HUSSITES — HUTCHINSON
de luniversité de Glasgow (1729). Professeur, Hutcheson se distingua par un enseignement simple, plus riche d’ingénieux détails que de vues profondes , ennemi de toute prétention et de toutetradition scolastique. Peut-être fut-il celui des philosophes de son pays qui contribua le plus à développer cetesprit d'analyse détaillée, ingénieuse et facile, qui distingue l’école d'Écosse. Plein de piété et de moralité la plus pure, Hutcheson fit, outre ses leçons ordinaires, un cours de religion, chrétienne qui fut encore plus suivi qu’elles, et qu'il adressait le dimanche au soir à un auditoire plus populaire que celui des étudiants. Il composa pour ces derniers quelques manuels écrits dans une élégante latinité, mais qui n’eurent que la vie factice des écoles. Son principal ouvrage, achevé en 1745, quand la mort vint l'enlever, ne fut publié par son fils que dix ans après. 11 parut sous le titre, un peu ambitieux, de Système de Philosophie morale.
La vie d'Hutcheson avait été si belle qu'Adäm Smith fut glorieux d’être le successeur. d’un tel homme et de perfectionner sa doctrine. Cette doctrine avait besoin de faire des progrès. Observateur ingénieux, Hutcheson, avec le sens pratique et cette philanthropie théorique qui distinguent ses compatriotes, l'avait fondée sur un fait moral qui lui parut d’une grande fécondité, sur le plaisir que nous éprouvons à faire le bien, et spécialemeut celui que nous éprouvons à contribuer au bonheur de nos semblables, Cette bienveillance pour les autres, ce désir de leur bonheur, non-seulement s’accorde suivant lui avec le désir de notre propre bonheur, mais nous conduit précisément aux actions qui le fondent. S'il pouvait y avoir conflit, ce serait le sens moral qui déciderait. Le sens moral, qui a joué un si grand rôle dans les écoles d’Écosse, et dont Hutcheson a le premier développé la théorie, est une faculté qui nous fait approuver naturellement, instinctivement, ce qui est juste et raisonnable. Hutcheson en dérive tous les droîts et tous les devoirs de l’homme ; il y rattache {même toutes ses doctrines religieuses et esthétiques. Mais on voit aisément tout ce qu’il y à d’aventureux dans cette théorie.
Si ce sont les sens qui introduisent les idées dans l’intelligence, et que le rôle de la raison se réduise à la comparaison et aux déductions, il est évident que les idées morales ont le sort de toutes les autres. Fournies par les sens internes ou externes, les notions de bien et de mal ne sauraient avoir plus de valeur que les autres notions de ce genre. Bientôt le sceptique Hume vint prouver qu'il en est de la beauté et de la laïdeur, de la vertu et du vice, comme du goût et des couleurs, que les unes sont comme les autres des qualités sensibles. La raison, ajoutait Hume, nous donne la connaissance du vrai et du faux, le goût nous donne le sentiment de ce qui est beau et de ce qui est difforme, de la vertu et du vice. De là suivait que la moralité était une affaire de goût; et l’on voit ainsi combien la théorie du sens moral est malencontreuse. Elle est fausse. Nous l'avons dit, l’idée du juste et de l’injuste, qui est la source de la morale, appartient à la raison, et non aux sens. Ce ne sont pas les sens qui l’introduisent dans l'intelligence. Sans doute nos jugements moraux sont accompagnés d’un sentiment, d’une émotion ; mais c’est le jugement du bien ou du mal qui est la cause de cette émotion, de ce sentiment ; ce sentiment, cette émotion n’ont rien de primitif. C’est avec le primitif, ce n’est pas avec le dérivé qu’on a un principe, qu'on a un système , ou du moius une méthode, Autant le pieux Hutcheson se proposait de combattre le scepticisme, autant il le favorisa. 11 a cela de commun avec Locke, Pour lire les ouvrages d'Hutcheson avec utilité, il y faut faire deux parts, celles des principes qui sont faux, celle des détails qui sont riches et ingénieux, MATTER.
HUTCHINSON (Joux-Hezx), général anglais, né le 15 mai 1757, était le fils cadet de John Hely Hutchinson, secrétaire d'État pour d'Irlande, et de Christiane, baronne de Donoughmore. Entré au service en 1774 comme cornette dans un régiment de dragons, il était parvenu au grade de