‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 164 sur 522 · HYPOCRISIE · texte numérisé non relu

HYPOCRISIE

l'étude de l’hypocondrie. Sachant aussi combien le cœur est enflammé par les centres nerveux et par les viscères, on ne doit point être surpris de voir la maladie qui nous occupe être ordinairement accompagnée de palpitations de cœur. L’aperçu que nous avons tracé des symptômes de l’hypocondrie suffit pour montrer le malheur de cet état de santé, que le temps aggrave ordinairement de plus en plus si on n’y remédie pas. Les fonctions des organes sensoriaux se dépraveut au point que les malades ont des perceptions bizarres, comme celles des fous : ils ne goûtent plus ie repos du sommeil ; ils deviennent méfiants, insupportables aux autres comme à eux-mêmes. Leur situation enfin est fréquemment si intolérable qu’ils cherchent un secours dans le suicide. Un tel état réclame donc des soins médicaux, employés avec discernement. Au médecin appartient un tel traitement, parce que lui seul peut découvrir l’origine des troubles survenus dans l’état normal. C’est à lui d'évaluer les vitalités respectives du cerveau et des viscères d’après les aberrations du mouvement et du sentiment, afin de découvrir quel est le rouage primitivement lésé. Cette découverte est la partie la plus importante du traitement, et le succès en dépend. Mais les moyens que l’art possède ont-ils une puissance qui puisse rassurer ? Dans plusieurs Cas, on peut répondre affirmativement. S'il est possible d’éloigner les causes, les effets cesseront aisément : ainsi, en faisant renoncer aux travaux intellectuels profonds et soutenus trop longtemps, comme en mettant un terme à Poisiveté, et en remplaçant ces habitudes par des exercices musculaires, surtout par la culture des arts d’agrément, on peut espérer de guérir l’hypocondrie; d’autres fois, il faut remplacer lintempérance par la sobriété et recourir au traitement des irritations gastro-intestinales. Maïs, quand la maladie est le résultat de chagrins qu'il est impossible d’écarter, le médecin ne peut donner que des consolations banales qui ne remédient pas au mal. D° CHARBONNIER.

HYPOCRAS, breuvage célèbreau moyen âge. Son nom, qui ne dérive pas, comme Ménage veut le faire croire, de celui d’'Hippocrate, inventeur prétendu de cette boisson agréable et salutaire, doit bien plutôt venir, selon nous, des deux mots grecs ürè et xepayyuwm , qui signifient n6langer. L’hypocras, en effet, était un mélange de vin et d’ingrédients doux et recherchés; on en jugera par Ja recette que Taillereut, le maïtre-queux de Charles VII, nous en a laissée : « Pour une pinte, dit-il, prenez trois treseaux (trois gros ) de cinnamome fine et pure, un treseau de mesche, ou deux qui veult, demi-treseau de girofle, et de sucre fin six onces, et mettez en pouldre; et la fault tout mettre en ung coulouoir avec le vin et le pot dessoulez, et le passer tant qu’ilsoit coulé, et tant plusest passéet mieux vault, mais qu'il ne soit esventé. » Pour parvenir à cette clarification parfaite du mélange, on employait un filtre préparé à cet effet, et qu’on appelait chausse d'hypocras. Plus tard, afin de rendre cette préparation moins longue, on eut des essences à l’aide desquelles, selon le Dictionnaire de Trévoux, on faisait soudainement de l’Aypocras. Le vin rouge ou blanc n'était pas toujours la base de cette liqueur; on la faisait aussi avec de la bière, du cidre et même de l’eau. Mais c'était là l’Aypocras du peuple, et, suivant le docteur Pegge, la cannelle, le poivre et le miel clarifié en étaient les seuls ingrédients. Chez les grands, on s’en tint toujours à l’hypocras au vin, rehaussé d’un goût de framboise ou d’ambre. Du temps de Louis XIV, ce breuvage était encore en faveur: on le servait dans tous les grands repas et à toutes les collations. La ville de Paris devait même, chaque année, en donner un certain nombre de bouteilles pour la table royale. Édouard FouRNER.

HYPOCRISIE , HYPOCRITE. Tous les vices humains lont une telle ressemblance entre eux, même dans leurs nuances les plus variées, ils se lient si intimement jes uns aux autres que ce n’est, le plus souvent, qu'à l’aide de la comparaison qu’on peut en donner une juste idée. Ainsi Vhypocrisie n’est qu’une variété de la dissimulation; ce

n’est même que la dissimulation au dernier degré, la dissimulation aux paroles doucereuses, la dissimulation accompagnant la perfidie la plus noire : la dissimulation, tout odieuse qu’elle est, l’est cent fois, mille fois moins que l’hypocrisie. Le manque de franchise est le caractère de la dissimulation : là se borne son rôle; l'hypocrisie, au contraire, a toujours pour mobile des espérances de lucre ou de vengeance. L'homme dissimulé cache ce qu’il a sur le cœur; mais, si sa bouche retient son secret, son maintien, son visage sont toujours prêts à le trahir malgré lui; car cette situation de l’âme est tout à fait accidentelle et ne saurait durer. L’hypocrite, lui, n’a dans sa voix, dans ses regards, dans ses manières rien qui laisse deviner ses sentiments. Il a élevé la dissimulation à un tel degré que désormais il est maître de toutes ses impressions de joie et de déplaisir : il continue son rôle jusqu’au bout, et ne se dépouille de ses dehors caressants que lorsqu'il est parvenu à son but, que lorsqu'il peut jeter le masque sans danger. La dissimulation a quelquefois la nécessité pour excuse; mais jamais ce motif, quelque impérieux qu'il puisse être, n’absoudra l’hypocrisie.La pire de toutes }es hypocrisies est l'hypocrisie dévote, celle dont Jésus-Christ appelait les adeptes des sépulcres blanchis; celle que Voltaire nomme :

La tendre hypocrisie, à l’air plein de douceur ; Le ciel est dans ses yeux, l'enfer est dans son cœur;

celle enfin qui a inspiré à Molière sa sublime création de Tartulfe.

« Qui ne sait dissimuler ne sait régner, » disait Machiavel dans ses préceptes à l’usage des gouvernements ; et, en effet, toute révoltante que semble cette maxime, elle soulève moins l'humanité que ne l’äurait fait celle-ci : « Qui ne sait être Aypocrile ne sait régner. » Et cependant cette habitude de dissimulation que recommande l’auteur du Prince nest autre chose que de l’hypocrisie, tant on sait bien déguiser avec les mots {out ce que les choses ont de hideux!

HYPOGASTRE (de Üro, sous, et yaorep, ventre). Les anatomistes appellent ainsi la partie inférieure du bas-ventre commençant à l’ombilic et s'étendant jusqu’à l’os pubis. Par région hypogastrique on entend l’ensemble des artères, des muscles, des vaisseaux, etc., qui se rattachent à l’hypogastre.

HYPOGÉE (du grec üréysos, souterrain, formé de Ünd, sous, et y, terre). On désigne principalement par ce nom des excavations et constructions souterraines dans lesquelles les anciens déposaient leurs morts. On se sert aussi dans le même sens du mot catacombes; mais le nom d’Aypogées est plus spécialement affecté aux excavations formant les nécropoles de l'Égypte,

[On rencontre des hypogées sur tout le littoral du Nil, depuis Alexandrie jusqu’à Syène et aux cafaractes, dans le voisinage des anciennes villes. Les curieux visitent plus particulièrement celles d'Alexandrie, de Saccarah et de Ghizeh, celles de Syouth, Beni-Hassan , Hermopolis, Eletkya et Kournach, à Thèbes : ces dernières sont les plus remarquables, tant par leur haute antiquité que par leur grand nombre et leur beauté, On distingueentre autres la Nécropole de cette ancienne capitale, la Syringe, immense labyrinthe composé de couloirs, de chambres et de puits conduisant les uns aux autres et destinés jadis à contenir des milliers de momies. Mais les tombeaux des rois thébains sont en ce genre les ouvrages les plus curieux , moins encore par leur prodigieuse étendue que par les sculptures et les peintures hiéroglyphiques dont ils étaient décorés. Ces tombeaux sont situés à l'occident de Thèbes , dans une vallée qui porte le nom de Biban-al-Molouk (les portes des rois). Les Pharaons consacraient toute leur vie à se faire creuser un tombeau, et Von pourrait en quelque sorte apprécier par l'étendue et le travail de ces excavations la durée du règne et l’opulence de chacun d'eux. 11 paraît que les travaux s’arrétaient à la mort du roi, ét qu'après que la momie avait été déposée dans le tombeau on le fermait soigneusement pour en dérober l'entrée aux profanations de la cupidité, Ces excavations of-

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