IGUANE — ILES FLOTTANTES
singulière, renferment à peine quelques vestiges de blanc. La chair de l’iguane est elle-même très-recherchée; aussi fait-on à ces reptiles une guerre acharnée; mais, comme la plupart des animaux à sang froid, ils ont la vie extrèmement dure, et le plomb du fusil glisse sur leur peau, flexible et couverte d’une armure d’écailles imbriquées : est au lacet qu’on les attrape ; et c’est en enfonçant une flèche dans leurs narines qu’on les fait mourir, Les iguanes sont extrêmement agiles, gracieux même, dit-on : irrités , ils dardent leur langue comme des serpents; ils gonflent leur gorge et les écailles épineuses de leur longue crête, et font briller leurs yeux comme des charbons ardents. Ils font la guerre aux insectes, aux larves, aux oiseaux même, qu'ils saisissent dans les branchages des arbres où ils ont établi leur domicile,
Nous citerons encore, d’après Cuvier, l’iguane ardoisé, liguane cornu de Saint-Domingue, qui est comestible; et l'iguane à bandes, qu’on trouve à Java.
BELEIELD-LEFÈVRE.
IGUANODON, gigantesque saurien fossile récemment découvert et qui se trouvait en abondance dans le midi de l'Angleterre, 11 a été décrit par Mantell et Owen.
ILE. On appelle ainsi de petites superficies de sol entièrement entourées d’eau ; mais les continents,eux aussi, sont entourés d’eau. C’est donc là une dénomination particulière que ne justifient pas suffisamment les différences de superficie relative. Le Grœnland, la Nouvelle-Guinée, Bornéo, Sumatra, Madagascar sont des îles, tout comme la petite Sainte-Hélène ou l’imperceptible Helgoland. C’est donc plutôt dans les conditions physiques du sol que nous devons chercher ce qui différencie lesiles des continents. On donne aux contrées entourées d’eau le nom d'iles quand elles ne portent pas un caractère fortement accusé d'originalité, tant sous le rapport climatologique que sous les rapports orographique, hydrographique, géologique, ethnographique et botanique , qui en fasse un tout distinct et indépendant des continents voisins. C’est ainsi qu’on donnera le nom d’ile à Madagascar, située en face du plateau africain qui la domine, et qu’on appellera continent la Nouvelle-Hollande, située au milieu et en face des îles de la mer du Sud et de la mer des Indes. Nous n'avons pas de termes particuliers pour désigner les îles formées par deux bras d’un fleuve ou d’une rivière; les Allemands leur donnent le nom de werder ou wærth. On appelle groupe d'îles ou encorearchipel un certain nombre d'iles situées l’une près de l’autre, et chaîne d'îles un certain nombre d'îles placées à la suite les unes des autres en ligne droite. Une contrée entourée par la mer, mais rattachée d’un côté à un continent, reçoit le nom de presqu'île ou de péninsule,
En ce qui touche l’origine des îles , la géologie moderne les divise, depuis Léopold de Buch,.en deux catégories. Les unes, qui paraissent longues et étroites et se terminent presque toujours en pointes à leurs extrémités, peuvent, en raison de leur constitution géologique , de la division de leurs montagnes et du parallélisme de leur direction, être regardées comme ayant fait autrefois partie de continents ; onleur donne en conséquence la dénomination d’éles continentales. L'autre espèce d’iles, dites pélasgiques ou océaniennes, qui dans leur type principal se rapprochent plus de la forme ronde ou elliptique, comprend des formations complétement indépendantes, des individualités à part, devant leur origine
soit à des effets ou à des influences volcaniques ou à l’infatisable activité que déploient au fond des mers les animaux désignés sous le nom de coraux, À cette catégorie appartiennent les nombreuses îles de corail qui chaque année surgissent dans la mer du Sud ou dans la mer des Indes, mais qui, faute d’une empreinte bien individuelle différenciant leur nature de celle des continents voisins, n’apparaissent que comme des existences particulières. Les unes et les autres présentent des formes essentiellement différentes. Dans la première catégorie, lesiles s'élèvent abruptementau-dessus des flots en affectant une forme plus ou moins conique, et
présentent pour la plupart des volcans encore en activité. Les îles de la seconde catégorie offrent des surfaces planes et basses, dont le centre est toujours plus bas que le rempart de corail dont elles sont entourées. Consultez Darwin, Coral reefs (Londres, 1842) et les Voyages scientifiques du même.
On évalue la surface totale de toutes les iles connues de la terre à environ 70, 000 myriamètres carrés. Les plus grandes sont Bornéo et le Grœnland ; viennent ensuite la Nouvelle- Guinée, Madagascar, Sumatra et la Grande-Bretagne. Le plus grand nombre d'îles se trouvent dans le grgantesque bassin de l’océan Pacifique, où elles forment la partie de la terre qu’on appelle Australie ou encore Polynésie.
ILE DE FER. Voyez Fer (Ile de).
ILE DE FRANCE. Voyez MaunicE.
ILE-DE-FRANCE, ancienne province de France, dont la capitale était Paris, et qui se composait de différentes parties : l'Ile-de-France proprement dite, la Brie fran: çaise, leGâtinais français, le Vexin français, le Hurepoix, dont le chef-lieu était Dourdan, le Mantois, le Valois, le Bauvaisis, le Laonnais, le Noyonnais, le Soissonnais, le Drouais, ou pays de Dreu x, et le Thimerais, dont Châteauneuf était la ville principale. Quelques-uns de ces pelits pays lui furent réunis à différentes époques. Son territoire forme aujourd’hui les départements de la Seine et de Seineet-Oise, les quatre cinquièmes de celui de l'Oise, plus de la moitié de ceux de l’'Aisneet de Seine-et-Marne, et le cinquième de celui d'Eure-et-Loir. L'histoire de l’Ilede-France se confond d’abord avec celle du duché de France, puis avec celle du royaume lui-même.
ILE-JOURDAIN (L'). Voyez Gers (Département du).
ILÉON, le troisième et le plus long des intestins grêles. Ce mot, en grec eilcov, vient du verbe etAety, entortiller, tourner, parce que filéon fait un grand nombre de circonvolutions.
ILES (Os des). Voyez Bassin (Anatomie).
ILES DE LA SOCIÉTÉ. Voyez Soaéré (Iles de la).
ILES DES AMIS. Voyez Tonca.
ILES DU VENT. Voyez ANTILLES.
ILES FLOTTANTES. Peut-on dire qu’il y ait réellement eu des îles flottantes créées par la nature, et voguant au caprice de l’onde? Cette question ferait sourire de pitié le moindre de nos savants, et pourtant, l'imagination des anciens, si amoureuse du merveilleux, a adopté cette fiction des Grecs , comme elle en avait adopté tant d’autres. Selon eux, Délos, sortie du fond de la mer, aurait flotté au gré des ondes, jusqu’à ce qu’une main divine l’eut enchainée 2t fixée à la place qu'elle n’a pas quittée depuis. Les Calamines, Thérasie (aujourd’hui Santorin), auraient aussi dans le principe été le jouet des flots; Pline parle de l'ile flottante du lac de Cutilie; Sénèque, de celles de l'Italie; Pomponius Méla et Théophraste, de celles de la Lydie. Le peuple d’Otaïti croit que le grand Eatou, après avoir traîné plusieurs jours cette île au travers des déserts de j’Océan, la cloua, un beau soir, là où nous la voyons aujourd’hui. Les îles flottantes sont donc une de ces chimères des temps antiques et modernes, qui se retrouvent aussi dans nos contes de fées, et que les poëtes ont vu fuir à regret. Cependant , si l’on peut appliquer ce nom à quelques mottes, semées d'herbes et de racines verdoyantes, que l’eau porte et promène dans son cours, qui se réunissent, s’agglomèrent, se condensent, et finissent par former une couche de terre de quelques mètres d’étendue et de quelques décimètres d'épaisseur, alors nous serons forcé de dire qu'il existe réellement des îles flottantes. En France, on peut en observer dans un lac situé auprès de Saint-Omer, et un géographe moderne, Letellier, avait vu en elles un phénomène digne d’être placé au nombre des merveilles de la nature. On en voit en Italie dans le petit Lago di aqua solfa, de Tivoli; en Amérique, sur la rivière de Guayaquil, et principalement dans les lacs qui environnent Mexico. M. de Hum-boldt, dans son voyage à la Nouvelle-Espagne, donne de très-curieux détails sur ces petits lots, appelé chinampas
dans le pays. Ils sont de deux sortes : les uns mobiles ; on les toue et pousse à l’aide de longues perches pour les faire passer d’une rive à l’autre; les autres fixés au rivage; ils y ont adhéré à mesure que le lac d’eau douce s’est éloigné de celui d’eau salée ; ces derniers, qui sont en trèsgrand nombre, sont devenus de vrais jardins potagers; on y cultive des fèves, des petits pois, du piment, des pommes de terre, des artichauts, des choux-fleurs, etc. D’après M. de Humboldt, la nécessité aurait forcé, vers la fin du quatorzième siècle, les habitants des environs des lacs de Mexico à se réfugier sur ces quelques flots flottants, et même à en construire d’artificiels, espèces de radeaux, faits de roseaux , de joncs, de racines, de broussailles, recouverts de mottes, qui ne tardèrent pas à faire corps avec leur base; c’est là qu'ils se seraient mis à l’abri de leurs ennemis. Aujourd'hui, ces flots ont une destination toute d’agrément; chacun est un véritable jardin, entouré quelquefois d’une haie de rosiers , qui renferme jusqu’à la cabane de l'Indien préposé à sa garde. Les auaves parfums qu’exhalent au loin les milliers de fleurs qui y sont cuitivées,
l’eau qui caresse mollement les flancs de ces îles fugitives, |
la brise qui les pousse et les promène au gré de ses caprices, tout se réunit pour prêter un charme inexprimable à ces petites oasis. L'air frais qu’on y respire le soir Les fait rechercher avec délices par l'habitant de ces climats brûlants ; des flottilles de pirogues promènent tout le peuple mexicain à l’entour; des concerts se font entendre de toutes parts sur ce sol mouvant, et Européen qui a habité quelque temps la vieille Anahuac se rappellera toujours avec émotion les heures qu’il a passées au milieu des chinampas fleuries. : Eug. G. DE MONGLAYE.
ILES FORTUNEES. Voyez CANARIES.
ILES NORMANDES, appelées par les Anglais CAannel Islands (Iles du Canal), groupe d’iles appartenant à l'Angleterre et situées dans la Manche, golfe dont les rivages de la Normandie et de la Bretagne forment les limites. C’est le dernier débris des possessions que les rois d'Angleterre possédaient autrefois sur les côtes de France, en leur qualité de ducs de Normandie. Ce groupe se compose de deux iles principales, Jersey et Guernesey, des Îles d'ALDERNEY, de Sarx et de quelques flots tels que Herm, [éruon, etc., et deréscifs nombreux, qui, joints à la violence des brisants,
en rendent l'accès difficile. La superficie totale en est éva- |
luée à 4 myriamètres, et en 1871 on y comptait 90,563 habitants. Malgré leur sol, de formation granitique, et par suite du climat océanien extrêmement tempéré et en même temps sain qui y règne, elles sont très-fertiles en céréales, légumes et surtout en fruits, qui avec le cidreetle poiré {orment un article important d'exportation. L'élève du bétail constitue aussi une branche essentielle de l’industrie locale ; c'est une espèce bovine de race particulière, très-petite et cependant donnant beaucoup de lait. La pêche, celle des huitres surtout, fournit aussi, avec le commerce el la navigation, de précieuses ressources à la population, qui possède une marine assez nombreuse, Devenues de nos jours l'asile d’un grand nombre de proscrits et de réfugiés politiques, les Iles Normandes, à l'époque de la preraière révolution et du système continental de Napoléon, étaient le grand entrepôt de la contrebande avec la France ; et le gouvernement anglais y avait aussi établi de grands magasins pour ses flettes. La navigation à vapeur les a depuis singulièrement rapprochées de l'Angleterre, et leur a donné au point de vue commercial encore plus d'importance qu’elles n’en avaient autrefvis. Les habitants, qui se servent ordinairement d’un espèce de patois normand, mais qui parlent aussi anglais et français, professent la religion réformee. Quoique ces îles soient sous la souveraineté de la couronne d'Angleterre, elles ne font pourtant pas partie du royaume
(Realm) proprement dit, et ne sont pas régies par la cons- | . L < | dinaire aucune trace de son existence les jours suivants,
titution anglaise, En revanche, elles jouissent de tous les
privilèges assurés aux sujets britanniques, outre un grand |
LES FLOTTANTES — ILÉUS
complétement exemptes de droits de douanes et d'impôts. Ælles possèdent une constitution propre, assez analogue à celle de l'Angleterre, une cour de justice, une assemblée d'états, composée des juges et des curés (les uns et les autres en sont membres à vie), et de connétables, ou députés élus pour trois ans. A la tête de l'administration est placé un gouverneur. Les deux îles principales sont à bien dire des portraits en miniature de l'Angleterre elle-même, et leurs routes sont magnifiques.
Jersey, la plus grande et la plus méridionale, d'environ 2 myriamètres carrés, a été fortifiée par l’art et par la nature. Son sol, à base grauitique, est d’une fertilité extrême. On dirait un immense jardin. Avec les flots qui en dépendent, elle compte une population de 56,078 habitants. Sans compter les bâtiments employés au service des côtes et au petit cabotage, elle compte 346 inavires à voiles, jaugeant ensemble 32,277 tonneaux, et fait un commerce important avec les différentes possessions anglaises de même qu'avec l'étranger. Saint-Hélier, son chef-lieu et en même temps son port principal et résidence du gouverneur, est situé sur la côte méridionale, dans la baie de Saint-Aubin, et compte 20,000 habitants. On y trouve de vastes docks, et un port de sûreté, dont le gouvernement anglais a fait commencer à ses frais là construction en 1821. La petite ville de Saint-Aubin, située à peu de distance et dans la baie du même nom, possède aussi un beau port.
GuERNESEY, au nord-ouest de Jersey, d'environ 2 myriamètres carrés, complétement entourée de rochers escarpés, et protégé en outre contre {oute attaque par de formidables ouvrages de défense, présente à l'intérieur une agréable succession de collines et de plaines, de prairies presque toujours vertes et de jardins soigneusement entretenus. Avec les flots qui l’avoisinent, elle compte 29,780 habitants. En 1851 on y comptait 141 bâtiments à voiles, jaugeant ensemble 16,496 tonneaux. La seule ville qu'on y trouve est Saint-Pierre ou Peter's-Port, avec près de 18,000 habitants, ainsi qu’un port fermé par deux digues en granit et protégé par un petit fort appelé Cornet-Castle.
ALDERNEY, en français Aurigny, la plus septentrionale de ces îles, entourée également de rochers et d’écueils, et dont le sol est tout jonché de masses granitiques, n’en pourvoit pas moins elle-même aux besoins de ses 5,000 habitants. La petite ville du même nom, avec son port protégé par un petit fort, renferme la plus grande partie de cette population.
ILES SOUS LE VENT. Voyez ANTILLES.
ILÉUS ou PASSION ILIAQUE , affection que l’on supposait avoir son siége dans l'intestin i£éon, et qui a reçu aussi la dénomination de volvulus , parce que l’on pensait que les intestins étaient comme roulés (volvere ) ou entortillés par suite de cette maladie. Le peuple lui donnait le nom de miserere, ayez pitié, voulant peindre par là la violence des douleurs auxquelles est en proie le malheureux atteint le ce redoutable mal.
L'iléus est caractérisé par des coliques d’une atroce violence, accompagnées d'une constipation opiniâtre et de vomissements. À ces symptômes se joignent une profonde anxiété, la petitesse du pouls, des sueurs froides, des défaillances , la contraction des parois abdominales. Si l'affection doit avoir une issue fatale, les vomissements, de glaireux ou bilieux qu'ils étaient d’abord, deviennent ensuite stercoraux. Rien ne peut les arrêter ni surmonte la constipation, et le malade peut succomber en quelques heures en pleine connaissance, avec le sentiment complet de sa douloureuse situation. Heureusement que les choses ne se passent pas toujours ainsi. Souvent on voit les douleurs se calmer par l'effet de soins bien entendus, les vomissements s'arrêter, et les selles reprendre leur cours ; et une aflection qui pouvait emporter le malade si rapidement ne laisse pour l'or-
On pourrait confondre l’iléus avec les symptômes qui
nombre de priviléges particuliers : c'est ainsi qu'elles sont ! annoncent l'étranglement d'une hernie; mais l'existence
ILÉUS — ILLE-ET-VIJAINE
antérieure de cette infirmité dissipera les doutes qu'il serait possible d’avoir à cet égard. Le choléra , qui a quelques traits de ressemblance avec la passion iliaque, en diffère par les déjections alvines qui l’accompaguent. L'absence de fièvre et le développement soudain de la maladie ne permettent pas de l’attribuer à une inflammation du tube digestif, Il serait plus facile de tomber dans une méprise à Voccasion de certains empoisonnements par des substances narcotico-âcres, etc. ; mais ici encore il y a d’autres circonstances qui peuvent mettre le praticien sur la voie.
On a attribué l’iléus à une invagination de quelques anses d’intestins ; toutefois, dans beaucoup de cas il est impossible de rien préciser à cet égard. Ainsi, on le voit survenir à la suite de circonstances fort opposées : un refroidissement des pieds, l'ingestion d’une boisson glacée lorsqu'on est en sueur, un accès de colère ou toute autre émotion vive; quelquefois sans cause appréciable.
Le traitement consiste dans l'application de cataplasmes émollients et fortement laudanisés sur le ventre; dans l’administration réitérée de lavements huileux, d’une potion huileuse avec addition d’extrait de belladone, d’une infusion de camomille pour boisson. Un bain tiède est parfois aussi d’un utile secours. D' SAUCEROTTE.
ILIADE. Voyez HonèRE.
ILIAQUE, terme d'anatomie, qui s'emploie pour spécifier lesmuscles, artères, etc., en rapport avecles os du bassin qui ont reçu le nom d’os des iles, et que l’on appelle aussi os iliaques. La circonvolution iliaque est une portion du colon.
En médecine, passion iliaque est synonyme d’iléus.
ILIAQUE ( Table). C’est un bas-relicf en stuc assez important, découvert au dix-septième siècle dans les ruines d’un temple ancien, sur la voie Appienne, et auquel on a donné ce nom, parce qu’on y voit représentés les principaux sujets de la guerre de Troie. Le tout est divisé, conformément aux chants de l’Iliade, en un certain nombre de compartiments ou de chants, et de plus partagé en trois parties principales par deux colonnes, sur lesquelles sont gravés en petits caractères les passages des poëtes d’où les sujets ont été tirés, avec une courte explication de ceux-ci. Il est assez vraisemblable que ce monument servait aux grammairiens dans les leçons qu’ils donnaient à la jeunesse des écoles, pour lui faire mieux comprendre les événements racontés dans les poèmes d’Homère, dont ils avaient l'habitude de leur faire la lecture.
ILICINE. Cette matière, d’une composition inconnue, est ainsi nommée parce qu’on l'extrait du houx (en latin ilex); pour cela il suffit de précipiter une décoction de feuilles de houx par l’acétate de plomb basique, et de dissoudre le résidu par l'alcool bouillant. L’ilicine prend alors une forme cristalline et une couleur jaune brunâtre. Sa saveur est très-amère. C’est à l’ilicine que l'on attribue les propriétés fébrifuges du houx.
ILION (Ilium), ancien nom de la capitale de la Troade, de cette Troie devenue plus tard si célèbre. La tradition veut qu’il lui ait été donné à cause d’Ilus, l’un des fils de Tros, et qu’elle ait été construite sur une colline entre le Simois et le Scamandre. Après sa destruction, les Phrygiens et les Mysiens bâtirent sur son emplacement un second Jium ; et avant le siècle d’Alexandre un troisième s’éleva encore, à l’ouest de celui-ci, plus près de ia côte, appelé d'ordinaire Nouvel Ilion, qui florissait encore à l’époque de la domination romaine, et qui forme aujourd’hui le bourg de Troja ou Trojahi
ILITHYE (en grec EtleiGutx). Voyez Luce.
ILIUM ou ILION. Voyez Bassix ( Anatomie).
ILLE-ET-VILAINE (Département d’), un des cinq formés de la Bretagne, appartient à la partie ouest dela France, et est borné au nord par la mer et le département de la Manche, à l’est par celui de la Mayenne, au sud par celui de la Loire-Inférieure, et à l’ouest par ceux du Morbihan et des Côtes-du-Nord.
Divisé en 6 arrondissements, dont les chefs-lieux sont Rennes, Fougères, Montfort-sur-Meu, Redon, Saint-Malo, Vitré; 43 cantons, 352 communes, il compte 589,582 habitants (1872), et envoie douze députés à l'Assemblée. Il est compris dans la seizième division militaire, l’académie, le diocèse et le ressort de la cour d'appel de Rennes. Il possède un lycée, 3 collèges, 8 institutions secondaires libres, 740 écoles primaires ef 16 salles d'asile. Un tiers seulement de la population sait lira et écrire.
Sa superficie totale , d’après le cadastre, est de 672,583 hectares, dont 402,659 en terres labou rables ; 12,984 en prés; 138 en viynes; 42,096 en bois; 105,612 en landes; etc. La valeur totale des cultures (enquête de 1862) élait estimée à plus de 120 millions ; on y avait relevé Pexistence de 323,928 bœufs, de 107,178 porcs, de 44,582 moutons, de 75,062 chevaux ou ânes, Il y à une douzaine de minières de fer en exploitatio n et quelques usines.
Le sol est formé de granit et de schiste recouverts d’une couche plus ou moins épaisse de terre végétale, parfois argilo-calcaire. Il est ondulé de coteaux et de vallons trèsboisés, et offre en productions minéralogiques du fer, du plomb , de l’ampélite ou pierre-noire, de l’ardoise, de l’argile à potier, de la tourbe. La pierre à bâtir est le granit, legrès, le schiste. Quelques calcaires donnent une chaux propre aux constructions et à la fertilisation des terres arables, pour lesquelles les engrais animaux manquent généralement. Le gibier est excellent, surtout le lièvre , le lapin, les perdrix. Les autres animaux sontd’espèceinférieure. Les essences d’arbres les plus communes sont le chêne rouvre, le châtaignier et le hêtre. Le poirier et le pommier suppléent à la vigne, que l’on ne cultive que sur un point de l'arrondissement de Redon : le pommier donne un cidre agréable, léger, plus délicat que spiritueux. Les châtaignes sont abondantes et bonnes. Parmi les céréales cultivées, on doit signaler le froment, le méteil et le sarrazin, plus particulièrement consacrés à la nourriture de l’homme, et l’avoine, surtout celle d’hiver, dont on extrait un excellent gruau. Le produit des vaches est borné à un beurre médiocre, propre toutefois aux fritures, et dont on exporte de grandes quantités : le beurre même dit de la Prévalaie (du nom d’un château situé à 4 kilomètres de Rennes, sur la Vilaine) est beaucoup trop vanté et inférieur à ceux de Gournai, d’Isigni et de Livarot. Le miel est noir et de mauvaise qualité : on tue encore les abeilles pour leur arracher leur butin. Le tabac est cultivé dans quelques communes de l’arrondissement de Saint-Malo. On convertit en toiles le chanvre et le lin du pays. A cette industrie, il faut ajouter quelques papeteries, des verreries, des forges, la pêche maritime, l'envoi des huîtres de Cancale, et des expéditions pour la morue et la baleine.
Traversé par septrivières navigables, par deux canaux, celui d'Ille-et-Rance (78 kilomètres) et celui de Nantes à Brest (5 kilomètres), par 12 routes nationa'es et 23 routes départementales, ainsi que par 5 chemins de fer et par 1,293 chemins vicinaux ; ouvert à l’exploitation comme à l'importation par deux ports de mer, ce département n’a véritablement à désirer et à réclamer qu’une active industrie, qui mette en valeur ses produits agricoles et emploie utilement dans les fabriques les bras de ses nombreux et pauvres habitants.
Parmi les villes et localités remarquables nous citerons Rennes, chef-lieu du département; Saint-Malo, Vitré; Fougères, chef-lieu d'arrondissement sur le Nançon, près du confluent de cette rivière et du Couesnon, avec 11,201 âmes, un tribunal de première instance, des fabriques de toile à voiles, de toile de chanvre et d’emballage; Montfort-sur-Meu, chef-lieu d'arrondissement, sur un côteau agréable, entrele Meu et le Garun, avec un tribunal de aremière instance et 2,343 habitants; Redon, Saint-Aubin-du-Cormier,Cancale, Combourg, Saint-Servan, jolie ville maritime, à l'embouchure de la Rance, dans l'Océan , à 2 kilomètres de Saint-Mal6, avec un collége et 12,565 habitants: on y arme pour la pêche de la morue et
. le cabotage ; on y construit des navires, et on y fabrique de bons câbles ; D ol; le château des Rochers, longtemps habité par Mme de Sévigné; plusieurs dolmens et peulvans, etc.
ILLÉGALITÉ, L'illégalité est le caractère de ce qui est contraire à la loi. Il s’emploie plus spécialement pour désigner les infractions faites aux lois par ceux qui sont chargés de veiller à leur exécution, c’est-à-dire par tous ceux qui participent à l’action gouvernementale. Ainsi l’on dira d’un corps constitué qu'il a agi illégalement, mieux qu'on ne le dirait d’un ou de plusieurs citoyens qui auraient violé la légalité. Un ministre agira illégalement quand il sortira du cercle des devoirs et des attributions qui lui ont été fixés par’ la loi. Les remèdes que nos lois offrent contre les illégalilés, de quelque part qu’elles viennent, sont bien faibles.
ILLEGITIMITE, C'est l’état de toute chose qui n’est point légitime. On appelle en droit un enfant illégitime celui qui est né hors du mariage et qui n’a point été légitimé. Le mot i/légilime s'applique aussi aux choses: ainsi l’on dira d’un titre qu’il n’est point légitime, pour signifier qu’il manque de qualités légales.
ILLINOIS, l’un des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, entre le Mississipi, l'Ohio et le Wabash, borné par le Kentucky, l’Indiana, le lac de Michigan, le Wisconsin, le Iowa et le Missouri, comprend une parlie de l’ancien territoire de l'Ohio, où, à partir des premières années du dix-huiième siècle, vinrent s'établir un grand nombre d’émigrés français du Canada, et les terres achetées par ceux-ci de 1803 à 1816 aux Indiens. Il fut ainsi nommé à cause de la grande rivière du même nom, qui le traverse. Érigé en 1809 en éerritoire, il fut admis en 1818 comme État dans l'Union américaine. La population s'y est rapidementaccrue. En 1810, sur une superficie de 1,800 myriam. carrés, elle ne se composait encore que de 12,282 habitants. En 1870 elle était de 2,539,891 habitants, tous, à l'exception d'environ 5,000 mulâtreslibres, planteurs de race blanche, qui se livrent à l’agricullure et à l'éducation du bétail, et possèdent aussi quelques usines, notamment des manufactures d’éloffes de laine et des hauts fourneaux. Dans ces derniers temps, un grand nombre d’Allemands sont venus s’élablir dans cet Etat, où ils forment maintenant près du tiers de la population totale. Le sol est généralement uni, cependant n ontagneux au nord, où sa fertilité est extrême. Au sud, l'Illinois est couvert de riches forêts ; au nord on trouve des prairies tantôt sèches et tantôt humides, et des terres grasses et marécagenses. Au total, c’est un pays extrèmement fertile, où réussissent particulièrement le froment et le maïs, de même que les légumes, le tabac, le chanvre, le lin, produisant en outre beaucoup de foin et de suc d'érable; et quoique le climat en soit un peu froid, la vigne ne laisse pas que d’y réussir. D’immenses troupeaux de bètes à cornes, de porcs, de moutons, couvrent les prairies, et la production de la laine, du beurre etdu fromage y est importante, En outre, de riches mines de plomb ont été découvertes, il n'y a pas longtemps, tout à l'extrémité septentrionale de l'État. De même que l’Indiana, le Iowa et le Kentucky, il fait partie du grand bassin houiller de l'Illinois qui, à partir du Kentucky et en se dirigeantau nord-ouest jusqu’au Mississipi, embrasse une surface de 1,400 myriamètres carrés. Le commercé y est favorisé par la ligne de navigation établie sur l'Ohio, le Mississipi, le Wabash, l'Illinois et autres cours d’eau, de même que par le lac Michigan, qu'il côtoie sur une partie de ses frontières. Au 1°° mars 1870, on y comptail un dé= veloppement de 11,556 kilom. de chemins de fer en activilé, sans compter les lignes en construction. A la même époque, l'Illinois envoyait au congrès seize représentants. En 1860 , la dette fondée de cet État s'élevait à 61 millions 180,000 fr. Le chef-lieu, et en même temps le siège du gouvernement, est Springfield, petite ville de 7,000 âmes. La ville la plus importante est Chicago, qui en peu de lemps a pris un rapide essor, sans exemple jus-