‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 60 sur 197 · UNIVERSITY OF VICTORIA LIBRARY · texte numérisé non relu

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Vittoria, B.C.

ACRIMONIE — ACROTERE

ACROMION (du grec époc, sommet; 6y4c, épaule), prolongement osseux qui termine supérieurement l’omoplate et qui s’articule avec la clavicule. — On a donné le nom Wartere et de veine acromiates a deux vaisseaux qui se distribuent aux muscles voisins de cette éminence osseuse.

ACRONYQUE (de dxgov, extrémité; ve, nuit).

Voyez LEVER ET COUCHER DES ASTRES.

ACROPOLE (du grec dxpov, sommet , et 76)1¢, ville). Ce mot grec est nécessaire 4 notre langue, car la traduction qu’on en a faite par le mot cifadelle est des plus malheureuses. Acropole signifie ville du sommet. Ellen’est pas nécessairement fortifiée par des ouvrages, elle Vest par la nature, par l’escarpement des rochers, et n’a de murailles que da cté accessible. Niebuhr a cité beaucoup de faits & Pappui de cette opinion. — Jusqu’ici on a plus spécialement appliqué ce noma la citadelle d’ Athénes, dont Pausanias a ‘ait une intéressante description. De Gorpéry.

ACROPOLITE (Georce ) naquit en 1220, 4 Constantinople, qui était alors au pouvoir des Latins. A dixsept ans, il se rendit a Nicée, ot les Lascaris et les Ducas avaient transporté le siége de Vempire grec, et fut élevé par Jean Ducas a la dignité de grand logothéte. Tl fut en méme temps chargé de diriger l’éducation du fils de ce prince, Théodore, qui monta sur le tréne en 1255. Sous le nouveau régne, Acropolite, devenu gouyerneur de la Macédoine , fut fait prisonnier par Michel-Ange , prince de Larisse, et ne recouvra la liberté que sous le régne de Michel Paléologue. Celui-ci ’envoya, en 1260, en ambassade auprés de Constantin , prince des Bulgares; puis, apres la reprise de Constantinople sur les Latins, il le nomma rhéteur de V’Eglise, et Penvoya, en 1274, au concile de Lyon, ou George abjura , au nom de son maitre, le schisme de I’Eglise grecque. George fut encore enyoyé, en 1282, en ambassade auprés de Jean, roi de Bulgarie, pour lui offrir la main d’Eudoxie, troisiéme fille de ’empereur. II mourut la méme année. On a de lui trois ouyrages historiques , dont Je plus important, qui contient Vhistoire de Yempire grec depuis la prise.de Constantinople par les Latins, en 1204, jusqu’a la reprise de cette ville par les Grecs , en 1261, se trouve dans le XII° volume de la collection byzantine du Louvre. Ce volume a été réimprimé dans la collection de Niebuhr, par les soins d’Imm. Becker. — Constantin Acropouite, fils du précédent , et son successeur dans la charge de grand logothete , fut disgracié par Michel Paléologue pour s’étre opposé a Ja réunion des Eglises grecque et romaine, tentée par ce prince; mais il rentra en faveur sous Andronic. On a de lui quelques vies de saints , qui se trouvent dans le recueil des bollandistes.

ACROSTICHE (du grec dxpov, extrémité; otizoc, rang, ordre), petit morceau de poésie dont les vers sont disposés de maniére que les premiéres lettres forment un nom, un sens, une devise, qui presque toujours est le sujet du poéme. Quelquefois ce sont les lettres du milieu, ou méme celles de la fin, qui sont disposées de maniére a offrir un sens ou un nom.

En voici un exemple =

PoRTRAIT DE LAURE.

re ciel, qui la sauva de son propre penchant , > la beauté du corps unit celle de ame ;

Cn seul de ses regards, par un pouvoir touchant, =endait a Ja vertu !e cur de son amant,

mile embellit ’amour en épurant sa flamme,

On a fait aussi des sonnets en acrostiche.

ACROTERE (du grec dxpwtforov, pointe ). On nomme ainsi,en architecture, des assises qui s’élévent au-dessus de Yentablement ou du fronton dun édifice ; elles servent en général de piédestaux A des statues, TantOt les acrotéres sont isolés, comme lorsqu’ils sont placés vers les base’ ou au sommet des frontons ; tantétils font partit de la ba-

ACROTERE — ACTE

lustrade qui couronne le monument : alors ils sont recouverts (’unettablette en pierre. Il y ades acrotéres au fronton de Notre-Dame de Lorette a Paris.

ACTA ERUDITORUM. C'est le titre du premier journal littéraire qui ait paru en Allemagne, de celui qui pendant longtemps fut l'un des plus lus et des plus répandus. Déterminé.par Vexemple du Journal des Savants (1665) et du Giornale de’ Letterati (1668), en méme temps que par Vactivité-et ’importance toujours plus grandes que

le commerce de la librairie prenait alors en Allemagne, le professeur O. Mencke, de Leipzig, fonda ce recueil critique

-en 1680. Aprés s’étre, au moyen d’un voyage en Hollande et en Angleterre, créé les relations nécessaires , il commenca en 1682, en société avec les savants les plus distingués de PAllemagne, la publication de ce journal, dont il sut élargir chaque année dayantage le cercle de lecteurs. Il compta parmi ses collaborateurs F.-B. Carpzov , Leibnitz, Thomasius, Bunau, etc. Le plan du journal n’admettait que des comptes-rendus complets et exacts; et la rédaction resta fidéle A cette tendance, alors méme que les journaux francais publiés en Hollande eurent introduit plus de vivacité et W@indépendance dans les discussions littéraires rendues publiques par la voie de la presse. A partir de 1732 il parut sous le titre de Nova Acta Eruditorum. Le peu de soin qu’on apporta a répondre aux exigences de P’époque, ensuite les troubles de la guerre de Sept Ans, mais surtout la négligence de plus en plus marquée de la rédaction, dont le professeur Pel fut chargé a partir de 1754, firent perdre dayvantage au journal chaquecannée en richesse de natériaux et en circulation. L’année 1776, par laquelle ilse termine, ne fut publiée qu’en 1782. Avec ses différents suppléments et les tables, il comprend 1{7 volumes in-4°.

ACTA SANCTORUM. Sous cette dénomination on désigne en général tous les recueils contenant les renseignements qui nous sont parvenus sur les saints et les martyrs de 'Eglise catholique et de ’Fglise grecque ; mais c’est plus particulitrement le titre @un ouvrage de ce genre dont le jésuite Bolland, d’Anvers , commenga la publication , sur Pordre de ses supérieurs, en 1643. D’autres jésuiles, noramés, daprés lui, les bollandistes, continuérent eette collection, dont les derniéres livraisons ont paru en 1794. Quoique Vouvrage forme cinquante-trois volumes in-folio , il n’est pas terminé. Dés Je deuxiéme et le troisiéme siécle on commenca a recueillir des notices sur les personnes qui s’étaient fait remarquer par la sainteté de leur vie ou par le courage qu’elles avaient opposé aux persécuteurs de ’Eglise. Les premicres biographies completes datent du quatriéme siécle. A la fin du moyen age le nombre s’en était accru dune maniére prodigieuse. A partir du sixiéme siécle, on rédigea , d’aprés ces biographies , des livres de piété. La premiére collection de légendes originales est due 4 Boninius Mombritius; elle date de 1474. L’ouvrage des bollandistes est de beaucoup supérieur a tous ces recueils ; c’est le plus complet et le mieux écrit. homme impartial qui apportera 4 Pétude de ces monuments vénérables de Vantiquité chrétienne une connaissance parfaite des moeurs, des usages et des opinions du temps, qui ne se croira pas fondé a rejeter un fait par cela seul qu’il ne s’accorde pas avec les idées et les opinions du jour, trouvera dans Pouvrage des bollandistes les documents les plus préeieux pour Vhistoire du moyen age.

ACTE, dans l'art dramatique , signifie une division du drame qui sert a reposer l’attention du spectateur, ou qui termine fa piéce. L’intervalle entre deux actes s’appelle entr’acte.

En jurisprudence ce mot a une double acception : tantot ii est pris pour écrit constatant un fait quelconque, tantét il est pris pour le fait lui-méme. C’est dans ce dernier sens quon dit faire acte @héritier. Les actes, pris dans la véyitable signification du mot, se divisent en deux catégories

bien distinctes; ils sont publics ou privés. — Les actes publies sont : 1° les actes administratifs, cest-d-dire ceux qui émanent du pouvoir administratif, et qui ont pour objet un service Vutilité publique ; 2° les actes judiviaires, cest-Adlire ceux, qui émanent directement du juge ou qui tendent a obtenir du juge une solution. Ainsi un jugement est un acte judiciaire, de méme que les actes de procédure faits pour obtenir ce jugement, tels que les actes d’avoué et d’huissier; 3° les actes extra-judiciaires, cest-a-dire ceux qui, faits par Je ministére d’un officier ministériel, sont signifiés aux parties en dehors d’une instance ; 4° les actes authentiques, cest-a-dire ceux qui ont lieu devant des officiers institués pour les recevoir, dans le ressort pour lequel ces officiers ont été établis, et avec la solennité prescrite par la loi. Cette dénomination comprend surtout les actes notariés , cest-a-dire recus devant Vofficier public appelé nolaire. Les actes privés sont ceux qui n’ont aucun caractére public et sont uniquement l’ceuvre des parties

Il a été longtemps d’usage en France de rédiger les actes en langue latine, qui était alors la véritable langue des cleres et des savants. C’est seulement a l’ordonnance de 1539, rendue par Francois I*', que remonte Vintroduction du francais dans la rédaction des actes et des jugements.

On divise encore les actes en originaux et copies. L’original dun acte authentique est la minute qui en a été dressée ou le brevet qui en a été délivré. L’original d’un acte sous seing privé est l’acte signé par les parties. Enfin les actes sont souifiis aux formalités du timbre et de l’enregistrement , 2 moins quwils n’en soient formellement disvensés par la loi. ‘

Il nous reste & énumérer encore quelques acce}'tions particuliéres du mot acte, L’acte & cause de mort est une sorte de donation faite au moment de mourir ; l'acte d’ accusation est Vexposé du fait d’un crime et des circonstances qui rendent un individu. criminel ; les acfes conservatoires sont ceux qui ont pour objet de conserver nos droifs ef de nous en assurer l’exercice (voyes ScELLES, INSCRIPTION HYPOTHECAIRE, INVENTAIRE, Opposition); les actes de commerce sont des négociations fajfes dans un but de trafic : ils se divisent en actes commerciaux par leur nature et en actes commerciaux par la qualité des personnes ; les actes de état civil sont destinés a constater les naissances , adoptions, mariages, décés; V’acte de notoriété est une attestation d’un fait notoire et constant, rédigé par un notaire ou un juge de paix. On nomme acfe récognitif celui par lequel un débiteur reconnait de nouveau sa dette pour empécher la prescription; l'acte conjirmatif a pour but de donner de la force a un acte précédent qui n’en aurait pas eu sans cela. On appelle acte respectueux une démarche que font auprés de leurs parents les enfants de famille pour obtenir leur consentement au mariage. L’acte sous seing privé est celui qui a été rédigé sans l'intervention dun officier public; V’acte de suscription est Vacte rédigé par un notaire pour consta~ ter le dépét qui lui est fait @un testament mystique.

Acte se dit aussi en parlant des déclarations faites devant un tribunal, soit spontanément, soit d’aprés l’ordre de.la justice, et dont on a constaté l’existence; c’est dans ce sens qu’on dit demander acte , donner acte. Prendre acte de sa comparution. :

En Angleterre acte signifie ar7é¢é. On appelle acte de parlement un arrété du parlement qui a été sanctionné par le roi. L’ensemble des arrétés émanés du parlement dans le cours d’une session s’appelle statué ; les arrétés en forment les sections ou ies chapitres; en les citant, on indique toujours le nom du monarque et l'année de son régne de taquelle datent ces ariétés. Ainsi, Vacte de Habeas corpus est le deuxiéne chapitre du statut de l’année 1680, le trente-uniéme du régne de Charles II, et on le désigne ainsi par abréviation ; 31. chap. 2. ©. TI.

ACTE ADDITIONNEL. Pendant les dix mois qu’avait duré la premiére Restauration , l'état des esprits s’était considérablement modifié en France. Bien qu’octroyée, la charte de 1814 n’en renfermait pas moins des garanties de liberté dont on n’avait jamais joui sous l'empire : aussi en quittant Tile @Elbe Napoléon comprit-il qu’il lui faudrait traiter avec la liberté. Il ne suffisait pas que laigle impériale volat de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre- Dame pour assurer la durée de son retour ; il fallait donner au peuple, et surtout aux bourgeois, des preuves certaines que le régime glorieux, mais despotique, de Pempire avait entiérement cessé. Aussi déclara-t-il dans toutes ses proclamations , depuis le golfe Juan jusqu’a Paris, qu'il ne revenait que pour rendre la France libre, heureuse et indépendante. Dés le 13 mars, par un décret daté de Lyon, il prononea la dissolution des chambres , et convoqua extraordinairement tous les colléges électoraux de I’empire a Paris, pour y former une assemblée du champ de mai, et sy 0ccuper de la révision des constitutions impériales.

Mais , 4 mesure que la confiance publique revint a lui, a mesure qu’il vit s’accroitre sa force , il sentit diminuer son désir de donner la liberté qu'il avait promise ; ’'empereur et Vhomme de guerre reprenaient le dessus. Les soldats étant tout pour lui, quand il en vit un certain nombre, il crut qwil pourrait se passer du concours de toutes les forces nationales, qu'il aurait ramenées infailliblement autour de sa personne par des concessions libérales. Il ne crut pas cependant pouvoir se dispenser de tenir, du moins en partie, sa promesse de donner une constitution ; mais, dit Thibaudeau , il se réyoltait contre la tyrannie de Popinion, a laquelle il était foreé de céder, et il le faisait de mauvaise grace, sentant qu il agissait contre sa nature et sa conviction. On voulait le détacher du passé, et qu'il fat un homme nouveau : était impossible; il sy cramponnait de toutes ses forces : « Vous m’dtez mon passé, disait-il; je veux le conserver. « Mes onze années de régne! Europe sait si jy ai des « droits. Il faut que la nouvelle constitution se rattache a « Yancienne; elle aura la sanction de plusieurs années de « gloire. Les constitutions impériales ont été acceptées par « le peuple. »

La nouvelle constitution dont parlait Napoléon, celle qui, selon lui, deyait satisfaire tous les esprits et donner au peuple la liberté qu’il était en droit de réclamer, parut dans le Moniteur du 23 avril 1815, sous le titre d’ Acte additionnel aux constitutions de Vempire. Elle étonna et déplut ala fois ; Napoléon y reparaissait comme le mandataire du peuple francais , et déclaraif en son nom ce qui lui conyenait. Or, Je peuple frangais avait espéré tout autre chose : il avait compté, daprés les promesses de Vempereur, sur une constitution librement discutée par ses représentants; il s’était attendu a voir une nouvelle Assemblée constituante , quelque chose de national et de grand : on ne lui donnait qguwun décret. Napoléon, que l’enthousiasme général avait replacé a la téte du peuple, avait repris, sans doute a son insu, les traditions de empire. L’Acée additionnel n’était qu’une espéce de charte octroyée, qu’un autre acte additionnel pouvait détruire quand il plairait 2 ’empereur. 1 n’offrait done aucune garantie de stabilité, méme dans sa durée. Quoiqu’il renfermat des dispositions favorables & la liberté , il était vicieux dans sa base, en ce sens que la volonté nationale exprimée par la chambre des représentants y élait tenue en échec par la chambre des pairs , reconnue héréditaire. Napoléon retombait vis-a-vis de la liberté dans les fautesde la Restauration ; il revenait au despotisme, et substituait sa supréme volonté a la volonté du peuple. I avait été amené a cela par son peu de confiance dans la classe raisonneuse de Ja nation. I sentait que pour se retrouver dans son élément , la guerre, il devait s’appuyer sur Parmée, qui lui était obéissante et dévouée; il ne voulut pas du secours que iui amenait la liberté : ce fut la son tort et

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