‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 169 sur 522 · HYPOTHÈSE — HYSOPE · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE — HYSOPE

alliance avec les Romains, construisit le château fort de Baris, sur l’angle nord-est de la montagne du Temple, et recula son territoire presque jusqu'aux anciennes limites du royaurne de David, Il semble aussi avoir jeté les bases du sanhédrin. Pharisien dans l’origine, il se rallia plus tard à la secte des Sadducéens, A sa mort, il laissa cinq fils, dont deux, Aristobule et Alexandre, régnèrent avec le titre du roi.

HYRCAN If, petit-fils d’Hyrcan 1® et fils d'Alexandre, fut proclamé roi de Jérusalem l'an 96 avant J.-C.; mais, vaineu par son frère Aristobule, il rentra bientôt dans la vie privée. Proyoqué par l’Iduméen Antipater, il chercha ensuile à remonter sur le trône avec l’aide d’Arétas ; mais ce fut sans succès. En l'an 63 avant J.-C., Pompée le nomma grand prêtre et ethnarque. A partir de cette époque, Hyrcan s’occupa du temple, et Antipater du gouvernement. L'an 47 avant J.-C., César lui-confirma la dignité héréditaire de grand prêtre, et nomma Antipater procurateur. Lorsque Antigone, fils d’Aristobule, fut devenu grand prêtre et roi par le secours des Parthes, il fit couper les oreilles à Hyrcan, pour le rendre indigne d’exercer le souverain sacerdoce. Les Parthes l'emmenèrent avec eux à Séleucie, l’an 40 avant J.-C.

HYRCANIE, nom ancien d'une province de lIrân, qui comprenait la contrée située entre le mont Elbrouz et la mer Caspienne, par conséquent le pays situé le long de la côte méridionale de cette mer, appelé aujourd’hui Masandérän, et qui se trouvait entre l’ancienne Médie au sud-ouest et la Parthie à l’est. Sauf la partie basse riveraine de la mer Caspienne, c’élait nn pays sauvage, mais bien arrosé par les nombreux petits cours d’eau qui ont leur source dans les montagnes voisines et vont se déverser dans la mer Caspienne, dès lors d’une fertilité extrême, dans ses vallées et ses parties basses, en grains, fruits et vins. Ses habitants appartenaient, suivant toute apparence, à la race des Parthes, et étaient fameux dans l'antiquité à cause de leur férocité. L'Hyrcanie fut de bonne heure subjuguée par les Mèdes et les Perses; et comme province de la Perse partagea à toutes les époques les destinées de cet empire, sauf la période pendant laquelle la Perse se trouva placée sous la domination des Parthes, époque où l’Hyrcanie se maintint indépendante, et fit même souvent trembler les rois parthes.

HYRCANIENNE (Mer). Voyez CASPiENNE (Mer).

HYSOPE. Ce genre appartient à la didynamie gymnospermie de Linné, à la famille des labiées de Jussieu. Parmi les cinq espèces qu’il renferme, une seule offre quelque intérêt : c’est l'hysope officinale (Ayssopus officinalis , Lin.). L'hysope officinale est un petit arbrisseau rameux, à branches dressées et pulvérulentes, à feuilles opposées, sessiles, lancéolées et poudreuses comme les branches, ct parsemées, à leur face inférieure surtout, d’une multitude de petites glandes. Les fleurs de l’hysope, bleues, roses ou blanches, sont disposées en épis dans les aisselles des feuilles supérieures, ettoutes sont dirigées du même côté ; leur calice est tubuleux, cylindrique, à cinq dents aiguës ; leur corolle est bilabiée; quatre étamines, droiles et écartées, se projettent au dehors de la corolle; et l'ovaire, supère et quadrilohé, porte un style filiforme, couronné par un stigmate bifide.

L’hysope croît, à l’état sauvage, sur les collines arides, et dans les murs délabrés de la France méridionale ; elle fleurit aux mois de juin et de juillet, D'une odeur pénétrante, comme la plupart des labiées, d’une saveur aromatique et et un peu âcre, l’hysope a dû nécessairement trouver place parmi les plantes médicinales ; aussi l’infusion de ses sommités fleuries at-elle été souvent conseillée, avec succès peut-être, dans la plupart des affections catarrhales, et surtout dans les inflammations chroniques de la muqueuse pulmonaire,

L'hysope est fréquemment mentionnée dans les saintes Écritures : il paraîtrait même que les Juifs s’en servaient dans leurs purifications. « Salomon à connu toutes les plan- . tes, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l'hysope qui croit dans les murailles , » dit le livre des Rois, Hasselquist s'est au-

HYSOPE — HYSTÉROTOMIE ABDOMINALE

torisé de ce passage pour avancer que l’ezob des Hébreux m'était pas, malgré l'autorité des Septante, l’écowxos des Grecs, mais bien une petite mousse, fort commune dans les iurs de Jérusalem; mais la critique d'Hasselquist n’a pas été adoptée, et la version des Septante a prévalu : toutefois nous n’en sommes guère plus avancés quant à la détermination botanique de la plante que les Hébreux ont appelée ezob : car, en admettant, ce qui est douteux, que l’esob des Juifs soit bien réellement l'üccwros des Grecs, il faudrait encore prouver que l’Ücowros des Grecs était bien réellement l’yssopus de Linné, ce qui est plus douteux encore; Dioscoride, qui mentionne deux espèces d'Üccwroc, ne les caractérise ni l’une ni l’autre, et la plupart des botanistes penchent à croire que la plante ainsi dénommée par lui et qui paraît avoir été très-généralement connue de son temps appartenait à quelque espèce végétale complétement distincte de l’officinalis. BeLriELD-LETÈVRE.

HYSTASPE, père de Darius 1‘, était issu de la famille des Achéménides et était gouverneur de la Perse proprement dite quand son fils, après avoir tué le mage Smerdis, s'empara de la couronne de Perse. C’est à peu près tout ce qu'on sait de lui. Il ne fut pas longtemps témoin des splendeurs et des prospérités de son fils, et mourut, dit Ctésias, des suites d’une chute qu’il fit en allant visiter le tombeau magnifique que Darius se faisait construire entre deux montagnes.

HYSTERIE (de Vorepe, utérus), maladie à laquelle la femme est disposée par son organisation particulière : ce mot spécifie en grec l'affection d’un viscère chargé de remplir principalement la pénible fonction de la maternité. L’esquisse des principaux symptômes de cette maladie en donnera facilement une idée. Les femmes hystériques ou disposées à le devenir se font remarquer par une sensibilité et une mobilité très-vives ; leurs gestes , Leurs regards, sont caressants; elles se complaisent à embrasser leurs compagnes et les enfants; leur caractère est très-variable; on les voit passer facilement d’une gaieté folle à une tristesse inopinée et non motivée. L’effusion des larmes est pour elles un besoin fréquent, qui met fin momentanément à un sentiment d'oppression et de suffocation. Divers accidents signalent l'affection : des bâillements réitérés surviennent; la respiration devient pénible ; un mouvement s’opère dans l'abdomen, et il est accompagné d'une sorte de contraction des parois de cette cavité; il s’en élève comme une boule, qui semble remonter vers la gorge, el suffoque la malade : fa peau pälit, se refroidit, rougit et s’échauffe alternativement; la circulation est troublée; le cœur palpite ; les artères de la tête battent avec violence; souvent les mâchoires se resserrent, les membres s’agitent convulsivement, et la syncope met fin à cet état. Lorsque la malade se ranime, un flux abondant de larmes ou d’urines s’opère comme une sorte de crise salufaire. Cette perturbation violente, appelée vulgairement attaque de nerfs, ne laisse après elle qu’une fatigue de peu de durée, et la santé habituelle se rétablit. Mais, plus tard, ces accidents se renouvellent à des retours périodiques, qu’on nomme accès, et dont la répétition est plus où moins fréquente. Si l’hystérie n’est point combattue efficacement, elle peut acquérir une gravité alarmante. Les accidents débutent subitement et avec force; les mouvements convulsifs sont violents, où bien le corps est dans une roideur fétanique ; les malades poussent des soupirs ou des cris étouffés, quelquefois anologues aux aboiements d’un chien; tantôt elles grincent des dents, tantôt s’arrachent les cheveux; elles s'abandonnent enfin à des actes insensés. La violence de cet état convulsif est quelquefois comparable à l’épilepsie. La syncope peut se prolonger au point d’être léthargique. Enfin, dans ces cas extrêmes, l’hystérie est vraiment une scène effrayante; après les accès, il reste une sensibilité morbide très-grande, et divers acci-

dents, même mortels, peuvent survenir. Une douleur locale, fréquemment perçue sur la tête, est au nombre des symptômes de cette maladie; cette douleur, en raison de sa fixité, a été appelée clou hystérique.

Le siége de l’hystérie se découvre par le peint de départ des premiers symptômes, el par la remarque que ceite ma: ladie n’affecte les femmes que durant la période de leur vie où elles sont aptes à devenir mères. Mais, indépendamment de l'organe abdominal, on doit aussi considérer que le cerveau concourt puissamment à sa production; car on la voit survenir communément après des entretiens ou des lectures érotiques. L'observation montre même qu'une partie du cerveau y prend une part spéciale : c’est la partie correspondante au cervelet, celle où les phrénologistes ont placé la philogéniture; les femmes hystériques ont ordinairement cette région du cervelet très-développée, et une sensation pénible sur cette partie a souvent été perçue chez quelquesunes avant et pendant les accès. L'auteur de cet article en a vu une qui, dans un délire hystérique, tenait constamment une de ses mains sur la partie que nous indiquons. Les hommes même qui ont le cerveau amplement développé ont des manières caressantes comme les femmes prédisposées à l’hystérie, et les angoisses paternelles que ces individus éprouvent sont accompagnées d’une sorte de strangulation. Shakspeare l'avait remarqué, car il fait dire au roi Lear, accablé de douleur par la conduite de ses filles : « Le mal des mères me suffoque. » Mais ce concours du cerveau dans la production de l’hystérie, que l’observation empirique révèle, ne peut surprendre un physiologiste; et celui qui sait que les viscères sont solidaires les uns des autres comprendra aussi que l’hypocondrie a du rapport avec l’hystérie, et peut la compliquer. Aussitôt que les symptômes précurseurs de la maladie se manifestent, on éprouve des bâillements réitérés, de l’étouffement, le besoin de pleurer, une sensation contractive dans le ventre, etc. On doit essayer de prévenir l'accès en: faisant sentir à la malade une plume brülée ou tout autre corps qui dégage au feu une émanation analogue, mais s’abstenir des odeurs trop pénétrantes, comme l’alcali et l’éther, qui irritent le cerveau par leur activité. On pourrait aussi exercer sur le derrière de la tête des lotions avec de l’eau froide, tandis qu'on entourerait les jambes de serviettes chaudes, ou qu’on administrerait un pédiluve chaud. Si les accidents n’ont pu être prévenus, il faut enlever le corset et les jarretières, ne laisser enfin aucune ligature; placer la malade sur un matelas ; éloigner d’elle tous les objets qui pourraient la blesser dans ses mouvements irraisonnés ; la contenir doucement; exercer des frictions sur ses membres avec les mains nues ou avec des flanelles ; dégager autour d’elle des odeurs fétides, et attendre ainsi le retour du calme; puis faire entendre à celle qui sort dun état aussi violent des paroles affectueuses. Ces soins doivent être donnés, autant que possible, par des personnes âgées ou peu excitables, car l’hystérie se propage aisément par imitation : la prudence veut qu'on ne rende aucune jeune personne, ferme ou fille, témoin d’un accès hystérique. L'expérience a démontré l'importance de cette recommandation, sur laquelle nous ne pouvons trop insister.

Les moyens de prévenir l’hystérie sont assez bornés. On recourt, suivant les cas, aux purgatifs, aux ferrugineux, aux antispasmodiques. La nourriture doit être légère, l'exercice modéré. Quand il n’y a pas de contre-indication, on peut espérer de bons effets des bains froids. Mais on devra surtout faire tous ses efforts pour empêcher l'esprit du malade de s’appesantir sur l’affection dont il est atteint.

, D'° CuaARBONNIER.

HYSTEROTOMIE ABDOMINALE (du grec docepa, matrice, et repvw, je Coupe). Voyez CÉSARIENNE (Opération ).

TS ee

f, neuvième lettre de notre alphabet, qui occupe Ja troisième place parmi nos voyelles. Cette lettre , chez les anciens Latins, avait deux valeurs différentes : elle était ou voyelle ou consonne , suivant les exigences de la prosodie,

On met un point au-dessus de ce caractère, afin qu’on ne le confonde pas avec le jambage de quelque lettre voisine. Rien, on le sait, n’est si ordinaire que l’omission involonfaire de ce point : aussi l’attention à le mettre est-elle regardée comune le signe d’une exactitude ponctuelle; on dit d’un homme exact dans les moindres choses qu’il met les points sur les i.

On appelle ? éréma celui sur lequel on met deux points disposés horizontalement; on donne aussi à ces deux points le nom de diérèse. Le tréma sur li indique que cette lettre ne forme point diphthongue avec la voyelle qui la précède, et doit être prononcée séparément, comme dans les noms ZLaïs, Moïse, qui se prononcent différemment que les mots lait, mois malgré la similitude apparente du rôle qu'y remplissent les voyelles ai, oi.

Suivant Court de Gébelin, dans l'alphabet primitif, dans le langage hiéroglyphique, la lettre à désigne la main de l'homme, instrument dont il se sert pour toutes ses opérations, siége de sa puissance et de sa force. C'est le yod des Sémites.

On a longtemps fait de lé une seule et même lettre avec le j. Dans tous les vieux Dictionnaires, dans la grande £ncyclôpédie, on réunit ces deux lettres. Beauzée seul, dans cette dernière œuvre, proteste contre cet usage.

Employé comme lettre numérale, l’i en grec signifie 10, de même qu’en hébreu. L’I romain vaut un. Placé devant V ou X, il diminue d'une unité le nombre exprimé par ces deux lettres : ainsi, V, qui vaut cinq, ne vaut plus que quatre si on le fail précéder de la lettre en question (IV). Cependant, en latin, 11C exprime 200, IIIM 3,000, etc. Comme abréviation I signifie Zmperator, In, Inferi, Inviclus, Idæa. Souvent l’Lest combiné avec différentes lettres : I. Ctus signifie Jure consullus ; 1.Q, Jure Quirilium ; I. G, Jure gentium;1.V, Justus vir ; V.I, vir illustris. En France, la lettre I était naguère la marque caractéristique de la Monnaie de Limoges.

Dans les formules chimiques, I représente un équivalent d’iode, Ir un équivalent d’iridium.

IABLONO WSKI, famille princière de Pologne, qui a produit plusieurs personnages distingués.

Stanislas lAgLonowski, né en 1631, après avoir pris part aux guerres contre les Cosaques , les Tartares et les Suédois et avoir assisté, aux côtés du roi Jean Sobieski, à la glorieuse bataille de Choczim (1673), fut élevé à la dignitédegrand hetman de la couronne, en 1682. Sa retraite de la Bukowine, d’où il ramena, en 1685, l’armée polonaise, en résistant avec avantage aux forces bien supérieures des Turcs ct des Tatares, lui fit le plus grand honneur. 11 mourut en 1702.

Joseph-Alexandre Yasconowski, né le 4 février 1712, devint voïwode de Nowogorod et fut créé, en 1743, prince de l'Empire d'Allemagne, En 1768, Il quitta sa patrie, lors des troubles qui y éclatèrent, et, au retour de nombreux voyages en France et en Italie, il fixa sa résidence à Leipzig, où il mourut le 16r mars 1777. Ami et protecteur des scien-

ces, il réunit dans ses domaines, notamment à Iablonof, dé riches collections de livres, de médailles, ete. ; il composa aussi lui-même plusieurs ouvrages polonais, latins et français. Dans l’année 1765 , il proposa trois prix pour la solution de trois questions relatives à l’histoire de la Pologne, à l’économie politique, à la physique et aux mathématiques ; prix que la Société des Naturalistes de Dantzig était appelée à décerner en 1766. Mais celle-ci ayant accordé le prix à une dissertation de Schlozer, qui reléguait dans le domaine de la table l'existence de Lech, le prince Jablonowski regarda cette assertion comme une hérésie historique contre laquelle il publia ses Vindiciæ Lechi et Czechi (Leipzig, 1770), et refusa de délivrer le prix proposé, en soutenant que les conditions du concours n’avaient point été remplies. En 176$, il fonda à Leipzig la société scientifique qui porte encore son nom, mais qui ne fut définitivement organisée qu’en 1774. Iablonowski la dota d’un capital dont les revenus sont appliqués à faire frapper trois médailles en or, de la valeur de 24 ducats chacune , à l’effigie du fondateur, pour les meilleures réponses à trois questions relatives aux sciences précitées.

La famille Iablonowski fleurit encore en Russie et en Autriche. Elle a aujourd’hui pour chef le prince Antoine TABLONOwSRI , né en 1793 ; son petit-neveu, le prince Félix TAgconowski, né en 1808, entré dans l’armée autrichienne , ya obtenu en 1851 le grade de feld-maréchal-lieutenant.

IABLUNRKA, petite ville faisant partie des domaines de l’archiduce Charles (mort en 1847) dans la Silésie autrichienne, située dans un des districts montagneux des Carpathes, au confluent de l’Œlse et de la Lomna, avec 2,500 habitants dont l’industrie linière est la principale ressource. Elie est assez mal bâtie et d’une chétive apparence, mais fort importante par sa position sur la route principale conduisant de ce point en Hongrie, et qu’on appelle le défilé de lablunka. Le retranchement remarquable que l’on trouve à 10 kilomètres de cette ville, au sud, fut élevé en 1541, lorsque la Silésie fut menacée par les Turcs qui avaient inondé presque toute la Hongrie. Dans la guerre de trente ans, en 1625, ce retranchement fut pris par le corps d'armée de Mans« feld, qui y séjourna pendant près d'une année. En 1645 le général suédois Kænigsmark s’en empara. Autant en fit Frédéric II à l’époque de la première guerre de Silésie ; et depuis il resta dans un état de délabrement complet. Ce n’est que dans ces derniers temps que l’on comprit de nouveau la valeur de ce point stratégique et qu’on l’a remis en bon état de défense.

IACCHOS,. Voyez Baccnus.

IACOBI (Frénémc-Henni), ingénieux philosophe, né à Dusseldorf en 1743, fut destiné par son père, riche négociant, au commerce. Un séjour de trois années qu’il fit à Genève, en lui permettant de se rendre familières les principales productions de la littérature française, lui inspira le goût le plus vif pour l'étude des sciences et des belles-lettres. Après avoir exercé le commerce avec distinction pendant plusfeurs années, tout en se livrant à la culture des lettres el à la philosophie , il fut nommé membre du conseil aulique des finances, position qui lui permit de renoncer désormais tout à fait à la carrière commerclale, et.qu'il ne quitta qu’en 1779

IACOBI —

pour se rendre à Munich avec le titre de conseiller privé. A la suite de l'agitation toujours croissante que la révolution française provoquait en Allemagne, il se rendit dans le Holstein, en 1794, et habita alors tantôt Wandsbeck et Hambourg, tantôt Eutin, jusqu’en 1804, époque où il fut rappelé à Munich pour y organiser la nouvelle Académie des Sciences. Il fut nommé président de cette académie en 1807 mais il se démit de ces fonctions en 1813, tout en conservant le traitement qui y était attaché, et que la perte de la plus grande partie de sa fortune, jadis considérable, lui rendait nécessaire pour vivre, et mourut le {0 mars 1819.

Ses ouvragesles plus remarquables sont : Woldemar (2 vol.,1799 ); Collection de Lettres d'Ed. Alwill (1781), sur l’'Étude de Spinosa ; Lettres à Mendelsohn (1785); à David Hume, sur la foi,ou Idéalisme et Réalité( 1786); et Lettre à Fichte (1799). Comme poëte, Iacobi se distingue par une peinture fidèle et énergique de la nature et du cœur humain, une expression vive, spirituelle et vraie; comme philosophe, par la chaleur de ses sentiments religieux. Et cependant, il est peu d’écrivains et de penseurs au sujet desquels on ait émis des jugements plus divers, plus contradictoires. Suivant lui, la foi, ou, pour nous servir du terme qu’il employa plus tard, la raison nous révèle les choses divines tout comme les sens nous révèlent le monde extérieur. Cette révélation constitue une notion immédiate : toutes les notions (de l’esprit) ne sont que secondaires. IL était naturel qu'avec une telle manière de voir, Jacobi ne fût le disciple d’aucun autre philosophe , et que son rôle se bornât à être le critique des philosophes de son siècle, tels que Mendelsohn, Kant, Fichte et Schelling. La controverse qu’il engagea avec ce dernier, dans son écrit intitulé : Des choses divines et de leur révélation , fut suivie de part et d’antre avec une grande aigreur.

Son frère, Jean-Georges IacoBt, né en 1740, mort en 1814, professeur de théologie à l’université de Halle, a laissé un nom comme poëte, et fut l’imitateur, parfois heureux, denotreC haulieu et de notre La Fare.

IACOBI (Maurice-HErRMANN ), né à Potsdam, en 1816, conseiller d’État russe, membre de l’Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg depuis 1847, s’est fait un nom dans le monde savant par sa découverte de la galvanoplastieet de l'application de l’électro-magnétisme au mouvement des machines, ainsi que par ses expériences en grand, faites à Saint-Pétershourg, en 1850, en société avec Augerand, pour l'éclairage électrique. On lui doit aussi la première application des bouées explosives pour faire sauter les vaisseaux en mer. Indépendamment de quelques anciens mémoires, tels que son Mémoire sur la Galvanoplastie (Saint-Pétersbourg , 1840), et un autre Mémoire sur l’Applcation de l’électro-magnétisme au mouvement des machines (Potsdam, 1835), on a de lui, dans le Recueil de l’Académie de Saint-Pétersbourg, un grand nombre de dissertations.

LÆRTA (Hans), ancien ministre d'État suédois, fils du lieutenant général baron de Hjerta, naquit le 11 février 1774. IL avait vingt-six ans lorsqu'il débuta à la diète générale de 1800 , tenue à Norkjæping. Dans cette assemblée, il apporta l'expression chaleureuse des idées au nom desquelles s'était faite la révolution française, et renonça solennellement à son titre de gentilhomme. Son exemple fut imnité par quelques-uns de ses amis, qui déclarèrent comme lui ne plus vouloir faire partie d’un ordre dont le maintien était incompatible avec le bien-être et la prospérité de la patrie. A partir donc de ce moment, il renonça à son nom noble de Hjerta, qu’il n’écrivit plus désormais que Zærta, ces deux noms se prononçant en suédois de la même façon.

Quand éclata la révolution de 1809 , il remplissait un emploi dans les bureaux d’une compagnie d’assurances à Stockholm; il fut désigné alors pour secrétaire du comité chargé d'élaborer la nouvelle constitution suédoise. Peu de temps après, il fut nommé ministre des finances et du commere, et en 1812 gouverneur de la Dalécarlie, emploi

DICT. DE LA CONYERS, — T, XI

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