ABSOLU — ABSOLUTION
commence a une cause d’existence; tout corps est situé dans Pespace, etc. Or, ces abstractions, qu’on appelle vérités absolues, doivent, en tant qu’abstractions, se rapporter 4 un étre, dune substance. Sera-ce A Vesprit humain ? Mais quand elles seraient partie intégrante dela pensée humaine, Phomme sait qu’elles ne sont pas nées avec lui, et qu’elles Pont nécessairement précédé, puisqu’elles sont éternelles. Or, si elles sont éternelles, & quoi les rapporterons-nous, si ce n’est a la pensée divine, au sein de laquelle elles ont toujours existé et dont elles composent essence, tandis que chez Phomme elles nesont que des manifestations de la pensée éternelle? Le vrai absolu, c’est donc la pensée de Dieu, Dieu lui-méme. On reconnait cependant des vérités relatives : aussi ce point demande explication. Les vérités relatives sont l’expression des rapports que nous concevons pouvoir changer ou cesser d’étre. Ainsi, chaque printemps les arbres se couvrent de feuilles, le fer attire Paimant, etc. : voila des vérités contingentes ou relatives. Ces vérités, dira-t-on, existent aussi dans la pensée divine. Oui, sans doute, elles y existent ; mais comme les rapports dont elles sont Pexpression existent entre des étres finis, changeants, périssables, on concoit que ces rapports puissent aussi cesser @exister, c’est-d-dire quils soient relatifs, et dés lors les vérités qui en sont -’expression dans lesprit humain doivent aussi étre appelées relatives. Mais c’est seulement comme manifestation ou réalisation extérieure de la pensée divine qu’elles peuvent changer et périr; car, si on les envisage dans la pensée divine, indépendamment de leur réalisation extérieure, elles existent de toute éternité, elles sont absolues. C’est pour cela que Platon dit que Jes idées générales sont absolwes, envisagées comme types existant éternellement dans la pensée de Dieu, et que les réalisations de ces idées , c’est-a-dire les individus créés sur ces types éternels, ainsi que ’idée que nous en acquérons, sont quelque chose de contingent, de périssable , de relatif. Ainsi , toutes les vérités sont absolues en tant qu’on les considére dans la pensée divine, ou elles existent nécessairement et éternellement. L’objet de la pensée divine, voila le vrai absolu.
Tl enest du beau comme du vrai. Le beaw absolu wexiste pas dans les créatures, réalisations extérieures de la pensée divine. De méme qu’il n’existe pas dans la réalité un cercle parfait , absolu, quoique la raison en concoive un, de méme il n’existe pas de créatures absolument belles , quoique Vartiste concoive Vidée de beauté absolue qu’il poursuit dans ses @uvres, et qui lui en fait produire de supérieures en beauté a tout ce qu’ont rencontré ses regards. Or, cette idée de beau absolu , oi Vartiste l’a-t-il puisée? Dans son observation? Mais la nature ne lui présente que limparfait, le relatif, Dans son imagination? Mais elle ne fait que combiner les éléments que lui fournit la nature. Ce ne peut étre que dans sa raison, qui seule luisuggére Pidée d’un ensemble complétement harmonieux, dont toutes les parties sont entre elles et avec Punité qui les relie dans le plus parfait accord. Or, cette idée @ordre parfait, @harmonie supréme, qui constitue le beau idéal ou absolu, ot peut-elle résider avant de se manifester dans "homme, si cen’est dans la pensée divine, dont elle compose lessence ?
Qu’entend-on en morale par bien absol, sinon ces principes fixes et immuables auxquels nous sommes moralement obligés de conformer nos actions? Or, quels que soient nos efforts, nos actions ne pourront jamais étre une application compléte de ces principes. Nous ferons le bien, mais toujours imparfaitement, et jamais nous ne réaliserons le bien absolu dont notre raison nous révéle Pexistence. Cependant, qnoique nous ne voyions en nous et autour de nous qu’imperfection , que relatif, nous n’en reconnaissons pas moins Pexistence d’un code invariable de iustice, de lois éternelles, que leur violation ici-bas n’empéche pas d’exister en Dieu dans toute leur plénitude et leur gloire. Or, qu’est-ce que ces lois absolues , si ce n’est Dieu lui-méme, décrétant de
toute éternité les lois auxquelles doivent obéir des créatures raisonnables et libres?
Est-il nécessaire, aprés ce que nous venons de dire, d’indiquer la voie par laquelle !homme s’éléve A Pidée Wabsolu, et de signaler la raison comme source de cette idée? La raison en effet est dans Phomme la manifestation de Pétre divin; @est elle qui, & Poccasion du relatif, nous le révéle aussitét, sans que nous puissions nous expliquer cette étonnante révélation, mais aussi sans que nous puissions en nier Pobjet. Ona dit avant nous, et 4 bon droit, que la négation de labsolu est la négation de toute science , de toute morale. Cette idée est le lien qui réunit comme en un faisceau toutes les autres, et leur sertde soutien et de vie, comme Dieu lui-méme est le soutien et la vie de lunivers. On a compris de bonne heure Pimportance de cette idée , mais quelques esprits sont tombés a cet égard dans un exces dangereux. Oubliant que Phomme est réduit 4 reconnaitre Pexistence de Pabsolu sans pouvoir jamais en comprendre la nature, qu’il doit prendre le relatif pour point de départ , et qu’il doit chercher as’élever sans cesse a V’absolu par le relatif, sans espérer pouvoir jamais connaitre l’absolu dans son essence, ils ont cru devoir s’en préoccuper exclusivement, pouvoir pénétrer jusqu’a sa nature; que dis-je? l’apercevoir par une intuition immédiate, le contempler face A face dans Pextase. On alla méme jusqu’a croire qu’on pourrait, a Paide de certains procédés matériels, découvrir ’absolu et s’en emparer. Cette croyance, moins dangereuse peutétre que ’athéisme, son contraire, mais qui ne doit pas moins étre regardée comme une véritable folie, s’est reproduite a plusieurs époques ( voyez Mysricisme ). I] est pourtant aussi extravagant de vouloir atteindre directement l’absolu qu’il le serait d’en nier Pexistence. C.-M. Parre.
ABSOLUTION, rémission des péchés, faite par le prétre , au nom de Jésus-Christ , dans le sacrement de la pénitence, a celui qui est dans les dispositions nécessaires pour la recevoir. Quelques auteurs ont prétendu que dans l’ancienne Eglise on n’accordait l’absolution aux pénitents qu’aprés une satisfaction publique ; mais c’est une erreur : il n’y avait qu’un petit nombre de crimes énormes et publics, tels que Pidolatrie, Phomicide et adultére que l’Eglise soumit a la pénitence publique. Voyes PENITENCE , CONFESSION.
Pour les protestants absolution est simplement déclara toire. Le ministre est autorisé 4 Pannoncer avec confiance aux pénitents. Admettant en effet en principe que la rémission des péchés est acquise a homme croyant et repentant par le fait de la mort expiatoire du Christ , ’Eglise réforinée nie qu'il soit besoin d’autre chose pour se réconcilier avec Dieu, lorsqu’on est tombé dans le péché, que la résipiscence et la sincére résolution @’obéir aux commandements de Dieu. L’kglise catholique, comme l’Eglise d’Orient, exige lintervention du prétre , en se fondant sur cette parole de Jésus- Christ: « Les péchésseront remis & ceux a qui vous les remettrez » (Jean, XX, 21-24).
Dans le droit canonique absolution des censures est un acte judiciaire par lequel un juge ecclésiastique ou son délégué remet dans la possession de certains biens spirituels dont on avait été privé par excommunication, la suspense ou Pinterdit. Il y a encore dans l’Eglise absolution & cautféle (ad cautelam ), acte par lequel le prétre délie des censures dont on pouvait étre lié sans le savoir; absolution avee rechute (cum reincidentia), ou celle qui se donne a un homme lié des censures, avec modification ou limitation,
En termes de liturgie absolution est une courte priére que dit celui qui officie, a chaque nocturne des matines, avant les bénédictions et les legons. Enfin, on appelle absolutions les encensements et aspersions d'eau bénite qu’on fait sur les corps des princes et des prélats qu’on enterre avec grande cérémonie. Voyes ABSOUTE.
Dans le droit criminel Pabsolwtion est le renvoi dune accusation. Elle est : 1° endiére quand elle déclare que