‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 171 sur 522 · UE · texte numérisé non relu

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bique, parce qu’on le scande, ou compte, en réunissant deux pieds dans une seule mesure, exemple :

Vers iambique : Bea-tus il-le qui-procul-negotiis : Trimètre iambique : Beatus il-le qui procul-negostiis.

A son four, l'adjectif iambique est employé lui-même par ellipse, à la manière d'un substantif.

Dans le principe, l'iambe pouvait composer à lui seul tous les pieds du vers ïiambe : tel est l’iambique pur. Mais, dans la suite il fit société avec le spondée, et partagea son domaine avec lui, sans néanmoins pousser la complaisance jusqu’à lui céder la seconde ni la quatrième place du vers : ce fut l’iambique mélé. « Le brodequin et le cothurne, dit Horace, ont adopté ce mètre, né pour l'action et propre au dialoque. » En effet, suivant Aristote, Cicéron et Quintilien, le vers iambique était si naturel, qu’il venait se présenter de lui-même sous la plume de l’historien, ou sur les lèvres de l'orateur, et les écrivains se tenaient en garde contre lui, s'ils ne voulaient paraitre affecter le rhythme poétique dans la prose. Il fut adopté au théâtre avec de grandes libertés. La tragédie introduisit dans les mesures impaires le spondée, le dactyle, l’anapeste et le tribraque : le troisième pied doit commencer par une césure ; mais on y trouve rarement l’anapeste, qu’on voit plus souvent au cinquième pied. Le second admet volontiers un tribraque. Enfin, la comédie vint converser en vers iambiques de huit pieds ; elle entreméla, sans distinction, les spondées, les dactyles, les anapestes, les tribraques et les trochées, sans conserver d’autre joug que lobligation d’un jambe au dernier pied, comme un souvenir de son origine. Mais le vers dut à cette licence nne variété, une aisance, un naturel, qui rendit avec plus de fidélité le Zaisser-aller de la conversation.

Le grand vers fambe, lyrique ou tragique, est de six pieds, et le petit de quatre; le troisième vers d’une strophe alcaïque est même un jambique de quatre pieds et demi. Dans la composition lyrique, tantôt chaque espèce de vers fambique est employée seule, tantôt le grand vers ïambique est acrouplé avec le petit, qui marche de pair avec lui ; tantôt le vers hexamètre se marie avec le grand iambique, et celui-ci accompagne celui-là comme le pentamètre dans les dystiques.

Le terme iambe, suivant certains philologues, sort de la racine 16ç, venin, ou du verbe tau6içeuv, médire. Ne serait-ce pas, au contraire, ce dernier mot qui serait dérivé du premier? En effet, les Grecs donnaient le nom d’iauéeïx à leurs poésies satiriques ; et c’est avec ce dernier sens que M. Auguste Barbier a imprimé le mot #ambes au frontispice de son recueil. A limitation d’André Chénier, dont les œuvres poétiques sont terminées par des iambes sur la tyrannie révolutionnaire , il emploie alternativement le vers alexandrin et le vers de huit syllabes, rhythme dont l'harmonie répond à la marche d’Horace dans son ode sur les dissensions civiles de sa patrie :

Allera jam cerritur bellis civilibus ætas ; Suis et ipsa Roma yiribus ruit.

Hippolyte FAUGUE,

IAMBLICUS. Voyez JAMBLIQUE,

IANINA. Voyez JANINA.

IARBAS ou HIARBAS , roi de Gétulie, que l’Énéidenous fait connaître à propos de son amour pour Didon. Irrité du refus que cette reine avait fait de l’épouser, il déclara la guerre aux Carthaginois. Mais Didon , sous le prétexte d’apaiser les mânes de Sichée, son premier époux, fit préparer un grand sacrifice, se poignarda et se jeta dans un bûcher qu’elle avait fait allumer, Virgile a supposé qu'Iarbas avait été vaincu par Énée, son rival ; mais qu'après sa victoire le héros troyen avait abandonné Didon, et que ce fut par désespoir d'amour que la reine de Carthage se donna la mort.

Durey (del'Yonne).

JAROSLAF ou IAROSLAWL, autrefois grande principautéet aujourd'hui gouvernement dépendant de la Grande- Russie, situé entre les gouvernements du Wologda au nord,

TAMBE — IATRALEPTIQUE

de Kostroma à l’est, de Wladimir au sud-est et au sud, de Tver à l’est, et de Novogorod à l’ouest, compte 999,343 hab. (1864), sur une surface de 450 myr. carrés, divisée en dix cercles. Le sol en est généralement plat, d'une médiocre fertilité, et arrosé par le Wolga, la Mologa, la Scheksna, etc. Cette province renferme de nombreux marais et quelques lacs, notamment celui de Naro, près de Rostof, produit peu de céréales mais en revanche beauconp de légumes, et possède d’assez importantes filatures de lin; on yélève aussi beaucoup de bétail.

JAROSLAW, chef-lieu du gouvernement russe du même nom, à l'embouchure du Kotorosl dans le Volga,

compte 31,609 habitants et un grand nombre de manufac-

tures, et fait un commerce important. Elle est le siége d’un archevêque et du gouverneur militaire; on y trouve quarante-quatre églises, trois couvents, et un séminaire, un lycée fondé par un Demidof et auquel est adjoint une bibliothèque considérable. Toutefois, la ville de commerce la plus importante de ce gouvernement ef aussi de toute la Russie centrale est R ybinsk. :

IAROSLAF ou IAROSLAU, chef-lieu d’une eapitainerie du royaume de Gallicie ( Autriche), bâtie dans une belle contrée, sur les bords de la Sn, l’un des affluents de la Vistule, compte une population de 8,773 âmes. On y trouve des blanchisseries de cire, des manufactures de draps à Pusage de l’armée, des fabriques de bougies, de toiles , de rosoglio, etc. ; il s’y fait aussi un commerce considérable favorisé par la navigation de la Sàn, qui a pris de très-grands développements.

IASIROFF (Nixoraïi Micmaïcoviren ), poëte lyrique russe, naquit en 1805, à Simbirsk, et entra à l’âge de dixsept ans dans le génie, Mais s’occupant plus de littérature que de son métier, il lisait et étudiait les œuvres des poëtes Lomonosoff et Derjawine , dont il est facile de reconnaitre l'influence sur la direction de son talent. Un journal, le Sorewnowatelj, reçut ses premiers essais poétiques. A partir de 1823, il passa plusieurs années à Dorpat, où il se lia avec Schukowski et Poushkin. En 1831 il obtint un emploi dans l’administration ; mais le mauvais état de sa santé le contraignit à y renoncer au bout de deux ans, Il s’en revint alors à Simbirsk, dans l'espoir de s’y rétablir, et mourut, en 1846, à Moscou. Dans l'intervalle, il avait été passer cinq années à Hanau, en italie, et sur les bords du lac de Côme. Son poëme Sur le Rhin est le meilleur de ceux que lui inspira ce voyage à l'étranger.

Quoique la courte existence de Tasikoff n'ait été marquée par aucun incident bien important, chacun de ses poëmes se rattache à quelque événement de sa vie. L'homme et le poëte sont étroitemeut unis chez lui. Comme forme, tout ce qu'il a écrit est un modèle ; et ses vers sont d’une ravissante harmonie. On est étonné qu'il ait pu assouplir à ce point la langue russe. Poushkin et Dellwig s'accordent à dire que l’art de la versification a atteint les dernières limites de la perfection dans les vers de ce poëte. Dans sa jeunesse, Tasikoff ne chantait que le vin et l'amour, êt avait ainsi mérité le surnom d’Anacréon russe. Plus tard, ses souffrances physiques donnèrent à ses pensées une direction plus grave.

IASMUND, partie septentrionale de l'ile de Rugen.

IASSY. Voyez Jassy.

IATRALEPTIQUE (de tarpxñ, médecine, et &etpeuv, frotter), méthode thérapeutique, qui consiste à administrer les médicaments ou à traiter les maladies par la voie de l'absorption cutanée. Ainsi, les frictions, les onctions et toute espèce d'application topique, rentrent dans cette médication, qu'il ne faut pas confondre avec la méthode endermique, dans laquelle la substance médicamenteuse est mise en contact immédiat avec le derme, dépouillé préalablement de son épiderme par l’action d’un corps vésicant. Cette dernière, d'une application malheureusement plus restreinte, jouit d’une énergie bien supérieure à l’autre.

Ce n’est pas une raison, cependant, pour abandonner la

IATRALEPTIQUE — IBIS

méthode iatraleptique, qui possède une efficacité incontestable; nonobstant l'obstacle qui naît de l’épiderme. D' SaucErorTE.

IATRO-CHIMISTES, partisans de la chimiätrie.

IATRO-MATHEMATICIENS. On a donné cenom aux membres d’une secte médicale qui prétendaient expliquer tous les phénomènes de l’économie animale, soit dans l’état de santé, soit dans l’état de maladie, par les principes de l'hydraulique et de la mécanique, et qui formulaient les lois d’après lesquelles ces phénomènes se produisent sous forme de calculs mathématiques. Cette secte, qui prit naissance en Italie, vers le milieu du dix-septième siècle, eut pour fondateur Borelli. La philosophie cartésienne, les travaux de Galilée, la découverte d’Harvey, les recherches de Sanctorius, etc., avaient mis en grande faveur les recherches de physique expérimentale , et Borelli crut qu’il pouvait faire aussi facilement l'application des principes de la mécanique à la pathologie qu’il avait fait précédemment aux mouvements des animaux. Bellini, son disciple, développa la partie systémalique de cette doctrine; le cours du sang, le mécanisme des sécrétions furent ramenés aux lois de la statique et de hydraulique. La précision mathématique que cette théorie semblait introduire dans les phénomènes si obscurs de la vie séduisit beaucoup de médecins, et les doctrines mécaniques se disputèrent avec les doctrines humorales la faveur du public. Sauvages en France, Hoffmann en Allemagne, Boërhaa ve en Hollande, en adoptèrent quelques parties, qu'ils rattachèrent, les premiers à l’animisme, qu’ils professaient, d’après Stahl (voyez Anmusres), le dernier à FX uwnorisme.

En Angleterre, les grandes découvertes de Newton semblaient avoir donné une nouvelle vie aux doctrines iatromathématiques, dans lesquelles on faisait jouer un rôle important à l'attraction. Cheyne, Picarn, Keille, Bernoulli en Italie, renchérirent encore sur leurs prédécesseurs, en appliquant à la physiologie Le calcul des logarithmes, le calcul différentiel et intégral, etc.; mais on avait depuis longtemps dépassé le but; et les praticiens, goûtant peu les subtilités des mécaniciens, finirent par ne plus donner d’attention à des recherches qui, contenues dans de justes limites, eussent pu avoir une heureuse influence sur les progrès de la acience. C’est ce qu’ont compris quelques physiologistes de os jours, et à leur tête Magendie, qui a prouvé qu’on pouvait tirer un parti très-heureux de l’application discrète des sciences physiques, surtout depuis leurs récents progrès, à la science de l’homme sain ou malade. D SAUCEROTTE.

IAXARTES, aujourd'hui Sikon, Sir ou Sir-Darja , fleuve du Turkestan, qui prend sa source sur le versant occidental de l’Asie centrale, traverse dans Ja direction du nord-ouest la contrée montagneuse de Ferghana, dans le khanat de Khokand, et va se jeter dans le lac d’Aral. On estime sa longueur directe à 136 myriamètres, son parcours total à 200, et son bassin à 3,900 myriamètres carrés, Les Grecs l’appelaient tantôt Orxantes et tantôt Tanais; les Massagètes, qui habitaient ses rives, lui donnaient le nom de Silis; et on le regardait comme formant l'extrême ligne frontière de l’ancienne Perse au nord-est, c’est-à-dire de la Sogdiane, où Cyrus avait construit la forteresse de Cyropolis ou Cyreschata, qui est peut-être bien le Khodjand actuel; de même qu’Alexandre le Grand y construisit, plus à l’est, une autre forteresse appelée Alexandria, et qui est peut-être bien le Khokand actuel.

IAZYGES (en hongrois Jdszok ), nom d’une des sept races principales dont se compose la nation hongroise. A l'époque d’Hérodote, ils habitaient avec d’autres tribus de même origine la contrée appelée aujourd’hui Russie méridionale. Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ,

leur nom parvint jusqu’à Rome, où on les redoutait comme }

excellant à manier l’are, A cette époque en effet ils traversèrent la Moldavie et pénétrèrent en Hongrie jusqu’à la Theïss. Lors de la grande invasion de l'occident par les Magyares, le nom des Lazyges se confondit avec celui de la

nation principale, Mais au treizième siècle, quand le flot da l'invasion magyare se fut arrêté, on les retrouve aux lieux qu'ils habitaient précédemment, c’est-à-dire sur les rives de la Theiss, où de nos jours encore ils forment la population des districts de la Zazygie, de la grande et de la petite Koumanie, situés au centre de la Hongrie, au voisinage du Danube et de la Theïiss, occupant ensemble une surface de 60 myriamètres carrés, et comptant une population de 200,000 âmes, d’origine complétement magyare, et répartie dans dix-sept bourgs forains, cinq villages et cinquante-cinq poussten. Sur ce nombre on compte 84,956 réformés, 390 luthériens , 248 grecs et le reste catholiques.

Après avoir maintes fois racheté de l’ordre Teutonique leurs districts, que lui avaient engagé les anciens rois de Hongrie, les lazyges et les Koumans furent confirmés en 1745 dans leurs antiques priviléges par l'impératrice Marie-Thérèse. Jusqu'en 1849 ils étaient {ous considérés comme gentilshommes et placés immédiatement sous les ordres du Palatin. Les trois districts qu’ils occupent sont très-plats, et produisent beaucoup de froment, car la population en est presque exclusivement agricole. Le chef-lieu des trois districts réunis est Zaszberény, ville de 19,000 âmes.

IBARRA (Joacuim), né à Saragosse, en 1726, mort le 23 novembre 1785 à Madrid, où il était imprimeur du roi, eut le mérite d'élever en Espagne la typographie à un degré de perfection dont on ne s'était pas fait d’idée jusqu’à lui. De ses presses sortirent des éditions de luxe de la Bible, du Missel Mozarabique, de l'Histoire d'Espagne par Mariana, de Don Quixote, et de la traduction espagnole de Salluste, qui avait pour auteur l’infant don Gabriel. Comme il n’était jamais sorti de sa patrie, il fut réellement l’inventeur de toutes les améliorations qu’il introduisit dans l’impriruerie. :

IBERES. Voyez IBÉRIE.

IBÉRIDE, genre de plantes de la famille des crucifères, dont les principales espèces sont connues sous les noms vulgaires de {hlaspi et de corbeille d'argent.

IBÉRIE. Les anciens avaient donné ce nom à une ferüile plaine de l’isthme caucasique , presque entièrement entourée de montagnes, traversée dans toute sa longueur par le fleuve Cyrus (aujourd’hui appelé le Kour), produisant en abondance du blé, de l’huile et du vin, séparée au nord du pays des Sarmates par le Caucase, et bornée au couchant par la Colchide, au midi par la Grande-Arménie, et au levant par l’Albanie. Cette contrée forme aujourd’hui la Géorgie russe ou Grusie. Les habitants , les Zbères , se livraient surtout à la pratique de l’agriculture , et formaient quatre castes distinctes ; les nobles, les prêtres, les guerriers et les agriculteurs ou esclaves. L'expédition que Pompée entreprit dans ce pays, en l’an 65 avant Jésus-Christ, le fit connaître. Il resta sous la domination des Romains depuis le règne de Trajan jusqu’à la mort de Julien, époque où il fut conquis par le roi de Perse Sapor II.

Le nom d’Jbérie avait également été donné par les anciens à l'Espagne, c’est-à-dire au pays arrosé par l’Zberus (V'Ébre) et habité par les Zbères, peuple primitif du sudouest de l'Europe, n’ayant aucun rapport avec les Zbères d'Asie , et qui était divisé en une foule de petites peuplades disséminées non-seulement dans toute l'Espagne, mais encore au nord des Pyrénées, en Aquitaine , et vraisemblablement, autrefois plus avant encore dans la Gaule, de même qu'aux bords de la Méditerranée jusqu’au Rhône. Dans ses Recher ches sur les habitants aborigènes de l'Espagne, au moyen de ‘la langue basque ( Berlin, 1821), Guillaume de Hum boldt a démontré que les Basques actuels sont les descendants de ces Ibères. Du mélange des Ibères avec quelques peuplades celtes émigrées provini la nation des C'eltibésens, qui habitait le plateau de l'Espagne centrale.

IBIS, genre d’oiseaux de la famille des échassiers longirostres. Ils se distinguent des courlis par leur svstème de coloration, et aussi par leur pouce, qui, au lieu de nes’appuyer

à terre, comme chez les courlis, que par l'extrémité de la dernière phälange, y repose, au contraire, dans presque toute son étendue. Ces oiseaux vivent en petites troupes de six à dix individus, Ils sont monogames et de mœurs douces st paisibles. Leur nourriture consiste en vers, en insectes aquatiques, en petits coquillages fluviatiles, ce qui les attire dan les lieux humides et marécageux. Ils recherchent aussi les herbes tendres et quelques plantes bulbeuses.

L’ibis rouge (ibis rubra, Wagler), qui habite l’Amérique méridionale et la Guiane, est d’un beau rouge vermeil, à lexception de l'extrémité des rémiges, qui est noire. L’ibis vert ou noir (ibis falcinellus, W.), que Buffon décrit sous le nom de Courlis d'Italie , a son plumage noir, mais avec des reflets verts et violets en dessus ; on le rencontre en Europe, dans l’Inde et aux États-Unis. L'ibis sacré (ibis religiosa, Cuvier), propre à la Nubie, à l'Égypte et au Cap, est blanc, à l'exception de l'extrémité des grandes rémiges, qui est d’un noir cendré, et de celle des rémiges moyennes qui est noire avec des reflets verts et violets. ;

C’est cette dernière espèce qui est la plus célèbre. Elle porte ce nom d’ibis sacré, parce que les Égyptiensen avaient fait un oiseau sacré. L'ibis vert recevait aussi chez eux les honneurs divins ; mais tout porte à croire qu’il occupait un rang inférieur. Ce culte, fondé, comme tant d’autres, sur l'erreur, avait pour cause la persuasion où étaient les Égyptiens que l'ibis détruisait les serpents ailés et vénimeux qui, disait-on, partaient tous les ans de l’Arabie pour pénétrer en Égypte. La fable une fois établie, le peuple vit dans l’ibis uneincarnation de Thoth, Les prêtres, ardents propagateurs de toutes ces absurdités, déclarèrent que la chair de cet oïseau ne se corrompait pas. IL est vrai qu’on les embaumait après leur mort. On a retrouvé dans la nécropole de Memphis un nombre très-considérable de momies d’ibis enfermés dans des pots de forme conique, ayant de 33 à 45 centimètres de hauteur. Il reste encore d’autres monuments de la vénération dont cet oiseau fut l’objet : Isis est quelquefois représentée avec une tête d’ibis.

On a prétendu que les hommes devaient à l’ibis l’invention des lavements, parce que cet oiseau se seringue à l’aide de son bec, lorsqu'il a besoin de ce remède.

IBN. Voyez Enx.

IBN-BATOUTAIE, célèbre voyageur arabe, parcourut de 1325 à 1354 les côtes Barbaresques, l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse, l'Asie Mineure, Constantinople, la Russie méridionale, la Tartarie, l'Afghanistan, l’Inde, la Chine, les iles Maldives, Ceylan, le Zanguebar, le Soudan, Tombouctou, Grenade, etc., sans avoir d’autre mobile dans ses incessantes pérégrinations que le désir de voir et de courir le monde, que cette inquiète curiosité et cette passion pour les voyages qui sont un des traits saillants du caractère arabe, Ibn-Baloutah a écrit le récit de ses voyages, mais son ouvrage n'était guère répandu jusqu’à ce jour qu’en Algérie et dans le Maroc. Une édition en a été récemment publiée à Paris par les soins de la Société Asiatique, avec une traduction française en regard. C’est un livre très-curieux, et qui jette une vive luinière sur les mœurs , les usages, les préjugés et les opinions du monde arabe au moyen âge. On y voit Ibn-Batoutah voyageant pendant près de trente années sans crédit ni fortune, parce que partout où il porte ses pas, de Tanger à la Malaisie, il rencontre sa langue, ses mœurs et sa religion et se trouve dans son pays, c’està-dire dans ce monde de l’islamisme, où il y a absence de nationalités , où les hommes ne connaissent d’autre lien social que le lien religieux. Sunnite dévot et sévère, mais critique indulgent quand il s’agit d'apprécier les miracles de sa secte, il est au contraire d’une impitoyable pénétration pour trouver en défaut les miracles des chyites. Chemin faisant, il nous décrit un nombre incroyable de prodiges permanents, et visite les docteurs les plus célèbres du Maroc, du Caire, de la Mecque, de Samarkand, rencontrant par-

tout l'hospitalité la plus empressée ; hospitalité d'autant plus *

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