INFIRMERIE — INFLAMMATION
médecine qu’il appartient de les traiter ou de les prévenir. N.-P. ANQUETIN.
INFLAMMATION (du verbe latin inflammare, inflammer, embraser), phénomène pathologique caractérisé par la chaleur, la douleur, la rougeur et la tuméfaction de la partie enflammée; elle peut attaquer tous les tissus vivants ; et dans la plupart des maladies, elle apparait, où comme phénomène principal, ou comme complication. L’afflux du sang et du fluide nerveux, plus considérable que dans l’état de santé, détermine l’exaltation vitale qui constitue l’inflammation. Elle marche et se termine de différentes manières selon son intensité, l’organisation destissus qu’elle envahit et la constitution du sujet. Dans certains cas, une partie du corps présente les phénomènes qui la caractérisent : ces phénomènes durent quelques heures, puis tout rentre dans l'ordre; alors la phlegmasie setermine par délitescence. Quelques foisles fluides extravasés se résorbent et redeviennent cirçulants : il y aeu résolution; d’autres fois, la violence de la congestion ou la nature de l'agent qui la produite frappe les tissus de mort, et la gangrène s'en empare; dans des degrés intermédiaires à la résolution et à la gangrène, la suppuration, l’induration rouge ou blanche, les transformations de tissus, l'hype r trop hie de l'organe enflammé, des altérations sécrétoires, l'ulcération, l’état chronique, succèdent à l’état inflammatoire: Telles sont les différentes terminaisons de l’inflammation dans les tissus où elle éclate; mais le plus souvent son action ne se borne pas à ces derniers ; elle s'étend tantôt de proche en proche par propagation , tantôt par communauté de nerfs. tantôt par compression, par transmission et dissémination. Ce dernier mode d’extension, après avoir porté le trouble dans l'organisme entier, réagit sur le centre cireulatoire, accélère la circulation, et rompt aussi l'équilibre dans les fonctions digestives, respiratoires, etc. Ce n’est pas tout : inflammation, qui se propage comme d’un centre, et fait sentir son influence aux points les plus éloignés, peut aussi se déplacer; mais jamais elle ne devient générale. A un certain degré d'intensité, l’inflammation augmente les sécrétions des organes enflammés ; à un degré plus haut, elle les supprime.
L'augmentation du fluide nerveux et du sang dans la partie enflammée est la cause la plus prochaine de l'inflammation, mais cette cause est elle-même l'effet d’une infinité d’actions différentes : les unes agissent sur un point de l’organisme et produisent rapidement la phlegmasie : tels le froid , la chaleur excessive , les violences extérieures, les substances irritantes et corrosives; les autres créent d’abord une modilication générale de l’économie, et sont, pour ainsi dire, prédisposantes : tels l'abus des alcooliques, l’habitude d’un régime trop stimu lant , le tempéramert sanguin, etc. Ce phénomène offre d'ailleurs un caractère tout différent, selon qu'il est produit par des causes communes, ordinaires, où qu’il résulte de causes spécifiques. Ses traces diminuent toujours et s’effacent quelquefois après la mort; le plus souvent, cependant, l’anatomie pathologique trouve, après les inflammations aiguës, la rougeur, l'injection , la tuméfaction, le ramollissement, la suppuration, lulcération des tissus enflammés,
Le traitement de l’inflammation varie selon la nature des tissus, selon les causes qui la produisent, selon l’âge, le sexe, le tempérament , la force du sujet qu’elle attaque; toutefois, les moyens thérapeutiques pour la combattre , ayant {oujours pour objet de diminuer et de détruire une concentration sanguine et nerveuse, peuvent se réduire à un petit nombre d'indications générales. Ainsi la dièle et les débilitants tendent à arrêter l'impulsion donnée aux fluides ; les saignées locales et générales, l'emploi du froid, les émollients, les narcotiques, les bains et les boissons tempérantes ont une action antiphlogistique directe; les purgatifs, les vomitifs, les vésicatoires, les sinapismes, les ventouses, les