ACQUIT — ACRIMONIE
vées & leur destination , elles sont vérifiées; l’acquit est déchargé si les droits ont été intégralement payés, et renvoyé 4 la caution, afin que, sur son exhibition, elle en soit déchargée aux yeux de la régie. — L’acquit a caution de transit se délivre pour importation ou exportation des marchandises qui sont affranchies du payement des droits. L’acquit
est vérifié au dernier bureau qui s’y trouve indiqué; et, sur |
Ja vérification de l’exactitude de la déclaration faite par le propriétaire, l’acquit est renvoyé déchargé a celui qui s’était rendu caution du transit.
ACQUITTEMENT. En jurisprudence ce mot exprime Je renvoi d’une accusation ou d’une poursnite. On ne doit
pas confondre acquittement avec absolution, quoique le |
codecriminel ne fasse ordinairement aucune distinction entre ces deux mots et les emploie indifféremment. Il y a acquiltement lorsque, sur la déclaration de non-culpabilité, le pré-
sident décharge Paccusé des fins de poursuites.Ily a abso- |
lution lorsque le tribunal ne trouve aucune peine applicable a Vaccusé déclaré coupable d’un fait qui n’est pas défendu par la loi. —L’acquittement doit avoir lieu si Paccusation manque de preuves, si l’accusé n’a pas agi avec discernement, s'il se trouve dans un cas d’excuse légale, s'il y a partage parmi les juges : il est prononeé par le président seul, en forme d’ordonnance. Si, au contraire, le jury a reconnu l’existence d’un fait non réprimé par la loi, ’absolution de laccusé doit étre rendue en forme d’arréf. — Une fois acquitté ou absous, nul ne peut étre repris et accusé raison du méme fait, encore bien qu’aprés le jugement il vienne a surgir de nouvelles preuves. L’acquittement prononcé, Paccusé, s’ilest détenu, doit étre relaxé, 4 moins qu’il ne soitretenu pour autre cause. — Dans le nouveau Code de justice militaire et maritime on a fait une distinction entre Yacquittement et ’2bsolution. Dans le premier cas l’accusé est immédiatement rendu a la liberté, dans le second il n’est libre qu’aprés l’appel ou Vexpiration du délai G’appel en révision, el il peut repasser en jugement si le conseil de révision trouve qu’une peine est applicable au fait constaté. Z. ACRE, ACRETE,, sorte de saveur qui donne un sentiment de briilure et de chaleur dans la gorge. Ona désigné sous le nom d’dcres un certain ordre de poisons. Les médecins entendent par chaleur acre celle qui au doigt donne une sensation de sécheresse ef de picotement. — Les anciens médecins admettaient Vacreté des humeurs ( voyes ACRIMONIE ).
ACRE, ancienne mesure agraire qui différaif suivant
les pays et méme les provinces. En France elle approchait |
généralement de 50 ares ; l’acre d’Angleterre vaut 40 ares 46 ; celui de Cassel, 23 ares 86; celui de Weimar, 28 ares 49.
ACRE ou SAINT-JEAN-D’ACRE, en arabe Akka, cheflieu du pachalick de ce nom, ville de Syrie, située sur les bords de la mer Méditerranée, a trois lieues du mont Carmel, par 32° 54’ laf. N. ef 33° 45’ long. E. Son port est presque rempli de sable, et Vancrage y est dangereux. Le commerce nes’y fait que par petits navires. Il exporte du coton et du riz récoltés dans ses environs. Sa population est d’en- Viron 20,000 ames; le climat est insalubre. Parmi les monuments de Saint-Jean-d’Acre on peut citer le palais du pacha, Ja mosquée, et les bains publics , qui passent pour les plus beaux de |’Orient.
Saint-Jean-d’Acre remonte a une trés-haute antiquité; hes Phéniciens l’avaient appelé Acco; sous la domination des Ptolémées il recut le nom de Pfolémais. Conquiso par les Perses, et plus tard par les Romains, cette ville devint enfin la proie des musulmans. Les premiers croisés s’en emparérent sans résistance en 1100. Saladin y entra de méme en 1187, aprés la victoire de Tibériade, et s’appliqua a la rendre extrémement forte. C’est de ce moment que commence son importance dans Vhistoire. Deux ans aprés, au mois de septembre 1189, elle fut investie par tes croisés, Plus de cent combats et neuf grandes batailles
furent livrés sous ses murs; enfin Philippe-Auguste et Richard Cwur de Lion s’en emparérent en 1191. Instruits par l’expérience, les chrétiens résolurent de la rendre imprenable. Aux travaux de Saladin on en ajouta de nouveaux; et comme Jérusalem était restée au pouvoir des infidéles , elle devint la capitale des débris des colonies chrétiennes. Le roi de Jérusalem y fixa sa résidence; Jes chevaliers de Saint-Jean vinrent s’y ¢tablir, et lui donnéren, leur nom. Elle atteignit en peu de temps un haut degré de
| prospérité, et devint le marché de !’Orient et de l’Occident.
Mais cette splendeur ne devait pas avoir une longue durée ; la désunion se mit parmi les défenseurs de la croix, et Chalil, septi¢me sultan d'Egypte et de Syrie, surnommé Melik-al-Aschraf (le roi illustre), la prit d’assaut, le 4 mai 1291, malgré la défense héroique des chevaliers hospitaliers et teutoniques et des Templiers. Les musulmans rasérent les fortifications, détruisirent !a ville et comblérent le port. Saint-Jean-d’Acre restaau pouvoir del’Egypte jusqu’en 1517, époque ot le sultan S élim 1** asservit les Mamelouks. Le chéik Daher, émir arabe qui dominait sur Vancienne Galilée, s’en empara sur les Tures vers le milieu du dix-huilidme siécle, ef y ramena un peu decommerce et de prospérité.
Le nom d’Acre vint de nouveau occuper le monde lorsque en 1799, sous Je cruel Djezzar-Pacha, elle soutint, avec lassistance des Anglais, commandés par Sidney Smith, un siége de soixante jours contre les Frangais. Le 27 mai 1832, elle fut prise @’assaut par [brahim-Pacha, fils du viceroi d’Egypte. Abdoullah-Pacha, qui l’avait défendue pendant six mois , fut conduit prisonnier de guerre en Egypte, ov on le traita avec égards. A partir de 1833, Méhémet-Ali exerca le pouvoir souverain en Syrie, et Ibrahim-Pacha vint résider a Saint-Jean-d’Acre comme gouverneur. Lorsqu’en 1839 le sultan Mahmoud II eut déclaré Méhémet-Ali rebelle , Ibrahim-Pacha répondit par Je gain de la bataille de Nésib. Le traité du 15j uillet 1840 n’accordaita Méhémet- Ali que la possession de la partie sud de la Syrie sous la dénomination de pachalick d’Acre. Le vieux pacha ayant refusé d’obtempérer aux prescriptions du traité, les puissances signataires ordonnérent Je blocus des cétes de la Syrie par
| une flotfe anglo-austro-turque, sous jes ordres de |’amiral
Stopford. Beyrouth, Said, Jaffa, Sour, Djebel et Botroun tombérent bientét aux mains des confédérés , et Saint-Jeand’Acre, a son tour, succomba aprés deux jours d’un bombardement dirigé par le commodore Napier. Force fut alors a Ibrahim-Pacha de se décider a abandonner la Syrie. Par la convention qui mit fin aux discussions du sultan avec Méhémet-Ali, celui-ci dut renoncer au pachalick de Saint- Jean-d’Acre, qui fut replacé sous lautorité du sultan.
ACREL ( OLor), un des plus grands chirurgiens du dix-huitiéme siécle, naquift en 1717, dans un village des environs de Stockholm. Aprés avoir terminé ses études 4 Upsal, il fit plusieurs voyages a |’étranger, et servit, en 1744, en qualité de chirurgien dans l’armée francaise en Allemagne. Plus tard, il fat nommé chirurgien général de l’étatmajor de ’armée suédoise, professeur & Stockholm, commandeur de ordre de Gustave Wasa, ef mourut, dans un age fort avancé, en 1807. Son ouvrage sur les Cas chirurgicaux est resté classique. Ilest peu d’opérations qui n’aient été perfectionnées par Acrel.
ACRIDOPHAGE (du grec &xpis, &xpideg, saute.
relle, et gayi, je mange), qui mange, qui se nourrit de sauterelles. On a donné ce nom, dans Vantiquité, a un peuple fabuleux que !’on plagait dans l’Ethiopie, au dela du Nil. — Dans V’histoire naturelle, ce nom s’applique & des animaux qui mangent des sauterelles, les détruisent.
ACRIMONIE, synonyme d’dcreté, pris au figuré. — Dans lancienne médecine , on désignait sous ce nom une altération des humeurs, laquelle on attribuait la production de diverses maladies, principalement celles de la peau. Longtemps l’acrimonie fut un sujet de discussion parmi
les médecins : les uns, en effet, la niaient d’une maniére absolue ; les autres la voyaient en tout et partout. On alla méme jusqu’d en distinguer de plusieurs sortes : ainsi, il y avait l'acrimonie mélanique, saline, huileuse, ou encore arthritique, scorbutique, dartreuse, cantéreuse, ete. Aujour@’hui un diserédit complet s'est attaché a ces diverses opinions , et personne ne s’occupe plus de lacrimonie.
ACRISIUS. Les récits et les généalogies que lon est conyenu d’admettre a la place que tiendrait Vhistoire, si elle avait pu étre conservée , font régner Acrisius a Argos 1361 ans avant J.-C. Dans la mythologie, il est pére de Danaé et grand-pire de Persée. Une prédiction portait qu’Acrisius périrait de la main du fils que sa fille mettrait au monde. Il fit done tout ce qui dépendait de lui pour empécher qu’elle ne pit devenir mére, et a cet effet il l’enferma. Mais on sait comment s’y prit Jupiter; d’autres disent qu'elle fut fécondée par Preetus, frére dAcrisius. Celui-ci fit mettre dans un coffre la mére et Venfant, et les jeta & la mer; mais, porté dans Vile de Sisyphe, Persée y fut dlevé, voyagea, et fit beaucoup de belles actions , ce qui inspira 4 Acrisius le désir de le voir. L’entrevue eut lieu A Larisse oi le destin s’accomplit , Persée ayant tué son aieul sans le vouloir en langant un disque pour faire preuve d’adresse. Strabon dit qu’Acrisius a organisé les Amphictyons; mais Théopompe, Denys @Halicarnasse , Pausanias , font honneur de cette institution & Amphictyon, roi d’Athénes : d’ot Yon a conclu qu’Acrisius n’ayait fait que restaurer, étendre et consolider ce qwil avait trouvé établi.
ACROBATE (du grec dxpoc, extrémitd; Baretv, marcher sur la pointe du pied). Ce mot n’est point nouyeau parmi nous. Un grave personnage, C.-F.-F. Boulenger, seigneur de Rivery, de l’académie d’Amiens, lieutenant civil au bailliage de cette ville, divise les acrobates en quatre classes , dans ses Recherches historiques et critiques sur quelques anciens spectacles, particuli¢rement sur les mimes et pantomimes. Avant Boulenger, Manlius Nicétas, dans sa Vie de Carinus ; Symposius, dans ses Antiquités grecques et romaines; Dempster, dans ses Paralipoménes , désignent les sauteurs, les danseurs de corde et les acteurs de pantomime sous le nom d’acrobates. Moréri et les auteurs du Dictionnaire de Trévoux ont enregistré ce mot dans leurs savantes compilations. Madame Saqui , la célébre acrobate de notre époque, avait appelé de ce nom le théatre qu’elle avait fondé sur le boulevard du Temple. Forioso faisait les délices du premier empire. Blondin étonne les Américains en traversant le Niagara sur la corde tendue. Voyes DANSEURS DE CORDE.
ACROCERAUNIENS ( Monts ), trés-longue chaine de montagnes qui cétoyait l’Epire et la Chaonie jusqu’au pays des Molosses. Strabon, Pomponius Méla, Pausanias , les appellent Cérauniens. Le dernier dit que la flotte des Grecs ayant été dispersée au retour de Troie, les Locriens fondérent Thronium sur le fleuye Boagrius. Les Abantes d’Eubée nommérent Abantide le pays quwils occupérent : les uns et les autres perpétuérent ainsi le souvenir de leur patrie. Le ‘nom méme de cette chaine de montagnes indique l’éiévation de sommets toujours frappés on menacés de yi foudre (éxpa¢, sommet; xepavvdc, foudre ).
ACROCORINTHE. Voyes CorinTHE.
ACROLITHE (du grec dxgov, extrémité, et XtO0c, pierre) se disait d’une espéce de statue de bois ou de bronze, dont les extrémités seules étaient en marbre ou en pierre. Ce genre de figures se prétait avec facilité a Pusage de plusieurs t¢tes qu’on ajustait sur les corps des slatues et des Hermes. Par ces échanges, on variait au besoin les personages. Le roi Mausole avait placé sur le sommet du temple de Mars A Halicarnasse un célébre acrolithe, attribué 4 Timothée.