HUBER — HUBERT
éveillé son attention sur les mystères de l'histoire naturelle |
des abeilles, il entreprit, malgré sa cécité, de les éclaircir, et pour y parvenir il enseigna l’art difficile de l'observa-
tion à son domestique, François Burnens. Des ruches de :
verre ingénieusement disposées servirent à étudier ces petits insectes, Ce fut des observations de son domestique, qui
se trouvèrent d'accord avec celles d’autres amis prenant : part à ses études, qu’il déduisit les résultats qu’il publia
pour la première fois dans des lettres à Bonnet, sous le
titre de Nouvelles Observations sur les Abeilles (1792). ,
Burnens ayant été chargé d’autres soins, la femme de . annoncer la dissolution de Assemblée à la garde nationale, tions avec Sennebier, qu'il consulta dans ses recherches | sur la respiration des abeilles. Il fit ensuite sur la germina- ;
Huber, puis le fils de Burnens, continuèrent les observa-
tion des semences des observations qu’il a consignées dans
un Mémoire sur l'influence de l'air et des diverses sub-
stances gazeuses dans la germination de différentes plantes (Genève, 1801). Ses observations ultérieures sur
les abeilles se trouvent dans la nouvelle édition de l'ouvrage |
mentionné ci-dessus (2 vol., Paris et Genève, 1814). Huber fonda à Genève la Société de Physique et d'Histoire naturelle. 11 se servait de la typographie pour la plus grande partie de sa correspondance, et il y fut aidé par l’habileté
en mécanique d’un domestique, Claude Lechet, qu’il forma |
à ce service. Il passa ses dernières années à Lausanne, auprès de sa fille, dans les bras de laquelle il mourut, le 21 décembre 1831. Deiille l’a célébré dans son poëme des Trois Règnes de la Nature.
HUBER ( Louis ou ALoysius), corroyeur, qui s’est fait un nom dans nos troubles civils, est né en 1814, à Vasselonne ( Bas-Rhin). Combattant de juillet 1830, un romancier le fait déjà paraitre alors à l’hôtel de ville pour demander la république à la commission municipale. Membre de la Société des Droits de l'Homme, compromis dans l'affaire dite du complot de Neuilly , il fut condamné à cinq ans de prison, et mis en liberté par l’amnistie du 11 mai 1837. Placé néanmoins sous la surveillance de la haute police, il resta longtemps à Paris, puis partit pour Londres. Le 8 décembre 1837 il débarque à Boulogne, et perd son portefeuille en débarquant. Un employé des douanes le trouve et le remet aux autorités. Il y avait dedans des pièces compromettantes, un plan de machine infernale. Huber, arrêté à son hôtel, est traduit devant la cour d'assises de la Seine, avec M!!° Grouvelle, Steuble, Leproux, Anat et d’autres; il se voit condamné à la déportation pour complot contre la vie du roi. Prisonnier récalcitrant , il subit les plus rudes traitements en prison, et sa santé s’altéra gravement. La révolution de février lui rendit sa liberté, et le 13 mai il fut nommé gouverneur du château de Raincy. Membre du comité central de la Société des Droits de l'Homme et
résident du Comité centralisateur qui avait remplacé le Club des clubs, il présida à l’organisation de la manifestation du 15 mai 1848. 11 rédigea un manifeste, fixa le jour, V’heure et le lieu de la réunion des clubs et des corporations ouvrières qui voulaient porter une pétition à l’Assemblée nationale, régla en un mot l’ordre et la marche de la manifestation en faveur de la Pologne. A cet effet, il fit une convocation publique par la voie de la presse, des ‘ournaux et des affiches, et par des délégations directes ; y joïgnant:toujours la condition expresse que cette manifestation aurait lieu pacifiquement et sans armes. Barbès lui demanda des ajournements, en obtint plusieurs ; mais la dernière convocation eut-lieu malgré ses démarches. Le 13 mai Huber avait d’ailleurs fait décider que si on était attaqué on se défendrait et qu’on irait chercher ses armes.
Le 15 mai Huber partit de la place de la Bastille à la tête de la manifestation, au milieu des bannières et des délégués des clubs, 1] se détacha du cortége sur la place de la Concorde, et*une demi-heure avant l'ouverture de la séance de PAssemblée constituante il pénétra dans la salle; le secrétaire général le fit sortir, mais il y rentra bientôt après, quand la séance commençait. Invité de nouveau à se reti-
rer, il déclara que si on laissait lire la pélitien, tout se passerait bien, mais que si on s’y refusait, il y aurait du désordre. Après l’envahissement de l’Assemblée, la lecture de la pétition et le discours de Blanqui, Huber monta à la fri. bune, et demanda que le peuple pat défiler devant l'assemblée. Épuisé, il s’'évanouit; mais revenu à lui au bout d'une demi-heure , il s’élance à la tribune, menace le président, et japrès une nouvelle lutte déclare l’Assemblée dissoute. Le président Buchez, pris au collet, est mis à la porte. On proclame aussitôt un gouvernement provisoire , et on annonce le départ pour l'hôtel de ville, Huber va
mais il est arrêté; la foule le réclame, et il redevient libre. Arrêté de nouveau vers six heures du soir, et conduit à la mairie du quatrième! arrondissement, le maire le fait mettre encore en liberté. Alors il rentre chez un
. de ses amis, se fait raser, et disparaît. Il était parmi les ab-
sents lors du jugement des accusés de mai devant la haute cour de Bourges. Là un témoin , ancien secrétaire général de la préfecture de police sous Caussidière, révéla qu'il avait trouvé dans les archives de la préfecture un rapport au préfet de police M. Delessert, relativement à l'affaire Grouvelle , rapport précédé de deux lettres signées Huber. Huber vit son honneur engagé ; il quitta Londres, et vint se constituer prisonnier. Malheureusement les débats étaient trop avancés , l'affaire d'Huber resta disjointe, et il ne put comparaître que devant la hante cour de Versailles, le 10 octobre 1849. Le témoin Monier y répéta son dire. Devant les juges, Huber parut plus occupé de défendre son honneur vis-à»vis de ses coreligionnaires politiques que sa liherté. Cependant, il déclara qu’il avait spontanément prononcé la dissolution de l’Assemblée pour éviter une lutte violente qui eût pu coûter la vie à plusieurs représentants. M. Buchez revendiqua cette idée. IL affirma avoir demandé à Huber que par une mesure de violence, il le fit mettre à la porte, afin de sauver l’Assemblée et d'éviter des malheurs. Huber réclama. « Cela n’est pas exact, dit-il à l'ex-président; vous voulez me sauver, je vous remercie ; mais ce n’est pas cela : vous aviez à garder votre dignité, moi je pouvais me sacrifier pour le salut de tous , et je l’ai fait. Je me suis mis entre le marteau et l’enclume. On me condamnera ici, et Rlanqui, qui s'était opposé au défilé que je voulais organiser, a regardé la mesure que j'ai prise comme un grand malheur pour la cause démocratique. Moi, je voulais éviter l’effusion du sang. » Défendu par M. Buvignier, et reconnu coupable par le haut jury , Huber fut condamné à la déportation, le 12 octobre 1849. Après la constitution de l'empire, si nous avons bonne mémoire, Huber se déclara vaincu; miné par la maladie et les déboires, il annonça renoncer à la politique, et obtint d'être remis en liberté. L. Louver.
HUBERT (Saint), apôtre des Ardennes, vivait au septième siècle. 11 appartenait à l’une des familles les plus puissantes et les plus riches de l’Aquitaine. La légende le fait même descendre de Clovis. Sa jeunesse se passa dans la dissipation, et il occupa des hauts emplois. La légende raconte qu’étant à la chasse, Hubert aperçut un cerf qui portait un crucifix entre ses bois; il regarda cette vision comme un avertissement du ciel, et il se convertit : de là les chasseurs le prirent pour patron. Pour sa conversion, il alla trouver saint Lambert, évêque de Maëstricht, et lui succèda. Il transféra ensuite sa résidence épiscopale à Liége. Hubert mourut près de Bruxelles, en 727. Inhumé dans l’église de Saint- Pierre de Liége, son tombeau devint célèbre par d’innombrables miracles. En 825, son corps fut transporté au monastère d’Andain ou Andaye, qui prit le nom d’abbaye de Saint-Hubert en Ardennes.
La Saint-Hubert a été chantée avec bonheur par nos vieux poëêtes. Autrefois elle était célébrée avec pompe par les chasseurs; aujourd’hui, ils la fêtent encore dans quelques endroits, et se la rappellent toujours pour en faire l'obiet d’une joyeuse réunion.
HUBERT (Ordre de Saint-), le plus distingué de ceux de Bavière, car il ne compte que douze chevaliers et un grand-commandeur parmi les indigènes, et il n’est guère conféré à l'étranger qu'aux souverains et aux personnages politiques les plus éminents. Il fut fondé en 1444, par le duc de Berg et de Juliers, Gérard V, en commémoration de la victoire qu’il remporta le jour de la Saint-Hubert sur Arnold d’Egmont , puis transféré en Bavière par l'électeur Charles-Théodore. Les insignes de l'ordre se composent d’une croix d’or, à huit pointes pommetées, ornée de perles et de diamants, anglée de rayons d'or, et chargée, au centre, d’une image de saint Hubert. Les titulaires les portent suspendus à un large ruban ponceau moiré, liseré de vert et orlé de ponceau, passé en écharpe de gauche à droite. La plaque de l’ordre se porte sur le côté gauche.
HUBERTSBURG ou HUBERTSBOURG, ancien châ- {eau et rendez-vous de chasse, situé aux environs du bourg de de Wermsdorf, dans l'arrondissement de Leipzig, fut construit à grands frais, en 1721, par l'électeur de Saxe, Auguste III, devenu plus tard roi de Pologne. En 1748 ce prince l’agrandit et l’embellit encore; mais pendant la guerre de sept ans les Prussiens le détruisirent complétement, sauf la chapelle, en représailles des dévastations commises par les troupes saxomies à Charlottenburg. Plus tard, on le reconstruisit, mais avec moins de magnificence. La fabrique royale de poteries, qui y avait été fondée en 1774, a été vendue en 1839, avec obligation pour l'acquéreur de continuer les travaux de fabrication. Aujourd'hui Hubertsburg est utilisé comme maison de justice pour les individus condamnés à une longue détention, comme hôpital (depuis 1839) et comme maison de correction pour les femmes. L
Célèbre autrefois par les fêtes brillantes qu’on y célébrait à l’époque des chasses, ce château a acquis en outre une notoriété historique , à cause du traité connu sous le nom de paix d’Hubertsbourg, qui y fut conclu le 15 février 1763 entre l'Autriche, la Prusse et la Saxe, et qui termina la guerre de sept ans, après que la paix eut déjà été signée le 10 février 1763 entre la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne et le Portugal. La paix d’Hubertsbourg consolida la position de la Prusse parmi les grandes puissances de l'Europe. L'impératrice. Marie-Thérèse y renonça à toutes ses prétentions sur les provinces de Silésie et «ec Glatz précédemment cédées à la Prusse par les traités de paix de Breslau et de Berlin, en 1742; Frédéric le Grand rendit au roi de Pologne son électorat de Saxe; la paix de Dresde y fut confirmée, et l'Empire d’Allemagne fut compris dans le traité.
HUBNER (Ronorrue-Jores-BEexxo), un des meilleurs eintres d'histoire qu’on compte aujourd'hui en Allemagne, né en 1806, à Œls en Silésie, commença l’étude de son art à Berlin, en 1821, sous la direction de W. Schadow, qu'il suivit à Dusseldorf, en 1827, avec Hildebrandt, Lessing et Sohn. Dès l’année suivante il donna son tableau des Pécheurs, d'après la ballade de Gœthe, qui excita la plus vive attention à Berlin par la grâce des formes et de l'expression. Pendant et après un voyage en Italie, il peïgnit Booz et Ruth, et sa fameuse scène de l'Arioste, Roland délivrant la princesse Isabelle de la Caterne des Brigands, ainsi que le Départ de Noémi, 1838. Son Samson ébranlant Les colonnes du Temple, et un magnifique devant d’autel représentant le Christ el les Evangrlistes (1835), dans l'église de Meserilz, révélèrent un développement nouveau et plus énergiques de son talent. Qirmil les tableaux qu'il donna plus lard, on remarque Les deux Amants du Cantique des Cantiques ; L'Age d'Or ; Le Christ à la colonne; Les Enfants dormant dans la forét et leur Ange gardien, ainsi qu'une suite d'excellents portraits. La Félicité et le Sommeil, d'après l'Octavien de Tieck, est une œuvre de la plus grande délicatesse et de la prus grande beauté. En fait de dessins, il faut citer de lui une figure de