un débiteur hors d’état de payer ses dettes. Voyez CESSION DE BIENS.

Dans le style oratoire, abandonnement est plus fort qu’abandon : il signifie entier délaissement. « Ministres du Dieu des armées, apprenez-nous, dit Mascaron, quels furent dans ce triste abandonnement les sentiments d’un ceeur, etc. » Le mot abandonnement suivi de la particule pe exprime aussi l’action d’abandonner. « Cet abandonnement de sa propre cause, et par conséquent de la vie. » (Bourdaloue. ) Suivi de la préposition a, il exprime l'action de s’abandonner & quelque chose; Vabandonnement aux plaisirs, aux passions. Sans régime, il signifie aussi déréglement excessif dans les me@urs, dans la conduite : « Tant d’emportements honteux, tant de faiblesse et d’abandonnements. » (Massillon.) Voltaire s’en est servi une fois en poésie dans le sens de oubli entier de soi-méme pour une personne qu’on aime.

Je vois couler tes pleurs; tant de soins, tant de flamme, Tant d’abandonnement ont pénétré ton ame,

En littérature abandon est synonyme de naturel. Ainsi, quand il s’agit d’apprécier des discours et deseuvres de l’esprit, on appelle abandon cette maniére facile et naturelle de s’exprimer ou lesprit se laisse aller au mouvement du sentiment et de la pensée. On dit encore d’un acteur qui rend avec chaleur et naturel Jes endroits passionnés de son rdle, qu’ila débité telle tirade avec abandon.

ABANO, ville de 3,000 ames, située dans la délégation et le district de Padoue, a six milles au sud de Padoue, au pied du mont Euganei, était déja célébre chez les Romains, a cause de ses mines de soufre, et connue alors sous le nom de Aque Aponi ou de Aque Patavine ( Pline ). Vers la fin du dix-huitiéme siécle on découvrit des restes de bains antiquesa Monte-Grotto (Mons A2grotorum) , ’San-Pietro Montagnone et a Casa-Nuova. — C’est & Abano que se trouve la source sulfureuse la plus chaude de Europe. Elle fait partie des sources de l'Euganei, qui sortent, dans un rayon de quelques milles, du revers oriental de cette montagne, et jaillit du faite du Moutiron. Le sel commun, le natron sulfureux, la magnésie et une faible partie de gaz acide sulfureux constituent les parties essentielles de cette eau, qui atteint une température de 66 4 69° R. On emploie avee heaucoup de succes le limon qu’elle dépose pour des bains de boue contre les éruptions chroniques de la peau, des syphilis invélérées et la goutte. Abano n’est pas moins célébre pour avoir donné le jour a Tite-Live et au médecin Pietro d’Abano.

BANO (Pietro n’). Petrus de Apono et Aponensis. Cét écrivain, né en 1246, et qui prit sonnom du village d’Abano, se distingva parmi les savants en philosophie et en inédecine , et cultiva Vastrologic avec une telle prédilection qu'il fut accusé de magie, ensuite d’hérésie; mais il en fut absous. Il put dés lors se livrer avec liberté 4 ses inclinations scientifiques, et il écrivit sur les nativités, la physiognomancie, la chiromancie, la géomancie , la nécromancie , la magie,

Valchimie ou Part, selon les adeptes, et il traduisit du grec ou delarabe des traités variés str des matiéres non moins oiseuses , telles que les jugements des astres et leurs révolutions, l'influence des planétes, les choses occulles pour les hommes, les conjurations par les sept jours de la semaine, etc. Ii eut de meilleurs moments dans ses travaux, et il les employa aun traité des fitvres, ala traduction des probléemes d’Aristote, du traité du choléra noir de Galien, et A ses commentaires sur Dioscoride, fl peignit dans le palais de juslice 4 Padoue plus de quatre cents sujets variés placés sous Yinfluence des planétes , des douze signes du zodiaque et des mois, ce qui n’empécha pasla commune de Padoue de lui élever une statue prés d’une des portes du prétoire, et, aprés sa mort, arrivée en 1312, un grand nombre d’écrivains ont parlé de sa vie et de ses ouvrages. Les adeptes ,etil y en a encore,

. honorent son nom comme celui d’un des patriarches des

sciences occulles. La Bibliothéyne impériale de Paris nosséde de nombreux manuscrits des ouvrages de Pierre d’Abano : un exemplaire de son traité de Venenis est remarquable, pour avoir été exécuté pour Charles duc d’Orléans et de Milan, et écrit par Nicolas Astézan, celui des secrétaires du prince qui écrivitle beau manuscrit de. ses poésies que possede la bibliothéque de Grenoble. CHAMPOLLION-FIGEAC.

ABAOUJVAR ( Comitat @ ), Yun des comitats du royaume de Hongrie, compte une population de 140,000 Ames, répartie sur une superficie @environ 53 myr. carrés. I est subdivisé en cinq districts, Cassovie, Fuser, Tzerhal, Szikr et Goutz. Son chef-lieu est Cassovie, ville libre royale et fortifiée, ayant 13,000 habitants , résidence d’un évéque, le centre d'un commerce aussi actif qu’important. C’est dans Je comitat d’Abaoujvar qu’est situé le célébre vignoble de Tokay. Il renferme aussi quelques gites métalliféres et des mines d’opale. Son principal cours d’eau est le Hernad. ABAQUE. Ce mot, qui parait dérivé du phénicien abak , poudre, poussiére, désignait chez les anciens mathématiciens une petite table couverte de poussiére et sur laquelle ils tracaient leurs plans et leurs figures. Les anciens donnaient aussile nom d’abaque, abacus, a une espéce d’armoire ou de buffet destiné a différents usages. Dans le magasin d*un marchand, Pabaque était le comptoir; dans une salle a manger, Yabaque, ordinairement en marbre, soutenait les amphores et les cratéres. C’était le meuble que les Italiens ont appelé credenza. — On donne aussi le nom Wabaque a un instrument propre A faciliter les opérations de l’arithmétique ; la forme en varie beaucoup , mais celui qui est le plus généra- Jement employé en Europe consiste en un cadre long et divisé par plusieurs lignes paralléles, éloignées l'une de l’autre d’au moins deux fois le diamétre d’un compteur qui, placé sur la ligne inférieure, signifie 1, sur la ligne qui vient ensuite 10, sur la troisitme 100, sur la quatriéme 1,000, et ainsi de suite. Un autre compteur, placé dans les espaces qui sépa-

rent les lignes, ne représente que la moitié de ce qu'il vau-

drait placé sur la ligne supérieure suivante. — En architecture, Pabague est le couronnement du chapiteau de la colonne, ou du pilastre, et sa forme varie suivant les ordres d’architecture. Dans le toscan, le dorique , ionique, il est carré; dans le corinthien et le composite, il est échancré sur les faces. On donne alors 4 ses angles lenom de cornes.

ABARBANEL. Voyes ABRABANEL.

ABAS,, mesure de pesanteur dont on se sert en Perse pour peser les perles. Elle équivant a la huitiéme partie d’un carat.

ABASCAL (Josr-Fernanno ), marquis de la Concordia espanola del Peru, né en 1743, 4 Oviédo , et mort a Madrid en 1821. Entré de bonne heure au service en qualité de cadet , il resta prés de vingt années dans les grades inférieurs, fut fait colonel en 1793, Ala suite de lexpédition tentée par les Espagnols contre Sainte-Catherine et la colonie du Sacrement. Lieutenant de roi a Vile de Cuba en 1796, il défendit la Havane contre les Anglais, avec une vigueur qui fit jeter

ABASCAL — ABATARVISSEMENT

Jes yeux sur lu: pour lui confierle commandement général et l'intendance du royaume de la Nouvelle-Galice , dans la Nouvelle-Espagne , avec la présidence de la cour royale de Guadalaxara , capitale de cette province. Dans ces fonctions Abascal déploya tant d’activité et de talent que le roi d’Esjogne l’éleva, en 1804, au grade de maréchal de camp et le pourvut presque aussitét de la vice-royauté du Pérou. En se rendant par mer a son nouveau poste, il fut pris par des croiseurs anglais et conduit & Lisbonne , d’ou il ne tarda pas a s’échapper. Il passa alors 4 Janeiro, et fit 1300 lieues par terre pour gagner Lima. Les événements survenus en Espagne ne tardérent pas & provoquer en Amérique une insurrection qui devait changer la face de ce pays, aussi peu disposé a suhir le joug de Napoléon que le despotisme de la métropole. Par la douceur et Vesprit de justice de son administration , Abascal retint le Pérou dans les liens du devoir envers la métropole ; il établit des fabriques de poudre et de munitions , fit construire des magasins et fortifier les villes les plus importantes. Reconnaissantes des services signalés qu'il rendit par 1a 4 la cause de indépendance nationale , les cortés, par un décret du 30 mai 1812, lui conférérent le titre de marquis de Ja Concordia, nom du régiment de volontaires de Punion espagnole du Pérouw qui avait été créé par lui dans le but de maintenir union entre les créoles et les Espagnols. Il sut inspirer aux divers gouvernements qui se succédérent ensuite dans la mére-patrie une confiance telle qu’il fut maintenu par tous dans son administration, bien au dela du terme formellement fixé par les réglements. Il ne résigna la vice-royauté du Pérou qu’en 1816; il était alors agé de soixante-treize ans.

ABATARDISSEMENT ( du vieux mot bastard, qui signifie une extraction inférieure, ou basse et non avouée ). Ce mot s’entend dune sorte de dégénération des races , d’altération du naturel. I s’emploie en parlant de Phomme, des animaux, des végétaux, et signifie la perte ou laffaiblissement de quelques qualités que on trouvait a VPorigine, ou Vapparence de quelques vices qui ne se faisaient pas d’abord remarquer. Jl se prend du reste aussi bien au physique qu’au moral. Une longue servitude abdtardit le courage ; les jeunes gens s’abdtardissent dans Voisiveté, dit le Dictionnaire de Académie.

Lorsqu’on fait servir un étalon , un taureau, un bélier ou un coq, et tous les males polygames surtout, a une fécondation plus multipliée que ne le permet la limite de leurs forces, on obtient des produits faibles , efféminés , vienx de honne heure, ou bien Jaches et énervés. Si Pon connait les inconyénients pour le développement de Ja taille de générations trop précoces, les productions des animaux trop agés sont souvent Janguissantes. Un cheval né d’un vieil étalon , usé au haras, montre, malgré sa jeunesse, des yeux caves, Yoreille basse et d’autres signes de faiblesse innée : il n’a point le feu, Vimpétnosité de celui qui sort de parents plus jeunes ; il se casse plus ff. Comme les males polygames se partagent entre plusieurs femelles , celles-ci dominent souvent dans Je produit de la génération; aussi nait-il un plus grand nombre de femelles que de males parmi les poules, les brebis et les chévres, les génisses, etc. H en résulte encore que les males seront moins masculins , moins ardents, s’ils naissent de péres trop surchargés de fonctions génitales, et la race continuera de s’'abdtardir par cette vote. On la régénérera au contraire en introduisant un plus grand nombre de males , jeunes, vigoureux, parmi les femelles. Quand il existe méme une surabondance de ceux-ci, ou que la polyandrie s’établit, la femelle servie par plusieurs males étant masculinisée, elle engendre un plus grand nombre de produits forts ou de males robustes. Nous pouvons donner une preuve de ces faits chez Vespdce humaine elle-méme. Dans les contrées ot la polygamie est en usage, les hommes sont énervés de bonne heure par les voluptés, tandis que les femmes , dominant dans les produits de la génération, donnent naissance

A une plus grande proportion de filles que de garcons ; aussi les peuples polygames sont efféminés, laches la plupart, et toujours soumis a des gouvernements despotiques. Au contraire, en Europe, ou: la monogamie est seule permise, il nait toujours une plus grande quantité de garcons que de filles (un 16° environ ); la race y est plus virile , parce que le male domine dans Ja reproduction. Aussi le courage, Vintelligence et Vindustrie des Enropéens surpassent toutes ces memes qualités chez Jes nations polygames.

Frédéric-Guillaume I*", roi de Prusse, qui recherchait les gardes du corps d’une haute taille, en ayant marié plusieurs 4 Berlin, on en vit naitre des enfants d’une stature trés-élevée pareillement. On a voulu marier ensemble des nains, mais il n’ont rien produit. Des individus de courte taille n’ont souvent que des enfants rabougris. Cependant un allaitement prolongé et de bonnes nourritures peuvent donner plus de hauteur a Ja taille, de méme que la disette ou le défaut @aliments suffisants peut retenir, au contraire, les enfants et les jeunes animaux au-dessous d’une stature ordinaire.

tly ad’autres moyens d’obtenir des races naines de chiens; cest, par exemple, de hater la précocité de la génération et de Page ordinaire de la puberté. La premiére portée dune jeune chienne ne donnera que des individus de courte taille, parce que n’ayant pas encore atteint toute sa croissance ou son complet développement, elle ne posséde qu’un utérus encore étroit; les foetus ne s’y épanouissent pas si librement. D’ailleurs, puisque cette génération prématurée 6te an corps de Ja mére tonte la nourriture qui est destinée a sa progéniture, ces petits, a leur tour, parviennent plus promptement que les grandes races de chiens 4 leur complément de taille dans cette briéveté. Que l’on continue done de les faire accoupler de plus en plus jeunes, alors on abdfardira de plus en plus leur race: on en formera des nains ( pumiliones ); on

abrégera par la méme raison la durée de leur vie; on accé-

lérera davantage les périodes de leurs fonctions, car ces petites chiennes portent moins de temps que la gestation ordinaire des grandes chiennes. Parvenues plus rapidement @ la puberté, elles vieillissent aussi plus t6t. Ajoutez ace moyen dantres moyens indiqués, tels que des mourritures amoindries, vous obtiendrez alors ces menues races de bichons, de roquets, a peine gros comme le poing, comparés aux énormes chiens danois, dogues et matins. Ceux-ci sont parvenus a une forte taille par des procédés tout opposés. Ainsi, en donnant 4 un chien des aliments abondants, en ne le laissant d’ailleurs accoupler que tard, dans toute la plénitude de sa croissance et de sa vigueur, ef en poursuivant la méme méthode pendant plusieurs générations, la race s'agrandira, sembellira d’autant plus que tous les animaux recherchent naturellement les plus beaux et les plus robustes individus de lenr espéce. C’est ainsi que lon voit de petites chiennes préférer a leur male rabougri et cagneux ou rachitique d’énormes et vigoureux matins. N’est-ce pas cet instinct naturel qui dans Vespéce humaine fait également choisir en amour par chaque sexe les plus beaux individus ? Ainsi, toujours un beau grenadier, un vigoureux guerrier, auront le pas sur les autres hommes prés du beau sexe. Les anciens Germains, si chastes, comme laffirme Tacite, étaient de grands et beaux corps dhomme, dont laspect seul effrayait les Romains, devenus petits et corrompus. Aussi les mariages étaient autrefois tardifs dans la Germanie, et cest a leur plus grande précocité, depuis que la civilisation s’y est introduite, que Hermann, Conringius et d’autres savants allemands n’hésitent point a attribuer la taille de ces nations blondes du nord de Europe, plus courte que celle de leurs ancétres.

On pourrait senquérir aussi, par laméme cause , si la corruption des mceurs dansl’espéce humaine, 4 mesure que la ci- Vilisation rapproche lesdeux sexes ou multiplie leurs relations n’a point fait dégénérer en effet notre race. On a souvent dépeint nos aieux sous la forme de grands corps, simples de cur, robustes, Vivaces et grands mangeurs. Us n’étaient

pubéres qu’a un Age fort avancé : en se mariant tard , lorsque ta constitution était dans toute son énergie et avait atteint son entier accroissement, il en résultait des étres bien conformés et de haute stature. Aussi est-ce une opinion ancienne que tout a dégénéré surle globe, et que nous ne sommes plus que des avortons.

Jamyue adeo fracta est tas ; affeetaque tellus

Vix animalia parva creat, que cuncta creavit

Sacla, deditque ferarum ingentia corpora partu,

Lucrer., Rer. Wat, liv, Ul.

On peut ajouter que presque tous les débris fossiles des animaux perdus de l’ancien monde attestent leur grandeur colossale , chez les mastodontes, les megatherium, megalosaurus, etc., et méme les ours, les cerfs gigantesques, vivant des siécles en sécurité, exempts de la tyrannie de Phomme.

L’abdtardissement dans les produits des males, soit trop yieux ou trop jeunes, soit énervés par trop de jouissances, est tellement marqué, qu’on obtient surtout par cette voie des individus albinos on blafards. Ces étres abétardis manifestent dés leur jeunesse une langueur torpide qui les dispose au sommeil, 4 la paresse, a Ja crainte. On obtient ainsi des individus souples et obéissants, mais laches ot sans nerf; leur teint est pale et fade, leur vue faible. Tels sont les cheyaux, les chiens, les lapins, etc., a2 poils blancs. En Hongrie la plupart des beeufs deviennent a/binos aprés avoir subi la castration, qui les énerve encore davantage.

Ainsi, l'on agrandit , l'on ennoblit les esp2ces ou les races en retardant leur génération, en diminuant la quantité de leurs productions. L’individu conseryera sa vigueur , sa procérité, @autant plus qu'il prodiguera moins ses facultés, sa vie. Rien au contraire n’épuise, n’abdiardif tant les races que cette multiplicifé de reproductions , qui Gnerve les individus pour mulfiplier leur nombre. De 1a ces racailles d’étres qui pullulent sans cesse dans la nature, et yont dégénérant de plus en pins, en abrégeant leur yie par la fréquence de leurs jouissances. Elles finiraient, dans la snite des sidcles , par réduire toutes Jes especes créées en une infinité dembryons Imparfaits, dégradés, rabougris, qui s’entreméleraient dans une promiscuité uniyerselle, jusqu’a tout confondre et tout anéantir.

Rarement chez les animaux sauyages on yoit des individus dépravés et libertins rechercher d’autres esphces pour produire des métis , des hybrides, des mulets. Chacua préfore , pour lordinaire, le sexe de sa propre espéce, ce qui niaintient des limites constantes, méme entre les races les plus voisines; mais la domesticité, rapprochant des races diverses, procréa des alliances hétérog)nes, et dailleurs Pabondance de nourriture auginente les besoins de reproduction.

Si par rapport a nous la culture du jardinier perfectionne les fruits dun arbre ou un léguine; si elle produit des fears doubles ; si la domesticité et ’éducation fayorisent un plus grand développement physique et moral du chien et du cheval, nous appellerons perfectionnement ce qui par rapport a lordre naturel, écarté pourtant du type primordial, est devenu abdlardissement et dégénération. En effet une fleur double est celle dont les étamines sont transformées par un surcroit de nourriture en pétales nombreux; mais privée par cette transformation de ses organes miles, elle ne peut plus se féconder : elle demeure stérile. Aussi les flears doubles ne dopnent presque Jamais de graines fécondes. Pareillement une poule grasse ne produit plus d’ceufs : toutes ses facultés vitales , occupées a éluborer de la graisse , laissent énervées les fonctions, plus importantes, de la reproduction. Sans donte ces productions ainsi amollies dans nos parterres, ces roses doubles, ces animaux engraissés dans les bassescours, seryent anx agréments de la vie; mais ils sont sortis de len ett natyrei, car ils ne pouvent plus se veproduire. Is portent Pempreinte de l'esclayage et de l'abdlardissenent. Qu oD les abatdotne a euysenis, et bienLlol ces races, lorcées de rentrer dans leur équilibre primitif, reviendront a Pétat

ABATARDISSEMENT — ABATTEMENT

sauvage, mais fécond. La pomme, la poire fondante , perdant leur chair savoureuse, ne seront plus que de maigres fruits ligneux, mais reprendront de grosses et fortes semences capables de donner naissance é des sauvageons vigoureux. Le chasselas si sucré deviendra le verjus aigre et a gros pepins de la lambrusqie ou vigne sauvage. La péche délicicuse reprendra son tissu fongueux et aride comme du brou. Enfin les céréales mémes, abandonnées dans un sol maigre et inculte, retourneront a leur état de maigreur, de dureté, de solidité, que leur restituera toute leur énergie originelle : Vidi lecta diu et multo spectata labore Degenerare tamen, ni vis humana quotannis Maxima quaque manu legeret; sic omnia fatis In pejus ruere ac retro sublapsa referri.

Virgile parle iciselon Yopinion vulgaire ; mais dans la realité est la culture qui produit un utile abdlardissement, pour amollir, attendrir, engraisser, déyelopper des indiyidus, tout en les énervant dans leurs facultés les plus énergiques. C’est en effet par lacastration, par Vévisation qu’on réduit les animaux et plusieurs plantes (ainsi abatardies), & former des nourritures tendres, délicates, sayoureuses pour nos tables. C’est par ces procédés qu’on a rendu les animaux plus dociles , plus civilisables al’état de domesticité. L’état de vigueur, d’énergie génitale, donne la fierté indomptable, la sauvagerie , instinct ardent de Pindépendance a tous les tres; et certains philosophes ont considéré notre civilisation comme un yéritable abdtardissement. J.-J. Viney, ABAT-FOIN, ouverture pratiquée au plancher dun grenier, au-dessus d'une écyurie ou Mune étadle, et par laquelle on jette le foin nécessaire a Ja consommation du jour. ABAT-JOUR, sorte de fenétre en forme de hotte, on le jour vient d’en haut, et qui est destinée a diriger la Inmiére sur quelques points particuliers, comme dans les ateliers, les magasins; ou a empécher de yoir en bas, comme dans les prisons; ou bien enfin a éclairer des étages ; souterrains. — On donne le méme nom 4 des réflecteurs | coniques, hémisphériques ou de toute autre forme, adaptés aux diyers appareils d’éclairage, et qui ont pour effet de | renvoyer en bas les rayons lumineux et de jeter une clarté plus vive dans cette direction. On fabrique des abat-jour en | fer blanc, en cuivre, peints ordinairement en blanc par-des- | sous; on en fait aussi en carton, en papier, en parchemin, | ornés de jolis dessins et méme de charmantes peintures. Presque toutes les lampes sont munies d’abat-jour; on en adaple également aux hougies et aux chandeiles, au moyen Wun support en fil de fer qui suit la marche de Ja flamme. ABATTEE. Dans la marine on appeile ainsi Je mouvement horizontal de rotation que fait, pour obéir au vent, ala lame, ou ala marée, Pavant d’un navire en panne ou a la cape. L’abattée diffhre de larrivée en ce qu’elle est toujours un monyement invelonlaire ou force.

ABATTEMENT. Ce mot, formé du verbe abattre, ne se prend plus aujourd’hui dans son acception primitive ; on ne dit plus Pabaldement d'un arbre, on dit Pahattage, et il n’y aplusque les substantifs abatfeur et abadloir qui se soient conservés au sens propre. Abaf/ement ne s’entend plus qu’au figuré; mais en ce sens il s’applique au physique comme au moral, aux facultés du corps comme a celles de Pame. 1 in- | dique un état d’affaiblissement et presque d’anéantissement. Quand il s’agit des forces du corps, on le remplace souvent par un mot plas technique, celui de pros¢ration, qui ne s’emploie que dans la terminologie médicale , et qui ne rend pas aussi bien que le mot abatement l'état qui résulte dune diminution de forces 2 la fois relative au moral et au physique. L'abaitement moral tient a toutes les facultés de Pame , a celles de intelligence et de la sensibilité comme a celles de la volonté, a notre étre moral tout entier ; et il est tout a fart | du domaine de la morale et de la psychologie. 11 peut renir , blus 2 f'n des trois groupes de facultés psychotogiques qu‘aux

ABATTEMENT — ABAUZIT z

deux autres; mais d’ordinaire ils y sont engagés tous les trois & un degré quelconque.

L’abattement peut se rapprocher du décowragement; mais ces deux mots ne sont pas synonymes , ne désignent pas le méme état. Le découragement n’est qu'une absence, qu’une éclipse plus ou moins profonde de courage, et ce n’est que le coeur qui y manque. I! peut entrer dans l’abattement du découragement , une éclipse de courage ; mais il y entre de plus une diminution réelle de facultés morales ou physiques. Cela peut étre rendu d’une manitre trés-sensible. Nos facultés intellectuelies, par exemples, sont quelquefois A ce point abattues que, malgré tout le désir que nous avons d’en faire usage, et malgré tons les efforts que nous faisons , elles sont comme anéanties. Ce n’est plus alors le courage qui nous manque , et ce n’est pas dans un état de découragement, c’est cans un état @aballement que nous sommes. 11 en est de méme des facultés du sentiment et dela volonté. Nous aimerions @ aimer , nous voudrions vouloir , et nous ne le pouvons. Ce n’est pas par suite de découragement, e’est par suite dabattement.

Comment remédier au mal? En bien distinguant ce qui est abattu, et en remontant 4 la cause qui a produit l’abattement. Quand toutes les facultés morales et physiques sont affaiblies , le reméde ne saurait étre le méme qu’au cas ot il n'y a diminution que dans les seules facultés de l'intelligence, ou de la sensibilité , ou de la volonté. D’ordinaire ?abattement west complet qu’autant qu’il embrasse le corps et Ame, dans l’état de maladie, par exemple. Or, il arrive aisé:nent que les exeés qui épuisent les forces du corps, les commotions violentes quien jettent Porganisme dans!’ ébranlement, épuisent aussi les facultés de Padme, éteignent Pimagination, tuent le sentiment, et anéantissent la volonté. Dés que les excés du corps ont amené le mal, c’est par les remédes appliqués au corps qu'il faut entreprendre laguérison, cela estentendu. Mais cela ne suffit pas dans les cas oti il y a complication, et si la médecine de ’ame ne vient au secours de celle du corps, celle-ci ne sauraif aboutir. Celle de lame elle-méme doit

- prévenir plutét que seivre ; et il appartient a la morale et a la philosophie de donner @’importantes directions a cet égard. {lL est dans la vie des époques ot Pabattement moral, qui n’a rien de commun avec ke découragement politique ou social, par exemple, n’est que le redoutable effet de cette Némésis que la science des choses divines et éternelles appelle la Providence. J] appartient a ’hygiéne de ame de prévenir cet abattement moral, comme il appartient 4 Phygiéne du corps de prévenir l’abattement physique. MAtTTer.

ABATTIS. C’est, en termes de tactique , une sorte de retranchement qu’on établit an moyen dar bres abatius , et dont l'usage remonte incontestablement a la plus haute antiquité. On trouve dans une foule d’auteurs anciens et modernes de remarquables exemples du parti avantageux qu’on asu en tirer dans tous les temps pour assurer un poste @’infanterie, retrancher un village, un défilé, une vallée, et tout autre lien resserré ot l’on a des arbres sa portée. Quand on est pressé, on se contente d’abattre les arbres et de les entasser les uns sur Jes autres. Si on a le temps d’appliquer les rdgles de Vart, on rangera en avant Vune tranchée préalablement creusée les arbres trés-prés l’un de Pautre, le tronc en dedans, en les assujettissant avec de fortes branches. On aura soin que les branches soient bien entrelacées les unes dans les autres , bien épointées et débarrassées des plus petites, afin qu’embusqué derriére on puisse voir ’ennemi sans en étre apercu. Ce fut A Paide @abattis que Mercy put lutter avec tant d’avantages et si longtemps dans les affaires de Fribourg (1644) et d’Ensheim (1674). Dans ce dernier combat un petit bois qui couvrait la gauche des alliés, et dans lequel ils avaient pratiqué quelques abattlis, fut de lapart de Parmée francaise commandée par Turenne le but d’efforts acharnés , et conta beaucoup de sang etde temps aux vainqueurs. A la bataille de Malplaquet, Villars avait en soin de fortifier sa droite et sa

gauche par des abattis ; s'il fut battu par ’heureux Marlborough, la faute n’en fut certes pas 4 la faiblesse deses retranchements.

— En termes d’art culinaire, on entend par abatlis la téte , les pattes, les ailerons, le foie et une partie des entrailles d’une dinde, d’un chapon, dune oie, et autre piéce de volaille.

ABATTOIR. On appelle ainsi le lieu ob l'on abat, dépouille et dépéce les animaux qui servent a la nourriture de homme. Les notions les plus élémentaires @’hygiéne publique indiquent qu’il y a insalubrité et danger a laisser des (weries particuliéres ao milieu d'un grand centre de population. Aussi dans la plupert de nos grandes villes de France a-t-on A cet égard imité l’exemple de la capitale , dont les abatfoirs

imcritent détre cités comme modéles. La pensée preiniére en est due 4 Napoléon, qui, par un décret du 10 novermbre 1807, en ordonna Ja construction. Ce ne fut pourtant qu’a la fin de 1818 que les bouchers de Paris durent cesser d’abattre chez eux les animaux destinés 4 la consommation de leurs pratiques et les envoyer aux abattoirs publics. L’ancienne ville de Paris comptait cing établissements de ce genre, deux sur la rive gauche et trois sur la rive droite. Depuis la réunion des communes de la banlieue a Paris, la ville a acquis des terrains 4 la Villette, sur les bords du canal, pour y établir un abattoir unique adjoint a un marché aux bestiaux. Ce double établissement sera borné au nord-ouest par Ja partie supérieure de la rue de Flandre, au nord-est et a lest par la route stratégique, au sud par la rue d’Allemagne, et au couchant par l’impasse du Dépotoir et la partie inférieure du canal Saint-Denis; il sera coupé en deux par le canal de ’Ourcq. Paris posséde en outre un abattoir de pores.

Les abattoirs doivent ¢tre situés aux extrémités des villes. Ils doivent étre isolés des habitations et recevoir de eau en abondance; il faut en outre qu’ils soient placés auprés des égouts ou des riviéres, pour que les eaux s’y écoulent sans laisser de trace dans les rues. Les cases destinées a Vabattage doivent é@tre dallées et construites, jusqu’a une certaine hanteur, en pierres de taille dures, pour résister aux lavages continuels. Il faut de plus que par la position et !épaisseur du mur, ainsi que parla disposition du toit, il régne dans Vintérieur une fraicheur nécessaire & la conservation de la viande et a l’éloignement des mouches. Un abreuyoir et une cour dallée, dite voirie, ct l’on jette les matiéres que l’on trouve dans les estomacs et dans les intestins des animaux, et qui doit étre journellement lavée 4 grandes eaux, sont encore dans les conditions essentielles qu’exige un abattoir. Les fonderies de snif en branche qui en dépendent, et quine peuvent étre exploitées dans Vintérieur des vil= les, doivent étre réunis a Pabattoir, ainsi que les échaudoirs, endroits ol sont échaudées , lavées et préparées toutes les issues d’animaux qui entrent dans Je commerce de la triperie. Z.

ABAT-VENT. On appelle ainsi un assemblage de petits auvents paralléles et inclinés de dedans en dehors que Yon établit dans les baies des tours, des clochers et de certains établissements, pour garantir Pintérieur du vent et de la pluie, tout en laissant a lair une libre circuiation. Dans les tours et Jes clochers les abat-vent servent encore A abattre le son des cloches et a Je diriger en bas. C’est 1a ee qui les fait nommer aussi abal-sons.

ABAT-VOIX, espéce de dais dont une chaire & précher est surmontée, et qui sert a rabattre la voix du prédicateur vers lauditoire.

ABAUZIT ( Firmin ). Né & Uzés, en 1679, d’une famille protestante, fut bibliothécaire a Genéve, ot ses parents s’étaient réfugiés lors de la révocation de l’édit de Nantes. fl y mouruten 1767, laissant plusieurs écrits, dans lesquels Rousseau, qui le compare a Socrate, semble avoir puisé sa pro -

Fession de foi du Vicaire Savoyard. Ses ceayres se coms

8 ABAUZIT

posent de morceaux d'histoire, de critique et de théologie. L’édition publiée 4 Geneve en 1770, 1 vol. in-8°, se compléte par deux autres volumes portant la rubrique de Londres, 1770-1773. Pendant un voyage en Hollande, en 1698, il se lia avec Bayle, Basnage et Jurieu. Newton Jui envoya son Commercium epistolicum, avec ces mots : « Vous étes bien digne de juger entre Leibnitz et mot. »

ABAZEES, fétes ou cérémonies célébrées en Phonneur de Bacchus, dontonattribue l'institution a un roi asiatique appelé Dyonisios, fils de Caprus, et dont on fait venir le nom du grec &éaxew, garder le silence, parce que, bien différentes assurément des autres fétes consacrées 4 Bacchus, elles se célébraient sans bruit.

ABAZES, peuples du versant nord-ouest duCaucase, qui semblent avoir avec les Circassiens une grande similitude d'origine, de mceurs et de langage, encore bien que, suivant Pallas, leur langue ne ressemb!e a aucun idiome connu. Leur territoire s’étend depuis la Mingrélie jusqu’aux frontidres de la Circassie occidentale. C’est un pays arrosé par une multitude de petits cours d’eau, dune grande fertilité, bien qu’il soit trés-montueux et couvert en général de foréts ot la chaleur et Vhumidité entretiennent une végétation aussi luxuriante que celle de Amérique centrale.

Les Abazes cullivent assez imparfaitement leur sol, se livrent 4 ’éducation des abeilles, des bestiaux, et élévent des chevavx estimés. Habiles forgerons, ils fabriquent des armes qu’on recherche dans les divers pays du Caucase. On présume méme qu'il y a dans leur pays des mines d’argent ; mais ils ne savent pas plus en profiter que de leur situation géographique, sipropre a lanavigation et a la péche; ils aiment mieux se livrerau brigandage dans leurs montagnes, ov, montés dans des barques, infester les clés de la mer Noire. Les Grecs les désignaient autrefois sous le nom d’Achi, et ils avaient déja parmi eux la réputation de pirates rusés et redoutables. Aune époque postérieure, ils etaient, souste nom d’Abasgi, extrémementdécriés par les Byzantins, pour leur commerce d’esclaves. Aujourd'’hui encore iis se vendent les uns les autres aux marchands d’esclaves; et comme leurs femmes sont généralement belles, on les faitaisément passer pour Cireassiennes dans les harems tures ; on prétend méme que Yambition la plus chére des jeunes filles abazes est d’étre admises dans l’un de ces gynécées et de servir aux plaisirs des riches musulmans.

L’empereur Justinien les avait convertis au christianisme; subjugués ensuile par les Persans, ils embrassérent Vislamisme. Plus tard, en 1400, conquis par Tamerlan, ils servirent dans son armée contre Bajazet. Soumis par les Tures au dix-huitiéme siécle, ils se révoltérent en 1771, retournerenta leurs anciennes pratiques superstitieuses, ne conservant Ge Pislamisme quel’usage de s’abstenir dela chair de pore, Aujourd’hui ils ne sont, a proprement parler, ni chrétiens ni mahométans ; on trouve pourtant chez eux dans la célébration du dimanche une faible trace de christianisme. On dit méme qu’'ilreste encore dans leur pays de vieilles églises, demeurées en grande vénération, et que, bien qu’ils aient abandonné depuis des siécles le culte auquel elles étaient consacrées, ils Wont jamais touché soit aux livres, soit aux ornements sacerdotaux ou aux vases sacrés qu’elles contiennent,

Les Abazes ont conservé jusque dans ces derniers temps une sorte dindépendance, et ils la défendent avee acharnement contre la Russie, a qui la Porte les a cédés par les derniers traités. Les Russes ne possedent guére dans leur pays que le fort de Sockhoum-Kaleh, situé a vingt-quatre kilométres an sud-est d’Anapa.

ABBA DIE (Jacques), théologien réformé, né, en 1654 a Nay en Béarn, recut a Sedan le grade de docteur en théo- Jogie, fit ensuite un voyage en Hollande et en Allemagne, et fut nommé pasteur de l'éylise francaise & Berlin. A prés, ‘ mort de électeur Frédéric-Guillaume, qui faisait grand cas de Ini, ilse rendit en Angleterre en ¢-*° vee le maréchal de

Page 1