‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 76 sur 197 · ADANA — ADDISON · texte numérisé non relu

ADANA — ADDISON

turelle de sa position géographique , qui en fait un poste intermédiaire des relations entre la Syrie et Asie Mineure. Elle occupe emplacement de Vancienne Bathne, célebre jadis par les agréments de son site. Pompée la peupla avec des pirates. Plus tard, les rois de Syrie Pélevérent au rang de ville. sous le nom d’Antiochia ad Sarum. Dans les différends qui éclatérent entre le vice-roi d’Egypte, Méhémet- Ali et la Porte, Adana acquit une grande importance, parce quelle est la clef du nord-ouest de la Syrie. Aussi, aprés la victoire renrportée & Konieh, le 21 décembre 1832, par Thrahim-Pacha, Méhémet-Ali s’empressa-t-il de s’emparer d’Adana, Mais le traité du 15 juillet 1840 lui imposa Vobligation de l’évacuer; et cette évacuation, en hatant la chute des villes de la cOte de Syrie oti les Egyptiens avaient garnison, permit aux Tures de venir reprendre possession d’Orfa et d’Adana, qui leur assurent les défilés du Taurus. ADANSON ( Micuet), célébre naturaliste, né a Aix en Provence, le 7 avril 1727, d’une famille d’origine écossaise, apres avoir fait de brillantes études a Paris, fut entrainé par un penchant décidé vers Pétude de Vhistoire naturelle. Réaumur et Bernare de Jussieu furent ses principaux guides. En yain ses parents, le destinant a V’état ecclésiastique, lui ayaient fait donner un canonicat; Adanson le refusa, et, jaloux d’apporter a la science son tribut de découvertes, il résolut @explorer le Sénégal, dont le climat insalubre avait jusque la éloigné les naturalistes. Agé seulement de vingt et un ans, ils’embarqua a ses frais, donnant ainsi !’exemple d’un rare désintéressement et d’un dévouement entier a la science. Il poursuivit ses recherches pendant cing années avec une ardeur infatigable; dressa une carte du fleuve Sénégal, que l’on n’ayait pas encore reconnu, ef rassembla des vocabulaires des langues des diyerses peuplades négres qu’il avait fréquentées. A son retour en France ses ressources étaient épuisées; il naurait pu faire connaitre ses précieuses découvertes sans assistance de M. de Bombarde. Ce fut en 1757 qu’il donna son Histoire naturelle du Sénégal (Coquillages) , avec la relation abrégée dun Voyage fait en ce pays pendant les années 1749-1753, un vol. in-4°. Dés 1756 il avait vivement excité attention par son Mémoire sur le Baobab. Il fit connaitre les causes de l’accroissement progressif de cet arbre extraordinaire. Il donna ensuite Vhistoire des arbres qui produisent la gomme dite d’Arabie, branche importante du commerce du Sénégal. A la suite de ces divers travaux il fut nommé membre titulaire de ’ Académie des Sciences et censeur royal. Il publia en 1763 ses Familles des Plantes (2 vol. in-8°). Dans ce livre Adanson combattait les idées de Linné, et, attribuant les vices de son systéme a ce qu’il était fondé sur Vobservation d’un petit nombre de caractéres seulement, il cherchait 4 fonder une méthode sur l’observation de l’ensemble des parties et de leurs rapports. Bientot, entrainé par la logique conséquente de son systéme, il voulut en poursuivre l’application non plus seulement aux plantes, mais a tous les ¢tres ou, suivant son expression, a toutes les existences. En 1775 il présenta & YAcadémie le plan de Pentreprise gigantesque qu’il préparait depuis longtemps; la premiére partie aurait formé a elle seule 27 vol. in-8¢ : elle était intitulée : Ordre universel de la nature, ou méthode naturelle comprenant tous les étres connus, leurs qualités matérielles et leurs facultés spirituelles , suivant leur série naturelle, indiquée par Vensemble de leurs rapports. Elle devait étre accompagnée de six autres parties, qui en formaient en quelque sorte le complément. Mais ce plan fut jugé au-dessus des forces d’un seul homme, et Adanson ne trouva pas auprés du gouvernement les encouragements sur lesquels il comptait pour cette ceuvre immense. Il ne se découragea pourtant pas, et il continuait a recueillir des matériaux quand éclata la révolution frangaise. Adanson perdit alors le peu de fortune qui lui restait, et vit méme dévaster sous ses yeux son bien le plus précieux, un jardin dans lequel il suivait depuis plusieurs an-

nées des expériences multipliées sur la végétation, et notamment sur la culture des miriers.

A Vépoque de sa création, l'Institut s’empressa d’inviter Villustre vieillard & venir prendre place parmi ses membres, Adanson répondit qu’il ne pourrait se rendre a cette invitation, parce qu’il n’avait pas de souliers; ce fut par la seulement qu’on apprit sa détresse. Le ministre de Vintérieur lui accorda une pension. Adanson est mort le 3 aodt 1806. Ila fourni de savants mémoires 4 la collection de Académie, I] a fait en outre, pour Je supplément de P Encyclopédie de Diderot des articles sur les plantes exotiques.

Cuvier a composé un Eloge historique d’Adanson, dont M. Etex a faitla statue pour le Jardin des plantes. Bernard de Jussieu lui a dédié un genre de la famille des malyacées qui comprend le bao bab(adansonia ).

ADDA, riviére d’Italie, qui prend sa source dans la Valteline, qu’elle arrose dans toutesa longueur. Elle traverse ensuite le lac de COme, parcourt Je Milanais du nord au sud, et va se perdre dans le Pd, au-dessus de Crémone. Ses rives furent témoins de plusieurs batailles ou combats célébres. L’an 223 avant J.-C., une nombreuse armée de Gaulois insubriens ravageait I’[talie, lorsque le consul Flaminius, a la téte des légions romaines sous ses ordres , vient ’attaquer sur les bords de Adda, la disperse, lui tue huit mille hommes, lui fait seize mille prisonniers, et s’empare dun immense butin. — Lorsqu’en 490 Théodoric et Odoacre se disputaient la possession de l’Italie, leurs armées se rencontrérent dans les plaines arrosées par Adda, Aprés um combat opinidtre et le plus affreux carnage, Odoacre, vaincu par son compétiteur, prend la fuite et laisse au roi des Goths la victoire et le titre de roi d’Italie. Pendant les mémorables campagnes de Bonaparte en ftalie, les rives de Adda furent témoins , en 1795 et 1796, de plusieurs combats partiels entre nos troupes et l’ennemi. — Sous la domination francaise, Adda donna son nom a un département.

ADDINGTON (Henri ). Voyez Sipmours.

ADDISON ( Josep ), néle 1°" mai 1672, 4 Milston, dans le Wiltshire, ou son pére remplissait les fonctions du ministere sacré, termina ses études 4 Oxford. Avant de quitter Puniversité il composa des poésies latines remplies de gott et d’élégance , qui commencerent 4 le faire remar— quer. Un poeme latin sur la paix de Ryswick, dédié au roi Guillaume, lui valut, grace 4 Congréve, la protection de lord Sommers et de lord Montague, devenu depuis marquis d’Halifax, ainsi qu’une pension de 300 livres sterling qui lui donna le moyen de voyager. Aprés avoir passé un an a Blois pour apprendre le frangais, il parcourut l’Italie, ou il écrivit ses plus élégantes productions, sa lettre & lord Halifax et quatre actes de sa tragédie de Caton. Sur ces entrefaites le ministére vint 4 changer, et sa pension lui fut retirée; il revint presque sans ressources 4 Londres, et publia son Voyage, dont Vhistoire de la petite république de: Saint-Marin est le morceau le plus intéressant. Il fit paraitre a la méme époque ses Dialogues sur les Médailles. La bataille d’Hochste lt (1704) excita alors la joie la plus. vive dans toute l’Angleterre. Lord Godolphin, désirant qu’un poéte célébrat cet événement national, en chargea Addison ,. sur la recommandation de lord Halifax. Avant d’avoir méme terminé son poéme, Addison recut la place de commissaire des appeis, dont Locke s’était démis.

En 1705 Addison accompagna lord Halifax en Hanoyre, ef fut année suivante ncmmé sous-secrétaire d’Etat. A cette époque il dédia 4 la duchesse de Marlborough son. opéra de Rosemonde, premier essai de drame musical en anglais , fait 4 imitation des opéras italiens. Le comte de Wharton ayant été nommé vice-roi d’Irlande, Addison I’y accompagna en qualité de secrétaire, et réunit a cette charge la sinécure d’archiviste du chateau de Birmingham. Ce fut alors que sir Richard Steele, l'un de ses amis d’enfance, fonda la feuille périodique intitulée the Tatler (le

Babillard ). Il publia ensuite le Spectator et le Guardian. Addison écrivit beaucoup dans ces différents recueils , et en a seul retiré la gloire. Le Spectateur surtout, publication dun genre tout nouveau, obtint un immense succes. Addison y présente le tableau des murs de son siécle, esquissant les caractéres, corrigeant les meeurs, flagellant les ridicules et les vices 4 la mode, tantdt avec le langage sévére de la raison, tantdt avec le ton piquant de V’ironie la plus spirituelle et de la satire la plus vive, et prouvant, par la maniére adroite dont il maniaif ces armes tranchantes , combien il y avait d’élévation dans son talent, combien il y avait, sinon de profondeur, du moins de sens, dans ses jugements sur les hommes et sur les choses. On peut reconnaitre les articles d’Addison dans le Spectateur. Ils sont signés d’une des lettres du mot Clio.

En 1713, Addison fit jouer sa tragédie de Caton, qui eut trente-cing représentations , et obtint 4 Londres et dans les provinces un succés immense, di moins au mérite intrinseque de cette piéce, faible et essentiellement froide, dans laquelle Addison prouva qu’il était plus bel esprit que poete, qu’aux allusions politiques qu’elle offrait : whigs et tories Vapplaudirent de concert. Deux ans aprés, il fit représenter une comédie que l’on connait moins, le Tambour ; en méme temps il rédigeait des pamphlets et des journaux politiques, tels que le Whig Haaminer, le Free Holder ( Franc Tenancier ). Dévoué au ministére , il retourna pour la seconde fois en Irlande comme secrétaire de lord Sunderland, nommé vice-roi, et revyint apres la mort de la reine Anne pour étre nommé secrétaire de la régence avant Varrivée du roi Georges. Quelques années aprés, il fut nommé ministre. Mais on s’apercut bientét de son incapacité pour un poste si élevé, Il ne savait ni parler en public ni défendre les mesures du gouvernement. Les différentes mortifications qu’il essuya en cette qualité et V’affaiblissement graduel de sa santé le décidérent a se démettre de cet emploi. Il recut une pension de 1,500 livres sterling, et résolut de consacrer le restant de sa vie uniquement 2 la culture des lettres. Une tragédie sur la Mort de Socrate, une traduction en vers des Psaumes, une Défense de la religion chrétienne Yoccupérent tour a tour sans qu’il edt le temps de terminer aucun de ces ouvrages. Il avait épousé la comtesse douairiére de Warwick ; mais cette alliance, qu’il avait tant ambitionnée , ne le rendit pas heureux. Jl mourut en 1719, a Hollandhouse, prés de Kensington, et son corps fut déposé a V’bbbaye de Westminster.

Addison est considéré en Angleterre comme un poéte spirituel, élégant, harmonieux. On le compare souvent a Pope et 4 Dryden. Sans souscrire 4 ce jugement, on ne peut contester qu’Addison brille au premier rang parmi les prosateurs. Le Spectateur et le Voyage en Italie sont peutétre les ouvrages les plus remarquables de la littérature anglaise. Sa prose est sous tous les rapports classique, et mérite d’étre étudiée, 4 cause de sa pureté et de sa noble simplicité. C’est lui qui contribua le plus a faire apprécier Je génie de Milfon, que l’Angleterre avait longtemps méconnu. — Homme religieux, grave et réservé, Addison était embarrassé dans le monde. Lord Chesterfield a dit de lui qu’il n’avait jamais rencontré d’homme plus modeste et plus gauche. Cependant dans le cercle de lintimité sa conversation était facile et agréable.

Les cuvres d’Addison ont été publiées en 1761 par Baskerville (Birmingham, in-4°); en 1815, avec des notes par Richard Hurd (Londres, 6 vol. in-8°; Oxford, 1830, 4 vol. in-8° ). Presque tous ses écrits ont été traduits en francais: Ze Babillard, par A. de Lachapelle (1734, 2 vol. in-12); Ze Spectateur, par J.-B. Moét (1754, gros in-8°) ; 4e Guardian, sous le titre de Mentor moderne, par Van Effen (1725, 3 vol. in-12); le Free Holder, sous le titre de l’ Anglais jaloux de su liberté (1727, 1 vol. in-12). Le Caton a été traduit successivement par Dubos, Guillemard, Deschamps

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