‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 158 sur 522 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

sibles. La lune doit avoir quelque influence sur nos corps ; mais on l'a sans doute exagérée, et elle est mal connue : si elle fait constante et démontrée, ses effets se reproduiraient régulièrement à toutes ses phases, qui se répètent toujours de même. L’électricité, agent impondérable répandu dans la nature, modifie aussi notre existence, et la plupart du temps sans que nous puissons diriger son action.

Les organes des sens servant principalement à mettre l’homme en rapport avec le monde extérieur sont des voies très-actives d’excitation ; leur exercice réclame de la modération etdes temps de repos; on ne peut en user immodérément sans léser leur tissu et sans troubler la fonction du cerveau, par conséquent sans impressionner tout l’ensemble de l'individu. Des migraines dont ont cherche inutilement la cause proviennent souvent de la surexcitation des yeux, ainsi que plusieurs autres accidents. Les bruits intenses et inattendus sont funestes en plusieurs cas, surtout pour les femmes enceintes. Les odeurs ont des inconvénients très-graves et auxquels on ne fait pas assez d'attention, etc.

Comme organe des facultés intellectuelles, l'appareil nerveux est la source de nombreuses modifications, et c’est sous ce rapport qu’un exercice modéré est encore nécessaire. C’est au détriment de notre santé que nous nous adonnons aux méditations profondes et soutenues que l'étude exige. L'homme éprouve cet effet dès sa jeunesse, qu’il passe dans les écoles. Cependant l'exercice des fonctions mentales n’est nuisible que s’il est exagéré : il est nécessaire à l’homme, et surtout quand on s’en est fait une habitude : en ce cas, on n'y renonce pas sans tomber dans une vieillesse anticipée.

Les passions, qui ont aussi leur origine dans le système nerveux, soit par l’action des organes des sens externes, soit par les impressions instinctives parties des viscères. combien de maux n’engendrent-elles pas? Une joie excessive peut tuer comme une vive affliction; la tristesse, le chagrin détruisent à la longue nos entrailles, comme des poisons corrosifs; la colère est une cause fréquente d’apoplexies foudroyantes, etc. IL faudrait éviter ces affections extrèmes ; mais l'homme ne peut pas toujours se soustraire aux conséquences de sa propre organisation, ainsi qu’à celles de mille circonstances où il est placé. Il est un bien que la nature nous a donné pour laisser des périodes de relâche et de repos à un appareil d'organes chargé de tant de rôles importants, c’est le sommeil, qu'on a même appelé la meilleure partie de la vie, tant l’état de veille est souvent pénible. 11 est un besoin impérieux auquel il importe beaucoup de satisfaire pour conserver la santé. Les personnes qui consacrent une très-grande partie des nuits au travail ou aux plaisirs sont ordinairement maladives, et l’insomnie trop prolongée compromet la vie ou la raison.

Le système nerveux, que nous venons d'examiner à la hâte, sert d’intermédiaire entre les organes des sens, par conséquent des perceptions, et ceux qui exercent divers mouvements nécessaires à la satisfaction de nos besoins. Ces derniers actes sont accomplis par un appareil composé d'os et de muscles, dont l'exercice est en grande partie soumis à l'empire du cerveau, etqui est une source de santé comme de maladie. Il faut d’abord que l'appareil locomoteur puisse se développer librement et suffisamment : c’est une 1écessité qu'on néglige trop souvent de satisfaire en retenant les enfants caplifs dans des langes. Plus tard , Où les astreint dans les écoles à une vie trop sédentaire pour leur âge. Communément encore les écoliers accomplissent enr tâche sans être assis commodément , et ils prennent Vhabitude d’une position vicieuse, à laquelle ils Sabandonnent d'autant plus que leur attention est entièrement absorbée par la composition des devoirs. Cette cause, à laquelle on maccorde point assez d'attention, produit communément les déviations de la taille et nuit plus ou moins au développement du corps. Nous devons reconnaître toutefois que

Jes différents jeux gymnastiques adoptés dans la plupart des pensions augmentent maintenant les bienfaits des heures consacrées à la récréation.

DICT. DE LA CONVERS, — T, XI

L'exercice musculaire est une condition de la santé, mais c’est surtout quand il est combiné avec celui des organes de l'intelligence. C’est ainsi que le jeu de billæd, qui exige cette combinaison, est un moyen de distraction très-salutaire, Les excursions en plein air qui ont un but intellectuel sont encore préférables : {elles sont celles qui ont pour objet l'étude de la botanique, de l’entomologie, de Ja géo-

| logie, etc. Dans la vieillesse même, des courses pareilles

ont toujours de grands avantages. En général, donnons un but d'utilité ou d’amusement à nos promenades ; autrement elles nous fatigueront promptement , et nous n’en retirerons aucun fruit. La chasse est un exercice moins noble que celui auquel on s’adonne pour étudier l'histoire naturelle, quoiqu'on l'ait appelé le délassement des héros; mais il n’en est pas moins salubre , si toutefois, comme tout autre, il n’est

| pas excessif. En général, l’action musculaire contribue à en- | tretenir le corps dans un état vigoureux : en favorisant la

circulation du sang, en répartissant, par conséquent , les matériaux nutritifs, elle empêche certaines parties d'acquérir plus de développement que d’autres, ce qui est un effet de l'oisiveté et de la vie trop sédentaire. L'activité des organes locomoteurs doit toutefois être contenue dans les bornes de la modération ; autrement elle cause un état fébrile : on doit la proportionner aux forces et aux positions sociales. La promenade à pied est plus convenable pour les uns; pour d’autres, c’est l’équitation, etc. S’il faut user des facultés locomotrices dans l’intérêt de la conservation de la santé, ül faut aussi savoir accorder des temps de repos aux muscles soumis à notre volonté : la fatigue nous instruit de cette nécessité, et ce n’est pas impunément qu’on négligerait cet . avertissement. Il n'y à dans l’organisme qu’un certain nom-

. bre d'instruments destinés à une action non interrompue et

‘indépendante de notre vouloir. Tels sont les instruments de

la circulation, de la respiration. Cet ordre est dans notre intérêt et la marque d’une prévoy nce que nous ne saurions trop admirer : s’il en eût été autrement, que nous eussions pu, par exemple, respirer à volonté, combien la somme de nos maux n’aurait-elle pas augmenté?

Après les besoins résultant de la sensibilité et de la mobilité, viennent ceux qui sont engendrés par le jeu des organes destinés à renouveler constamment les matériaux dont l'organisme se compose, comme aussi à expulser ceux qui doivent être éliminés, n’étant pas assimilables à la matière animale, Deux vastes surfaces servent à laccomplissement de ces fonctions importantes, et concourent avec les organes des sens à établir des rapports entre l’homme et le monde où il est placé : l’une est formée par la membrane muqueuse qui revêt les cavités du corps; l’autre est l'enveloppe appelée peau. Le premier acte de ces fonctions d’entretien est la digestion, la source du sang, avec lequel coulent par tout les matériaux nutritits. Si cette fonction est une des premières conditions de l’entretien de la vie, elle est aussi la cause de nombreux abus nuisibles à la santé. C’est surtout celte partie des connaissances hygiéniques qui est immense et dont nous ne pouvons présenter qu’une faible ébauche. L’appétit et la soif sont les moniteurs qu'on devrait consulter pour prendre des aliments et des boissons. Ce n’est pas sans raison qu’un adage médical proportionne la liste de plusieurs maladies à celle des progrès de l’art du cuisinier. En nous laissant aller aux plaisirs du palais, nous mangeons ordinairement trop : ce n’est pas une satiété pénible qui devrait déterminer la fin de nos repas ; ce devrait être un sentiment de bien-être au moral comme au physique. Il faut aussi proportionner la quantité des aliments, indépendam . ment de leur nature, à l’âge et à l’exercice.

Les inconvénients qui dérivent d’une quantité d’aliments insuffisante se conçoivent facilement, et, sous ce rapport l'estomac est l'ennemi du pauvre. Les substances alimentaires ont une influence variée sur la santé en raison de leur qualité : il nous est impossible de les passer en revue; contentons-nous de dire que beaucoup d'erreurs et de préjugés existent à ce sujet. Il serait très-difficile de donner des rè-

gles de diététique d’une application générale; car ce qui est péniblement digéré par les uns l'est aisément par d’autres. Chacun doit chercher à acquérir par sa propre expérience la connaissance des aliments qui conviennent le mieux à sa nourriture. Les boissons sont un besoin impérieux pour l’homme : ce sont elles qui réparent en grande partie la perte des fluides dépensés par les voies de sécrétion et d’excrétion ; la quantité nécessaire pour l’entretien de la santé est indiquée par la sensation de la soif, mais l'homme est loin d'écouter cette suggestion : sous ce rapport, il se distingue à son désavantage des animaux, comme sous celui de faire l'amour en tout temps, ainsi que l’a judicieusement remarqué Figaro : la qualité des boissons nuit encore plus intensivement et plus communément. Les différents liquides qui nous servent de boissons étant absorbés dans l'estomac sans être soumis aux lois de la digestion, on peut juger combien ils modifient promptement le sang, et surtout sa propriété présumée d’être l’excitateur des nerfs. Lorsque l’acte de la digestion est accompli, il faut que son produit, qui est le premier état du sang, soit perfectionné dans un nouvel appareil, où il subit une action très-remarquable. Si l'existence de l’homme dépend de la terre sous le rapport des comestibles et des boissons, elle dépend aussi rigoureusement de l’atmosphère; la respiration est un besoin inéviable, qui exige pour condition principale un air pur : il y a dans cette fonction, comme dans celle de la digestion, un choix de matériaux propres à entretenir l'organisme et un rejet de matériaux impropres à ce but. C’est dans l’un et l'autre appareil une opération indispensable pour la santé. D’autres organes agissent aussi comme dépurateurs , et leur action est également nécessaire : telle est surtout celle des organes urinaires ; là se trouvent diverses causes de maladies. Les fonctions de la peau qui revêt le corps sont multiples et importantes pour la conservation de la santé, Comme organe du tact, cette surface contient beaucoup d’expansions nerveuses dans son tissu, et a une sympathie très-étroite avec le reste de l'organisme : elle est comme le régulateur de la chaleur animale ; elle est tout à la fois une voie d’absorption et une d’excrétion. On comprend combien il importe que ces fonctions diverses ne soient pas entravées. D’autres fonctions, destinées à entretenir la vie humaine et à la reproduire, sont encore des sources de besoins qui doivent être satisfaits dans de justes mesures pour que la santé se conserve. Il faudrait passer en revue la physiologie pour montrer les données hygiéniques qui en découlent; mais, dans les proportions qui nous sont prescrites dans ce travail, nous pouvons seulement en faire comprendre l’importance par un simple aperçu. D' CHARBONNIER.

HYGIENE (Conseil d’). Voyez CONSEIL D'HYGIÈNE PU- BLIQUE ET DE SALUBRITÉ.

HYGIÈNE PUBLIQUE. Voyez SALUBRITÉ.

HYGIN ou HYGINUS ( Carvs-JuLius ), savant grammairien romain du siècle d’Anguste, qui l’estimait beaucoup et le nomma directeur de la Bibliothèque Palatine. Jadis on le regardait généralement comme l’auteur du Fabularum Liber, collection de 224 fables, tirées du cycle des traditions grecques et romaines, et des quatre livres Poelicon astronomicôn, où il est parlé du monde, de la sphère céleste et des signes du zodiaque au point de vue mythologique. Pourtant, à cause du style corrompu et de l'exposition sans goût qui règnent dans ces deux ouvrages, la critique a décidé depuis longtemps ou qu'ils ont été interpolés plus tard, ou qu’ils appartiennent à un tout autre Hyginus, qui vivait sous les Antonins, et peut-être même sous Théodose. L’édition la plus complète s’en trouve dans les Mylthographi latini, de Muncker (2 volumes, Amsterdam, 1681), etde van Staveren (2 volumes, Leyde et Amsterdam, 1732, in-4° ). A. Mai a le premier fait connaître, d’après les manuscrits du Vatican, dans le tome III des Classici auctores e Vatican codd. edit. ( Rome, 1881), une nouvelle collection de fables qui porte également le nom d'Hyginus. HYGROMÈTRE, HYGROMÉTRIE (devypos, humide,

HYGIÈNE — HYGROMETRE

et petpov, mesure). L'air qui nous environne , quelque sec qu’il nous paraisse, tient toujours en suspension une certaine quantité d’eau, suivant le degré de sa température, les saisons, les directions des vents, etc. Depuis longtemps, les physiciens ont imaginé divers instruments pour se rendre compte de la quantité de vapeurs aqueuses qui peuvent être mélangées avec un gaz : ces intruments ont reçu le nom d’hygromètres. Les principes sur lesquels repose leur construction, l'interprétation de leurs indications, relativement à notre atmosphère constituent l’Aygrométrie, partie importante de la météorologie.

L'état kygrométrique de l'air ne dépend pas uniquement de la quantité absolue de vapeur d’eau qu'il renferme. Une même quantité de vapeur, disséminée dans un air chaud ou dans un air froid, lui communique des propriétés hygrométriques notablement différentes. « Tel air, dif M. Foucault, qui, à la température de 4 ou 5 degrés, prés sentera tous les caractères de l'humidité extrême, favorisant la déliquescence des sels, la dilatation des matières organiques, la détorsion des cordages, reprendra , par une simple élévation de température, toutes les apparences d’un air sec; sans perdre sa proportion de vapeur, il deviendra propre à sécher le linge, à effleurer les sels et à contracter les matières organiques La proportion de vapeur restant la même , l'élément météorologique qui constitue l’état hygrométrique aura cependant changé, et si l’on veut arriver à le déterminer expérimentalement , il faut d’abord le définir d’une manière précise et qui permette de l’exprimer numériquement. Assurément, si l'air sur lequel on opère avait toujours la même température, le degré hygrométrique ne serait pas difficile à définir ; on commencerait par constater qu’il y a une proportion maximum que la vapeur d’eau ne peut pas dépasser en se mélangeant à cet air, et toutes les fois que cette proportion serait reconnue existante, on emploierait pour la noter le chiffre le plus élevé de l'échelle hygrométrique, le chiffre indiquant que l'air est complétement saturé. Au contraire , lorsque cette proportion ne serait pas atteinte, on tâcherait de déterminer par une méthode quelconque combien il s’en manque, et la fraction de saturation ainsi reconnue donnerait par son numérateur le degré hygrométrique représentant une idée nette à l'esprit. Trouve-t-on que cette fraction s'élève aux 10, aux 20, aux 25 centièmes de la quantité maximum, on exprime par 10, 20, 25 degrés l’état hygrométrique de l’air éprouvé. Or, rien n'empêche de déterminer une fois pour toutes le maximum de saturation de l'air à toutes les températures, et cette besogne une fois faite le degré hygrométrique conserve sa signification dans toute l'étendue de l'échelle thermométrique; car, à quelque température qu’on opère, ce degré exprime la valeur de la fraction de saturation correspondante. En définitive, prendre le degré hygrométrique d’un certain air, ©’est rechercher la proportion de vapeur d’eau contenue dans cet air et la comparer à la quantité maximum qu'il peut contenir à la même température. »

Diverses méthodes sont employées pour les observations hygrométriques. M. Regnault, à qui l’hygrométrie doit une grande partie des progrès qu'elle a faits dans ces dernières années, les distingue en méthode chimique, méthode des absorbants organiques, méthode de l'hygromètre à condensation et méthode du psychromètre.

La première de ces méthodes consiste à faire absorber par un corps avide d’eau la vapeur contenue dans un volume déterminé d’air, Ce corps étant pesé avant et après l'expérience, on conclut de son augmentation de poids la proportion de vapeur que renfermait l'air. Cette méthode est rigoureuse ; mais elle exige les soins les plus minutieux de la part de l’expérimentateur,. |

Entre les appareils qu'emploie la méthode chimique et ceux qui appartiennent à la méthode des absorbants organiques, on pourrait en placer un dont la construction est des plus

| simples. Cet hygromètre consiste en un fléau de balance, à

une des extrémités duquel est suspendue une éponge parfaite

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