‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 89 sur 197 · ADRESSE — ADRETS · texte numérisé non relu

ADRESSE — ADRETS

tils-hommes ordinaires de Francois I**, Promu, aprés la mort de ce roi, au grade de colonel, il s’était déja signalé par l’excés de son intrépidité et la violence d’un orgueil qui

ne souffrait et ne pardonnait aucune offense. D’Ailly de

Pecquigny , gouverneur du Montferrat, ayant livré aux Espagnols cette place , le jeune des Adrets Vinsulta par une provocation publique ; il offrait de prouver en champ clos, selon les anciennes lois du royaume, que d’Ailly avait forfait 4 Vhonneur en n’opposant a Vennemi aucune résistance. D’Ailly répondit 4 cette provocation par une dénonciation que les princes de Lorraine soutinrent; il fut défendu au baron des Adrets de renouyveler son accusation , dont le gouverneur fut déchargé solennellement. Déclaré calomniateur par jugement solennel et authentique , il concut une rage profonde contre les Guises, qu’il ne cessa plus de poursuivre de sa haine. Catherine de Médicis les craignait et voulait les détruire, le baron des Adrets était un instrument propre a servir ses vues; dans une lettre qui s’est conservée, elle ’'engagea vivement a Ja servir en servant sa propre vengeance, a lever des troupes, protestantes ou catholiques, peu importait, et a ruiner cette maison de Lorraine, ennemie de l’Etat. Ravi de trouver une occasion commode de vengeance, des Adrets embrasse aussitot le parti de Condé, et, dirigeant avec une activité et une vigueur incroyables le fanatisme des protestants, envahit successivement Valence, Lyon, Grenoble, Vienne, Orange, Montélimart , Pierrelatte , le Bourg, Boléne, etc. Signalant son passage par le meurtre et la cruauté froide, et semant l’épouvante sur sa ronte, tantdt il pendait une garnison qui se rendait, tantdt il décapitait en riant tous ses prisonniers. Les chefs de la cause protestante reculérent devant les succés souillés que le baron leur apportait. Soubise fut nommé, a l’exclusion de des Adrets, lieutenant général du prince de Condé. Alors ce catholique, chef de protestants, s’apercut que Ja haine l’avait jeté dans une position fausse, et que jamais il n’obtiendrait, méme en le faisant triompher, la confiance du parti qu’il servait. Des négociations entamées entre lui et le duc de Nemours, tendant 4 sa réconciliation avec les catholiques, parvinrent 4 la connaissance de Condé, qui le fit arréter par les anciens lieutenants du baron lui-méme, Montbrun et Mouvans. Les deux partis pouvaient le faire pendre, il avait trahi .’un et autre; mais la fermeté de sa défense et la terreur qu’il inspirait Pemportérent sur Ja haine de ses ennemis. Aprés l’édit de pacification de 1563, il fut relaché, sans étre ni condamné ni absous, comme un tigre qui aurait embarrassé ceux qui l’avaient pris. Bientét devenu Vinstrument du roi contre les protestants et Condé, comme il avait été Pinstrument de Catherine contre les Guises , il s’occupa, c’est le mot dont il se servit, a défaire les huguenots qu’il avait /aifs. Mais cet homme, qui n’avait pour mobiles que sa passion et sa vengeance, ne pouvait conquérir la confiance d’aucun parti ; le roi Je fit arréter et enfermer a Pierre-Encise. Rendu a la liberté en 1571, aprés la paix, il vint de lui-méme affronter 4 la cour ses ennemis, et demander jugement de sa conduite. Son audace fut encore victorieuse, et le roi, par acte authentique, le déclara exempt de tout blame, en le chargeant d’aller, dans le marquisat de Saluces, réprimer les tentatives du duc de Savoie. Dés qu’il y parut , tout fut tranquille : ce fut 1a qu'il apprit la mort de ses fils, Painé tué pendant la nuit de la Saint-Barthélemy , Pautre pendant Je siége dela Rochelle; juste punition du ciel, qui laissait seul et sans postérité ce vieillard qui avait fait tant d’orphelins. Une profonde douleur lui saisit le coeur, et il se retira dans son chateau, ob il mourut le 2 février 1586, maudit de fons, sans que nul le regrettat , et calomnié par la haine publique, qui poursuivait en lui l’égoisme et la cruauté de toute une vie. Sans fanatisme de religion ni de patrie, ii Mavait pensé qu’a se venger personnellement. Il s’était réjoui dans le sang de ses ennemis,

ADRETS — et n’avait épargné pour le verserni trahisons ni infamies. On connait ce mot du soldat forcé par lui de se précipiter 4 son tour, et comme toute la garnison, des créneaux dune tour clevée : « Tu t’y reprends & deux fois ; allons, je n’ai pas de « temps a perdre, — Baron, lui répondit le malheureux , « que cette repartie sauva, je vous le donne en quatre. » Cest peut-etre le seul homme auquel des Adrets ait accordé la vie. — Deux biographes ont écrit Phistoire de des Adrets : Allard (1675, Grenoble ) et J. C. Martin (1803). La plupart de ceux qui ont parlé de ce monstre ont négligé le trait spésial de son existence et de son caractére. Ce n’était point une dme ambitieuse ni un esprit fanatique ; c’étail une vindicte inexorable, une éducation italienne du seiziéme siécle, jointe & la bravoure frangaise , 4 un orgueil démesuré , a un égoisme infini. Philaréte CuasLes.

ADRIANI (Villa). Voyes Tisur.

ADRIANIBES, fétes en Phonneur de Vempereur Adrien. Le trente-quatriéme marbre d’Oxford prouve quily avait dans ces fétes des concours de musique, et qu’on les célébrait 4 Rome, a Thébes et a Ephese.

ADRIATIQUE (Mer), ou Golfe de Venise. Crest la partie de la Méditerranée qui baigne les cdtes orientales de Vitalie et PIlyrie, la Dalmatie et PAlbanie. Elle s’étend du cap d’Otrante au sud-est, au fond du golfe de Trieste, au nord-ouest, entre 40°5’ et 45°55’ de latitude, sur une longueur d’environ 750 kilométres. Le littoral est sans sinuosités profondes; les seuls golfes qu’on y rencontre sont ceux de Manfredonia, de Trieste et de Quarnero. Les cétes occidentales sont basses et sans ports, les cétes orientales sont escarpées et forment de bons ports. La marée ne s’y fait sentir que faiblement, a part quelques localités, comme Venise, oui elle s’éléve 4 un métre et demi; mais eau y est plus salée que dans tout le reste de la Méditerranée : c’est que l’Adriatique recoit peu de fleuves. Le Po et l’ Adige sont ses seuls affluents considérables. Les principaux ports de la mer Adriatique sont Trieste, Venise, Ancone et Fiume. Elle doit son nom a la ville d’Adria, prés de Yembouchure du Po, qui fut tres-célébre dans Pantiquité, par son commerce. Ce fut, comme on sait, a la république de Venise qu’échut ensuite la domination sur cette mer.

ADRIEN (Pustivs Evius Anrianus ou Haprianvs ), empereur romain, naquit a Rome le 24 janvier 76. Son pére, #lius Adrianus Afer, était connu de Trajan; sa mére, Domitia Paulina, appartenait a une illustre famille de Cadix. Trajan fut son tuteur. Dans sa jeunesse il étudia les lettres avec tant d’ardeur qu’on V’appelait Graculus (le jeune Grec). I] servit de bonne heure dans l’armée, et était tribun @une légion avant la mort de Domitien. L’armée de la basse Moesie le choisit pour complimenter Trajan , adopté par ’empereur Nerva, et ce fut encore lui qui apporta a ce prince la premiére nouvelle de ja mort de Nerva. Adrien regagna par ses talents et son courage les bonnes graces de Trajan, quil avait perdues par ses écarts et sa prodigalité, et épousa sa petite-niéce. Il était gouverneur de Syrie quand il apprit que Trajan Vavait adopté en mourant. II se fit aussit6t proclamer a Antioche (117). Ona prélendu que ce fut Plotine, Pépouse de Trajan, qui supposa cette adoption; mais ce fait n’est rien moins que prouvé.

L’empire romain 4tait arrivé sous Trajan a sa plus grande extension ; mais l’extréme diversité des races et des éléments qui s’y trouvaient rassemblés ainsi que les empiétements continuels et progressifs des barbares y apportaient des germes puissants de dissolution. Adrien comprit la situation et le rdle qu’il avait 4 jouer. Doué de qualités guerriéres et de talents militaires, il ne se laissa pas séduire par la gloire des armes qui avait entrainé Trajan. 11 comprit que Je temps était venu d’arréter la crue du colosse romain; et, pour mieux assurer la prospérité de Etat, il se résigna a abandonner une partie des conquétes de son prédécesseur. Ll limita ’empire a lEuphrate et fit méme abattre

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