HOWITT — HUBER
jours en paix dans prieuré de Saint-Pierre; pourtant, le roi Louis le Germanique le délermina, en 847, à rentrer dans la vie active comme archevêque de Mayence, et il mourut revêtu de cette dignité, à Winkel, dans le Rheïngau, en 856. Si Boniface avait été l’apôtre, on peut dire que Hrabanus Maurus fut l'instituteur de la nation allemande ; il reconnut d’ailleurs la nécessité de soustraire l'Église d’Allemagne à l'influence du siége de Rome, et chercha à atteindre ce but par la propagation des lumières. Pour faciliter l'étude de la Bible, il introduisit en Allemagne l’étude de la langue grecque ; il s'occupa surtout du perfectionnement de la langue nationale, et il insista sur la nécessité de prêcher en allemand. On a de lui, entre autres ouvrages, un Glossaire latinallemand de la Bible, qui a été imprimé dans le Thesaurus de Schiller et dans le Commentarius de Rebus Franciæ orienitalis d’Eckard.
HUARTE (Jean), médecin espagnol, né à Saint-Jean- Pied-de-Port, s'établit à Madrid, et y exerça l’art de guérir durant la seconde moitié du seizième siècle. On sait fort peu de chose au sujet de sa vie, mais il doit une réputation durable à un écrit qu’il mit au jour sous le litre d'Examen de Ingenios para las Sciencias, imprimé à Pampelune, en 1578. Ce livre obtint promptement diverses éditions ; il a été traduit en italien, en anglais, en allemand; deux ou trois érudits l'ont fait passer dans la langue latine; Chappuis, Vion de Dalibray et Savinié d’Alynié l'ont successivement mis à la portée du lecteur français. Une quarantaine d’éditions en six ou sept langues différentes constatent que cet Examen appela l'attention de l’Europe entière. Aujourd'hui il est à peu près oublié. Huarte dédia son Zxamen à Philippe IL lui-mème, et il y put impunément émettre l’opinion, bien avancée pour le seizfème siècle, que c’est à la structure et au jeu des organes qu’il faut demander l’explication du travail de la pensée, et que c’est de l’exaltation de ces mêmes organes que proviennent les phénomènes de l’extase, des pressentiments, des oracles, phénomènes mis, bien mal à propos, sur le compte de la Divinité ou des démons. On pourrait le soupçonner de matérialisme; car il n’hésite pas à dire que l’âme n’est autre chose qu’un acte et une forme substantielle du corps humain. Il est vrai que presque aussitôt, peut-être pour donner le change au lecteur, il se hâte de reconnaître l’existence des démons incubes et succubes. Huarte avait deviné le système du célèbre docteur Gall; car il avance que l’entendement, la mémoire et l’imagination sont logés dans des ventricules différents du cerveau. Au milieu de beaucoup d’obscurités, de beaucoup de détails physiologiques très-contestables, empruntés à Galien, y figurent de judicieuses observations sur les rapports des différentes sciences avec les différents genres d'esprit. Dans le quinzième et dernier chapitre, Huarte expose un système complet de mégalanthropogénésie. Il veut enseigner aux pères les moyens d'engendrer des enfants sages et doués de talents, d’avoir des garçons ou des filles. Nous ne saurions le suivre dans ces détails scabreux, sesmés d’ailleurs de prescriptions assez ridicules. Nous ne savons s’il prenait luimême au sérieux les conseils qu’il donnait de faire usage d'aliments chauds et humides, tels que le poisson, pour obtenir des enfants pourvus d’une grande mémoire, et de recourir à une nourriture sèche et chaude, aux épices, aux pigeons , à l'ail, pour avoir des descendants à l’imagination brillante. Ce qui vaut mieux que tout ceci, ce sont les trèssages conseils qu’il donne pour l'éducation physique et intellectuelle de l'enfance. En somme, à tous égards, Huarte doit tenir une place fort distinguée dans la famille des penseurs ; on peut dire que ses défauts appartiennent à son époque et que ses qualités sont bien à lui. G, Bruner.
HUBER (François), naturaliste célèbre, né à Genève, le 2 juillet 1750, eut le malheur de devenir aveugle dès sa jeunesse, en partie par suite de sa trop grande assiduité à l'étude ; mais d'autre part il fut assez heureux pour trouver en Aimée Lullin une épouse avec laquelle il vécut quarante. ans dans l'union la plus parfaite. Charles Bonnet ayant