HUTCHINSON — HUTTON
général-major en 1796, et en 1799 il fit avec distinction la campagne de Hollande. En 1801, il s’embarqua pour l'Égypte; et quand le général Abercrom by eut été mortellement blessé à la bataille d'Alexandrie (21 mars), ce fut lüi qui prit le commandement en chef; il s’empara alors de Damiette et de Ramanieh, bloqua le Caire, et contraignit le général Belliard à signer une capitulation. II marcha ensuite sur Alexandrie, repoussa toutes les sorties de Menou, et le contraignit enfin à se rendre avec toute son armée. 10, 000 Français durent mettre bas les armes, et trois cents bouches à feu tombèrent au pouvoir des Anglais. En récompense de ces brillants succès, le général Hutchinson fut créé, le 16 décembre 1801, lord Hutchinson de Kinocklofty. Promu lieutenant général en 1803, ambassadeur en Russie en 1806, il succéda à son frère aîné Richard, en 1825, comme comte Donoughmore et membre de la chambre haute, et mourut le 6 juillet 1832.
HUTCHINSON (Jon Her), troisième comte de Donoughmore, neveu du précédent, né en 1787, était capitaine dans l’armée en 1815, lorsqu'il se rendit célèbre en favorisant, de concert avec sir Robert Wilson et le capitaine Bruce, l'évasion du comte de La valette, comdamné à mort par la cour prévotale de la Seine. Il est mort le 12 septembre 1851, à Palmerston-House, dans le comté de Dublin, et remplissait à ce moment les fonctions de lord lieutenant dans le comté de Tipperary. Son fils aîné, Richard-John- Hely Hutchinson, vicomte Suirdale, né en mars 1823, lui a succédé comme quatrième comte de Donoughmore.
HUTTEN (Uzricn pe), né en 1488, dans le castel, maintenant en ruines, de sa famille, à Steckelberg (Hesse-Électorale), fut, à l’âge de dix ans, placé au monastère de Fulde; mais ilse sentait si peu de goût pour l’état monastique, qu’en 1594 il s'enfuit à Erfurt, où il se lia avec bon nombre de savants et de poëtes. L'année suivante il se rendit à Cologne, et de là, en 1506, à Francfort-surl’Oder, dont la nouvelle université fut inaugurée cette même année. C’est aussi à cette époque qu’il fut atteint d’une maladie cruelle, présent funeste que le Nouveau-Monde venait de faire à l’ancien, où elle exerçait alors les plus affreux ravages, sans entraîner encore pour les patients la honte qui y est maintenant attachée. Quoique torturé par les douleurs qu’elle lui causait, il alla voyager dans l’Allemagne du nord, où partout on lui fit un bienveillant accueil en sa qualité de poëte. En 1511, il vint aussi à Wittenberg, où il publia un ouvrage sur la versification ; de là il se rendit à Pavie, pour y étudier le droit, et rentrer ainsi dans les bonnes grâces de son père, qui ne lui pardonnait pas de s'être éloigné de Fulde. Dépouillé de tout ce qu’il possédait à la suite de la prise de cette ville par les Suisses au service de Maximilien, il se vit contraint, en 1513, à prendre du service dans l’armée impériale ; mais il n’y resta qu’un an. Déjà célèbre en Allemagne par ses incessantes attaques contre Ulrich, duc de Wurtemberg, qui avait assassiné un cousin de Hutten, il le devint encore plus en prenant parti pour Reuchlin dans ses querelles avec Hoogstraten, l’ardent dominicain de Cologne (voyez EPISTOLÆ OBSCURORUM VIRORUM). Pour complaire à son père, Hutten se rendit encore une fois en Italie, en 1515, afin de s’y faire recevoir docteur en droit. Après avoir visité Rome, puis Bologne, il revint, en 1517, par Venise dans sa patrie ; là, à Augsbourg, il fut couronné poëte lauréat, et l’empereur Maximilien l’arma chevalier. En Italie, il avait appris à connaître dans {oute sa corruption la vie des moines et à mépriser profondément le clergé romain. Apres avoir publié l'ouvrage de Laurent Valla, découvert dans un Convent, De falso credita et ementita donatione Sonstantini, qwil dédia, par dérision sans doute, au pape Léon X, il entra, en i518, au service d’un prince éclairé, Albert, archevêque de Mayence. Cette même année, il accompagna son archevêque à la diète ® Augsbourg, où Luther
- eut sa fameuse entrevue avec Cajétan, et où Hutten, dans
un discours à la façon de Démosthène, engagea les princes allemands à faire la guerre aux Turcs. Cependant, fatigué
de la vie des cours, il se retira bientôt dans son mancir de Steckelberg, où il établit une imprimerie, et publia de nombreux écrits ayant pour but de signaler la perversité du clergé romain. Il perdit ainsi la faveur et la protection de l'archevêque Albert de Mayence, et à ce moment se mit en communication directe avec Luther, pour qui, en sa qualité de moine, il avait eu jusque alors fort peu d'estime. C’est aussi à partir de cette époque qu’il écrivit tous ses ouvrages en allemand, au lieu de se servir de la langue latine, comme précédemment. Comme il ne se trouvait plus nulle part en sûreté contre ses ennemis, il jugea prudent de se retirer en Suisse; mais Érasme, dont il avait pourtant été autrefois ami, ne le laissa en repos nulle part; de sorte qu'il fut obligé d’errer d’un endroit à l’autre jusqu’à ce quenfin, accablé par une réapparition de son ancienne maladie, il mourut, le 31 août 1523, dans l’île d'Ufenau, au milieu du lac de Zurich.
Hutten fut l’un des esprits les plus indépendants, les plus hardis de son temps, un des précurseurs et des apôtres de la réforme, un modèle et en même temps un auxiliaire pour Luther. L’injustice, la fraude, l'hypocrisie, la tyrannie le révoltaient; aussi les démasquait-il avec toute l'énergie de sa plume, instrument dont il se servait avec un talent peu commun, particulièrement en latin. Son caractère droit et courageux le rendait inaccessible à la crainte alors même que tous ses amis tremblaient pour lui. Nous possédons de lui quarante-cinq ouvrages, sans compter plusieurs autres qu’on lui attribue, sans qu’il soit possible d'affirmer qu'ils soient de lui. Une collection en a été donnée par Münch (6 vol., Berlin, 1821-27), et une autre (Leipzig, 1859-67, 6 vol.)
HUTTIERS. C’est le nom qu’on donne aux habitants des déserts marécageux de la Vendée, et qu'il ne faut pas confondre avec les Colliberts, autre race particulière à la même contrée.
HUTTON (Jawes), célèbre géologue anglais, né le 3 juin 1726, à Édimbourg, fit ses premières études dans sa ville natale, où son père était commerçant. L’attrait que lui offrit la chimie le fit renoncer à la carrière de clerc au sceau du roi, que voulait lui faire embrasser sa famille. Il alla passer deux ans à Paris, et en 1749 il prenait à Leyde le grade de docteur en médecine. De retour en Écosse, il fonda d’abord une fabrique de sel ammoniac, puis l’activité de son esprit se tourna vers l’agriculture. Mais c’est à des travaux d’une autre nature qu'il dut sa célébrité. Hutton avait déjà fait paraître quelques ouvrages sur la minéralogie, la physique et aussi sur la philosophie, lorsqu'il donna, en 1795, sa Theory of the Earth (Édimbourg, 2 vol. in-8°}, résumé de trente années d’études géologiques. Dans celivre, Hutton pose le calorique comme agent principal des grandes opérations de la nature (voyez CHALEUR TERRESTRE), Sans Cependant admettre la fluidité primitive de notre globe.
Membre de la Société royale d'Édimbourg, Hutton écrivit dans les Transactions plusieurs mémoires remarquables. Il mourut en 1797.
HUTTON (Cnances), célèbre mathématicien angiais, né en 1737, à Newcastle, fils d’un inspecteur des mines, reçut une éducation très-incomplète, et ne dut qu’à lui-même les connaissances multiplies qu’il posséda plus tard. La démolition d’un vieux pont à Newcastle lui fournit l’occasion d'écrire sur la construction des ponts un petit ouvrage qui le fit tout aussitôt connaître. A peu de temps de là, il devenait membre de la Société royale de Londres, qui le choisit pour secrétaire chargé de la correspondance étrangère. IL fut ensuite nommé professeur de mathématiques à l’Académie royale de Woolwich; fonctions qu’il continua d’exercer jusqu’en 1807, époque de sa mise à la retraite. Il mourut à Londres, en 1523.
Hutton prit part à presque tousles perfectionnements introduits de son temps par les Anglais dans l'artillerie et le génie. Parmi ses nombreux ouvrages , il faut surtout mentionner ses Tables of the products and powers cf numbers, with an Introduction (Londres, 1781); Mathematical Tables,