ACTEUR — ACTION
tions. La reproduction se fait aussi quelquefois par des déchirements de la base. Ces animaux ont la faculté régénératrice si grande que, partagés, comme les polypes ordinaires, en plusieurs parties, chacune de ces parties devient au bout d’un certain temps un animal complet. Les actinies sont trés-sensibles & Vimpression de la lumiére et méme au bruit; selon qu’elles sont plus ou moins épanouies, on peut juger si le temps sera beau ou non; elles sont plus sensibles méme que le barométre. Une espéce d’actinie , Yactinie verte de Forkshal, détermine, de méme que certains acaléphes, quand on y touche, une sensation brdlante qui les a également fait nommer orties de mer. Parmi les espéces d’actinies les mieux connues, nous citerons l’acfinie esculente, que on mange en Provence et a Nice; Vactinie rousse, qui est fort commune sur les cétes de la Manche. Cette derniére est large de deux pouces. Les pécheurs l’appellent pisseuse, a cause de la faculté qu’elle posséde de lancer, quand on Virrite, ’eau contenue dans son corps.
ACTION (Philosophie ). Nos actions sont le jeu naturel, régulier, un peu mystérieux, mais susceptible d’observation, dune faculté qu’en psychologie nous appelons aetivité. Cest la puissance d’agir apres avoir voulu. L’activité est donc a la volonté ce que la volonté est a la liberté; Cest-a-dire que pour agir il faut d’abord vouloir, comme pour vouloir il faut étre libre. Qui n’est pas libre ne peut pas avoir de volonté, ne peut pas déployer d’activité. Cependant la volonté est déja un acte, acte d'intelligence sans doute, mais acte véritable, car il n’y a pas de volonté sans une pensée, sans une réflexion, une délibération. Or, la délihération, la réflexion, la pensée, sont des actes, et il y a done un jeu dactivité qui précéde toute volonté. C’est que lame est une, et que ses facultés ont un foyer commun, oit elles sont toutes réunies, ou elles forment ensemble cette vie spirituelle qui se manifeste successivement sous tant de formes diverses et toujours egalement merveilleuses, quelque nom que nous donnions a leur apparition plus ou moins dominante. C’est ainsi que Vactivité, qui joue d’abord son rdle dans la conception primitive de toute idée, concourt a toute induction, a toute réflexion, a toute détermination, se montre au premier rang dés que la délibération est prise et qwil faut agir. En effet, elle prend alors le gouvernement de Pame et du corps; elle dispose de ce qu’il lui faut de facultés de ’un et de Pautre pour réaliser la volonté, effectuer un dessein, accomplir une résolution, en faire des acées, des actions.
Les actes et les actions se distinguent-ils? L’Académie, dont les définitions et les exemples, pris dans toutes les richesses classiques de la langue, ont tant d’autorité, définit le mot acée par celui d’action, le mot action par celui @acte, un expliquant parfaitement Vautre ; mais elle a bien soin d’ajouter des exemples qui nuancent Pun et Yautre, et le plus novice des écrivains, l’étranger lui-méme qui sait un peu notre langue ne dirait pas : le prince a fait une action @autorité; Vacte de Vdme sur le corps est un fait incontestable. Il y a donc une différence sensible pour tout le monde entre Vacte et Paction. Mais cette différence n’est-elle pas grammaticale plut6t que psychologique, puisqu’on dit indistinctement un acte de courage ou une action courageuse? Dans ce cas, oui. Mais je ne puis sous aucune forme employer le mot acte pour remplacer le mot action quand il s’agit de influence de /’dme sur le corps : cest que ie mot acte exprime seulement un fait déterminé, une action une fois accomplie, tandis que le mot action exprime en outre une opération habituelle.
Cependant ce ne sont la que des définitions. Il y a mieux a voir sur ce mot, sur cette faculté, sur les actions de homme. Quels sont les organes et le mode, quels sont les motifs ef le but de nos actions? Quelles en sont les classes, Vimportance, les régles et la valeur? Quel est le rang de la science qui s’en occupe? Voila les questions. Parcourons-les