HYPOTHÈQUE — HYPOTHÈSE
tement des dettes hypothécaires, peuvent intervenir dans la procédure d'ordre pour veiller à leurs intérêts; mais ils ne peuvent élever les mêmes contestations que les créanaers hypothécaires et proposer, par exemple, la nullité de Vinscription.
Lorsque le nouveau propriétaire d’un immeuble n’a pas rempli, dans le délai prescrit, les formalités requises pour purger les hypothèques, il demeure, par l'effet seul des inscriptions, obligé comme détenteur à toutes les dettes hypothécaires, et jouit des termes et délais accordés au débiteur priginaire. Dans ce cas, le droit de suite conféré aux créanciers par leur hypothèque subsiste dans toute sa force, et le tiers détenteur est tenu ou de payer tous les intérêts et capitaux exigibles, ou de délaisser l'immeuble hypothéqué
sans aucune réserve (voyez DÉLAISSEMENT). S'il n’a pas | purgé la propriété, et s’il se refuse à payer les dettes hypothé- |
caires ou à délaisser l'immeuble, chaque créancier a droit de poursuivre l’expropriation et de faire vendre l'immeuble hypothéqné trente jours après commandement fait au débiteur originaire et sommation faite au tiers détenteur de payer la
dette exigible ou de délaisser l’héritage. Mais le tiers déten- |
teur peut s'opposer, au moins temporairement, à la vente en opposant le bénéfice de discussion, exception qui
ne saurait être opposée au créancier privilégié ou ayant une |
hypothèque spéciale sur Pimmeuble. Si la discussion n’est pas demandée, ou si elle ne suffit pas pour désintéresser le créancier, la vente est poursuivie suivant les formes de lexpropriation.
Les hypothèques s’éteignent par l'extinction de l’obligation principale, la renonciation du créancier, la purge, la prescription. Si l'obligation principale vient à revivre, lhypo-
thèque revit également; mais si la radiation a eu lieu, elle
ne prend rang qu'à dater du jour de la nouvelle inscription. La renonciation à l’hypothèque est l’acte par lequel le
créancier abandonne ses droits sur la chose, en se réservant
seulement son action personnelle contre le débiteur. La prescription est acquise au débiteur, quant aux biens qui sont dans ses mains, par le temps fixé pour la prescription des actions qui donnent l’hypothèque. Quant aux biens qui sont dans les mains d’un tiers détenteur, elle lui est acquise par le temps réglé pour la prescription de la propriété à son profit. Lorsque les droits des créanciers sont ouverts et exigibles, ils opèrent l'interruption de la prescription par voie de sommation, de saisie ou de commandement ; mais si leur créance n’est pas exigible, ils n’ont d’autre moyen que de former contre le tiers détenteur l’action en déclaration d'hypothèque, action qui a pour but de faire déclarer l'immeuble détenu affecté à l’hypothèque.
« La matière des hypothèques, disait Réal, est sans contredit la plus importante de toutes ; elle intéresse la fortune mobilière ou immobilière de tous les citoyens. Elle est celle à laquelle toutes les transactions sociales se rattachent. »
Cette grande importance de l’hypothèque fit de tout temps élever des plaintes amères sur la complication des rouages qui mettent en action tout le système hypothécaire et sur la nécessité d'y apporter de grandes améliorations. Cependant tous les vices du régime hypothécaire n'étaient pas également remédiables; quelques uns tiennent à la nature même de la propriété et aux intérêts compliqués et divers qu’il faut prendre en considération. Une réforme qui devait précéder toutes les autres et: qui a été enfin effectuée par la loi du 23 mars 1855, l'établissement d’une formalité intrinsèque, la transcription, pour les transmissions entre-vifs de la propriété, c’est-à-dire le retour à la loi de brumaire an vu, à donné satisfaction sur ce point à l’opinion générale. Les acquéreurs etiles préteurs sont désormais à l'abri de ce dédale d’embüûches où les jetait l'absence d’une tradition publique de la chose aliénée. Quant à la revision totale du régime hypothécaire entreprise par l’'Assemblée législative, elle n’a point survécu au naufrage de ce grand corps politique; mais l’organisation du crédit foncier üoit préparer la voie des perfectionngments à venir,
HYPOTHESE, conception idéae qu’on pose et sur laquelle on s'appuie pour arriver à des conséquences ou à des explications. Ce mot semble être le synonyme parfait de celui de supposilion, qui signifie aussi ce qu’on met dessous, ce qu'on avance pour servir de base à un raisonnement, avec cette différence pourtant que l’un vient du grec (Ürè, : sous, et Üeous, action de placer ou de poser), l’autre du latin, (sub, sous; positio, action de placer ou de poser). Mais à cette première différence s’en rattachent d’autres beaucoup plus importantes : d’abord, kypothèse doit être plutôt un terme scientifique, et supposilion un terme du langage ordinaire : on sait que, de tout temps, les savants ont affecté d'employer des mots dérivés du grec, tandis que notre langue usuelle, presque entière, prend ses racines dans le latin. Cette différence , d’ailleurs, est constamment observée par l'usage : Aypothèse est un mot que l’on rencontre sans cesse dans les mathématiques, en astronomie, en logique, etc., et, au contraire, on se sert toujours de supposilion dans le discours commun ou même familier. On lit dans le Dictionnaire de l’Académie qu’Aypothèse est un terme de philosophie : c’est un terme de science ou de spéculation.
Hypothèse élant un terme scientifique , et les sciences s’occupant souvent de choses idéales, imaginaires, sans aucun rapport avec la réalité, l’Aypothèsen’a pas pour essence de présenter la chose comme possible, au lieu que la supposition la donne toujours comme telle, ou même comme réelle. Un astronome suppose la lune habitée s’il se borne à déduire les conséquences qui dérivent de sa conception, il fait une hypothèse; il n’y a rien à lui dire. Mais s’il prétend qu’effectivement la lune est habitée, et qu’il fasse des inductions en conséquence, c’est une supposilion; et sa supposition peut être gratuite, vraie ou fausse. L'hypothèse est un fait de l'imagination , de la conception : on ne l’attaque point en elle-même, mais dans ses conséquences, ou comme insuffisante pour rendre raison des choses; la supposition est du domaine du jugement ou de la croyance : elle affirme la réalité ou tout au moins la possibilité; ce qu’on attaque en elle, c’est le supposé lui-même. Entre l’Aypothèse et la supposilion sous ce point de vue la différence est la même qu'entre la définition et la proposition ordinaire : la première est libre et inattaquable ; c’est tout le contraire pour la seconde. Ce qui prouve bien encore que l’Aypothèse est théorique, idéale, didactique, relative seulement à l’intelligence ou à l’explication des choses, et la supposition relative à la pratique, à la vérité, ou à la réalité, c’est que le mot supposition seul se prend dans un sens moral, pour signifier allégation, production fausse, chose feinte ou controuvée pour nuire : supp o silion de pièces, d’un testament, de nom, de personne, etc.
Il résulte des définitions données par l’Académie des deux mots Aypothèse et supposition que de l'hypothèse on tire desconséquences,etdelaswpposilion desinductions. Les points de départ, et, pour ainsi dire, les appuis de nos raisonnements sont de deux sortes, ou des prémisses, c’està-dire des principes, des lois générales, des concepts de l'esprit, d’où nous déduisons des conséquences ; ou bien des faits, des observations, à l’aide desquels nous nous élevons à des inductions, Or, il est évident par ce qui précède que l’Aypothèse nous fournit plutôt des données de la première espèce, et que la prétention de la supposition est toujours de nous en fournir de la seconde. Lorsque l’Aypothèse, au lieu d’être une conception simple, est un ensemble de conceptions ou de théories liées entre elles, ce mot devient synonyme de système, si l’on en croit l’Académie, Nous ne sommes pas de cet avis. Une différence les distingue profondément : l’Aypothèse est toujours le. frein du génie de l'homme, et, l’homme ne pouvant deviner la nature des choses, il arrive rarement qu’il y ait coïncidence entre ses conceptions et les desseins du Créateur; de là vient que le mot hypothèse entraîne toujours dans sa signification quelque chose d’imaginaire et de fantastique. Mais, le système pouvant être le résultat d'observations exactes ou de suppesi
tions réalisées et vérifiées, ce mot se prend presque toujours en bonne part. On dira donc bien les Aypothèses ou les systèmes de Ptolémée, de Tycho-Brahe; mais on dira le système, et non pas l'hypothèse de Copernic.
Hypothétique est un adjectif entièrement didactique, qui se dit seulement des raisonnements et des propositions qui impliquent une hypothèse. Benjamin LAFAYE.
HYPOTYPOSE (en grec, ürérérwote, représentation figurée, de 6x6, sous, etruréw, imprimer, calquer, décrire), ligure de rhétorique qui réunit, à elle seule, les ornements, l'éclat et le coloris de toutes les autres. Elle n’est qu'une description vive et animée dont on se sert lorsqu'on a des raisons pour ne pas exposer simplement un fait, et qu’on veut le peindre avec force. Chez les anciens, Homère et Virgile excellent dans ce grand art, et leurs poëmes offrent une suite de tableaux du plus grand talent et de la plus grande vérité. Parmi nos écrivains, on en trouve aussi de bien beaux modèles en tous genres. Souvent cette figure est exprimée en peu de mots; c’est alors surtout qu’elle frappe. Mais ordinairement l’Aypotypose a plus détendue : alors elle copie l’objet par différents traits rassemblés, et ainsi elle s'enrichit encore par l’accumulalion, qui ramasse avec force et vivacité, pour les réunir en un seul point, toutes les circonstances. Entre autres exemples, on peut citer la mort de Didon, dans Virgile; la description que fait Cicéron de Verrès couché avec une femme sur le rivage de la mer, muliercul& nixus, ete. Toutelois on doit remarquer que cette figure est plus particulière à la poésie , qui doit peindre avec plus d’enthousiasme et avec des traits plus hardis que la prose. Nos anciens rhéteurs regardaient l’hypotypose comme une des parties de la description ; dans nos ouvrages modernes, c’est, au contraire, sous le nom général d’Aypotypose que se trouvent comprises : 1° l’effiction ou prosopographie, qui représente les traits extérieurs; 2° la /opographie, qui décrit les lieux; 3° la chronographie, qui caractérise le temps d’un événements par le détail des circonstances ; 4° enfin l’élopée, qui décrit les mœurs et le caractère.
HYPOXYLÉES (de ro, sous, et Evhov, bois), famille de champignons, ainsi nommée parce qu’un certain nombre de ses espèces vivent sur les plantes vivantes, dont elles rompent l'épiderme. Mais la plupart croissent sur le bois mort, d’autres sur la terre même. Les hypoxylées sont de petits champignons généralement coriaces, brunâtres, souvent connés par leur base; leurs autres caractères particuliers consistent dans leurs spondies, enveloppées de mucus ou enfermées dans des cellules allongées. Les genres hysterium, cytispora, sphérie sont les principaux de cette famille.
HYPSILANTI. Voyez YPsILANTI,
HYPSISTARIENS ou HYPSISTANIENS, secte du quatrième siècle, qui avait son siége en Cappadoce , et qui, mécontente des nombreuses altéralions que le christianisme avait déjà subies au sein de l’Église, adopta la croyance en un Dieu universel. Les hypsistariens adoraient Dieu sous son nom le plus ancien et le plus simple, Hypsislos, c’està-dire le Très-Haut (de üos, hauteur, cime, le ciel), et entouraient leur culte de pratiques et de symboles empruntés syncrétiquement à diverses religions. Aussi saint Grégoire de Nazianze leur attribue-t-il en même temps le culte du feu et l'observation du sabbat judaïque, avec quelques lois relatives aux aliments. Les sectes des euphémites, ou messaliens, en Phénicie et en Palestine, celles surtout des ahélites etdes célicoles en Afrique, semblent avoir eu de Paffinité avec la secte des hypsistariens. On a diversement expliqué l’urigine et le caractère-de celle-ci,
HYRCAN, nom de deux grands prêtres et princes des Juifs, de la maison des Asmonéens.
HYRCAN 1° (Jean), fils de Simon, qui régna de l'an 136 à l'an 106 avant J.-C., subit d’abord le joug des Syriens ; mais, devenu indépendant, il soumit les Samaritains, et contraignit les Iduméens à embrasser le judaisme, A fit