‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 159 sur 522 · HYGROMÈTRE — HYMEN · texte numérisé non relu

HYGROMÈTRE — HYMEN

ment nettoyée, ou tout autre corps s’imbibant aisément à l'humidité atmosphérique. Un contre-poids est suspendu à l’autre extrémité du fléau : au terme moyen d'humidité, il fait équilibre à l'éponge, ce qu’indique la direction alors verticale d’une aiguille perpendiculaire au milieu du fléau. Cette aiguille se meut sur un arc de cercle gradué suivant des divisions correspondant aux divers degrés d'humidité de l'atmosphère.

Les instruments formés par des substances qu’allonge humidité rentrent dans la méthode dite des absorbants organiques. L’hygromètre le plus parfait de ce genre est l’Aygromètre à cheveu, ou hygromètre de Saussure, du nom de son illustre inventeur. Quand on se propose de construire cet instrument, on choisit un certain nombre de cheveux d’une grosseur égale et d’une contexture aussi uniforme que possible; puis on les dégraisse en les lessivant dans une dissolution alcaline légèrement tiède; on les laisse sécher pour les trier de nouveau. Cela fait, on prend un de ces cheveux, on le fixe par un bout au moyen d’une pince, que porte une petite potence. Plus bas, se trouve une poulie : elle a deux gorges, dans l’une desquelles on fixe l’autre bout du cheveu ; dans l’autre gorge de la poulie est enroulé un fil de soie, auquel est suspendu un petit poids; le tout est disposé de façon que le poids fait constamment tendre le cheveu. Enfin, l’axe de la poulie porte une petite aiguille dont la pointe parcourt les divisions d’un arc de eercle. Voici maintenant quel est le jeu de l’instrument : quand le temps devient humide, le cheveu, s’imbibant de vapeur d’eau, s’allonge, le contre-poids descend, et fait tourner l'aiguille vers la division du cadran qui indique l’humidité extrême. L'air devient-il plus sec, le cheveu lui abandonne son humidité, se raccourcit, fait tourner la poulie en sens contraire, et l'aiguille s’avance vers le point du eadran qui indique l’extrême sécheresse. Lorsque tout lappareil est confectionné, et que le cheveu est en place, on place l'instrument sous la cloche de la machine pneumatique, dans laquelle on a mis de l'acide sulfurique concentré; on fait le vide : l’acide absorde le peu de vapeurs qui restent dans la cloche, du moins à très-peu de chose près. Au bout de quelques jours, l’aiguille cesse de marcher vers le sec; on note ce point sur le cadran : c’est le point fixe de la sécheresse extrême. On le marque en écrivant 0. Cela fait, on porte l'instrument sous une cloche dont on a mouillé les parois intérieurs avec de l’eau distillée : les bords de la cloche plongent aussi dans quelques millimètres d’eau : l'aiguille parcourt le cadran en sens contraire, et on note le point où elle s'arrête définitivement en écrivant 100 : c’est le point fixe de l'humidité extréme. Enfin, on divise Varc compris entre les points fixes en 100 parties égales, et l'instrument est terminé.

L’hygromètre à cheveu est fort simple, très-ingénieux ; mais il est bien loin d'indiquer exactement les divers degrés d'humidité que subissent les gaz. M. Regnault a, en effet, démontré que cet instrument n’a ni la sensibilité ni la régularité de marche qu’on lui a attribuée. A plus forte raison ces remarques s’appliquent-elles à ces grossiers hygromètres où le cheveu est remplacé par une corde à boyau; celleci faisant mouvoir, au lieu d’une aiguille, soit le capuchon d'un moine, soit tout autre indicateur.

La méthode de l’hygromètre à condensation repose sur un fait qui se produit tous les jours sous nos yeux. Supposons une carafe pleine d’eau exposée dans un lieu fermé : au bout d'un certain temps, il est évident que la température de la carafe et celle de l’eau qu’elle contient seront égales à celle de l’air ambiant. Supposons cette température de 20° : si l’on jette des glaçons dans la carafe, l’eau se refroidira ainsi que la carafe, et il arrivera un instant où aa carafe se couvrira à l’extérieur d’une couche d'humidité : c’est ce qu’on appelle le point de rosée. Il est facile d’expliquer pourquoi il se dépose de l’eau sur la carafe : en effet, les glaçons qu’on a jetés dans le vase ayant fait baisser sa température au-dessous de zéro, les vapeurs d’eau contenues dans l'air qui se trouvent en contact avec sa surface

extérieure se refroidissent à leur tour, et passent à l’état liquide. On observe, au reste, un phénomène semblable, surtout en été : il suffit de verser de l’eau à la glace dans une carafe exposée dans un lieu chaud pour la voir en peu de temps se couvrir de gouttelettes d’eau.

Si, au lieu d’une carafe, on emploie une surface métallique polie, le phénomène acquerra une netteté dont on pourra tirer de précieuses indications. L’abaissement de la température, qui correspond dans un certain air au point de rosée , donne bien simplement son état hygrométrique ou sa fraction de saturation; car cette température est précisément celle à laquelle il suffirait d’abaisser cet air pour qu'il parvint à saturation avec la quantité d’eau qu’il contient. M. Regnault a lui-même construit expérimentalement la table des saturations de l'air à toutes les températures ; la détermination du point de rosée , rapprochée de la température ambiante , donne dans la table les nombres dont le rapport exprime la fraction de saturation.

Quant à la méthode du psychromètre, due à Gay-Lussac, elle est basée sur l'observation simultanée de deux thermomètres, l’un sec et l’autre mouillé. L’évaporation est d’autant plus rapide que le milieu ambiant contient moins d’eau ; le thermomètre mouillé accuse l’abaissement de température qui accompagne cette évaporation. On comprend facilement que le degré de saturation de l’air sur lequel on opère soit une fonction de la température des deux instruments et de la pression barométrique ; mais la formule qui relie ces divers éléments renferme un coefficient qui varie pour chaque localité, et, du reste, elle n’est vraie que dans une frac. tion de l'échelle hygrométrique.

HYLAS, fiis de Teiodamas, remarquable par sa beauté, fut le favori d’'Hercule, qu’il accompagna dans l'expédition des Argonautes. Les Naïades, séduites par ses charmes, l'attirèrent dans les flots, tandis qu’il était venu à terre, aux environs de Troie, puiser de l’eau au fleuve Ascanius. Hercule chercha partout son favori en l’appelant d’une voix plain. tive; pendant ce temps-là, le navire Argo continuait sa route sans l’attendre. Par la suite , on célébra dans cette contrée, en mémoire de cet événement, une fête qui durait trois jours , et dans laquelle le prêtre appelait trois fois Hylas.

HYLLCS, fils d'Her cule et de Déjanire, épousa Iole à la mort de son père, et devint alors le chef des Hér aclides. Mais expulsé du Péloponèse par Eurysthée,ilse réfugia à Athènes , où il éleva à la Pitié un temple, devenu plus tard un refuge assuré pour les eriminels. Hyllus fut tué en combat singulier par Échémus, roi des Tégéates.

HYLOBIENS. Voyez GYMNOSOPHISTES.

HYLOZOISME. On appelle ainsi l'opinion suivant laquelle les éléments primitifs des choses ( la matière, selon l'expression des philosophes grecs, l'Hylce) étaient originairement animés d’une force vitale dont l’action se révélait dans les phénomènes de la vie. En tant qu’il paraît superflu, pour l'explication de la vie qui ne se manifeste effectivement que dans un petit nombre des corps physiques , de remonter à une intelligence créatrice et régulatrice comme cause première, on à souvent désigné l’hylozoïsme comme une variété de l’athéisme, et on l’a distingué des autres sortes d’athéisme. (Voyez CAUSALITÉ. )

HYMATION. Voyez CALÆNE.

HYMEN , HYMÉNÉE (en grec ôuñv, pellicule, voile léger qui couvre le sanctuaire des amours ; anatomiquement, c’est une membrane qui ferme l'entrée du vagin chez les vierges. En botanique, l’Aymen est une peau déliée qui enveloppe le bouton de la fleur, et ne se rompt qne lorsqu'elle s’épanouit.

Dans la fable, Hymen est le dieu qui préside aux mariages. Hyménée, en poésie, signifie chanson nuptiale, ou mieux , acclamation consacrée à la solennité des noces. L’épithalame, à sa naissance, n’était que ce chant, cette acclamation répétée en refrain : « Hymen! 6 hyménée ! » On en trouve l’origine dans l’histoire que Servius nous a transmise d’un adolescent d’Athènes ou d’Argos : Hymen

ou Hyménée était un jeune homme d’une extrême beauté, mais fort pauvre et d’une obscure origine. Il était dans cet âge où un garçon peut aisément passer pour une fille, lorsqu'il devint amoureux d’une jeune Athénienne ; mais, comme elle était d’une naissance bien au-dessus de la sienne, il n’osait lui déclarer sa passion et se contentait de la suivre partout. Un jour que les dames d’Athènes devaient célébrer, sur les bords de la mer, la fête de Cérès, où sa maîtresse devait être, il se travestit, et, quoique inconnu, son air aimable le fit recevoir dans la troupe dévote. Cependant quelques corsaires, ayant fait une descente subite à l'endroit où l’on était assemblé, enlevèrent toute la procession, et la transportèrent sur un rivage éloigné, où, après avoir débarqué leur prise, ils s'endormirent de lassitude. Hyménée propose à ses compagnes de tuer leurs ravisseurs, et se met à leur tête pour exécuter ce projet. IL sa rend ensuite à Athènes, afin de travailler au retour des Athéniennes, déclare dans une assemblée du peuple ce qu’il est et ce qui lui est arrivé, et promet, si on veut lui donner en mariage celle des filles enlevées qu'il aime, de ramener toutes les autres. Sa proposition est acceptée : il épouse sa maîtresse, et, en faveur d’un mariage si heureux, les Athéniens l’invoquèrent toujours depuis dans leurs unions sous le nom d’Hymen , et célébrèrent des fêtes en son honneur, appelées Ayménées. Dans la suite, les poëtes formèrent une généalogie à ce dieu, les uns le faisant naître d’'Uranie et établissant ainsi l’origine céleste du mariage; d’autres, d’Apollon et de Callioppe, divinités symboliques de l'harmonie , ou de Racchus et de Vénus. On le représentait toujours sous la figure d’un jeune homme couronné de fleurs, surtout de marjolaine, tenant de la main droite un flambeau, et de la gauche un voile de couleur jaune. Dans ce dernier cas, il serait frère de l'Amour. BONYALOT.

HYMENIUM, couche membraneuse et superficielle sur laquelle reposent immédiatement les organes de la fructification des champignons.

HYMENOPTERES (de vunv, membrane, et rrepoy, aile). Dans la méthode de Latreille ( Règne animal, 1517), les hyménoptères, ainsi nommés par Linné à cause de leurs ailes entièrement membraneuses, forment le neuvième ordre de la classe des insectes : nous allons indiquer sommairement leurs principaux caractères. Outre leurs yeux composés et à facettes, la plupart des hyménoptères portent au sommet du front trois yeux lisses, disposés en triangle, et nommés s/emmates : leurs antennes, fliformes ou sétacées dans la plupart des genres, varient considérablement pour la forme, la disposition, le mode d’insertion non-seulement d'espèce à espèce, mais encore chez des individus de méme espèce, mais de sexe différent : leur bouche présente un appareil très-complexe, dans lequel entrent comme éléments une lèvre supérieure, deux mandibules distinctes, deux mâchoires extrêmement allongées, et une lèvre inférieure tubulaire qui s’allonge en forme de trompe, propre à conduire des substances liquides. Le corselet des hyménoptères est formé de trois pièces distinctes, que Kirby a désignées sous les noms de collier, de thorax et de mélathorax. Le collier supporte la première paire de pattes, et s'étend, dans quelques genres seulement, jusqu’à la partie supérieure du corselet; le thorax donne attache aux pattes moyennes et postérieures et à deux paires d'ailes, transparentes ou hyalines, nues, membraneuses , veinées Jongitudinalement, et croisées horizontalement sur le corps ; les ailes supérieures, constamment plus grandes que les inférieures, portent à leur origine une petite écaille arrondie et convexe : le métathorax «e confond souvent wec le thorax ; lorsqu'il demeure distinct, il se présente sous la forme d'un écusson plus ou moins étendu. L'abdomen est, en général, séparé du tronc par un étranglement lrès-marqué, et paraît comme appendu, au moyen d’un pédicule, à l'extrémité inférieure du corselet ; il est formé de segments dont le nombre varie de 5 à 9, et son extrémité terminale, chez les femelles, est toujours muaïie d'une tarière

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