‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 62 sur 197 · ACTES DES APOTRES — ACTEUR · texte numérisé non relu

ACTES DES APOTRES — ACTEUR

une telle connaissance de Vhistoire de ’Eglise de Jérusalem qu'il doit en avoir été membre dés Vorigine. La seconde partie est consacrée Wabord a l’Eglise d’Antioche : elle expose son origine et ses premiers progres, puis un voyage de saint Paul et de Barnabé dans Vile de Chypre et dans l’Asie Mineure. Il n’est question de ’Eglise de Jérusalem que quand des envoyés d’Antioche vont la consulter ou la secourir (A, 1-25; xv, 4-30). Mest done vraisemblable que, la nouvelle doctrine ayant pris racine 4 Antioche, saint Luc quitta Jérusalem pour retourner 4 Antioche, sa ville natale,

L/auteur parait n’avoir voulu rapporter que les faits qu'il connaissait par lui-méme, ou d’aprés des témoins oculaires. Aussi le récit est-il bien plus développé lorsque saint Luc se trouve auprés de saint Paul : tel est, par exemple, leur séjour en Macédoine et a Athénes (ch. xvi et xvu). Saint Paul se sépare-t-il de Vhistorien, le récit se resserre, et un séjour Wun an et demi a Corinthe n’occupe que dix-sept versets (xvitl, 1-17); puis le récit @un voyage d’Ephése a Jérusalem est renfermé en deux versets. Plus tard, saint Luc retrouve saint Paul, et le récit redevient abondant et animé. Saint Paul arriva 4 Rome la huiti¢éme année du régne de Néron ; il y précha deux ans. II est fort A regretter que saint Luc wait pas raconté les détails de ces deux ans de séjour a Rome, et que les Acées se taisent sur la suite de histoire de saint Paul. Quoi qwil en soit, le livre des Actes est précieux par les renseignements quwil nous a conservés sur l’état des sectes juives a cette époque, sur les superstitions contre lesquelles la nouvelle doctrine avait 4 lutter, sur les préventions que saint Paul rencontra dans le sein du judaisme, et qui le forcerent de s’adresser aux gentils.

— Sous cetitre, Acres pes Apdrres, Peltier publia en 1789 un pamphlet périodique contre ’ Assemblée constituante. Cet ouvrage eut un grand succes. C’était le Charivari de ce temps-la. La satire personnelle en faisait surtout les frais ; on y trouve plus d’esprit que de raison, et plus de gaieté que @esprit; cependant, on distinguait parfois des critiques assez fines et des idées originales, au milieu d’une foule de sarcasmes, de calembours et de mauvaises plaisanteries de tous genres. Par exemple, a propos des discussions de PAssemblée sur la question de savoir a qui appartiendrait le droit de faire la paix et la guerre, Vauteur met en scéne le député Cochon, qui, assez embarrassé de motiver son avis, se tire toujours d’affaire par un hon hon spirituel; et Von finit par décider que Ja paix et la guerre se feront d’elles-mémes. Ailleurs, les rédacteurs de la nouvelle constitution sont travestis en danseurs de corde, faisant leurs exercices sur le fil de fer tendu. Target (un des principaux auteurs de cette constitution ) s’élance, vétu en matelot blanc bordé de bleu, appuyé sur Yorteil du pied droit, la jambe gaucle en Vair, et les coudes arrondis ; Pabbé Siéyés lui présente une pyramide colossale et renversée, en avertissant Passemblée que M. Target allait la mettre en équilibre sur la pointe. Target essaye en effet de mettre la pyramide en équilibre sur le bout de son doigt, pendant que Tallien, habillé en arlequin , chante Yair de Rose ef Colas: Ah! comme il y viendra ! Target voulant répondre, J’ai plus que vous le poignet ferme, fait un faux mouvement; la pyramide lentraine, il roule et disparait. Dans un autre endroit, il produit un fragment de Salluste , retrouvé & Vincennes , dans la chambre qu’avait occupée Mirabeau, et ce fragment est une généalogie de Catilina, dont Mirabeau descend en droite ligne. Ces indications suffisent pour juger ja verve caustique qui animait ce reeuei!. Quant a esprit qui présidait a sa rédaction, il est franchement contre-réyvolutionnaire; il attaque toutes les idées nouvelles, dénigre toutes les réformes; en mn mot, c’était un des organes les plus hardis du parti aristocratique. Les Actes des Apdtres de Peltier forment neuf volumes, qui pendant longtemps ont été trés-recherchés des

amateurs de collections, et qui se vendaient trés-cher tant qu’a vécu la génération qui a connu les personnages auxquels s’adressaient ces personnalités. ARTAUD.

ACTEUR (du verbe agere, agir, qui agit). L’ancien Apparat royal, édit. de 1702, donne de ce mot la définition suivante : « Qui dit en public, sur le théatre ou dans le barreau. » Aujourd@hui, nos avocats, méme les moins célebres, seraient peut-étre peu flatlés d’étre appelés acteurs ; ce mot ne s’applique qu’aux personnes qui montent sur le thédtre pour concourir a la représentation d’une ceuvre scénique. C’est le nom général donné par le public 4 cette profession, depuis le premier tragique jusqu’aux danseurs et aux modestes comparses. Le titre de comédien ou de tragédien sonne cependant mieux aux oreilles de ces messieurs, et la plupart croient devoir prendre la qualité dartiste dramatique.

Chez les nations grecques, douées d’une intelligence vive et dune exquise sensibilité, la profession d’acteur, qui se lie @ celle d’écrivain dramatique par des rapports si intimes, exercée (ailleurs par des citoyens dans les fétes solennelles et aux réunions olympiques, dut nécessairement éfre honorable et honorée. I n’en fut pas de méme chez les Romains, peuple de mceurs énergiques, mais grossiéres, plus fait pour la guerre que pour les jeux de Vesprit. La, les premiers acteurs, sortis de la classe des esclaves, ou tout au moins des affranchis, ou venus des provinces conquises, se trouvérent en concurrence avec des gladiateurs et des entrepreneurs de: combats @animaux , comme plus tard Shakespeare le fut a la cour d’Elisabeth avec les gardiens d’ours. L’infériorité de position de ceux qui exercérent les premiers la profession influa sur le degré d’estime que le sénat jugea devoir accorder a leurs successeurs. Tacite nous apprend que, d’aprés des ordonnances spéciales, un sénateur ne pouvait les visiter chez eux, ni un chevalier romain les accompagner dans la rue. Il fallut les réclamations @un tribun du peuple et le bon sens de Tibére pour maintenir une ordonnance: W’Auguste qui les déclarait exempts du fouet et empécher le sénat de livrer leurs épaules a Varbitraire d’un préteur.

En France, placés entre la noblesse, qui les nourrissait sur le pied de domesticité, et la bourgeoisie, qui, ne les rencontrant dans aucune ville ou corporation de quelque: importance ou de quelque utilité, oublia de les admettre & cette confraternité d’estime que les arts et métiers s’accordaient mutuellement, leur condition était déja fort précaire : la jalousie du clergé devait ’empirer encore. Non content de monopoliser, en faveur des fréres de la Passion, la représentation des mysééres, il travailla a entraver ia représentation des sofies et farces, au profit de concurrents plus gais et plus courus, et dans ce but réchanffa les anathémes que les puritains de la primitive Eglise avaient jadis foudroyés contre les cirques ot on avait martyrisé les chrétiens, et par extension contre les comédiens et les mimes. Ce fut pour les acteurs le comble de la misére. Dans l’ancienne Rome, fouettés, mais grassement payés pendant leur vie, ils avaient en mourant la certitude que leurs os iraient, comme ceux de tout le monde, se calciner sur un bacher, et Vespoir, si Minos n’était pas trop sévére, que les Champs Elyséens s’ouvriraient pour leurs 4mes. En France, maigres pendant leur vie (le pain d’aumdne nourrit mal), leur corps, au moment de son divorce @avec lame, fut condamné a pourrir sans priéres, et leur 4me jetée aux flammes pour Véternité. Notre état social a fait enfin justice dun prgjugé ridicule et odieux contre une profession gui demande une réunion rare de qualités briilantes. Pour réhabiliter Phonneur de la nation francaise, empressons-nous @ajouter que les gens esprit et de godt n’avaient point attendu cette époque. Baron et Lekain, longtemps avant Talma, avaient compté non des protecteurs, mais des ami illnstres, dans Ja noblesse, les sciences et les arts. Prévilleinitiait aux secrets de son art des notabilités de la cour an

moment ot la fureur de jouer la comédie tournait toutes les tétes, longtemps avant que Lafond jouadt le Misanthrope au chateau de Lormoy, de complicité avec madame la duchesse et M. le due de Maillé, premier gentilhomme du roi Charles X. Aujourd’hui que l’on exerce Part théatral sans en étre moins garde national, électeur, juré et éligible, la femme du monde recoit dans son salon le comédien ou tragédien célébre, s'il a de Vesprit et de bonnes maniéres ; le bourgeois ne refuse pas & un artiste dramatique sa soupe, ef méme sa fille, s’il gagne de bons appointements et méne une vie rangée, et le prolétaire professe presque du respect pour tout acleur. SAinT-GERMAIN.

ACTEUR (Piéces 4). C’est le nom significatif que lon a donné 4 un genre de composition dramatique qui con- Siste A sacrifier 8 un talent, souvent méme a un défaut et 4 un ridicule physique d’un acteur aimé du public, toute action, tout style, tout dialogue, toute intrigue. On voit sur-le-champ ce que cette maniére a de servile et de dégradant pour l’art. Au lieu de s’abandonner a son imagination, A son esprit, & sa verve, Pauteur fait poser devant lui un comédien, et tout son travail consiste a lui faire produire de Veffet. Il en résulte quelquefois pour lacteur privilégié une création originale , presque toujours un succes pour l’auteur, mais non une ceuvre qui puisse rester.

ACTIAQUE (Ere). Voyez Ene.

ACTIAQUES (Jeux). Ces jeux étaient anciens. Ils se eélébrérent d’abord tous les trois ans, 4 Actium , en l’honneur d’Apollon. Mais Auguste, aprés la victoire @’A ctium, les ayant renouvelés et leur ayant donné plus d’éclat, les fransporta dans sa nouyelle ville de Nicopolis, ot depuis on les célébra tous les cing ans. Ils eurent lieu ensuite a Rome; Tibére les présida dans sa jeunesse. Virgile, pour plaire & Auguste, ena parlé dans son troisiéme livre de PEnéide. Ces jeux consistaient en courses et en concours de musique. On y observait un singulier usage : on sacrifiait d’abord un beeuf, que l'on abandonnait aux mouches, afin que, s’étant rassasiées de son sang, elles s’envolassent et ne vinssent pas troubler la féte. On voit par les médailles que les Actiaques se célébraient dans plusieurs villes de )’ Asie Mineure. ing

ACTIF (Grammaire). Voyes Verse.

~ACTIF (Commerce). Voyez Bivan et INVENTAIRE.

ACTINIE (du grec dxttv, rayon), genre de polypes de la famille des zoanthaires. On les appelle encore anémones de mer, & cause de leur ressemblance avec cette fleur. Is se composent d’une masse charnue trés-contractile, couronnée & son sommet par un grand nombre de tentacules : au centre est une ouverture, qui sert a la fois de bouche et @anus. Ils se fixent par la base, soit sur le sable, soit aux rochers qui bordent les cotes, a une faible profondeur, et leur adhérence, quis’opere par la succion et produit effet dune ventouse, est si forte qu’on les écrase plutot que de les détacher. Pendant Vété les actinies sont trés-nombreuses sur les rivages de France, et leurs brillantes couleurs, leurs nuances multiples et variées de pourpre , de rose, de bleu, de jaune , de vert et de violet, ainsi que leurs rayons étalés comme ceux d’une fleur double, donnent a ces cotes l’aspect Wan champ émaillé de fleurs ; en hiver elles vont chercher une température plus douce dans des eaux plus profondes. Pour changer de place elles se laissent emporter par les flots , ou se trainent a l'aide de leurs tentacules, qui font alors Voftice de pieds. Ces tentacules sont les organes de préhension ; elles s’en servent pour attirer 4 leur bouche les petits animaux dont elles se nourrissent. L’estemac des actinies est formé par un repli du tégument extérieur, et représente un sac n’ayant qu’une ouverture, Ces animaux ne se reproduisent pas, comme la plupart des polypes, au moyen de bourgeons extérieurs , mais au moyen d’ceufs, qui, aprés s’¢tre développés entre le tégument externe et Pestomac, tombent dans ce dernier, et sont expulsés au dehors par ses contrac-

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