‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 52 sur 197 · ACHARD — ACHEM · texte numérisé non relu

ACHARD — ACHEM

jeu, il se plaga au premier rang parmi les comiques des petits thédtres de vaudeville. I] excellait dans la chansounette mimée. Achard mourut subitement a Paris au mois Maodt 1856. A. DELAFOREST.

ACHARD ( Louis-Amépgr-Evckne), romancier francais, est néa Marseille en avril 1814. Destinéd’abord au commerce, il partit en 1834 par Algérie ot il concourut a la fondation @une entreprise agricole; en 1835 le préfet de l’Hérault Pappela prés de lui comme chef de cabinet. Aprés avoir donné quelques articles au Sémaphore de Marseille, M. Achard vinten 1838 a Paris, od il travailla au Ver¢-Vert, al’ Entr’acle et an Charivari. Plus tard, il publia des Lettres parisiennes, signées Grimm, dans le journal ’Hpogue. En 1846 il accompagna le duc de Montpensier eu Espagne comme historiographe des fétes du mariage de ce prince avec Vinfante, sur de la reine Isabelle. En mai 1848 M. Amédée Achard fonda le Pamphlet, journal qui cessa de paraitre aprés Vinsurrection de juin. Pendant ces tristes journées, M. Achard eut son frére tué a ses cétés, et lui-méme fut fait prisonnier par les insurgés. Capitaine d’état-major de la garde nationale, il donna sa démission lorsque le général Changarnier perdit son commandement. M. Achard travailla ensuite a l’ Assemblée nationale. Un article du Corsaire lui attira un duel avec M. Fiorentino, qui le blessa griévement. En 1857, le Spectateur eut un avertissement pour unde ses feuilletons. Pendant la guerre d’Italie il suivit Jes mouvements de Parmée francaise et envoyaau Journal des Débats des lettres intéressantes qui ont paru séparément sous ce litre : Montebello, Magenta, Marignan, lettres d’ Italie (1859). Parmises romans et nouvelles on cite Une Arabesque (1840); Belle- Rose (1847); Les Petits- Fils de Lovelace(1854); Les Chateaux en Espagne (1854); La Robe de Nessus (1854); Maurice de Treuil (1857); Madame Rose (1857); Le Clos Pommier (1857); Parisiennes et Provinciales (1857) ; Brunes et Blondes (1858); Les derniéres Marquises (1857); Les Femmes honnétes (1857); L’ Ombre de Ludovic (1858); Les Vocations (1859); La Sabotiére (1859) ; la Famille Guillemot (1860); les Miséres d’un millionnaire (1861); le Roman du mari (1862); Histoire d’un homme (1863); le Duc de Carlepont{1864); les Fourches caudines (1866); les Chaines de fer (1867); Marcelle (1868); Olympe de Mézieres (1871); etc. Le théaitre lui doit quelques jolies comédies. Enfin il a donné des itinéraires, Une saison & Aix-les-Bains (1851); Bade et ses environs (1858).

ACHARIUS (Enix), naturaliste suédois, né le 10 octobre 1757, a Gefle, mort le 13 aodt 1819, 4 Wadstena, fit ses éludes a Upsal, ot il suivit les legons de Linné. Plus tard il se rendit 4 Stockholm, ot l’Académie des Sciences le chargea de dessiner divers objets d’histoire naturelle. Recu docteur en médecine a Lund, en 1782, il pratiqua son art en Scanie jusqu’en 1789. Nommé alors médecin provincial a Wadstena, il conserva jusqu’a sa mort cet emploi, auquel était attaché le titre de professeur. Les lichens furent spécialement Vobjet de ses recherches. On cite encore sa Lichenographia universalis ( Goetingue, 1810) et sa Synopsis methodica lichenum ( Lund, 1813 ). Son nom a été donné par les botanistes 4 plusieurs plantes. Il Jaissa un herbier composé de plus de onze mille especes ; Yuniversité @Helsingfors acheta sa collection de lichens.

ACHATE. Compagnon d’Enée, dont l’amitié fiddle a passé en proverbe.

ACHAGZ, roi de Juda, fils de Jonathan, monta sur le fréne a Page de vingt ans, lan du monde 3162, avant J.-C. 738. Suivant Pexemple des rois d’Israel, il érigea des statues au dieu Baal et aux autres divinités des Cananéens; il leur consacra méme son propre fils. Pendant son régne, Rasin, roi de Syrie, et Phacée, roi d’Israel, vinrent assiéger Jérusalem, sans pouvoir la prendre; mais pendant deux ans ils ravagérent le royaume, Achaz appela a son secours Téglatphalasar, roi d’Assyrie, qui accourut

avec une forte armée, prit Damas, tua Rasin, et enleva les tribus de Gad, de Ruben et la demi-tribu de Manassés. Achaz, jugeant que les dieux de Syrie lui étaient plus favorables que le Dieu d’Israel, se mit a piller la maison du Seigneur, qu’il ferma ensuite; puis il fit dresser des autels profanes sur toutes les places de Jérusalem et dans toutes les autres villes de Juda. Il mourut apres seize ans de régne. L’Ecriture rapporte 4 son temps Verection dun cadran solaire ou gnomon.

ACHE, plante de la famille naturelle des ombelliféres. Anacréon et Horace ont célébrée comme lame des festins, et les Grecs s’en servaient pour faire les couronnes données aux vainqueurs dans les jeux néméens et isthmiques. Gependant Suidas nous apprend qu'elle était aussi employée dans les cérémonies funébres, probablement a cause de la sombre teinte de son feuillage. Modifiée par Ja culture, ache odorante est devenue le céleri. Al’état sauvage, ache odorante contient une forte quantité d’acide volatil; elie est employée en médecine comme excitant.

ACHEENNKE ( Ligue). Ona donné ce nom 4 la confédération formée par quelques villes del’Ac haie, et dans laquelle entrérent les principales villes du Péloponnése, lorsque, l’an 284 av. J.-C., les Achéens tentérent desecouer le joug sous lequel ils vivaient depuis la conquéte de la Gréce par les rois de Macédoine. Pendant cent trente-huit ans la ligue achéenne, dirigée par Aratus et Philopwmen, se rendit redoutable et conserva Vindépendance de son pays. Elle combattit longtemps contre les Romains pour la liberté de la Gréce; mais elle fut anéantie par le consul Mummius-aprés Ja prise de Corinthe, l’an 146. Voy. Grice.

ACHEENS, nom d'une peuplade grecque qu’Homére confond sous la dénomination commune de Grecs avec Jes Argiviens et les Danaens. Elletirait son origine d’Acheis, et semble avoir abandonné la Thessalie pour venir s’établir dans le Péloponnése, ot elle fonda, notamment en Argolide et en Laconie, des Etats qui au temps de la guerre de Troie étaient les plus puissants qu’il y efit en Gréce, Expulsés de Jeur terrifoire par les Doriens, vers V’an 1104, Jes Achéens se dirigérent d’abord vers la céte septentrionale de la presqu’ile, en chassérent a leur tour Jes Ioniens, qui Phabitaient, et donnérent le nomd’A chaie a ce pays. Sans avoir beaucoup de relations avec les autres peuplades grecques, ils y étaient répartis en douze villes, oi Ala forme monarchique avait bientOt succédé une constitution démocratique, et unies entre elles par une espéce de confédération, qui ne fut dissonte qu’a l’époque des invasions de Démétrius, de Cassandre et d’Antigone. Elle fut renouvelée, vers l’an 280 avant lére chrétienne, par la réunion de quatre des anciennes villes, devenues le noyau de ce qu’on appela la ligue achéenne.

ACHELOUS , appelé autrefois Thoas, et aujourd’hui Aspropotamo, \e plus grand des fleuves de la Gréce, prend Sa source dans le Pinde, traverse le territoire des Dolopes, sépare ensuite l’Etolie de l’Acarnanie, contrée ou se fixérent d’abord les Hellénes, et se jette dans la mer Ionienne, a ’endroit ot commence le golfe de Corinthe. Les rives de ce fleuve sont la seule contrée de Gréce et d’Europe ot. il y ait eu jadis des lions. Dans Ja fable grecque, Achéloiis apparait comme un célébre dieu marin, pere des Sirénes, et fils, suivant Hésiode, de l’Océan et de Thétis, et, suivant @autres, d’Hélios et de Géa. Il disputa 4 Hercule D éjanire, se métamorphosa pendant le combat en horrible serpent, puis en taurean. Hercule lui ayant brisé l'une de ses cornes, Achéloiis, tout honteux, se réfugia dans les ondes de son fleuve; c’est de cette corne brisée que les nymphes firent, dit-on, la corne de lA bondance.

ACHEM ou ACHIM, royaume indépendant de Vile de Sumatra, qui comprend ’extrémité septentrionale de cette ile et s’éfend sur la céte orientale depuis le cap Achem jusqu’au cap Diamant. Au sud-est il confine au pays des Battas. Tl

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produit de Vor, du poivre, du pétel, du soufre, du camphre, du benjoin et de la soie. Il a pour capitale Achem, ville batie sur la riviére du méme nom, a peu de distance de Ja mer, et qui contient huit mille maisons en bambous, construites sur pilotis pour les défendre contre les inondations subites. Avant l’arrivée des Européens aux Indes, la vaste rade formée par ’embouchure de la riviére d’Achem dans la mer était trés-fréquentée par les marchands arabes ; et vers la fin du seiziéme sidcle les habitants du pays d’Achem étaient encore le peuple le plus puissant de la Malaisie. Leur territoire comprenait la plus grande partie de la presqu’tle de Malacca et prés de la moitié de Vile de Sumatra, Leur prépondérance s’affaiblit vers le milieu du dix-septiéme sidcle. Les Portugais et les nations européennes qui ont hérilé aprés eux du commerce de |’Asie essayérenta diverses reprises de s’établir dans le royaume d’Achem, dont la belliqueuse population réussit toujours a repousser la domination étrangére. — Les Achemais obéissent 4 un sultan, dont autorité est héréditaire ; il leur arrive cepen- Gant assez souvent de méconnaitre dans la transmission du pouvoir supréme les droits de Vordre de primogéniture en faveur de celui des fils du sultan qui parait le plus capable de gouverner; mais de la aussi de fréquentes et désastreuses guerres civiles. — La langue du pays d’Achem est un mélange de malais, de batta, d’indoustani et de talmoul. Le mahométisme, observe avec une sévére exactitude, est lareligion des habitants, qui se distinguent du reste de la population de Sumatra par une taille plus élevée, un teint plus basané, une activité et une industrie plus grandes, une intelligence plus développée Ils ont des manufactures de soie et de coton, et jusqu’a des fondeties de canons; leur sol est d’une grande fertilité , mais le commerce avec les étrangers est resté parmi eux un monopole en faveur du sultan. Le pays d’Achem est divisé en un grand nombre de principautés gouvernees par des radjahs; les plus importantes sont Pédir et Suikel. La population n’est pas exactement con nue; on la porte de 500.000 a 2,000,000 d’habitants.

ACHEMENES, ACHEMENIDES. Achéménes est, selon quelques érudits, le nom gree du grand Djemjid du Zend-Avesta. Fondateur dun vaste royaume, qui comprénait |’Asie antérieure, |’Assyrie, la Syrie, la Médie, la Bactriane et la Perse, il donna son nom 4 |’Achamenia, contrée de la Perse selon les uns, simple tribu suivant les autres, dont les famnilles s’appelérent Achéménides. Dans la suite, les rois de Perse portérent ce nom avec orgueil. Achéménes, premier despote des Perses, ne fut pas moins céjébre dans lantiquité par sa puissance que par ses immenses trésors , contré lesquels le bon Horace, a ce qu'il dit dans une de ses odes, n’ettt point échangé un seul des cheveux de Licymnie.

ACHEMENIDE, fils d’Adamastus, pauvre habitant @'Ithaque, suivit Ulysse au siége de Troie. Le héros, fuyant sur ses vaisseaux la rage de Polyphéme, n’abandonna pas son compagnon dans l’antre du cyclope, selon l’expression de Virgile, auquel on doit cette touchante création (£néide, jivre m1), mais Poublia. Achéménide est le mythe des micéres humaines; son nom signifie douleur de Vadme. Tout décharné, c’était un épouvantement, une forme inconnue d’homme, dit le sublime poéte, qu’enveloppaient des lambeaux rattachés avee des épines. Ce fut sous cet horrible aspect qu'il se présenta A Enée, débarqué en Sicile. Enée, le pieux Enée, Yami de Jupiter hospitalier, ne put retenir ses Jarmes Ala vue de cet infortuné, qui le suppliait de lui donner un coin obseur dans lun des vaisseanx de sa flotte : il Je recueillit, quoique Grec, naguére soldat du perfide Ulysse, et l'un des derniers restés sur le cap Sigée, avec le fils de Laerte, & contempler la famée de Troie en cendres.

ACGHENBACH (Anpré), paysagiste allemand, né a Cassel, le 29 septembre 1815, étudia la peinture 4 Dusseldorf sous Schirmer. Tl a obtenu on 1855 une médaille de

premidre classe 4 l’exposition universelle de Paris pour sés tableaux : Marée haule a Ostende ; Vue de Corleone en Sicile ; Mer orageuse sur la c6te de Sicile; Kermesse en

Hollande par un clair de lune; Paysage. Ses peintures

darchitecture ont aussi du mérite, et ses caricatures ont de la vogue. — Oswald Acnensacd, frére et éléve du précédent, né A Dusseldorf en 1827, peint aussi la nature. Ila exposé A Paris, en 1855 : Soirée d’automne et Pélerins se rendant & Rome; en 1859 : le Mélede Naples. L. L.

ACHENWALL (Gorreriep ), le créateur de la statistique, né A Elbing en Prusse, le 20 octobre 1719, fit ses étndes a Jéna, a Halle et a Leipzig, et se fitrecevoir docteur en 1746 a Marbourg, od il donna, entre autres, des lecons publiques sur la statistique, quoiqu’il n’eft alors encore qu’une idée trés-confuse de cette science. En 1748 il sé rendit 4 Geettingue, ov il ne tarda pas a ¢tre nommé agrégé. En 1753 il y devint tifulaire de la chaire de philosophie, et en 1761 professeur titulaire de droit. En 1751 et 1759 il parcourut avec une subvention du gouvernement la Suisse, la France, la Hollande et Angleterre. Il mourut le 1° mai 1772. On lui doit, en allemand: £léments de statistique des principaux Etats del’ Europe (1749); Esquisses de ladiplomatie européenne (1756) ; Principes d’économie politique (1761). — Sa femme, Sophie-Eléonore, née Wattuer, était une personne d’une rare instruction. Ses poésies, imprimées en 1750 sans son aveu, la firent admettre dans les sociétés littéraires d’Iéna , d’Helmstedt et de Goettingue. Elle prit aussi une part importante a la publication des Che/s-d’a@uvre des Moralistes anglais et allemands (5 vol., Geettin~ gue, 1751).

ACHERON, nom commun 4 divers cours d’eau de Pancien monde, par exemple de la Thesprotie, de I’Elide et de la Grande Gréce. Plusieurs fleuves de ce nom avaient une eau noirdtre et saumatre; circonstance qui, suivant toute apparence, donna lieu de croire qu’elle venait directement du sombre empire de Pluton. Suivant Pausanias, ce serait 4 l’Achéron de la Phesprotie qu’Homére aurait emprunté le nom de son fleuve des enfers, of viennent se jeter le Pyriphlégéton et le Cocyte. Ily avait aussi en Egypte divers fleaves conduisant, comme celui-la, dans le monde souterrain.

Dans la mythologie grecque, Achéron était un fils du Soleil et de la Terre, que Jupiter précipita aux enfers pour avoir fourni de l’eau aux Titans, et changea en un fleuve qui conserva son nom. Les eaux de ce fleuve devinrent bourbeuses et améres. C’était un des fleuves que les ombres passaient sans retour. Caron faisait passer l’Achéron dans une barque aux 4mes des morts moyennant un droit de passage, pour lacquittement duquel on plagait une obole sous la langue du mort. Il n’y avait que les Ames dont les corps avaient recu la sépulture dans ce monde, ou avaient été au moins recouverts d’un peu de terre, qui pussent étre transportées de l'autre coté de l’Achéron; sans cela elles étaient forcées d’errer pendant un sijécle sur ses rives. Les uns font venir Je nom de ce flenve del’égyptien achon Charon, marais de Caron; d’autres Pinterprétent par fleuve de la Tristesse ou dela Douleur (de & privatif, et yatow, je me réjouis; ou d’&yo¢, douleur, et dwéc, fleuve).

ACHERONTIENS (Livres). Les Etrusques appelaient ainsi quinze volumes vraisemblablement écrits en vers et formés des paroles recueillies du devin Tagés. Ces livres, appelés encore livres ¢agé¢iques, enseignaient l’art de tirer des prédictions de toutes sortes d’événements, et valurent aux augures d’Etrurie une grande réputation. Les Etrusques les gardaient avec autant de soin que les Romains les livres Sibyllins, attribués a la sibylle de Cumes. Il ne faut pas les confondre avec les livres de discipline dont parle Cicdéron, et qui étaient beaucoup moins anciens,

ACHERUSE ou LAC ACHERONTIQUE. Nom de divers Jacs ou marais situés en Thesprotie, en Argolide, en Campa-

ACHERUSE — ACHILLINI

nie, prés de VA chéron, et tous considérds comme étant en

communication avec les enfers. Un lac d’Egypte, au sud |

de Memphis, portait aussi ce nom. Dans une ile de ce lac était une nécropole ot Jes morts n’étaient admis qu’apres une sorte de jugement.

ACHERY (Dom Jean-Luc p’), né en 1609, & Saint- Quentin, entra a Page de vingt-trois ans dans la congrégation de Saint-Maur, et mourut & Paris en 1685, bibliothécaire de Vabbaye de Saint-Germain-des-Prés, Parmi ses nombreux ouyrages, nous citerons son célébre Spicilegium, ou Recueil d’anciennes pieces inédites, publié en 13 volu-

mes in-4°, de 1653 a 1677: on y trouve une foule @his- | , y par Paris. L’action du tendon d’Achille est de tirer le talon

toires etde chroniques inédites d’abbayes, de vies de saints, de testaments de papes, de reines et autres personnages illustres. Chaque volume est accompagné de notes aussi Savantes que purement écrites, et relatives aux différents taités et documents qu’il contient. Cet ouvrage , véritable trésor pour l’antiquaire , a été réimprimé par Delabarre en 1723, en 3 vol. in-folio.

ACHILLE, fils de Pélée, roi de la Phthiotide en Thessalie, et de Thétis, fille de Nérée, était petit-fils d’Eaque, roi d’Egine. A sa naissance sa mére le plongea dans les eaux du Styx, ce qui le rendit invulnérable dans toutes les parties du corps, excepté au talon, par ow elle le tenait. hi fut éleyé par Je eentanre Chiron, qui lui donna V’éducation la plus male, et de bonne heure Achille montra son ardeur belliqueuse. Comme on avait prédit qu'il acquerrait une gloire immortelle devant Troie, mais qu’il y trouverait la mort, Thétis le conduisit, 4 age de neuf ans, habillé en fille et sous le nom de Pyrrha, 4 la cour de Lycoméde, roi de Scyros, qui le fit élever avec ses filles. Le devin Calchas ayant annoncé aux Grecs que sans Achille ils ne pourraient jamais s’emparer de Troie, on chercha longtemps le lieu de sa retraite; Ulysse réussit A le découvrir ; déguisé en marchand, il se présenta 4 la cour de Lycoméde, avec des marchandises de tous genres, parmi lesquelles étaient des armes. Les princesses choisirent des objets de parure, et Achille les armes. Dés lors il ne fut pas difficile de déterminer ce jeune héros a s’unir aux autres princes grecs pour assiéger Troie,

Achille, le héros de l’liade, y est représenté non-seulement comme le plus brave, mais encore comme le plus beau des Grecs. Il conduisit & Troie cinquante vaisseaux montés par des Myrmidons, des Achéens et des Hellénes ; il détruisit douze villes avec le secours de sa flotte, et onze autres avec son armée. Junon et Minerve, dont il était le favori, le protégeaient. Irrité contre Agamemnon, que les princes grees avaient élu pour leur chef et qui lui avait enlevé Briséis, il se retira dans sa tente, et laissa Hector, & la téle de ses Troyens, poursuiyre les Grecs et les tailler en pieces. Ni les dangers des Grecs, ni les offres et les priéres d’Agamemnon ne purent fléchir la colére du fils de Pélée ; cependant il permit a Patrocle de prendre son armure et de marcher au combat avec ses troupes. Patrocle tomba sous les coups d’Hector. Achille, pour venger la mort de son ami, reparut dans les combats. Aussitdt les Troyens fuient; une partie se précipilent dans le Xanthe, od Achille Jes suit. Les cadavres amoncelés arrétent bientét les eaux du fleuve; le Xanthe souléve ses flots bouillonnants. Le héros se retire d’abord ; puis il résiste au Xanthe, qui appelle a son secours le Simois et ses fleuves tributaires. Alors Junon envoie Vulcain et les vents Zéphire et Notus, qui forcent le fleuve 4 rentrer dans son lit. Achille continue a poursuivre les Troyens vers leur ville, qu’il aurait prise d’assaut s’il n’en edt été empéché par Apollon. Hector, resté seul deyant la porte de Scée, fait trois fois le tour de

la ville, poursuivi par Achille, qu’il se résout enfin a combattre. Il succombe. Achille traine son cadavre autour des remparts, et lerend aux priéres du vieux Priam, qui lui apporte une rangon. Ici s’arréte la narration d’Homére. La suite de

Vhistoire d’Achille est racontée dela maniére suivante. Epris des clarmes de Polyxéne, fille de Priam, i] la demanda et Pobtint pour femme, et s’engagea alors 4 défendre Troie; mais, s’étant rendu dans le temple d’Apollon pour y célébrer cette alliance, il fut frappé par Paris, qui l’atteignit dune fléche au talon. Pendant son séjour a la cour de Lycoméde, Achille avait épousé secrétement Déidamie, fille du roi, dont il eut un fils, nommé Pyrrhus ou Néopltoléme, ACHILLE (‘Tendon d’), gros tendon aplati situé a la partie postérieure et inférieure de la jambe, ainsi nommé parce qu’il s’implante au talon, seul endroit ou, dit-on, Achille était vulnérable et ot il fut blessé mortellement

vers le gras de la jambe, et d’étendre ainsi le pied. On a pendant longtemps regardé a tort les blessures du tendon d’Achille comme incurables.

ACHILLEE, genre de plantes de la famille des synan théracées, dont une section formait autrefois les radiées ou astérées. L’achillée mille-feuilles, ou simmplement millefeuilles, vulgairement herbe aux charpentiers, est employée comme vulnéraire. L’achillée sternutatoire tient ce nom de Ja propriété qu’ont ses feuilles de provoquer I’élerndment lorsqu’on les introduit dans le nez, Quand on les mache, elles excitent la salivation, Sa racine, qui a les mémes propriétes, est employée contre les douleurs de dents. On en cultive une variété sous le nom de bouton d'argent,

ACHILLEES, fétes instituées en Phonneur d’ Achille. Plusieurs peuples honorérent Achille comme un héros, et Lui rendirent méme des honneurs divins. Les Lacédémoniens lui avaient élevé un temple a Brasie, o Von célébrait sa féte tous les ans. Il avait prés de Sparte un autre temple, qui restait foujours fermé; c’était Paax, un de ses descendants, qui le Jui avait consacré. Les jeunes Spartiates adressaient leurs voeux a Achille, comme au dieu de la valeur. Un passage cnrieux de Zosime prouve que ce héros fut honoré jusqu’aux derniers temps du paganisme.

ACHILLES TATIUS, professeur d’éloquence a Alexandrie, sa patrie, ob on présume qu’il vécut vers la fin du troisiéme ou le commencement du quatriéme siécle, fut un des romanciers grecs désignés sous le nom de poétes érotiques, Dans un Age avancé il embrassa le christianisme, et parvint ala dignité d’évéque. Outre quelques fragments d’un onvrage sur la sphére, qui nous sont parvenus, nous possédons de lui un roman en hnit livres, intitulé : les Amours de Clitophon et de Leucippe, qui, sous le rapport du sujet et des descriptions, est loin d’étre sans mérite, et contient méme quelques passages d’une grande beauté, Le style en est chargé d’ornements de rhétorique et se perd souvent dans des argulies sophistiques. Quant au reproche d'obscénité qui pourrait étre fait a cet onvrage, une épigramme grecque dit avec raison qu’il faut auparavant en considérer le but. Or, ce roman n’en a pas d’autre que d’enseigner 4 modérer ses désirs, en montrant la punition des passions effrénées et la récompense de la chasteté, Les meilleures éditions qui en aient été faites sont celle de Leyde, 1650, avec les notes de Saumaise, et celle de Fr. Jacobs (Leipzig, 1821). Cet ouvrage a été plusieurs fois traduit en frangais, et en dernier lieu par Clément de Dijon, 1800, in-12.

ACHILLINI (Atexanpre), médecin et philosophe, naquit A Bologne, en 1463, professa la philosophie d’abord dans sa ville natale, puis 4 Padoue, et regut le surnom de second Aristote. Achillini adopta les opinions d’Averrhoes. Il mourut 4 Bologne, en 1512, Grand anatomiste, on lui doit la découverte du marteau et de Penclume dans l’appareil audif. L’un des premiers il disséqua des cadayres humains. On a de lui un traité De Universalibus ( Bologne , 1501, in-fol.) et beaucoup d’ouvrages de médecine et d’anatomie. — Jean-Philothée AcuiLuint, frére d’Alexandre , né a Bologne, en 1466, et mort dans la méme ville, en 1538 ;

est connu par un poéme intitulé : 72 Viridario. — Claude ACHILLIN1, petil-fils de Jean-Philothée, né 4 Bologne, en 1574, médecin, jurisconsulte, théologien et poéte, professa avec une grande distinction, et mourut en 1640.

ACHMED. Trois sultans othomans ont porté ce nom. ACHMED I n’avait encore que quatorze ans lorsque, en 1603, il succéda 4 son pére Mahomet IJII. Il fit la guerre en Hongrie et en Perse. Le traité de paix qu’il signa a Sitvatorek, le 11 novembre 1606, fut le premier que la Porte Othomane conclut avec une puissance européenne sur le pied d’une compléte égalité. Par ce traité, PAutriche se tronva déchargée, moyennant une somme une fois payée, du tribut auquel elle avait jusque alors été assujettie. Achmed [et conclut en 1612 avec la Perse une paix qui termina les longues discussions qui avaient existé entre les deux empires au sujet dela démarcation de leurs frontiéres respectives. Achmet mourut le 22 novembre 1617. — ACHMED JI, sultan qui régna de 1691 & 1695, eut a soutenir des luttes continuelles tant a intérieur qu’a P’extérieur. C’était, du reste, un prince de la capacité la plus bornée, denué de toute vigueur et de toute énergie. — Acumen III, sultan qui régna de 1703 a 1730, était le fils de Mahomet VI, et succéda 4 Mustapha Il, renversé du trone. C’est dans ses Etats que Charles XII, aprés avoir perdu la bataille de Pultawa, vint chercher refuge. En lui accordant un asile, Achmed III se trouva entrainé dans une guerre contre le tzar Pierre Ier, qu’il battit d’abord sur le Pruth. Achmed conquit encore la Morée sur les Véniliens ; mais il fut vaincu par les Impériaux 4 Peterwaradin. Une révolte de janissaires en 1730 le jeta dans le cachot ou il détenait Mahmoud ler, qui devint son successeur. Il mourut en 1736. Ce fut lui qui en 1727 établit la premiére imprimerie qu’il y ait eu a Constantinople.

ACHMET, bey de Constantine. Voyes HAapm-AuMeED,

ACHMET GIEDICKH, par corruption Acomat, grand vizir de Mahomet IJ et son meilleur lieutenant, porta @’abordlenom d’Etienne. Son pére, Chéyéchius ou Chersech, prince de Montevera, ayant pris pour lui-méme la fille du souverain de Servie, qu’Etienne devait épouser, celui-ci passa chez les Turcs, dont il embrassa la religion. Achmet chassa les Génois de la Crimée, et repoussa une invasion des Persans. Il tenta aussi une descente dans I’Italie méridionale. Cependant ses talents militaires ne trouvérent pas grace devant l’ombrageuse et farouche politique de Bajazet LI, fils de Mahomet, dont Achmet était devenu le gendre. Ce prince Je fit étrangler en 1482.

ACHORES (du grec &yp), mot employé par les anciens auteurs pour désigner les crozdtes de lait (voyes Dartres) ou les petites ulcérations superficielles qui se forment 4 la peau du visage et de la téte. Alibert décrit sous ce nom l'espéce de teigne qw’il nomme muqueuse.

ACHOUR, village de Algérie, section de Dely-Ibrahim, a 9 kilométres d’Alger, fonde evn 1842, provient en partie de terres dépendantes d une ancienne ferme du Beylick. Il offre des prairies artificielles une grande beauté.

ACHOURA (c’est-a-dire disaine), féte que les musulmans célébrent dans les dix premiers jours du mois de moharrem, qui est le premier de leur année, et auquel elle donne aussi son nom. On lui assigne diverses origines. Suivant les uns c’est la contjnuation d’un jedne antérieur a is- Jamisme ; d’autres prétendent qu’on celébre ainsi le jour oi Noé sortit de l’arche; d’autres veulent que ce soit pendant une des dix nuits de ’achoura que le Coran fut détaché du ciel et communiqué aux hommes. M. Garcin de Tassy la croit consacrée a la mémoire de Hucain et Hassan, fils d’Ali et petits-fils de Mahomet, qui furent massacrés a Kerbela par ordre du khalife Yézid. Dans l’Inde on porte en procession, le dixiéme jour de Ja féte, les cénotaphes de ces personnages, regardés comme martyrs; des dévots suivent le cor tége et se livrent 4 des actes extra ordinaires de péni-

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