‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 74 sur 197 · ADAMS · texte numérisé non relu

ADAMS

toujours 4 la possibilité dune réconciliation avec ) Angleterre. C’est ainsi que les voies se trouvérent préparées pour Ta proposition que devait faire Lee d’une déclaration de séparation d’avec Angleterre. La motion , votée le 4 juillet 1776, ouvrit lére de V'indépendance américaine. Adams et Jefferson furent désignés par les membres du comité spécial nommé A cet effet et chargés de rédiger le projet de déclaration Windépendance; mais il est aujourd’hui prouvé que Thomas Jefferson seul en fut l’auteur. Rien que le style et les mots par lesqueis commence cette déclaration, et qui répondent si bien aux idées purticulidres de cet homme d’Etat : « Nous regardons camime une vérité évidente en soi que tous les hommes swt nés libres et égaux, » suffirait pour prouver que ce ful Jefferson qui la rédigea, quand bien méme on n’en aurait pas trouvé plus tard dans ses papiers le brouillon écrit tout entier de sa main, circonstance qui met a néant les prétentions des fédéralistes pour attribuer la paternité de celle cuvre immortelle 4 John Adaws.

En 1777 John Adams fut envoyé en France, oii il trouva le traité Walliance avec cette puissance déja tout conclu par les soins de Franklin, avec qui dailleurs, comme on peut le voir dans la Correspondance de Franklen, priliiée par Jared Spakes, il n’était pas précisément en de fort bons termes. A son retour dans som pays, Adams fut désigné par Etat de Massachusets pour faire partie du comité chargé de rédiger un projet de constitution nouvelle, et ce projet fut en grande partie son ceuvre particuliére. Peu de temps apres, le congrés ’envoya de nouveau en Europe a Yeffet d’y nouer des négociations de paix avec |’Angleterre; et en 1780 il arriva 4 Paris, ou les défiances du cabinet de Versailles, Pinimitié notoire du négociateur contre la France et la jalousie qu’il entretenait contre Franklin, coupable de V’avoir complétement éclipsé dans lestime du public francais, ne Jaissérent pas que de lui susciter de nombreuses difficultés. Dans le cours de la méme année, il se rendit encore avec le titre d’ambassadeur en Hollande, - ou, par d’adroites négociaticns et par des écrits ingénieux dans lesquels il rectifiait les idées du public relativement a la question américaine, il réussit a gagner complétement le gouvernement et Vopinion aux intéréts de son pays. Jl resta en Hollande jusqu’en 1782, époque ou il revint & Paris pour, d’accord avec Franklin, Jay, Jefferson et Laurent, y conclure la paix avec l’Angleterre. En 1785 il se rendit 4 Londres avec le caractére d’ambassa- -deur ; il était le premier agent diplomatique que le nouvel Etat ett encore accrédité auprés du gouvernement anglais. Georges III, qui le savait mal disposé a l’égard de la France et cordialement hostile aux doctrines de ses philosophes , lui dit, lors de sa présentation 4 la cour, qu’il se réjouissait -de recevoir un envoyé qui n’était point imbu de préjugés favorables 4 la France, lennemi naturel de sa couronne. « Je n’ai de préjugés qu’en faveur de mon pays », répondit Adams. A Londres il publia sa Defence of the constitutions and government of the United States (3 vol., 1787).

Revenu en 1787 aux Etats-Unis, il appuya de toute son influence, avec Alexandre Hamilton et autres partisans du fédéralisme, les modifications au pacte fédéral propres 4 consolider la suprématie du congrés sur les différents Etats. Aprés le vote d’une nouvelle loi fondamentale, il fut élu vice-président , puis président en 1797, quand Washington se retira dans la vie privée. Si déja auparavant il s’était fait des ennemis dans le parti démocratique, il devint encore bien autrement impopulaire en raison des mesures auxquelles il eut recougs pour sauvegarder Ja dignité nationale contre les prétentions de la France, et surtout par ses opinions notoirement favorables & l’existence d’une noblesse héréditaire, quwil essaya d’introduire en Amérique sous la forme d'un ordre dit de Cincinnatus, par

ses fendances arisfocratiques franchement exposées dans le livre dont nous avons cité le titre plus haut; et il devait naturellement en ¢tre ainsi a une époque oa la république francaise comptaif tant d’admirateurs parmi les Américains. Pendant qu’il présida aux destinées de son pays, il déploya le plus grand zéle pour lui créer une marine militaire, tandis qu’avant lui c’est 4 peine si on avait encore vu un vaisseau de guerre américain dans les eaux de l’Océan. Quand arriva, en 1801, le terme de sa présidence, Jefferson ne lemporta sur lui dans les élections pour Ja nouvelle présidence qu’& la majorité d’une seule voix.

Adams avait déplu aux deux grands partis qui divisent Soh pays; ses mesures avaient paru trop aristocratiques au parti démocratique, et les fédéralistes les avaient jugées trop libérales. li se retira alors dans son domaine de Quincy, ou il s’occupa activement de travaux littéraires ; et depuis cette époque il lui arriva 4 diverses reprises de recevoir Whonorables (émoignages de la confiance de ses concitoyens. Il avait quatre-vingt-quinze ans lorsqu’il fut appelé, en 1820, & faire partie du comité chargé de réviser la constitution particuli¢re de l’Etat de Massachusets. Le 4 juillet 1826 , cinquantiime anniversaire du jour ou il avait poussé dans la salle du congrés le cri de : vive l’indépendance! ilse réveille a New-York au bruit des cloches et des salves d’artillerie. Son domestique lui ayané demandé s’il se rappelait quel jour c’éfait : « Oh, oui! répondit-il, c’est la belle journée du 4 juillet! Dieu bénisse cet anniversaire ! Que le Seigneur vous bénisse fous! » Le soir méme il rendait le dernier soupir. Quelques instants auparavant, il avait encore dif : « La grande et belle journée! Jefferson y survit! » Mais Jefferson , son heureux rival, était mort le méme jour. Daniel Webster et Edouard Everett ont tracé et publié d’ingénieux paralléles entre ces deux premiers hommes d’Etat qu’ait comptés ’Union américaine , a occasion de leurs obséques, célébrées simultanément.

ADAMS (Joun-Quincy ), sixiéme président des Etats- Unis de Amérique du Nord ( de 1825 a 1829 ), fils du précédent, naquit dans le Massachusets, le 11 juillet 1767. Encore enfant, il suivit son pére en Europe, ou celui-ci avait été chargé d’importantes missions diplomatiques, peu de temps aprés la révolution américaine; et une grande partie de sa jeunesse s’écoula d’abord a Paris, puis 4 La Haye, et enfin en Angleterre, oi son pére remplit les fonctions d’ambassadeur. A l’époque oi son pére devint président de PUnion, J.-Q. Adams fut accrédité 4 Berlin comme ministre plénipotentiaire. Cette mission lui fournit loccasion de parcourir Ja Silésie; et il publia sous forme de lettres , dans le Portfolio, journal de Philadelphie, une description de cette contrée, qui ne réussit que médiocrement en Amérique; cependant elle fut traduite en allemand et en francais. John-Quincy Adams partageait toutes les idées de son pére; il aimait peu les Francais, et voulait maintenir 4 tout prix la paix avec l’Angleterre; n’envisageant qu’avec effroi les nombreux éléments démocratiques que contient la constitution américaine, il estimait qu’il fallait s’efforcer d’y opposer une digue en constituant une puissante aristocratie. Aussi Thomas Jefferson, chef du parti démocratique , ne fut pas plus tt élu, en 1801, président des Etats-Unis , qu’il le rappela de Berlin. J.-Q. Adams fut alors nommé professeur d’éloquence a 'université d’Harvard , dans le Massachusets , grand centre d’action du parti fédéraliste. Mais il ne tarda pas arentrer dans la carriére politique, et fut ensuite envoyé comme sénateur de cet Etat & Washington. Il s’y montra l'un des défenseurs les plus zélés du parti fédéraliste, quoique, une fois que la guerre eut éclaté, il ait su avec beaucoup @habileté paraitre changer de réle et se rapprocher du parti de James Madison. Cependant, il est démontré quwil était au fait des intrigues de la convention d’Hartford, dont les membres ne se proposaient rien moins, dit-on, que de conclure une paix particuliére avec

YAngleterre et de détacher de l'Union les six Etats de la Nouvelle- Angleterre, & savoir : le Maine, Massachusets, Vermont , New-Hampshire , Rhode-Island et Connecticut. Madison Penvyoya avec le titre de plénipotentiaire en Russie, et ensuite en Angleterre. En cette qualité il prit part, en 1814, avec les commissaires envoyés 4 Gand par le gouvernement américain , aux négociations pour la paix avec la Grande-Bretagne. Monroe, qui sut si bien dompter Vesprit de parti qu’’ expiration des quatre premiéres années de 6a présidence il fut réélu sans opposition, rappela Adams & Washington , et le nomma ministre secrétaire d’Etat. En cette qualité, Adams noua avec Castlereagh, et plus tard avec Canning, les premiéres négociations relatives au droit de visite; et elles eussent amené la conclusion d’un traité en vertu duquel les Anglais auraient pu exercer le droit de visite jusque sur les cétes de l'Union si le sénat ne s’était pas refusé a le ratifier et n’y avait pas ajouté de nouyelles conditions auxquelles il était impossible que PAngleterre donnat son assentiment. Aprés Monroe , Crawford, Clay, Adams et Jackson furent les candidats qui se mirent sur les rangs pour la présidence. Jackson avait le plus grand nombre de voix; mais comme il n’avait pas la majorité absolue, aux termes de la constitution des Etats- Unis ce fut 4 la chambre des représentants que se trouva dévolu le droit d’élection. Henry Clay et Adams s’entendirent alors pour que le premier reportat ses voix comme aussi celles de Crawford sur Adams, mais a la condition d’étre nommé par celui-cisecrétaire d’Etat, et avec promesse d’appui pour sa candidature personnelle aux prochaines élections. Grace 4 cette manceuvre, Adams fut élu président ; mais dés la premiére année de son administration l’édifice ainsi artificiellement élevé s’écroula. Pendant les quatre années qu’il exerca le pouvoir, Adams eut constamment a lufter contre des majorités démocratiques; il n’y avait pas six mois qu'il était président, que déja il avait perdu tout espoir @’étre jamais réélu. Il finit par se résoudre a sacrifier 4 la marée montante de la démocratie les amis qui l’avaient jusqu’a ce moment toujours appuyé et défendu. En gage de la sincérité de sa conversion récente a la démocratie, il publia les noms des membres de cette convention d@ Hartford dont ila été question plus haut, signalant les projets de haute trahison qu’ils avaient concus et compromettant par 1a les premiéres familles de Boston. Une telle conduite lui fit perdre l’estime de ses amis et de ses ennemis, et Jackson fut élu président 4 une énorme majorité.

Adams se retira alors dans son domaine de Quincy, aux environs de Boston; mais au bout de deux ans il se portait déja candidat aux élections pour la place de représentant de son district. Le systéme qu’il suivit 4 Végard des sociétés secretes en général, et plus particuliérement a légard des francs-magons , de méme que les théories sur Vabolition de Yesclavage développées par lui pendant les deux années qu’il passa ainsi loin des affaires publiques , assurérent son élection. Depuis lors on le vit se présenter chaque année au congrés sans y exciter de sympathie, sans y avoir d’amis ni de parti, tenant dans sa main tremblante une pétition abolitionniste et la recommandant a l’attention de Ja chambre, non pas avec l’espoir de faire prononcer la suppression de lesclavage, mais uniquement pour constater et maintenir le droit de pétition. Quand en 1841 la chambre des représentants décida une fois pour toutes qu’d l'avenir on se bornerait 4 déposer sur le bureau toutes les pétitions de ce genre sans en donner lecture, Adams, l’année suivante, alla jusqu’a présenter une pétition dans laquelle on osait demander la dissolution de Union américaine. Il eft immanquablement été pour ce fait expulsé du corps législatif, s'il n’avait eu la précaution de déclarer qu'il était personnellementcontraire aux idées développées dans la pétition, et qu’il ne s’était chargé dela remettre 4 lachambre que pour assurer in abstracto Vexistence du droit de pétition , et encore s'il

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