ILLUMINÉS — ILLUSTRATIONS
nerie y eut été intéressée, qu’à l'époque où il jeta le plus viféclat il comptait parmi ses membres plus de 2,000 des hommes les plus instruits de l'Allemagne. Quelque noble et désintéressé que fut Weisshaupt, il se laissa séduire, er) étudiant la constitution de l’ordre des Jésuites et leur système d'éducation, par la pensée d'employer au bien le moyen dont les Jésuites se sont servis pour faire tant d : mal, Sans doute, il ne s'agissait pas de fonder des écoles
d'éducation à l’usage des membres de l'ordre, à l'instar de celles qu’entretiennent les Jésuites; mais les Z/luminés |
devaientse surveiller, s’espionner les uns les autres, aller régulièrement à confesse; bref, accomplir une foule d’actes, se soumettre à une multitude d’entraves et de restrictions qui révoltent le cœur et la conscience d’un homme libre. On espérait de la sorte parvenir à réunir dans la même main tous les fils à l’aide desquels la légion sainte serait conduite au bonheur de humanité. Que si dans le choix de pareils moyens la mort de l’ordre se trouvail déjà en germe, la désanion qui survint bientôt entre les deux chefs, Weisshaupt et Knigge, ne fit que l’accélérer. L’opinion publique se prononça contre ces nouveaux réfor-
parler ainsi, le plus vigoureux de tous. Cette couleur doit donc dominer dans l'image du soleil par un temps de brouil. lard, parce que les rayons bleus, indigo, vert, etc., sont restés en chemin, en tout ou en partie. C’est encore par cette raison qu’un objet de couleur rouge se voit de plus loin que s’il était bleu, jaune, blanc, etc.
Les couleurs influent sensiblement sur la grandeur apparente des corps : le disque du soleil nous parait plus grand que si cet astre n’était éclairé que par une faible lumières un habit blanc fait paraître un homme plus gros que s’il était habillé de noir. Les peintures ne sont, absolument
: parlant, que des illusions d’optique.
mateurs ; et une ordonnance de l'électeur de Bavière, en ! date du 22 juin 1784, et renouvelée le 2 mars 1785, pro- | nonça la dissolulion de l’ordre des Illuminés. Weïss- |
haupt fut interdit comme prêtre et banni; des peines sévères furent prononcées contre d'autres membres, sans
Le mouvement est souvent la cause d'erreurs de cette
‘espèce : si l’on considère la roue d’une voiture qui court lavec une grande vélocité, on est tenté de croire que cette
roue est pleine, ou qu’il n’existe pas de jours entre ses rais (rayons). Lorsqu'on fait tourner un charbon allumé, à la manière d’une fronde , l'œil aperçoit un cercle continu de feu. La cause de ces illusions consiste dans la faculté qu’a l'œil de conserver un instant l’image de l’objet coloré ‘qu’il contemple : d’où vient que si l’objet change rapidement de place, la sensation de l’image qui le faisait voir en un point n’est pas effacée quand il est arrivé au point qui suit immédiatement, et d’où il transmet à l’œil la sensation d’une image semblable, etc.; de sorte que si la balle d’un mous-
| quet était incandescente, on croirait voir une traînée de lu-
qu'on ait pu justifier les formes insolites de la procédure |
suivie pour la condamnation de l’ordre.
ILLUSION (de i/Zudere, se jouer, tromper). Au milieu des réalités, souvent trop positives, de la sphère
dans laquelle l'homme s’agite, de riantes rêveries, de flatteuses espérances se glissent parfois dans son âme, et viennent le consoler des maux qui l’accablent chaque jour. Ces rêves couleur de rose de l’homme éveillé, ces espérances, dont la réalisation lui semble si prochaine, ces châteaux en Espagne, constiluent ce qu’on appelle l’i7lusion. L'enfance et la jeunesse composent ce qu’on appelle à bon droit l’ége des illusions. Sans les illusions de l'amour, qui songerait au mariage? Sans les illusions de la gloire, qui enflammerait le savant, le poète, l'artiste, le guerrier ? Somme toute, l’homme s’acharne avec plus de conscience à la poursuite de ses illusions qu’à celle de son bonheur réel. De même qu'il est d’aimables illusions, il en est aussi de bien noires, produites par une imagination mélancolique et romanesque ; il en est enfin auxquelles ne se rattache aucune idée heureuse ou malheureuse.
ILLUSION D’OPTIQUE. De tous les sens il n’y en a pas de plus trompeur que celui de la vue; les objets dont il nous transmet l’image nous semblent, s'ils sont un peu éloignés, plus petits, conformés, colorés autrement qu'ils ne le sont en réalité; quelquefois nous les plaçons où ils ne sont pas, et souvent nous croyons mobiles ceux qui sont en repos, et réciproquement. Un objet nous paraît plus petit en raison de la distance où il est du lieu où nous sommes, par la raison que les rayons visuels qui partent de ses bords vont former dans notre œil un angle d'autant plus pelit que l’objet est plus éloigné. C’est ainsi que les deux files de maisons qui bornent une lonaue rue paraissent s’abaisser à mesure qu’elles s'éloignent, quoique réellement elles aient la même hauteur.
Une boule vue de loin nous paraît un disque tout plat : telle est l’image du soleil, de la lune, etc. L’éloignement et les milieux que traversent les rayons visuels altèrent et décomposent les couleurs des objets ; le soleil, par exemple, que nous voyons d’un blanc éclatant par un temps sans nuages, nous paraît de couleur pourpre quand le ciel est voilé par un brouillard d’une densité convenable ; cela tient à la composition de la couleur blanche, que l’on sait étre formée des couleurs élémentaires du spectre, lesquelles ont la propriété de traverser les milieux, tels que les eaux, le verre, Pair atmosphérique, etc., avec plus ou moins de force. Le rayon de couleur rouge est, s’il est permis de
mière quand elle sortirait du canon.
Si le spectateur se trouve dans un lieu qui soit en repos, tous les objets qu’il verra se déplacer seront effectivement en mouvement ; le contraire doit arriver quand le lieu qu’il occupe est en mouvement : les objets en repos lui semble-
| ront changer de place; c’est ce qu’on observe lorsqu'on se
trouve dans un bateau, une voiture. Les arbres, les maisons, semblent fuir ou s'approcher, suivant que le bafeau, que l’on croit immobile, s'éloigne ou s'approche d'eux.
| C’est encore de cette manière qu’on explique les mouve-
ments apparents des astres, qui pour la plupart sont fixes, mais qui semblent se mouvoir une fois en vingt-quatre heures, parce que la terre, tournant sur elle-même pendant le même temps, nous les présente successivement
| vers tous les points de la voûte céleste.
Il arrive quelquefois que les objets que nous regardons
nous paraissent doubles : on en donne pour raison le dé-
placement accidentel ou volontaire de l’un des organes de la vue, ce qui fait que la sensation de l’image de l’objet, qui se forme ordinairement dans chacun des yeux, ne pouvant plus se confondre en une seule, nous croyons percevoir deux images. Les personnes ivres voient les objets doubles et mobiles, parce qu’elles ne peuvent fixer leurs regards. TEYSSÈDRE.
ILLUSOIRE se dit de tout ce qui tend à tromper sous
une fausse apparence, de tout ce qui est sans effet ; c’est
| dans ce sens qu'on dif : une promesse i//usoire.
ILLUSTRATIONS. C’est le nom qu’on donne aujourd’hui aux gravures sur bois qu’on intercale dans un texte imprimé, soit afin de l’élucider, soit pour reproduire aux yeux, la scène, les lieux, l’objet dont il y est question. Ces impressions typographiques ornées d’images obtiennent de nos jours tant de succès, qu’elles forment une fraction particulière et fort importante de la littérature moderne. On a orné de vignettes el encadré d’arabesques des livres à l'usage de l'enfance ou du peuple, des poëmes et des romans, des livres de prières et de dévotion, des traductions de la Bible et même des classiques de l’antiquité. Cette mode a non-seulement fait revivre d’une vie toute nouvelle la gravure sur bois, replacée au nombre des arts qui se rattachent à l'imprimerie, mais encore fait perdre à la gravure sur planches métalliques une partie de son importance. Les gravures sur bois ont remplacé les gravures sur acier et sur cuivre, et comme autrefois, alors que la gravure sur bois et la typographie étaient étroitement unies, elles sont devenues un accessoire indispensable vour une foule d'au
vrages, qui grâce à leur concours obliennent un débit considérable. La mode des illustrations s’est répandue d’Angleterre en France, et de là en Allemagne; et partout elle a provoqué une telle fureur pour les livres à figures, que notre époque semble en vérité vouloir revenir au culte des images, à l'instar du moyen âge. Jamais on n’i/lustra plus d'ouvrages qu'aujourd'hui. Chez nous l’illustration a servi de prétexte tantôt pour publier à des prix fort élevés des éditions nouvelles d'ouvrages que chacun avait déjà dans sa bibliothèque, tantôt pour faire acheter des livres dont personne ne se soucierait sans cela. D'abord timide et modeste dans ses allures, la gravure sur bois n’était que l’humble servante du texte; mais plus tard, c’est le texte qui est devenu son très-soumis serviteur. En effet, les éditeurs lui ont à l’envi fait subir les plus inconcevables mutfations, toutes les fois que cela a convenu aux besoins de leurs spéculations ; et plus d’un intrépide liseur de romans, qui a entassé sur les rayons de sa bibliothèque les œuvres de nos principaux conteurs contemporains illustrées à quatre sous la livraison, est bien étonné quand il s'aperçoit qu’il n’a que la moitié de telle ou telle œuvre originale qu’il avait cru acquérir, l'éditeur en ayant sans façons supprimé ce qu’il appelle les longueurs ou les digressions inutiles. C'était l'unique et facile moyen de faire entrer ses coûteuses gravures dans un texte dont Ja reproduction entière et fidèle eût complétement changé la nature de sa spéculation, laquelle consistait à paraître offrir au public les œuvres illustrées de Walter Scott, par exemple, à tout aussi bon marché, à meilleur marché même que les éditions déjà existantes, fort complètes sans doute, mais auxquelles manque l'attrait de ces vignettes explicatives sur bois, de ces illustrations dont on commence un peu trop à abuser, « Illustration, que me veux-tu? » s’écrierait sans doute aujourd’hui Fontenelle, et avec tout autant de raison qu’à propos de la simpiternelle sonate.
ILLUSTRE, éclatant, célèbre par le mérite, par la noblesse, par quelque chose de louable, d’extraordinaire. (voyez CÉLÉBRITÉ ). Plutarque a écrit la vie des hommes illustres, grecs et romains.
Il y avait à la décadence de l'empire romain trois titres d'honneur différents, qu’on aécordait aux personnes qui se distinguaient des autres par leur naissance ou par leurs charges. Le premier était celui d’illustris, le second celui: de clarissimus, le troisième celui de spectabilis; mais illustris marquait une prééminence toute particulière : on le donnait aux consuls, aux patriciens, aux préfets, aux commandants généraux, aux sept ministres du palais. Au cinquième siècle les empereurs eux-mêmes et les rois tributaires de l’empire le prenaient. Plus tard il fut exclusivement réservé aux comtes et aux patriciens.
La suscription des rois mérovingiens , toujours placée en tête de leurs diplômes, se composait d’une ligne : N. rez Francorum, vir inluster. Ce titre n'apparaît chez les Francs qu'après que Clovis eut reçu d’Anastase la dignité de consul, à laquelle il était attaché. Chilpéric, Pepin et Charlemagne s’en parèrent successivement ; mais ce dernier varia la forme de suscription de ses diplômes, en raison des divers états qui tombèrent sous sa dépendance : ainsi, quand il eut été couronné empereur d'Occident , il remplaça le vir intuster par la formule impériale des Césars. Les maires du palais, ayant peu à peu usurpé l'autorité souveraine, s’arrogèrent ce titre, qui passa plus tard aux comtes et aux grands seigneurs du royaume dans les lettres que les monarques leur adressaient. On en décorait aussi les évêques et les abbés de haute considération. Enfin, il cessa d'être d’un usage aussi général, et se changea en un simple superlatif, sans grande importance, à la cour de Rome, qui donne encore le titre de seigneurie illustrissime aux nonces, aux archevêques, aux évêques, aux prélats. Celui d'éllustre magnificence était conféré par les rois goths à leurs principaux officiers.
Les Illustrati étaient les membres d'une académie, ou