ADRIEN
un magnifique pont élevé sur Je Danube par Vordre de Trajan, dans la crainte qu’il ne servit aux barbares. Les guerres qu’il fut contraint de faire furent des guerres de conservation. Telles sont celles qu'il entreprit contre Jes Alains , les Sarmates et les Daces, qui faisaient des incursions dans ’empire, et contre les Juifs , qui, blessés dans leur croyance par la construction d’un temple de Jupiter a Jérusalem, s’étaient révoltés sous un prétendu messie, nomm<¢ Barkokébas. Adrienemploya treize années de son régne, de Van 119 a Van 132, & visiter son empire, marchant pour Vordinaire a pied et la téte découverte. II laissait partont des traces de sa munificence et de sa libéralité, en méme temps que sa Vigilance était le plus sir garant de la paix. Ainsi en Angleterre il fit construire une muraille de trente lieues de longueur pour mettre le pays a V’abri des invasions des Calédoniens. A soixante ans il adopta Lucius Vérus, et, celui-ci élant mort, il adopta Antonius , a la condition qu’Antonius adopterait Marc-Aurele et le filsd’ lius Vérus, donnant ainsi de dignes héritiers présomptifs a empire. Dans les derniéves années de son régne il laissa son successeur s’essayer a ’empire, et se retira a Tibur, dans un magnifique palais, qwil fit construire daprés ses propres plans. En outre, il avait couvert empire de monuments : il avait rebati Jérusalem, nommée en son honneur lia Dans les Gaules, l’Aréne de Nimes et le pont du Gard; en Espagne, le tombeau de Pompée sont un témoignage de son amour des arts et de sa munificence. Il adoucit la condition des esclaves, et retira aux maitres le droit absolu de vie et de mort qu’ils possédaient sur eux. Il ne persécuta point les chrétiens aprés qu’Aristide et Quadratus, évéque d’Athénes, lui eurent démontré la fausseté des accusations portées contre eux. On prétend méme qu’il forma le dessein de batir un temple au Dieu des chrétiens et de V’admettre parmi les autres dieux. I] prohiba les sacrifices humains, qui se faisaient encore dans certaines parties de ’empire, et publia l’édit perpétuel, vaste corps de lois qui régit ’empire jusqu’au temps de Justinien. Adrien mourut 4 Bajes, Pan 138, a Page de soixante-deux ans. Les vers qu’il fif dans ses derniers moments prouvent quwil vit sans s’émouvoir sa fin prochaine. Comme revers de si brillantes qualités ef d’un régne aussi sage, l’histoire reproche a Adrien sa honteuse passion pour le bel Antinowis, une superstition ridicule et qui semble inconciliable avec l’élévation de son esprit, et quelques cruautés sur ta fin de sa vie.
ADRIEN. On compte six papes de ce nom.
ADRIEN I*', né a Rome, régna de 772 a 795, et fut lami de Charlemagne, qui, pour le récompenser du zéle avec lequel il avait défendu ses droits a la couronne , le protégea de ses armes contre Didier, roi des Lombards (774), et confirma le don de Pépin. En confirmant les résolutions prises en 786, au concile de Nicée, relativement au culte des images, Adrien mécontenta fortement ’empereur, qui fit rejeter ces résolutions par le synode tenu a Francfort-sur-le-Mein en 794. Adrien combattit cependant avec tant d’habileté les motifs de la décision de ce synode, que Charlemagne n’en resta pas moins son ami; et a la mort du pontife, arrivée en 795, ’'empereur composa lui-méme son épitaphe, qu’on voit encore aujour@hui an Vatican.
ADRIEN II, cent cinquiéme pape, né & Rome, fils de Talan, évéque, et dela famille d’Etienne IV et de Sergius IT, était déja 4gé de soixante-quinze ans quand il fut salué pape. ll succéda a Nicolas 1°", en 867. Il communia de sa main Lothaire IL, roi de Lorraine, qui avait fait le voyage du Mont- Cassin pour faire lever excommunication dont Pavait frappé Nicolas 1°", a cause de son divorce avec Theutberge. Son intervention dans la querelle de succession qui éclata a la mort de Lothaire, entre Charles le Chauve et l’empereur Louis, lui attira Pinimitié du roi de France. Dans ce royaume ilsoutint avec peu de succes une lutte engagée contre son autorité. On déposa, malgré lui, Hinkmar, évéque de