ACCUSATION
considérons le droit d’accuser comme une magistrature publigue. Ce principe, bien que constamment suivi par le droit canonique, ne tut cependant admis que fort tard en France par la jurisprudence des tribunaux laiques. .
Sous les rois des deux premiéres races, le role d’accusateur appartenait au seul offensé, ou a ses parents s'il était dans Pimpossibilité de porter lui-méme sa plainte. Mais peu a peu cette législation se modifia, et elle réserva exclusivement au ministére public le droit de poursuivre un cri-
minel. La partie civile pouvait seulement conclure a des |
dommages-intéréts. [| ne resta done plus aux particuliers que le droit de dénonciation, simple révélation @un crime ou du nom dun coupable. Mais l’accusateur est partie, au nom de la société, dans laccusation, tandis que le plaignant n’y figure tout au plus que comme témoin ou comme partie Civile.
» Leaccusation est done aujourd'hui Vaction intentée et suivie, au nom de la société, par le ministére public devant une cour d’assises, pour application de la peine contre un ou plusieurs jndividus incrimingés. Dans les premiers temps de Yinstruction, comme lorsque les fails échappent a la juridiction de la cour d’assises, accusation regoit les noms @inculpation et deprévention. Dans le sens légal il y a seulement accusa/ion quand les circonstances paraissent sulfisantes pour faire présumer un crime, et qu’en conséquence le renyoi deyant la cour d’assises est prononcé par la cour d’appel. Nous allons exposer la marche qu’a tracée le Code d'lustruction criminelle :
Sur le rapport du juge d’instruction, les magistrats chargés de Vinstruction premiére examinent dans la ¢ hambre du Gonseil, au nombre de trois juges au moins, si Je fail incriminé est de nature a éfre puni de peines afflictives ou infamanles, et si la prévention contre la personne poursuiyie est suffisamment établie. Lorsque les juges ou seulement l’un d’eux sont de cet avis, ils décernent une ordonnance de prise de corps. Les pigces sont alors envoyées au procureur général prés la cour impériale, Celui-ci est tenu de mettre laffaire en état dans les cing jours de Ja réception des pieces, et de faire son rapport dans les cing jours suiyants au plos tard. Pendant ce temps la partie civile ou le préyenu peuvent fournir tels mémoires qwils estiment convenables : une section de la cour impériale , spécialement formée a cel effet, et que lon désigne ordinairement sons le nom de chambre daccusation ou des mises en accusation, est tenue de se réunir au moins une fois par semaine, ala chambre du conseil, pour entendre le rapport du procureur veneéral, et staluer sur ses réquisitions. Le greffier donne lecture de toutes les piéces en présence du procureur général. Le procureur général dépose son réquisitoire écrit et signé, ef se retire ainsi que le greffier; la cour prononce sans entendre les parties ni les témoins. Si elle n’apercoit aucune trace d'un deélit préyu par la loi ou si elle ne trouve pas des indices suffisants de culpabilité, elle ordonue la mise en liberté du préyenu. Dans ce cas il ne peut plus étre recherché a raison du méme fait, & moins qu’il ne survienne de nouvelles charges. Alors on procede de nouveau contre Je prévenu, et on remet en question s’il y a lieu de prononcer l'accusation. Les juges peuvent ordonner, s’ils le jugent convenable, des informations nouvelles on lapport des piéces de conviction. La chambre des mises en accusation statue également sur les oppositions a la osise en liberté du prévenu prononcée par les premiers juges. Sieile estime que le pré-
venu doit étre renvoyé devant un tribunal de simple police ou de police correctionnelle, elle prononce ce renyoi, et indique le tribunal gui doit en connaitre. Si le fait est qualifié crime par la Joi, et que la cour trouve des charges suffisanfes pour motiyer la mise en accusation, elle ordonne le renyoi du préyenu a la cour d’assises. L’arrét de nrise en accysation doit étre signé par chacun des juges, au nombre de cing a inoina, I! y est fait mention, & peing de nuliité, lant
de la réquisition du ministére public que du nom des juges; Vordonuance de prise de corps s’y trouve jointe. ;
Dans tous les cas ob le prévenu est renvoyé a la cour d’assises, le procureur général est tenu de rédiger un acte d’accusation, ou il expose: 1° la nature du délit qui forme la base de l’accusation; 2° le fait et toutes les circonstances qui peuvent aggraver ou diminuer la peine. Le prévenu doit y étre dénommé et clairement désigné. L’acte d’accusation se termine ainsi : En conséquence N... est accusé d'avoir commis tel crime, avec telle et telle circonstance.
L’arrét de renvoi et l'acte d’accusation doivent étre signifiés & V’accusé; il lui en est laissé copie. L’accusé est immédiatement transféré de Ja maison d’arrét dans la maison de justice établie pres la cour ot il doit étre jugé, et Pon envoie les piéces au greffe de ladite cour.
Dans les vingt-quatre heures de Varrivée de Vaccusé a la maison de justice, le président ou le juge délégué interroge Paccusé, et linterpelle de déclarer le choix qu'il a fait d'un conseil pour Vaider dans sa défense. S’il n’a pas fait choix d'un défenseur, le président lui en désigne un d’office surle-champ, a peine de nullité de tout ce qui suivrait. Cette dé signation est comme non avenue, ella nullité ne peut pas étre prononcés si l'accusé fait ensuite choix d’un conseil. Le conseil doit étre pris parmiles avocats ou avoués de la cour im= périale ou de son ressort, a moins que l’accusén’obtienve da président dé la cour d’assises la permission de prendre pour conseil un de ses parents ou amis. Le juge avertit en outre Paccusé que, dans Je cas ou il se croirait fondé a former une demande en nullité, il doit faire sa déclaration dans les cing jours suivants, et qu’aprés l'expiration de ce délai il n’y serait plus recevable. Le conseil peut communiquer avec l’accuséapres son interrogatoire. Il peutaussi prendre communication de toutes les piéces sans déplacement et sans retarder Vinstruction. La loi du 29 juillet 1849 défend la publication des actes d’une procédure criminelle en cours @instruction.
Le prevenu et le ministére public peuvent, dans les cing jours quisuivent linterrogatoire, se pourvoir en cassation contre Parrét accusation, mais seulement pour cause de nullité ou dincompétence. Pour nullité : 1° lorsque le fait impute west pas qualifié crime par Ja loi; 2° lorsque le ministére public n’a pas été entendu ; 3° lorsque Varrétn’a pas été rendu par le nombre de juges fixé par la loi. Pour incompétence : 1° lorsqu’un renyoi aux cours d’assises a mal a propos été ordonné; 2° lorsque, sans apprécier les indices des preuves ala charge de Vaccusé, ou se fondant uniquement sur ce que, suivant eux, le fait imputé n’est pas un crime, ou bien sur c& que le crime imputé est couvert par la preseription, par la chose jugée, les juges déclarent qu'il n’y a pas lieu a suivre. La demande en nullité doit étre faite au greffe. La cour de cassation prononce, toutes affaires cessantes, sitét les actes regus.
L’accusé recoit copie de la liste des témoins que le procureur général yeut faire entendre contre lui; ii fait de méme délivrer au procureur général copie de la liste des témoins qu’il yeut produire pour appuyer sa défense. Enfin on lui notifie Ja liste des jurés. En cet état il comparatt libre ef sans fers devant lacour d’assises, d@’abord pour concourir a la formation du tableau des douze jurés qui le jugeront, etpour étre procédé de suite avec lui a examen et au jugement des différents chefs de l’accusation.
Lorsque V’accusé ne peut étre saisi, on procéde contre lui de la méme maniére par contumace,.
Au commencement de la réyolution, la premiére constitution de la France admit un jury d’accusalion. Liart. 9 du chap. V de la constitution de 1791 porte que « en matiére criminelle, nul citoyen ne peut étre jugé que sur une accusation regue par des jurés, ou decrétée par le corps législatif , dans les cas ot il lui appartient de poursuivre l’aecusation. Aprés!’accusation admise, le fait sera reconnu ef déclaré pat deg jurés, » Ce second jury prenait le nom de jury de juge
ii,
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ment. Cette institution resta en vigueur tout le temps de la république, et la constitution de l’'an VIL porte encore que « en maliére de délits emportant peine afilictive ou infamante, un premier jury admet ou rejette accusation; si elle est adymise, un second jury reconnait le fait, et les juges formant un tribunal criminel appliquent la peine. » En Angleterre, le grand jury fait encore les fonctions de jury d’accusation. Voyes Jury.
ACEPHALE (du grec axepad4, sans téte, sans chef ; formé de & privatif, et de xepa)7, téte). On qualifia ainsi plusieurs sectes de l’Fglise chrétienne qui se révoltérent contre leurs chefs ou supérieurs, ou qui refusérent de s’en donner : tels furent les moines monophysites et les prétres Egypte, qui ne voulurent plus reconnaitre le patriarche Pierre Mongus, parce qu’en 483 il s’était soumis aux décisions du concile de Chalcédoine. Ils se divisérent bientot en trois sectes, qui se confondirent parmi les autres monophysites. Les flagellants étaient aussi acéphales, car, comme secte, ils refusaient de reconnaitre un chef.
En histoire naturelle, Lamarck avait d’abord donné le nom @acéphales a une classe @animaux sans vertébres, comprejiant tous les mollusques privés de téte ou sans téte apparente. Plus tard ce naturaliste sépara de cette classe les cirrhipédes et les tuniciers. Enfin, il abandonna la dénomination d’acéphales pour celle de conchiféres. Cuvier, dans Ja deuxiéme édition du Régne Animal, conserve la dénomination @acéphales a la quatriéme classe des mollusques, quwil divise en deux ordres : les acéphales testacés et les acéphales sans coquilles. Le premier de ces ordres est composé de tous les mollusques bivalves, jusques et y compris Yarrosoir; le second renferme les biphores, les ascidies, les pyrosomes et genres voisins.
Dans la tératologie on désigne sous le nom a’acéphales les monstres qui viennent au monde sans téte. L’acéphalie est beaucoup plus fréquente chez Phomme que chez les animaux. Pline et les naturalistes anciens prétendaient qu'il y avait une nation acéphale, qu’on nommait Blemmye.”
ACEPHALOCYSTES (de & privatif, xegady, téte , et xtots, vessie), entozoaires ou helminthes parasites , souvent désignés sous le nom vague d’hydatides. Ce sont des vésicules de matiére albumineuse , transparentes , remplies d’une eau trés-claire , dépourvues de tout orifice naturel, se reproduisant par gemmes, et se développant au milieu des tissus animaux, avec lesquels elles n’ont aucune adhérence. Une question fort controversée est de savoir si les acéphalocystes sont des produits morbides ou des étres circonscrits jouissant une individualité propre. 'M. Leblond admet sans restriction que les acéphalocystes sont des étres organisés, dont la nature animale est démontrée ; cest Popinion de Laénnec , de M. Cruveilhier, deM. Kuhn. Les causes immédiates qui déterminent le développement des acéphalocystes sont inconnues ; mais on a reconnu que les tempéraments lymphatiques , les constitutions affaiblies , certains métiers débilitants , des demeures humides et mal aérées , disposaient 4 Penvahissement de ces parasites dangereux, et favorisaient leur multiplication. C’est surtout dans le foie que se développent les acéphalocystes, qui génent alors tantdt la digestion, tantdt la respiration. Lorsqwils existent dans un organe peu important, l’emploi du bistouri en fera justice. Pour tuer les acéphalocystes on a préconisé surtout le calomel a hautes doses, pris intérieurement et sous forme de frictions locales.
ACERBE (du latin acer, Acre), saveur que produisent certains végétaux amers et astringents; elle est ordinairement détermince par la présence du tannin et de lacide galliqne. Ce godt tient le milieu entre Vaigre, l’acide et Vamer. 1] appartient surtout aux fruits qui ne sont pas parvenus a leur dernier degré de maturité.
ACERBI (A.-Giuseppe), savant voyageur italien, était né a Castel-Gofredo, prés de Mantoue. I] passa une
partie de sa jeunesse a Mantoue, et y apprif Ja langue anglaise. Lors de l'invasion des Frangais dans la Lombardie , en 1798, il quitta sa patrie, ef accompagna H. Bellotti, de Brescia, en Allemagne. En 1799 il se mit 4 parcourir le Danemark, la Suéde et la Finlande. A Tornéo il rencontra le colonel Skiceldebrand, peintre de paysage distingué, avec qui il arréta le projet d’un voyage au cap Nord. 11 fut ainsi le premier Ifalien qui edt pénétré si avant dans les régions polaires. A son retour il visita PAngleterve, et y publia, en {802, une relation de son voyage. Ce livre fut traduit a Paris par Petit-Radel, et parut sous ce titre : Voyage au cap Nord, par la Suede, la Finiande et la Laponie, traduction d’apres Voriginal anglais, revue, sous les yeux de Vauteur, par Joseph Vallée; Paris, 1804, 3 vol. L’auteur Pavait revu en effet, et en avait effacé quelques-uns des passages qui lui avaient valu une critique amére de Thompson. Saint-Morrys lattaqua aussi vivement. I] parait effectivement que pour la Laponie Acerbi avait largement puisé dans les travaux du missionnaire suédois Canut Leem. En 1818 Acerbi fonda a Milan la Biblioteca Italiana. Par sa critique, a la tois profonde et spirituelle , ce journal exer¢a une certaine influence sur les écrivains italiens contemporains. Acerbi y combattit vivement les prétentions vieillies de Pacadémie de la Crusca et le privilége usurpé du dialecte florentin. Ses Considérations sur la nouvelle littérature italienne obtinrent beaucoup de succes. — Nommé consul générai d’Autriche en Egypte en 1826, Acerbi dut laisser la Biblioteca Italiana a Gironi, bibliothécaire de la Brera, ainsi qu’aux astronomes Carlini et Fumagalli. Toutefois, il continua encore plus tard a fournir a ce recueil quelques articles relatifs 4 ’Egypte. La précieuse collection objets d’histoire naturelle qu’il recueillit dans ses excursions jusqu’a Fayotm, a travers Ja basse et la moyenne Egypte, et aussi vers la mer Rouge, lui permit non-seulement d’enrichir son musée particulier, mais encore de prouver, par jes dons importants qu’il fit aux collections scientifiques de Vienne, de Pavie, de Milan et de Padoue (1836), qu’il prenait toujours vivement a coeur lesintéréts de son pays. Acerbi est mort dans sa ville natale, au mois de septembre 1846. ACERBI (Enrico), célébre comme professeur de clinique et comme écrivain politique, était né le 27 octobre 1785; a Castano, dans le Milanais; il mourut le 5 décembre 1897, médecin de ’hépital de Milan. Son coup d’ceil lucide au lit du malade et son éloquent enseignement , rempli d’étincelles doriginalité et d’observations ingénieuses, et toute Vamabilité de sa personne, attiraient tellement les étudiants, que les salles de malades se trouvaient d’elles-mémes transformées en une école de clinique. Son principal ouvrage a pour titre : Dottrina teorico-pratica del morbo petecchiale e de’ contagj in genere. Ses Annotazioni di medicina pratica, qui Ventrainérent dans une savante polémique avec Locatelli, jouissent aussi dune grande réputation en Italie. On a encore de lui une biographie du chirurgien Monteggia et une autre d’Angelo Poliziano. Dés sa jeunesse il s’était également livré a l'étude de la poésie, et il fut Pun des rédactenrs de la Biblioteca Italiana. ACESCENSE (du latin acescere, devenir aigre ; fait de acer, aigre ), aigreur spontanée, disposition a s’aigrir, a devenir acide. Les médecins humoristes donnaient ce nom a une sorte d’altération que subissent les liquides contenus dans le corps vivant, et qui se reconnait extérieurement a Vodeur acide de lair expiré, de la sueur et de lurine. ACETABULE (en latin ace¢abulum), vase a mettre le vinaigre, et par extension toute Sorte de petits vases , puis le gobelet de lescamoteur- Chez les Romains une mesure de capacité , valant le quart de 'hémine (0.068 de litre), portait aussi ce nom, — En anatomie on donne lenom dacétabule A une cavité articulaire profonde, qui regoit la téte un os pour former une enarthrose. Ce mot, peu usité aujourd’hui dans ce sens, a élé remplacé par le nom
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de cavité cotyloide. — Quelques auteurs ont appelé acétabules les lobes ou cotylédons du placenta des animaux ruminants. — On a encore donné le nom dacélabule ou acétabulaire i un genre de cryptogames ou algues marines classé a tort parmi les zoophytes, mais rapporté au régne végétal par M. Raffeneau-Delille, qui a pu étudier ces étres équivoques 4 état vivant. L’acétabule ressemble a un petit agaric vert, demi-transparent, composé d’un stipe creux et dun disque en ombelle un peu concave ou en soucoupe.
ACETAL ou ETHER OXYGENE. Composé d’éther et d’acide acétique, qui est liquide, incolore , tresfluide, et dont Podeur rappelle celle du vin de Tokay. On confond souvent Vacétal avec Paldéhyde.
ACETATE, sel résultant de la combinaison de Pacide acétique avec les bases. Les acétates sont généralement solubles dans eau; une chaleur un peu intense les décompose; tous cedent leur base a acide sulfurique. Le plus souvent on prépare les acétates en faisant agir lacide acétique directement sur les bases ou les carbonates. Quelquesuns s’obtiennent par double décomposition. Il y en a encore que l'on forme en traitant les métaux eux-méeies par lacide acétique. Parmi les acétates nous citerons seulement les suivants, comme méritant une mention particuliére : Pacétate de potasse, autrefois nommé terre foliée de tartre, est un sel @une saveur piquante, qui existe sous la forme de petites paillettes blanches et brillantes. Trés-déliquescent , aucun autre sel peut-étre n’attire plus fortement ’humidité. Il est employé en médecine comme diurétique, laxatif et fondant. — L’acétate de soude est un sel Wune saveur amére et piquante, qui cristallise en longs prismes striés. Il est inaltérable a Pair. L’eau n’en dissowt que le tiers de son poids. On Vemploie a la préparation de acide acétique. — L’acétate d ammoniaque, ou esprit de Mindererus, se rencontre ordinairement a I’état liquide. Il est incolore, inodore, @une sayeur trés-piquante. Chauffé, il se volatilise. On Pemploie en médecine comme sudorifique, stimulant, antispasmodique, etc. L’acétate d’ammoniaque existe dans Puvine pourrie et les liquides chargés de substances animales en putréfaction. — L’acétate d’alumine est employé comme mordant dans la fabrication des toiles peintes. C’est un sel liquide, ineristallisable, d’une saveur astringente et styptique. Lorsqu’on le fait évaporer, il perd une partie de son acide, et se conyertit en sons-acétate. — L’acétate de peroxyde de fer est liquide, incristallisable, de couleur brune. Par l’évaporation il se change en sous-acétate insoluble, susceptible @abandonner tout son acide a l'eau bouillante. On lemploie comme mordant et comme matiere colorante dans la fabrication des indiennes. — L’acéfate de plomb neutre, ou sel de saturne, aune saveur sucrée, puis astringente. Il est trés-soluble dans eau et s’efileurit a Pair, peut dissoudre une grande quantité de protoxyde de plomb , et former ainsi des sous-acétates. L’acétate de plomb sert a la préparation de Vacétate d’alumine, 4 la fabrication du blanc dé céruse. En médecine il est employé comme résolutif et astringent. -— Le sous-acctate de plomb se présente sous forme de lames blanches, d’une saveur sucrée ; doué de la réaction alcaline, il est moins soluble dans eau que l’acétate. Tous les sels neutres le précipitent de ses dissolutions, en formant des sous-sels insolubles. La gomme, le tannin et la plupart des matiéres animales le décomposent également. Sa dissolution concentrée porte lenom dextrait desaturne. Etendue d’eau commune, elle devient blanche, et forme Peau végéto-minerale, Peau de Goulard, Veau blanche, employée en médecine comme astringente, résolutive et dessiccative. Dans l’eau distillée aérée, sa dissolution donme un précipité de carbonate de plomb. — L’acétate neutre de cuivre, ou verdet cristallisé, est un sel qui se présente en cristaux rhomboidaux dun vert bleuatre, dune saveur styptique, Iégerement efflorescents , et solubles dans cing fois leur poids d’eau houillante. L’acétate de cuivre sert a la pré-
paration du vinaigre radical ; il est usité en peinture et en teinture. Il sert A donner aux objets de bronze ou de laiton la couleur du bronze antique L’acétate de cuivre est trésvénéneux. On le prépare en grand a Montpellier. — Le sousacetate de cuivre ou vert-de-gris, quwil ne faut. pas confondre avec le vert-de-gris ou carbonate de cuivre qui se forme sur les vases de cuivre exposés a ’humidité, est pulvérulent, @’un vert pale tirant sur le bleu. Il se dissout facilement dans lacide acétique , et se transforme en acétate neutre. I] est employé dans la peinture, et on le fait entrer dans une foule de préparations médicinales usitées 4 Pextérieur. On le fabrique en interposant des couches de moat de raisin entre des lames de cuivre.
ACETIFICATION, transformation de Valcool en vinaigre ou acide acétique. Elle est le résultat de la fermentalion acide. |
ACETIMETRE, instrument destiné & mesurer fa force du vinaigre.
ACETIQUE (Acide), du latin acefum, vinargre. Acide gui existe dans levinaigre, et auquel ceiui-ci doit ses propriétés. L’acide acétique est trés-répandu dans la nature + on Je rencontre dans un grand nombre de fruits ; il existe, a Pétat libre ou a celui de combinaison, dans la séve des végé= faux; il se trouve aussi dans la plupart des humeurs animales, dans le lait, dans Ja sueur, dans Yur ne, etc.; la fermentation acide et la fermentation. putride lui donnent naissance. Il se produit enfin toutes les fois qu’on décompose par la chaleur une matiere végétale ou animale,
Lacide acétique pur et concentré est dune odeur acide spéciale, forte et piquante; sa saveur est Acre et brilante, mais elle devient aigrelette et agréable lorsqu’on étend l’acide avec de l’eau. Solide jusqu’a +4 17° cent., il entre en fusion a cette température et forme un liquide blanc, d'une densité de 1.06. Il bout & + 114° cent. Sa vapeur prend feu par le contact de la flamme. Exposé a Vair, Pacide acétique se volatilise en s’affaiblissant, parce que la partie encore liquide attire humidité amosphérique. Il s'unit 4 Peau en toute proportion, en produisant une chaleur sensible. L’acide acelique uni a l’eau est moins susceptible de se solidifier par Vabaissement de la température, et le mélange peut rester liquide & quelques degrés au-dessous de 0. On peut se servir de la congélation pour augmenter la concentration de lacide, parce que les parties aqueuses se congélent les premiéres,
Selon Berzelius, Vacide acétique le plus concentré est composé de 85,11 d’acide et de 14,89 d'eau, ce qui donne pour l’acide anhiydre 5,822 W@hydrogéne, 46,642 @oxygéne, et 47,536 de carhone, ou 6 volumes Whydrogene, 3 d’oxygene et 4 de carbone, d’oii sa formule c4H708,
Gerhardt est patvenu a isoler !’acide acctique a l'état anhydre. Cet acide conserve alors la forme dun liquide incolore trés-mobile, trés-réfringent, et doué @une odeur rappelant celle de Vacide concentré et celle des fleurs @aubépine. Sa densité reste laméme que celle de Vacide hydraté , son point d’ébullition monte a 137°5; il tombe au fond de lean sans s’y méler, comme une huile pesante, et ne s’y dissout que par une vive agitation ou par action de la chaleur. Son équivalent représente deux volumes de vapeur.
En distillant le vinaigre ordinaire dans des alambics éfamés ou dans des cornues de verre ou de platine, on oblient de I’acide acétique tres-étendu d’eau ; quand on veut avoir de Pacide concentréil vaut mieux décomposer par le feu un acétate. L’acide acétique rectifié ou vinaigre radical, est usité en médecine aVextérieur, car il est trop irritant pour qu’on emploie & Vintérieur. Son administration a trop forte dose pourrait causer la morf. Comme il est trés-volatil, on en fait respirer la vapeur aux personnes tombées en deéfailfance ou en syncope ; mais I] faut agir avec précantion, parce qu il peut enflammer ia membrane piluilaire. Aussi, pour prevenir tout accident, on en imprégne seulement des cristaux de
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sulfate de potasse que l'on conserve dans des flacons et qu’on
vend sous le nom de sel de vinaigre ou sel d’ Angleterre.
Appliqué sur la peau, Vacide acétique en détermine la rubéfaction ; il cause méme le soulévement de l’épiderme. On obtient encore Vacide acétique en grand par la distillation du bois. Etendu de huit fois son poids d’eau, on peut en former du vinaigre, qu’on aromatise avec un peu d’éther acétique.
ACETO-DOLCE (en italien, littéralement, vinaigre doux), conserve de certains fruits et de petits légumes confits @abord dans le vinaigre, et auxquels on ajoute un résidu de vin nouveau qu’on a fait bouillir jusqu’a sa réduction en consistance de sirop. On cite celui qui est fait avec des quartiers de coing et du modt de raisin muscat auquel on ajoute un peu de miel de Corse.
ACETONE, ALCOOL MESITIQUE, ESPRIT ou ETHER PYRO-ACETIQUE, produit de lart qui se forme lorsqu’on décompose par le feu un certain nombre d’ac étates. L’acétone est liquide, incolore et trés-limpide ; sa saveur, d’abord Acre et brdlante , devient ensuite fraiche et urineuse ; son odeur se rapproche de celle de la menthe poivrée, mélée a celle des amandes améres. Son poids spécifique est de 0,79. [1 bout a 55°,6 cent., ef il conserve sa liquidité a — 15°. L’eau, Valcool et l’éther le dissolvent en toutes proportions. L’acétone est formé de 62,52 de carbone, de 10,27 @hydrogéene, et de 27,21 @oxygtne; ce qu: correspond a la formule C°H30. Pour obtenir l’acétone, on distille a see de l'acétate de chaux ou de baryte, dont les bases retiennent l’acide carbonique, et il en résulte une liqueur mélangée d’acétone, de quelques produits pyrogénés et quelquefois d’un peu d’acide acétique; on purifie en distillant de nouveau sur un peu de chaux vive.
ACETYLENE, composé direct du carbone et de Phydrogaue, découvert en 1863 par M. Berthelot C’est un gaz incolore, (’une odeur désagréab!e, trés-soluble dans l'eau, et qui bréile avec une flarome fuligineuse. I] a pour formule C4 H®. Le meilleur moyen de lobtenir consiste a dirigerlentement du gaz d’éclairage dans un tube étroit, sillonné par un courant d’étincelles électriques. L’acétylene est le prototype dune classe nouvelle d hydrocarbures, tels que l'allyléne, le crotonyléne. le valerylene, etc. L’hydrogene s‘unit AVacétyléne sous linfluence de la chaleur ronge ; il se forme de l’éthyléne et d’autres carbures, comme la benzine. ,
ACEVEDO (Féirx-ALvarés), général espagnol, naquit vers la fin du dix-huitiéme siécle, a Otero, dans le royaume de Léon. Lors de Vinvasion de sa patrie en 1803, il était dé;A colonel : il se mit alors & la téte d'un régiment de volontaires, et se distingua par son zéle patriotique non moins que par sa bravoure. L’insurrection de Tile de Léon compta en Jui un de ses plus fermes soutiens. Il se trouvait alors én Galice, en qualité de colonel en second du régiment de G enade; nomme par les insurgés de Ja Corogne au commandement général de la province, il accepta ces fonctions sur le refus d’Espinosa, et fit proclamer la constitution des cortés A Santiago. Il ne tarda pas & chasser les troupes encore fi les ala cause de Ferdinand de toute la rive gauche du Minho, puis fut tué a ses avant-postes, 4 Zadornelo, Je 8 mars 1820, au moment oi il essayait de faire embrasser par la seule force de la persuasion la cause populaire aux troupes royales commandées par le comte de Torrejon,
ACHAB, roi d’{srael, succéda & son pore Alri, vers an 918 avant J.-C., et régna vingt ans, A Vinstigation de Jézabel, sa femme, il éleva un temple 4 Baal , et persécuta cruellement les prophétes. Elie dut plusieurs fois le menacer de la colére céleste. Adad, roi de Syrie, étant venu assiéger Samarie, Achab consentit d’abord a traiter; mais Adad ayant élevé ses prétentions, les anciens du peuple décidérent Achab a rejeter les propositions du roi syrien + un combat fut livré, et les Isradélites remporterent la vic» toire, Plusieurs fole Achab tailla en pidecs Varmde eyrionie,
— ACHATE et enfin il fit Adad prisonnier ; mais il le rétablit dans seg Etats. Quelques années aprés, Achab s'empara de la vigne de Naboth, qu'il fit mettre & mort. Plus tard il se lia avee Josaphat, roi de Juda, et tous deux allérent ensemble faire le siége de Ramoth de Galaad; cest 1a qu’une fléche vint le percer au défaut de sa cuirasse. Il mourut le soir méme, Achab avait fait élever 4 Samarie un palais superbe, qu’on appelait la maison ivoire.
ACILAEUS, fils de Xuthus et de Créuse et petit-fils Hellen, ayant commis un meurtre, se retira de Thessalie en Argolide avec une peuplade d’Hellénes, qui prirent de lui le nom d’Achéens.
ACHAJE. On nomma d’abord ainsi une portion de la Phthiotide , en Thessalie, dont le chef-lieu était Alos, ou régna Acheus, et d’ot sortirent les Achéens. Ensuite ce nom fut celui dune région du Péloponnése, qui avait pour bornes I’Elide , l’Arcadie, la Sicyonie, le golfe de Corinthe et la mer Jonienne. Cette contrée s’appelait primitiyement Egialé ( Maritime ) : conquise par les foniens vers I’an 1430 avant J.-C., elle prit le nom d’fonie. Elle recut celui d’Achaie vers 1184, lorsque les Achéens Phthiotes eurent expulsé les TIoniens. L’Achaie se divisait en douze petits Etats, dont les capitales étaient : Dyme, Olenos, Egire, Hélice, Busa, Agium, Cérinée, Léontium, Patras, Phéres , Tritée et Pelléne. Ces douze villes formaient une fédération qui fut le noyau de la célébre ligue achéenne. Sous les Romains, aprés la prise de Corinthe, l'an 146 avant J.-C., on comprit sous la dénomination générique d’Achaie toute la Grece, a exception de la Thessalie. — A l’époque des croisades, il y eut la principauté d’Achaie. Nous lui consacrons un article particulier. — Dans le nouveau royaume de Gréce PAchaie forme, avec V'Elide, une province située au nordouest de la Morée, et est bornée au nord par le golfe de Lépante,-au sud par Corinthe et par I’Elide, et compte 113,719 habitants. La céte, qui est plate 4 ’ouest, montagneuse a Vest, s’éléve avec le cap Papa (VAraxos des anciens ) dans la direction du nord-ouest, et au loin dans celle du nord avec le cap Drépanon. Le mont Kalavryta remplit le sud et Vest avec ses prolongements en terrasses dans la direction du nord-ouest , offrant de temps a autre quelques plateaux remarquables, par exemple, au nord, le Voida (Panacheikon), haut de 1,997 métres, eta la frontiére méridionale l’Olocros (le pic le plus élevé des monts Erymanthes des anciens ), haut de 2,280 métres, dans les flancs duquel prennent leur source une foule de petits cours eau allant se jeter dans la mer, entre autres la Kameniza ( Peiros ) a.Pouest et la Vostitza (Selinus ) a lest. A Pexception du chef-lieu, Patras, on n’y trouve que des bourgades sans importance, telles que Epano-Achaia, Kato-Achaia, le chateau de Morée (Rhion) , Vostitza et Diakopto. Le sol en est trés-fertile, 2 l’exception des districts de Vouest, et les habitants s’y livrent avec profit 4 la culture de la vigne, de Polivier, des céréales et des légumes de tout genre. Mais leur commerce maritime est singuliérement déchu. ACHALE ( Principauté d’). On comprenait sous ce nom, pendant les treizitme, quatorzi¢me et quinziéme siécles, cette partie de ’empire byzantin située au midi des Thermopyles et s’étendant jusqu’a l’extrémité du cap Malée dans le Péloponnése, en y joignant plusieurs iles de la mer Egée et de la mer Jonienne, et qui, aprés la seconde conquéte de Constantinople par les Francs, fut laissée en partage, a titre de souveraineté relevant de Vempire latin, & la famille des Ville-Hardoin de Champagne. Le jeune Geoffroi de Ville- Hardoin, neve de notve vieux chroniqueur le maréchal héréditaire de Champagne et de Romanie, Geoffroi de Ville- Hardoin, avait été le premier Gonquérant de ce pays. A son retour un péelerinage & Jérusalem, jeté par les vents dans le port de Modon en Morée, il y avait appris la conquéte de Constantinople par ses concitoyens, @s’était entendu ayee un telgvenr yese dtabll et Merde pour 66 partager les lambeaux
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de Yempire gree écroulé. Pendant qu’il s’établissait de son cdté, ayant su que Parmée triomphante des Francs arrivail aussi en Morée par Je nord pour en prendre possession, il se rendit au camp des croisés francs, y retrouva ses amis, obtint de Boniface de Montferrat, roi de Saionique et de Thessalie, tous les pays que lui et ses amis pouvaient conquérir de ce cété, et commencea sur-le-champ, avec son ami Guil- Jaume de Champ-Litte le Franc-Comtois, la conquéte compléte et ’établissement féodal du pays. BientOt Guillaume de Champ-Litte, reconnu comme prince du pays, le lui laissa 4 lui seul pour retourner, en 1209, prendre possession de son fief de famille de Franche-Comté, devenu vacant par la mort de son frére ainé. Le jeune Geo//roi prit alors 4 son tour le titre de prince d’Achaie, distribua tout le pays en fiefs, Yorganisa militairement, et y introduisit la féodalité, en respectant toutefois les usages locaux. On pourvut a la défense militaire du pays par la création de hautes baronnies, dont les titulaires avaient le droit de guerre privée et le droit de haute et basse justice. Tous firent batir des forteresses dans Vintérieur et sur les limites de leurs baronnies, et quelques-uns firent frapper monnaie.
La plus considérable de ces hautes baronnies était 1a sei-
prise de Troie, donnée a la maison de Charpigny ; celle d’Akova, donnée aux Ronchéres ; celle de Chalandritza, donnée 4 Ja maison de La Trémouille ; celle de Clarentza, donnée \ une fille cadette de la maison de Ville-Hardoin, avec le titre de duch®, qui devint ensuite, & dater @un fils @Eéouard IL, un. des titres des princes royaux d’Angleterre ; celle d’Arcadia en Messénie, donnée a la maison des chate- Jains de Saint-Omer ; celle de Calamata, aussi en Messénie, donnée en apanage a la maison de Ville-Hardoin ; puis vinrent bien d’autres seigneuries, concédées a des chefs francais, et qui eurent plus ou mo‘ns d’importance, selon les Alliances et la valeur personnelle des seigneurs titulaires, a la téte desquels siégeait Geoffroi, moins comme le souverain qué comme le chet de ses égaux. Geoffroi fut a la fois poéte
et guerrier, et un des chevaliers les plus brillants de cette |
époque chevaleresque. Il mourut vers 1220, laissant deux fils, qui possédérent successivement la principauté d’Achaie.
Geoffroi 17, Yainé, épousa Agnes, fille de Pempereur Pierre de Courtenai et d’Yolande de Flandre, et scour des empereurs Robert et Baudoin 11 de Constantinople. Sous le regne de Geoffroi 1°" s’étaient Clevées quelques discussions avec le clergé latin, qui, apres avoir regu des fiefs a titre de service militaire personnel, refusait parfois de préter les services dus. Geoffroi Il prit le parti de saisir leurs revenus, 4 aide desquels il fit batir la forteresse de Khlemoutzi ou Castel-Tornése, qui existe encore. 11 fut pour cela excommiunié par le pape; mais Vaffaire s’arrangea apres quelques années, et il se réconcilia enfin avec l’Eglise, ainsi que les autres seigneurs ses vassaux, qui Pavaient appuyé dans sa resistance, En témoignage de leur réconciliation, ils firent batur & Athénes une fort jolie église, appelée aujourd’hui le Catholicon, sur les muss extérieurs de Jaquelle on distingue quelques armoiries des familles franques.
Guillaume I*' de Ville-Hardoin, son frére, lui suecéda, vers 1246. Il acheva Ja conquéte des forteresses du pays, et fit batir lui-méme des forteresses importantes, telles que celle de Mistra, 4 une lieue de la Sparte entique et a une lieue et demie de la Lacédémone byzantine. On voit encore a Mistra les ruines du chaiteau-fort bati par Guillaume de Ville-Hardoin. Fait prisonnier en Van 1259, dans une . grande bataille livrée pres du lac de Gastoria aux troupes de Michel Paléologue, il fut transporté en Asie ; et lorsqu’en 1261 Constantinople vetomba entre les mains des Grees, il fut obligé de donner pour sa rangon & Michel Paléologue, en 1263, la forteresse de Mistra et deux autres forteresses, Pune dans la Tzaconie et l'autre dans le Magne, qui devinrent ensuite la base du despotat de Mistra, possédé par les empereurs grecs. Pour se donner un appui contre les nouveaux maitres de Constantinople, Guillaume de Ville-Hardoin maria sa fille a un fils de Charles d’Anjou, roi de Naples, auquel avait été substitué par ’empereur Baudoin JL lhommage dQ par les princes d’Achaie aux empereurs de Constantinople. Il mourut vers 1278, ne laissant que deux filles, et il fut enterré & Andravida, ainsi que son frére ainé et son pére.
L’ainée des filles de Guillaume de Ville-Hardoin , Jsabelle, qui, du vivant de son pére, avait épousé, a Page de deux ans, Louis-Philippe d@ Anjou, fils de Charles d’ Anjou, perdit son mari cette méme année 1278. Elle porta en 1290 la principauté d’Achaie a Florent de Hainaut, arriérepetit-fils de Pempereur Baudoin I**. Florent de Hainaut, qui était aussi connétable de Naples , ne vécut que peu d’années. Isabelle épousa, 4 Rome, en 1300, Philippe de Savoie , seigneur de Piémont , souche des princes de Savoie- Achaie, qui se rendit avec elle en Achaie. Mais les soins a donner a la seigneurie de Piémont ayant rappelé Philippe et sa femme Isabelle de Ville-Hardoin en Savoie, ils laissérent le gouvernement de l’Achaie a Mathilde de Hainaut, fille
| du second mariage @’isabelle avec Florent de Hainaut; et
comme elle était encore mineure, ils la mariérent a un seigneur puissant, Gui de la Roche, duc d’Athénes, intéressé plus que personne au maintien du pays. La mort de Gui, en 1309, amena Mathilde de Hainaut en France, etle roi de France, le pape et le duc Eudes de Bourgogne s’entendirent pour la marier avec Louis de Bourgogne, devenu ainsi prince d’Achaie. Tous deux partirent en 1314 pour la principauté, ot ils trouvérent de grands troubles. Marguerite de Ville-Hardoin, fille cadette de Guillaume I**, dame de Clarentza et de Mata-Grifon, avait marié sa fille unique , nommée aussi Isabelle, a Ferdinand de Majorque, fils du roi Jacques II d’Aragon, qui, fort des succes remportés dans le duché d’Athénes par la grande compagnie catalane, voulait s’emparer de la principauté, et qui se rendit en méme temps que Louis de Bourgogne en Morée. Tous deux moururenten 1315. La main de Mathilde de Hainaut, devenue veuve, tenta ambition de Jean de Gravina, fils de Charles I. En vain Mathilde voulut-elle alléguer un mariage secret avec le seigneur de la Palisse , Jean l’amena devant le pape a Avignon, fit proclamer son mariage avec elle, puis enferma sa femme au chateau de ’Gsuf a Naples, en s’emparant du titre de prince. La seigneurie de la principauté était alors réclamée par Catherine de Valois, impératrice de Constantinople, fille de Charles de Valois et de Catherine de Constantinople, et femme de Philippe de Tarente. Les pretentions de Jean de Gravina furent apaisées moyennant la cession qu’on lui fit du duché de Duras en 1334, et a partir de ce jour Catherine de Valois, impératrice de Constantinople, devint aussi princesse réelle d’Achaie. Elle alia s’établir en personne dans te pays. Apres elle, son fils Robert continua a posséder de titre et d’effet la principauté d’Achaie, ou il résida quelque temps, ainsi que sa femme Marie de Bourbon, a laquelle il laissa la principauté d’Achaie par testament. Marie de Bourbon gouverna perscnnellement la
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principauté d’Aghaie, ou elle résida fréquemment, et sut faire respecler son autorité par les armes. En mourant , en 1387, a Naples, elle laissa l’héritage de la principauté d’Achaie a Louis , duc de Bourbon, son neveu.
Les troubles intérieurs de la France empéchérent toujours Louis de Bourbon de se rendre dans sa principauté de Morée; li y envoya cependant a deux reprises un de ses chevaliers, nommé Chastel-Morant, et recut lhommage d’allégeance des seigneurs d’Achaie. Mais aprés sa mort, «n 1416, les troubles de France, augmentés bientdt par les désastres de la bataille d’Azincourt, empéchérent les héritiers de Louis de Bourbon dé songer a la Morée. Pendant ce temps les désordres augmentaient dans ce pays. Les despotes grecs de Mistra avaient cherché a étendre leurs possessions, tantot par des alliances avec les seigneurs francs, et tantOt par la conyuéte, Les seigneurs francs ne recevaient aucune nouyelle recrue de France. Le régne de la maison de Tarente avait amené des familles napolitaines et florentines, telles que les Tocco a Céphalonie, et les Acciajuoli a Athénes, Les Génois et les Vénitiens avaient cherché a y prendre pied aussi, dans lintérét a la fois de leurs rivalités de commerce et de suprématie politique; et aucune main n’était assez forte pour faire courber toutes ces volontés devant une seule, afin de faire succéder un gouvernement régulier a cette anarchie féodale. Le peuple, de son cdté, avait été plongé dans une trop grande misére, et était réparti entre trop de maitres pour pouvoir constituer une unité puissante. Les Tures cependant devenaient chaque jour plus menacants. Maitres de Asie Mineure, ils avaient fini par passer la mer, et s’étaient emparés de Salonique. Constantinople fut bientdt cernée par les forces turques, qui s’avangaient de Gallipoli par terre et de Asie par mer.
L’Europe chrétienne était trop agitée de ses propres querelles pour aller au secours des chrétiens de Gréce. Le duc Philippe de Bourgogne seul avait manifesté des velléités chevaleresques et chréliennes; mais, aprés quelques brillantes démonstrations, il était resté chez lui. Constantinople succomba en 1453. Les provinces grecques situées au midi de la Thessalie et des Thermopyles, la Morée et les Cyclades, ne pouvaient se défendre plus longtemps. Tous les chefs francs furent obligés de quitter le pays, et leurs derniers débris se réfugiérent a Corfou et a Naples. Les fréres du dernier des Constantins, mort lui-méme en combattant bravement sur les ruines de sa capitale conquise, cherchérent 2 se défendre quelque temps; mais leurs propres dissensions fraternelles les avaient affaiblis, et tous furent ebligés de se soumettre ou de s’enfuir. Thomas Paiéologue, despote de Mistra, se réfugia, en 1461, 4 Corfou, et de la en Italie. Mahomet II poursuivit ses conquétes en Gréce et en Morée, et dés 1468 le croissant s’élevait triomphant sur les débris des villes grecques et des forteresses franques , et la principaulé francaise d’Achaie n’était plus qwun souvenir historique. Bucuon.
ACHAINTRE (Nicotas-Lovis), philologue de premier ordre, qui, sans ses habitudes modestes, serait parvenu aux honneurs littéraires, se contenta de travailler pour les libraires et d’enrichir des précieuses élucubrations de sa plume savante les ouvrages de certains éditeurs, qu’il laissa avec une généreuse abnégation jouir de leur gloire empruntée. Il naquit & Paris, le 17 novembre 1771, et fit ses études au collége d’Harcourt, par les soins et aux frais de Pabbé Asseline, depuis évéque de Boulogne-sur-Mer. Une vocation impérieuse Ventrainait dans la carriére de Tinstruction, lorsque les événements de la révolution Pappelérent sous les drapeaux. Soldat depuis 1793, il fut fait prisonnier en 1796 et conduit en Hongrie. De retour en France, il obtint de occupation dans une imprimerie, et devint le correcteur d’épreuves ie plus habile. 11 congut alors Pidée de publier des auteurs grecs et latins avec des notes latines, et de leur donner un degré de correction ¢a-
pable de ranimer le goat des bonnes éditions en France Les travaux de M. Achaintre, appréciés des savants, on rendu sa réputation européenne. Sans vouloir parler ici de ses différentes éditions, dont on peut trouver l’énoncé dans la France Littéraire de Quérard, qui n’apprécie son Horace, son Juvénal et son Perse? On lui doit aussi une édition du Dictionnaire de Boudot et des synonymes latins de Gardin-Dumesnil, un Cours d’humanités en treize volumes, et enfin la premiére édition qui ait été publiée de Histoire de la Guerre de Troie attripuée a Dyctis de Créte. M. Achaintre, mort vers 1840, s’occupait beaucoup @inscriptions, et l’on trouve dans le Journal des Débats un assez grand nombre de lettres de lui sur ce sujet.
ACHANTI. Voyez Ascuantss.
ACHAR, hors-d’ceuvre composé de divers fruits des Indes confits dans le jus de citron ou le vinaigre avec de la moutarde et du piment. Ceux de Batavia et de Maurice sont renommeés.
ACHARD (Francois-Cuarzes), naturaliste et chimiste de meérite, né le 28 avril 1754, 4 Berlin, s’est surtout fait un nom par ses travaux relatifs au perfectionnement de la fabrication du sucre de betterave. J] reprit en effet les expériences de Marggraf, en élargit le cercle, et fonda plus tard une fabrique compléte de sucre de betterave, a laquelle était — jointe une école spéciale. 1] fut particulitrement secondé — dans ses efforts par l’intérét que le roi de Prusse prit a ce genre d’industrie. Ce monarque mit méme 4 sa disposition le laboratoire de Académie des Sciences pour qu'il pat y continuer ses recherches. Quoique le gouvernement ett fait publier le résultat de ses expériences en 1799 et 1800, on n’en fit pas l’application dans la. pratique. Le roi lui concéda en conséquence la terre de Cunern, en basse Lusace, a la charge d’y établir une fabriqne modéle. Le médecin cantonal Neubeck fut chargé de suivre toules les recherches et expériences. Achard put de la sorte, grace a la protection du roi, continuer encore pendant six laborieuses années , avec — Neubeck, ses efforts pour trouver la véritable méthode de Yextraction du sucre, et bient6t il ne fut bruit que de la fa-~ brique de sucre d’Achard, qui dés lors eut de nombreux — imitateurs. En 1812, par suite de la prospérité dont le blocus continental était la cause pour la fabrique de Cunern, le roi de Prusse y fonda une école spéciale pour ls fabrication du sucre de betterave. Appelé a Académie des | Sciences de Berlin en qualité de directeur de la élasse des sciences physiques, Achard mourut dans cette capitale, le 20 avril 1821. Parmi ses écrits, la plupart relatifs a la betterave et a son application industrielle, nous citerons : De la Fabrication du sucre d’ Europe avec la betterave, et de celle de Veau-de-vie, du vinaigre et de la chicorée quwon obtient de ses débris (3 vol. ; Leipzig, 1809 ; nouv. édit. 1812)
ACHARD (Freveric), acteur et chanteur comique, naquit a Lyon en 1810. — Jeune encore et ouvrier iisseur aans sa ville natale , ou, malgré la défense de ses parents, il fréquentait plus les spectacles que la fabrique et les comédiens que les canuts, il eut un soir, au théatre des Célestins , Poccasion de remplacer inopinément un acteur qui n’avait pu jouer. Il fut fort applaudi, et cette circonstance , jointe a une vocation naturelle , décida de son sort. Il s’engagea successivement dans les troupes de Lons-le-Saulnier, de Grenoble, de Lyon, et il était 4 Bordeaux lorsque mademoiselle Déjazet vint donner quelques représentations dans cette ville. Elle fut frappée de toutes les qualités du jeune Achard, et lui facilita un engagement au théatre du Palais- Royal a Paris. Il y débuta le 10 juillet 1834, avee un grand succes, dans les roles de Lionnel et du Commis et la Grisette. Doué dune voix fraiche, claire, mordante dans le couplet de verve , expressive dans la romance, Achard, sans quitter le théditre, entra comme éléve au Conservatoire, et obtint , apres quelques années d’étude, le premier prix de chant. — Par la franchise et la gaieté sentimentale de son