‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 46 sur 197 · ACCORDEUR — ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

ACCORDEUR — ACCOUCHEMENT

ealculées de maniére & faire produire 4 la corde les douze demi-tons de la gamme, sont tracées sur la planchette. On améne dessus le chevalet mobile , et en faisant résonner la corde on peut mettre son piano @accord. — On sait que pour accorder un piano il faut, & Vaide d’une clef carrée , nommeée accordoir, agissant sur une cheville sur laquelle la corde est enroulée, donner la corde le degré de tension con- Venable. Les accordeurs remplacent aussi les cordes que Voxydation ou une trop grande tension viennent a faire casser dans l’instrument.

ACCORDS (Evienne TABOUROT, dit le Seigneur des) est Yauteur @un livre singulier, qui prouve a quel point régnait de son temps non pas la liberté, mais lVextréme licence de la presse. Né a Dijon, en 1547, recu avocat au parlement créé dans cette ville lors de la réunion du duché de Bourgogne a la France , il fut ensuite nommé procureur du roi prés le bailliage. Tl n’avait encore que dix-huit ans lorsqu’il composa cet ouvrage, chargé des gravelures les plus indécentes. Il y ajouta, vers l’dge de trente-cing ans, des chapitres plus sérieux, et le fit paraitre sous ce titre : Bigarrures et touches du seigneur des Accords, suivies des Apophthegmes du sieur Pierre Gaulard et des Escraignes Dijonnaises. On a joint au texte des gravures en bois plus obscénes encore, et dont nous ne pourrions pas méme citer Yintitulé bizarre. On remarque dans ce livre des échantillons curieux de la littérature favorite du temps, des anagrammes, des acrostiches, des rébus de Picardie, des antistrophes, des vers a écho, des vers rétrogrades, letérisés , rapportés, etc. Beaucoup de nos auteurs modernes ont emprunté, sans aucunement s’en vanter, plusieurs facéties du seigneur des Accords. Les Eseraignes Dijonnaises sont un recueil de contes fort gais, mais décents pour la plupart, racontés dans les veillées, sous les anciennes cabanes ou chaumiéres du pays, qu’on appelait escraignes. Les jeunes garcons, les jeunes filles, la tante Jeanne et la petite Jeanneton, sa niéce, y débitent a Penvi des histoires facétieuses, et quelquefois des anecdotes touchantes. — Les prétendus Apophthegmes de Pierre Gaulard ont pu fournir quelques données a la célebre chanson de M. de la Palisse , si toutefois cette chanson n’a pas antériorité de date. Etienne Tabourot mourut en 1590, a lage de quarante-cing ans, aprés avoir tenu, comme avocat et comme magistrat, une conduite plus réguliére et plus digne qu’on ne serait tenté de le supposer a la lecture des ceuvres du seigneur des Accords. Breton.

ACCORES,, piéces de bois qui servent 4 étayer les navires en construction. — On appelle aussi, en marine , cde accore ou écore une cote escarpée, taillée a pic. Les accores dun bane sont les approches de ce banc, les endroits ou il commence a s’élever.

ACCOUCHEMENT. C’est ainsi que on désigne hapituellement l’acte par lequel un enfant est mis au monde. On distingue Yaccouchement en naturel, quand il est opéré par les seules forces de la nature, et en artificiel, quand il ne peut se terminer que par le secours de Vart. L’accouchement prématuré est celui quia lieu du sixiéme au neuvieme mois de la grossesse ; l’accouchement ¢ardif est celui qui seffectue & un terme plus éloigné que la fin du neuvieme mois. Enfin on appelle avortement la naissance dun enfant 4gé de moins de six mois. L’accouchement naturel est le plus fréquent. D’aprés des relevés faits a la Maternité de Paris el autres lieux, il résulte que sur quatrevingt-trois accouchements environ, un seul réclame Pintervention de la chirurgie.

La parturition ne s’opére communément qu’au neuvieme mois réyolu de la grossesse; mais ce nest point une loi a qui la nature soit si invariablement soumiise qu’elle ne puisse s’en écarter quelquefois. 11 mest pas trés-rare, en effet, de voir des enfants parfaitement bien conformés venir au monde naturellement, sans le moindie accident, tantot avant la fin du peuvitme mois, tantét aprés. Ces cas

exceptionnels ne détruisent pas le principe. Dans les cas Jes plus ordinaires, lorsque aucun accident ne vient troubler la marche de la grossesse, le foetus n’est expulsé de la matrice que lorsque son organisation est assez avancée pour qu'il puisse vivre de sa vie propre, indépendamment de celle de la mére; or cela a lieu presque toujours a la fin du neuvidme mois. '

Les anciens avaient singuliérement multiplié le nombre des positions dans lesquelles Penfant peut se présenter au détroit supérieur du bassin; mais Pexpérience a démontré que beaucoup d’entre elles, bien que possibles, ne se sont pourtant jamais rencontrées dans la pratique. Sur un fotal de 21,723 accouchements observés 4 la Maternité, M. Dugés a constaté que lenfant s’est présenté, par le vertex , 20,698 fois; par le siége , 804 fois ; par la face, 103 fois ; par I’épaule droite, 65 fois; par ’épaule gauche, 53 fois. Il est fort remarquable que ce tableau ne renferme aucune présentation des pieds ni des genoux, dont l’existence réelle ne peut cependant étre douteuse : ce fait prouve seulement leur extréme rareté.

Avant daborder la description du travail de Venfantement lui-méme , observons que dans Je dernier mois de Ja grossesse la matrice, qui oceupait déja l’épigastre, s’abaisse au-dessous de cette région. Les femmes disent alors que leur ventre est tombé. Des ce moment elles se sentent plus légéres, leurs fonctions digestives et respiratoires deviennent en méme temps plus faciles. Assez souvent elles éprouvent un sentiment de pesanteur vers le rectum et la vessie, des envies fréquentes d’uriner et quelquefois une constipation opinidtre. Les organes génitaux commencenta¢tre plus humides; enfin arrive le terme de la gestation, et le travail se déclare. A son début la femme n’éprouve, en général, qwune sorte de malaise accompagné de douleurs sourdes presque inapergues , trés-courtes et éloignées les unes des autres, vulgairement appelées mowches. Mais les douleurs deviennent de plus en plus sensibles, plus longues et plus rapprochées; en méme temps elles se manifestent d’une maniére tellement caractéristique, qu’il n’est plus permis de méconnaitre leur nature. L’abdomen se resserre et Vutérus se durcit; Porifice de la matrice, déja un peu entr’ouvert, se rétrécit, pendant que sa circonférence, auparavant trés-ramollie, aequiert une roideur trés-notable’; les membranes, fortement tendues, appuient contre cet orifice, peuvent méme commencer a s’y engager et contribuer ainsi a sa dilatation d@une maniére toute passive a la vérité, mais incontestable. Aprés une courte durée, Vabdomen et l’utérus reprennent chacun leur volume et leur consistance ordinaires ; les hords de Vorifice redeviennent souples ; a la tension des membranes succéde leur relachement primitif; la douleur est passée: Celle-ci est suivie @un calme plus ou moins parfait jusqu’a ce qwune nouvelle douleur vienne reproduire les mémes phénoménes. A force de se répéter, ces douleurs finissent par opérer graduellement la dilatation compléte de Vorifice utérin. C’est 14 que se termine ce qu’on nomme dans les écoles le premier temps du travail, et que commence }’ensemble des phénoménes qui constituent le dewxiéme icmips.

Ici tous les symptémes que nous venons de faire connaitres’élévent a un plus haut degré d’intensité ; Pagitation redouble, le pouls devient plus fréquent, la chaleur augmente, la soif se déclare, le visage s’anime ; il survient quelquefois des vomissements ; des glaires sanguinolentes s’écoulent par la vulve, on dit alors que ja femme marque. Nous devons faire observer que cet écoulement peut survenir bien plus tot. Unesueur abondante a lieu, principalement vers ‘es parties supérieures du corps ; car pendant que sa figure et sa poitrine sont pour ainsi dire inondées, la mére se plaint souvent d’avoir froid aux extrémités inférieures. Dans Vintervalle des douleurs, elle éprouve une propension irrésistible au sommeil; mais 4 peine commence-t-elle a goiter les douceurs du repos, qu'une nouvelle douleur lui raméne ses angoisses.

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