‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 150 sur 522 · HYBRIDE — HYDE DE NEUVILLE · texte numérisé non relu

HYBRIDE — HYDE DE NEUVILLE

nienne, fut quelque temps sans remettre le pied sur le continent. Il demeura à Londres, où, ayant bientôt été rejoint par son beau-frère Delarue, il présenta de nouveaux plans de contre-révolution au gouvernement anglais. Celuici, bien qu’il commençât à se lasser d’être, sans profit, le caissier des conspirateurs royalistes français, ne laissa pas que de s’exécuter derechef et de fournir encore des subsides pour rallumer la guerre civile chez nous. Le 18 brumaire arriva. La révolution, alors personnifiée dans Bonaparte, parut à M. Hyde de Neuville devoir être attaquée plus sûrement et renversée même d’un seul coup. A cet effet, il établit à Paris une contre-police, chargée d’épier toutes les démarches du premier consul, et il mit à la tête de cette audacieuse entreprise un certain Duperron. Soit maladresse, soit trahison, cet agent se laissa surprendre, et M. Hyde de Neuville n’eut que le temps de fuir en Anglegleterre, sans pouvoir emporter ses papiers. Aussi, quand la police fit une descente chez lui, trouva-t-elle non-seulement le plan organisé contre la personne du premier consul par M. Hyde de Neuville, mais encore des preuves à peu près irrécusables de sa participation au complot de la machine infernale. Fouché le désignait du moins dans tous ses rapports comme l’un des auteurs de l'attentat du 3 nivôse. C’est en vain qu’il s’en est défendu dans les termes de la plus vive indignation ; il n'est pas encore disculpé. A la suite de cet attentat, il se retira dans les environs de Lyon, et y vécut dans Ja plus complète obscurité jusqu’en 1805. Alors, grâce à l'intervention de Joséphine, il obtint un sauf-conduit, au moyen duquel il arrangea ses affaires, partit pour l’Espagne, et passa de là en Amérique.

On dit que le spectacle imposant de la prospérité des États-Unis et le peu de sympathie qu’il y rencontra pour ses propres opinions refroidirent son fanatisme royaliste, et lui firent apprécier plus sainement la situation de son parti en France. Mais cette conjecture est démentie par linsistance qu’il mit à déterminer Moreau à revenir en Europe pour y prendre les armes contre sa patrie. Arrivé à Paris en juillet 1814, M. Hyde de Neuville n’eut pas besoin de demander des emplois : ils lui furent offerts à l’instant même, et il n’eut qu'à choisir. Cependant, le retour imprévu de l'empereur, sa marche triomphante de l’île d’'Elbe à Paris, lui en donnèrent à peine le temps. Il suivit Louis XVIIL à Gand , puis revint avec lui. Nommé député par la Nièvre, il siégea à l’extrême droite, et fut un des orateurs les plus : violents de ce côté. Le premier, il préconisa le système des épurations , se montra l’adversaire passionné de l’indépendance des juges, et contribua de tout son pouvoir à grossir les listes de proscription. Le titre de baron, le grand-cordon de la Légion d'Honneur, et bientôt après sa nomination au poste de ministre de France aux États-Unis furent la récompense de son zèle ultra-monarchique. Il resta à Wasbington jusqu’en 1822. Ensuite, il revint en France, où la Nièvre l'envoya, pour la seconde fois, à la chambre. 11 s’y prononça avec force pour l'expulsion de Manuel, s’appuyant sur les arguments empruntés aux usages d'Amérique et d'Angleterre. En 1825, dans la discussion relative à lin demnité des émigrés, il proposa que les rentiers de l'État ruinés par la révolution fussent admis à y prendre part. Cette proposition n’eut pas de succès ; mais l’auteur n’en recuillit pas moins une certaine popularité. C’est à cette époque qu’il rompit avec Villèle,

Il revenait de son ambassade de Portugal, où il avait été envoyé un an auparavant. Les marchés Ou vrard excitaient un grand scandale ; M. Hyde de Neuville ayant fait à ce sujet

| quelques révélations, jugées inopportunes, et dangereuses,

vint enfin mettre un terme à ces manœuvres, et M. Hyde |

de Neuville, qui était signalé à la police française comme

on lui retira la pension qu’il touchait depuis 1815, comme ancien serviteur des Bourbons. Outré de cet acte d’ingra. titude, ü se crut dégagé envers le ministre qui l'avait exécuté, et pendant qu’on discutait la loi sur le jury, la question de la prérogative royale ayant été engagée incidemment,

| il défendit les principes par lesquels la Charte avait limité cette

un des agents les plus résolus de la conspiration bourbon- | prérogative, encourut par là plus que jamais le grave soup

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