HYACINTHE — HYBRIDE
et de &vos, fleur. Borée, roi des Hyperboréens, selon les uns, Zéphyre, suivant d’autres , et Apollon se disputèrent son amitié. Le dieu l’emporta. Un jour que sur lesrives de l’Eu-? rotas Apollon et Hyacinthe s’exerçaient à lancer le disque, le premier ayant fait décrire au sien un long cercle dans les airs, le second, emporté par l’ardeur du jeu, courut pour le ramasser; il arriva trop tôt: le disque, en tombant, le frappa d'un contre-coup au visage. » Alors , dit Ovide, « comme on voit les pavots, les lis et les violettes, qui ont été tranchés parle pied, ineliner leur tête, ainsi Hyacinthe, pâle et languissant, laissa tomber la sienne sur son épaule. » En vain Apollon exprima-t-il sur la blessure de son favori le suc de toutes les plantes dont la vertu était connue à sa vaste science ; Hyacinthe expirait. Le dieu de la lumière accusa , dans son désespoir, Borée, ou plutôt Zéphyre, d’avoir detourné, par son souffle jaloux, le palet de sa route. A l’aspect de ce sang épandu, il voulut qu'Hyacinthe devint fleur, et que cette fleur conservât la vive couleur de ce sang précieux.
HYACINEŒNE (le Père), célèbre prédicateur, de son nom de famille Charles Loyson, est né le 10 mars 1827, à Orléans, où son père était recteur de l'académie du Loiret. A dix-huit ans il entra au séminaire de Saint-Sulpice, et ses études terminées, reçut en 1851 l’ordination sacerdotale. Avant de pratiquer le saint ministère, il fut chargé
- d'enseigner les matières religieuses : ce fut d’abord la philosophie au grand séminaire d'Avignon, puis la dogmatique à celui de Nantes. Nommé ensuite vicaire à Paris, il se tourna vers la prédication, fit un noviciat de deux années dans un couvent de carmes, et prit l’habit de cet ordre à Basnères-de-Bisorre, sous le nom d'ÆHyacinthe. Il parcourut quelques grandes villes du midi, prêcha l’avent de 1863 à Bordeaux, le carême de 1864 à Périgueux, et se montra, en 186», dans la chaire de Notre-Dame de Paris; il y obtint un succès qui ne fit que grandir les années suivantes. Bien qu'il eût attaqué sansménasement la morale indépendante, ses conférences parurent bientôt suspectes au parti ultramontain,; dénoncé par l'Univers en 1869, il fut appelé à Rome par le pape, auprès duquel il parvint à se justifier. Cependant quelques mois plus tard il se vit attaqué de nouveau au sujet de quelques phrases de conciliation et de tolérance appliquées aux religions juive, catholique et protestante; ayant recu l’ordre de changer de langage ou de se taire, il écrivit, le 20 septémbre 1869, au général de l’ordre des carmes, une lettre fameuse, dans laquelle il disait que : « Si la France et les races latines sont livrées à l'anarchie sociale, la cause principale en est dans la manière dont le catholicisme est depuis longtemps compris et interprété. » L’excommunication majeure fut prononcée contre le moine, qualifié de déserteur et d'apostat. Le P. Hyacinthe se rendit alors aux États-Unis, où il fut l’objet d’ovations ardentes. En 1870 il visita l'Italie, l’Allemagne, accentua de plus en plus sa séparation d'avec l’église romaine, et se rapprocha du parti des Vieux-Catholiques. Au mois de septembre 1872 il épousa, à Londres, une veuve américoine. L'année suivante il s’établissait à Genève et réunissait aulour de lui une assez nombreuse congrégation de fidèles.
EYACINTHE (Minéralogie), pierre précieuse assez peu estimée, d’un jaune orangé, tirant sur le brun ou sur le rouge foncé. Elle est composée d’alumine, de silice, de carbonate de chaux et de fer. Sa dureté est à peu près égale à celle du cristal de roche. On prétend qu’une similitude de couleur de quelques-unes de ces pierres avec la fleur appeléejacinthe leur a fait donner le nom qu’elles portent.
HYADES, nom que l'on donne à une constellation formée de sept étoiles, en forme d’Y, qui brillent sur le front du Taureau. Les poètes qui les ont chantées ne sont, pas d'accord sur leurs véritables noms. On les regarde toutefois assez généralement comme filles d’Atlas et d’E-
Prodice, Coronis, Phileto, Potiso et Thioné. Voici ce qu’on raconte d'elles : Leur frère Hyas ayant été déchiré par une lionne, elles pleurèrent si amèrement sa mort, que les dieux, touchés de compassion, les transportèrent aa ciel sur le front du Taureau, où elles pleurent encore. On les appelait les pluvieuses, ddôes en grec; on Les peigoait versant des pleurs, comie l’Aurore.
HYALITHE (du grec Üxhos, verre), variété d’opale, Concrétionnée en gouttelettes, elle offre la transparence du verre.
HYALURGIE (du grec Üahoc, verre, et Épyov, ouvrage). On appelle ainsi la branche de la chimie technologique qui a trait à la fabrication ou à la manipulation du verre.
HYBRIDE , HYBRIDITÉ (de Vépu, bâtard, métis ). Le nom d’Aybride désigne tout individu, animal ou végétal, issu de l'alliance de deux espèces différentes, quoique voisines, comme les mulets, les plantes tenant du mélange d’une autre. Mais le caractère hybride consiste surtout à porter les aftributs mélangés des deux espèces, à présenter des habitudes intermédiaires et par là complexes, le plus souvent incertaines. Les races hybrides, pour la plupart, ne se reproduisent pas pures d’elles-mêmes, ou ne se propagent guère entre elles sans qu'il y ait de impossibilité ; mais il y a préférence pour les races originelles. Ainsi, elles tendent à rentrer dans la tige maternelle ou paternelle. Quoique lesmulätres et d’autres métis puissent former entre eux lignée ; quoiqu’on ait vu des mules devenir fécondes dans les climats chauds ( puisque la stérilité n’existe pas absolument parmi les mulets), cependant, ces êtres mi-partis recherchent naturellement une de leurs espèces prédominantes originelles : ainsi, les petits-blancs aspirent à la race blanche, comme la plus noble ou supérieure.
Il est probable que nos races multiples de chiens, de poules , de pigeons , et autres animaux domestiques, n’offrent tant de variétés que par des unions hybrides. C’est à l’aide de ces mélanges ou croisements avec des races plus belles qu’on a su ennoblir les chevaux, les moutons mérinos, les chèvres à duvet de cachemire, etc. On présume aussi que le loup, le renard, le chacal, ont pu entrer dans les mélanges des races canines si diverses, et que des espèces sauvages du genre colombin ont contribué aux nom- Preuses modifications de nos pigeons.
Il y à des hybrides connus jusque parmi les poissons, d’autant mieux que la fécondation de leurs œufs a lieu hors de la femelle par l’aspersion de la laite des mâles dans les eaux. Cependant, ces mélanges ne s'effectuent pas entre des espèces trop disparates, la nature ayant probablement limité l'absorption de la liqueur fécondante à la structure des membranes de l’œuf des espèces les plus congénères ou analogues entre elles. L’hybridité féconde est aujourd'aui bien avérée parmi les oiseaux et chez les reptiles, De même, il est reconnu que des accouplements se sont opérés entre des insectes d’espéces différentes, parmi des coléoptères, des diptères, des lépidoptères, cités par les observateurs; ils ne peuvent avoir licu qu'entre des voisins, toutefois, du même genre ou de même famille. La nature en effet a conformé les organes génitaux de telle sorte qu’il y a entre des espèces éloignées des empêchements ou des disproportions incompatibles. De là résulte que toute sorte d’hybridité n’est pas possible ; d’ailleurs, la durée ou le mode de gestation peuvent beaucoup différer, en sorte que lunion de l’homme avec une femelle d’orang-outang, par exemple, serait probablement sans résultat. Buffon a nié avec raison que l’accouplement du taureau avec la jument produisit de prétendus jumarts. Ces animaux sont de genres trop différents. De même, la dissimilitude des sèves empêche les greffes de réussir entre des arbres de genres forts éloignés.
Toutefois, on ne connaît pas exactement les limites des mésalliances pour la production des hybrides, parce qu’on n’a pu encore établir exactement les caractères infranchissables entre les races, les variétés et les espèces chez une
#hra, comme sept sœurs, nommées Æudoxe, Ambrosie, | Multitude d'animaux et de végétaux. Ceux-ci sunt égale-
D'CT. DE LA CONVERS. — T. X
ment sujets à lhybridité, par le mélange du pollen fécondateur d’une espèce sur une autre, soit naturellement, soit artificiellement. Kæhlreuter et d’autres observateurs se sont appliqués à cette recherche. On enlève les étamines d’une fleur avant la fécondation, et on apporte sur le pistil le pollen d’une autre espèce. C’est ainsi qu'on améliore ( ou que se détériorent DES voisinage seul et le transport de l’air ) les belles variétés de melons ou d’autres fruits. Les hybrides Yégétaux sont plus faciles à produire parmi les espèces monoïques ou dioïques que dans les hermaphrodites, à cause que les sexes sont toujours associés chez ceux-ci. L’hybride végétal, quoique fécond , retourne d’ordinaire spontanément à sa tige maternelle, parce qu’elle est prédominante. Mais si, loin de l’abandonner à cette tendance, ou à l’atavisme (retour aux aïeux et à l’état sauvage, remarqué dans les fraisiers), l’on redoublé dans les générations subséquentes une nouvelle aspersion du pollen paternel, on fait alors prédominer la forme du type mâle.
Souvent les botanistes rencontrent des produits spon- {anés de ces alliages. J.-J. Virery.
En grammaire on nomme hybrides les mots qui sont formés de racines de langues différentes, par exemple b1game, bureaucratie, daguerréotype, philogéniture.
HYDARTHROSE. C'est une hydropisie des articulations : elle se déclare souvent chez les individus serofuleux, lymphatiques, ou qüi sont sous l'influence d’un vice rhumatismal. Bichat et Boyer prétendent qu’elle est produite par un défaut d'équilibre entre l’exhalation et l’absorption. L’articulation du genou est plus souvent que les autres affectée de cette maladie, parce qu’elle est le plus exposée à l’action des corps étrangers; elle se forme très-lentement et disparaît de même.
HYDATIDE (de Ywp, Üoaros, eau), nom commun à un grand nombre de parasites des animaux supérieurs , affectant la forme vésiculaire et remplis d’un liquide aqueux. Ces parasites, que les auteurs ont désignés sous les noms de vers cystiques, vésiculaires, hydatiques , elc., dépourvus d'organes reproducteurs, sont bien inférieurs aux ttnias et aux bothriocéphales. On les divise en plusieurs genres, dont nous nommerons les principaux.
Le genre cysticerque renferme une espèce qui vit dans le péritoine des lapins , et une autre que l’on dit commune à l’homme et au cochon. C’est cette dernière qui donne lieu ala La drerie. Deux autres espèces sont propres l’une aux muscles et au tissu cellulaire, l’autre au cerveau de l'homme. C’est encore une espèce de cysticerque qui vit dans la cavité crânienne des moutons, et détermine la maladie de ces animaux connue sous le nom de {ournis.
Les individus du genre cœnure offrent l'apparence d’une |
agrégation de vers hydatiques dont les vésicules sont réunies en une seule poche et les têtes distinctes. Le genre échinocoque semble pouvoir lui être réuni. Le genre acéphalocyste a été l’objet d’un article particulier,
Le docteur Hunter attribuait le cancer à une Aydatide qu’il nommait ydatide cancéreuse.
HYDE. Voyez CLARENDON.
HYDE DE NEUVILLE (JEAN-GuiLLAUME, baron), ancien député, ministre sous la Restauration, estné en 1776 à La Charité-sur-Loire, d’un père d’origine anglaise, fabricant de bontons dans cette petite ville. La légitimité n’eut pas de plus fougueux, de plus infatigable champion. Dès 1797, affilié au club royaliste de la rue de Clichy, il mit au service de la maison de Bourbon une activité extraordinaire, tantôt excitant le zèle des partisans qu’elle avait à Paris, tantôt fomentant la guerre civile dans l’ouest, sollicitant à cet elfet des subsides de l'Angleterre, où il alla très-souvent de sa personne, secondant enfin par ses intrigues les intrigues patentes ou occultes des d’Andigné, des Georges C adoudal et des Bourmont, ses amis. Le 18 fructidor