ABSOLUTION — ABSORPTION
Yaccusé n’est pas coupable, et quil mwa encouru aucune peine; 2° provisionnelle, quand il n’est pas clair que Paccusé soit coupable ou qu’il soit innocent. Dans ce dernier cas Penquéte, si plus tard il se présente de nouvelles preuves, peut étre continuée. La procédure criminelle en France eten Angleterre ne reconnait pas d’absolution provisionnelle ; la sentence doit prononcer la culpabilité ou la non-culpabilité, et cette derni¢re anéantit toujours Paccusation. En Ecosse on distingue, il est vrai, la non-culpabilité et la nonconviction (no¢ proved); mais Veffet de la sentence est le méme dans les deux cas. Voyes ACQUITTEMENT.
ABSOLUTISME. Dans les pays constitutionnels la loi fondamentale, si elle ne consacre pas le droit du peuple a se gouverner lui-méme par des délégués, fondés de ses pouvoirs, et par conséquent essentiellement responsables , limite du moins Pautorité du prince, et la nation prend une part plus ou moins grande & administration de la chose publique, en méme temps que les ministres, par suite de Yinviolabilité du souverain, sont seuls responsables, de tous les actes du gouvernement. Mais dans quelques pays, au contraixe, le souverain n’est arrété par aucun frein dans Yexercice de sa puissance ; il est a la fois le législateur et Vexécuteur de la loi quwil a taite lui-méme, et ne doit compte de ses actions qu’a sa conscience. Cette puissance illimitée du souverain, par opposition a celle qui est attribuée au prince par les institutions constitutionnelles , se nomme absolutisme. Ce principe n’admet pas quwune nation puisse ¢tre régie par un contrat comme une association particuliére. L’idée que la puissance supréme est un droit qui procéde directement de Dieu est prise par Pabsolutisme dans son sens le plus strict, et par conséquent toute participation aux affaires de ’Etat accordée soit au peuple, soit i une caste , est eonsidérée comme une grace octroyée par le prince, et non comme Vexercice dun droit. Ce qui différencie ’absolutisme du despotisme, c’est que celui-ci dans tous ses actes ne consulte que son bon plaisir ou ses caprices, tandis que celui-la a la prétention de ne prendre jamais que le bien des peuples pour guide et de se regarder comme lié par les lois qwil se fait a lui-méme. Mais comme il n’y a pas plus de garantie avec l'un qu’avec Yautre , c’est avec raison qu’on a dit que le pouvoir absolu était dangereux pour les princes et avilissant pour les peuples. On ne peut attribuer qu’au plus profond aveuglement !’opinion de ceux qui prétendent encore aujourd’hui qu’un systéme de gouvernement si contraire a la raison puisse subsister plus longtemps, et quipensentqu’on peut résister avec succes aux exigences impérieuses et a la voix puissante des intéréts populaires. Cette résistance est désormais inutile. La nécessite @appeler le peuple a prendre part a administration des intéréts nationaux devient de jour en jour plus palpable en tous pays. Une fois admis 4 cette participation le peuple, loin de la négliger, cherchera toujours A Pétendre davantage ; car les progrés de son éducation politique lui auront appris que ce désir est un droit. Plus on verra se développer chez les peuples cette tendance A se garantir, par un pacte fondamental, contre les tentatives de Varbitraite, plus il deviendra dangereux de chercher a s’opposer par la force a cette direction de Vesprit humain. ABSORBANTS ( du latin absorvere, boire, pomper). En médecine on désigne ainsi toutes les substances capables Wabsorber, de neutraliser un liquide nuisible A Péconomie; dans une acception plus rigoureuse les absorbants sont des médicaments destinés a se combiner chimiquement avec des acides développés dans les yoies digestives. Lorsqu’on attribuait toutes les maladies a des altérations acides ou alcalines des lumeurs, les médecins faisaient un usage trés-étendn des absorbants. On employait comme tels une foule de préparations ayant pour base la magnésie, la chaux ou leurs carbonates. C’étaient des yeux d’écrevisses , des 0s de poissons , des écailles Whuitres, des terres bolaires ;
des coquilles d’ceufs. Les progrés dela chimie, en permettant de substituer les substances simples aux composées, font préférer aujourd'hui la magnésie pure ou son carbonate, on bien la solution aqueuse de chaux. Les bicarbunates de potasse ou de soude possédent les mémes propriétés. Pour administrer ces médicaments, il suffit simplement de les faire dissoudre dans un peu d’eau, ou, si Von veut en rendre Pusage plus agréable, on peut en faire des pastilles en les incorporant dans une quantité suffisante de sucre blane et de mucilage de gomme adragante, le tout aromatisé avec Pessence de menthe, de roses, et le baume de Tolu Telle est la composition des tablettes de magnésie , des pastilles de Vichy ou de d’Arcet, souvent employées chez les enfants , les filles chlorotiques et les femmes enceintes, dont la digestion est fréquemment troublée par Paccumulation de substances acides dans Vestomac. Les absorbants sont encore indiqués dans le cas d’empoisonnement par les acides concentrés : alors la magnésie est préférable, puisqu’elle peut étre prise 4 forte dose sans inconvénient.
Dans Ja chirurgie on désigne sous le nom d’absorbants Jes poudres et les substances molles et spongieuses destinées a absorber les liquides épanchés dans une cavité naturelle ou a la surface d'une plaie. Se trouvant eontinuellement en contact avec les chairs vives, les absorbants doivent étre dépourvus de toutes propriétés irritantes, sous peine de provoquer de nombreux accidents. La charpie est Yabsorbant le plus usité par presque tous les ehirurgiens francais. M. Mayor, de Lausanne, lui a substitué avec avantage le coton cardé. Lorsqwil s’agit @arréter une hémorragie, Pabsorbant préféré généralement est Pagaric ou Pamadou. Les toiles Paraignée peuvent aussi remplir cet emploi.
ABSORPTION. Ce mot désigne, quant aux organes, J’action de puiser ou d’aspirer les substances fluides ou so- lides du dedans ou du dehors. Cet acte physiologique a pour instruments des vaisseaux ou des membranes. L’absorption, sans étre évidente, est néanmoins certaine : elle est démontrée par les faits, et est le fondement de plusieurs phénomenes vitaux. La plante ne vit et ne s’accroit que parce quwelle absorbe par ses racines et par ses feuilles Peau et Pengrais du sol, et le carbone de Pair en décomposant le gaz acide carbonique. Nous ne nous nourrissons nous-mémes que parce que les vaisseaux lymphatiques absorbent dans les intestins le chyle qui provient des aliments digérés. La respiration nest efficace qu’autant que d’autres vaisseaux répandus dans les poumons absorbent le gaz oxygéne de Yair respiré. Portion de cet oxygéne se combine avec ’hydrogene du sang veineux, et compose ces vapeurs aqneuses qui se mélent a VPhaleine; une autre portion s’unit au carbone du nouveau sang pour composer du gaz acide carbonique. Enfin , les plantes et les animaux absorbent quelque chose de Yair; seulement cette absorption se fait dans les deux régnes en sens inverse : ce qui provient de l'un, Yautre s’en empare , de maniére 4 ce qu’un juste équilibre se trouve toujours maintenu, du moins au printemps et'en été. Les fleurs, contrairement a ce qu’on voit dans les feuilles, ab- sorbent de Poxygéne comme les animaux, et rendent du gaz acide carbonique au lieu den absorber. Voila ce qui fait le danger des bouquets placés dans les appartements , principalement la nuit et 1: ot on dort. Si lon place une rose sous une cloche bien close, on voit le lendemain matin que lair de cette cloche ne renferme plus la méme quantité doxygene , et la preuve, Cest qu'une bougie allumée s’y éleint, Cet air en revanche renferme beaucoup de gaz acide carbonique : Peau de chaux y blanchit sous forme de craie; enfin, la fleur a altéré lair & la maniére dun oiseau. Chacun de nous absorbe par les poumons un pied cube de yaz oxygéne par heure; ¢’est un fait que Lavoisier 4 prouvé ily a déja longtemps. Decent cinquante prisonniers qui s'étaient trouvés renfermés dans une aire d’environ vingt . pieds carrés, cinquante au buul de six heures avaient déja