‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 266 sur 522 · INORGANIQUE — INQUISITION · texte numérisé non relu

INORGANIQUE — INQUISITION

phosphate calcaires, des particules de fer, de manganèse, de soufre, de silice, etc., pénètrent dans les tissus animaux et végétaux, peuvent servir plus ou moins dans l'organisme vivant, mais seulement comme parties auxiliaires; par exemple, dans l’ossification, la formation des tests, des coquilles, la coloration du sang, la solidification des tiges et écorces , etc, Cependant, ces matériaux ne s’imprègnent pas de la vie et de l’organisation eux-mêmes. La plupart sont comme des éléments étrangers et éliminés par le mouvement excrémentiel ou dépuratoire qui repousse tout ce qui ne peut s’assimiler ou tout ce qui enraye et contrarie acte vital dans son concert harmonique.

Les corps inorganiques ont des formes anguleuses, ou géométriques, ou irrégulières , tandis que les organiques affectent des formes rondes, ou sphéroïdales, ou cylindriques, engendrées de la sphère. Les inorganiques n’ont point de limites de grandeur et de petitesse; les organiques ont une mesure pour chaque espèce. Les premiers ne présentent ni peau , ni enveloppe qui les entoure, ni acte spontané, ni durée déterminée; en un mot, la matière inorganique est en contraste perpétuel avec l’organique : celle-ci, à la mort ou à l'époque de la disgrégation de ses parties, rentre dansle domaine de l’inorganique , état primitif de tous les matériaux qui constituent notre globe, J.-J. VIREY.

IN PACE. Voyez PACE (In).

IN PARTIBUS, expression latine, que l’usage a fait passer dans la langue vulgaire. On appelle évêque in pardibus celui auquel on a donné un titre d’évèché dans un pays occupé par les infidèles ; on sous-entend toujours in- Jidelium ; alors in partibus infidelium signifie dans les possessions des infidèles. Cet usage de donner des évêchés in partibus commença lorsque les Sarrasins chassèrent les chrétiens de Jérusalem et des autres pays d'Orient. L’espoir de reconquérir ces pays fit qu’on continua à nommer des évêques pour les siéges où il y en avait eu déjà; et depuis qu’on a donné Jes coadjuteurs aux évêques, l'usage a voulu que ces coadjuteurs, qui ordonnent et confirment, fussent en même temps créés évêques in partibus.

IN PETTO. Voyez Perro (In).

IN-PLANO. Joyez FoRMAT.

IN-QUARTO. Voyez FORMAT.

INQUIETUDE. Ce mot exprime la privation de la tranquillité et du calme, au physique comme au moral. Il provient du substantif latin inquietudo, dont la signification est la même, ce substantif étant formé de la particule in, signe de négation, et de quietudo, repos. La situation du du corps et de l'esprit, ainsi désignée, est la nuance la plus légère des affections pénibles auxquelles l’homme est condamné par ses besoins. Jouit-il des biens qu’il pourxit désirer, il est inquiété par la crainte de les perdre; est-il privé de ceux qu’il souhaite, son repos est troublé par ses efforts pour se les procurer. Les sources de l'inquiétude étant trop nombreuses pour pouvoir en présenter ici un simple aperçu, nous devons nous borner à quelques considérations médi- cales sur ce sujet,

L’inquiétude qui survient sans cause connue n’est point une maladie, exactement parlant, mais elle en est ordinairement le présage et l’avant-coureur, Elle se manifeste par un malaise indéfinissable, par une impulsion irrésistible à changer continuellement de position, par une agitation involontaire, une tendance à s'étendre. Cet état est souvent borné ou principalement marqué sur les extrémités inférieures : on ressent dans leur longueur une sensation pénible ; on éprouve le besoin de les mouvoir ; elles tressaillent et se roidissent : c’est ce qu’on nomme vulgairement avoir des inquiétudes ou impatiences dans les jambes. Ces troubles sont l'effet d’une altération survenue dans l’état normal de l'appareil nerveux, le moteur principal de la vie ; eton peut les considérer comme des moniteurs utiles. Aussitôt qu’ils s’annoncent, il convient de rechercher dans son genre de vie habituelle ou dans les circonstances inaccoutumées les causes qui ont pu altérer la santé, afin de les éloigner s’il

est possible. En tous cas, un bain frais et une alimentation légère, si l’appétit a persisté, sont toujours des moyens auxquels on peut recourir sans inconvénient, et ils suffisent souvent pour ramener le calme. Si l'inquiétude persiste et s'aggrave, il est nécessaire de consulter un médecin, plus puissant dans l’origine des maladies que dans leur cours.

L'agitation du corps, dont nous venons d’esquisser les principaux traits, est très-fréquemment produite par des causes dites morales, et se rallie à la crainte : telles sont les inquiétudes qu’on conçoit par l’appréhension d’un malheur auquel nous sommes exposés, et dont les sources sont aussi variées que nombreuses. La crainte de la mort inquiète surtout la plupart des hommes, et plusieurs tombent pour cette cause dans un état très-fâcheux. Les inquiétudes gratuites ont des résultats comme celles qui sont fondées, et elles ressemblent à la peur du mal, qui engendre le mal de la peur. Il faudrait done se garantir d’un tel état, mais la possibilité manque le plus ordinairement, et peu d'hommes ont un caractère assez énergique pour en être exempts. C’est surtout chez l’homme malade qu’il importe de prévenir ou de faire cesser l'inquiétude : c’est un des premiers devoirs du médecin. 1! doit toujours montrer l’espérance aux yeux de ceux qui invoquent son secours. Ca soin est principalement nécessaire dans les affections des viscères abdominaux, qui, plus que tous autres, inspirent et entretiennent la peur de la mort. Les assistants des malades doivent aussi seconder le médecin sous ce rapport; mais ils le négligent trop souvent, et il en résulte journellement des accidents graves ou mortels. On ne saurait trop recommander aux garde-malades et aux autres personnes de ne rien manifester d’inquiétant, soit par leurs gestes, soit par leurs paroles, quelles que soient leurs craintes.

S'il est nécessaire de prévenir et de bannir l’inquiétude pour la pluralité des hommes, il en est pour lesquels on doit prendre un soin contraire : ainsi, pour déterminer tel malade à subir une opération, ou à se soumettre à un traitement médical, il faut l’alarmer sur son état, mais avec une mesure que le tact seul peut suggérer. En définitive, l'inquiétude, comme toutes les choses d’ici-bas, a des inconvénients balancés par quelques avantages.

D° CHARBONNIER

INQUISITION (du latin inquisitio, enquête, examen). Quelques auteurs font remonter l’origine de l’inquisition à 1184; ils en trouvent le principe dans une constitution faite au concile de Vérone par le pape Licinius, dans la quelle ce pontife ordonnait aux évêques de s'informer par eux-mêmes (inqguirere), ou par commissaires, des personnes suspectes d’hérésie. Le pontife distinguait des degrés de suspects, de convaincus, de pénitents et derelaps, suivant lesquels les peines étaient différentes. Après avoir employé contre les coupables les peines spirituelles , l'Église devait les abandonner au bras séculier, pour être punis de peines corporelles, l'expérience ayant démontré que les mauvais chrétiens se mettaient peu en peine des censures ecclésiastiques et méprisaient les punitions spirituelles. Peut-être est-ce d’après cette constitution et ses principes qu’'Innocent III dépêcha vers le midi de la France des missionnaires, à la fois guerriers et religieux, qui y fondèrent l’inquisition, ou saint-office. Pierre de Castelnau et Raoul, tous deux moines de Citeaux, furent envoyés dans la Gaule narbonnaise, et autorisés à livrer à l'autorité séculière, après les avoir excommuniés, tous les hérétiques qui refuseraient de se soumettre; leurs biens étaient saisis et leur personne proscrite. Le résultat de leur mission ne répondit point à l'attente du pontife. Les comtes de Toulouse, de Foix, de Béziers, de Carcassonne et de Comminges refusèrent d’expuiser des sujets soumis, dont la proscription aurait affaibli la population de leurs États et tari les sources de leur prospérité. Mais les moines de Citeaux ne se découragèrent pas, et s’adjoignirent douze autres frères de leur ordre et les Espagnols Diego Acebes, évêque d'Osma , et saint Domi-

nique de Guzmen, qui fut le premier inquisiteur général. Pierre de Castelnau ayant été assassiné par les Albigeois, Rome profita de cet événement pour dosner à ses missionnaires l’autorisation de prêcher la croisade contre les hérétiques, de noter les seigneurs qui se refuseraient à les exterminer, de s'informer quelle était leur croyance, de réconcilier les hérétiques qui se convertiraient, et de faire mettre à la disposition de Simon, comte de Montfort, qui commandait les croisés, ceux qui persévéreraient dans leurs erreurs. Le nombre des Albigeoïis qui périrent dans les flammes est incalculable.

En 1215, Innocent, dans le quatrième concile de Latran, autorisa les inquisiteurs délégués à agir de concert avec les évèques, ou même sans eux, ainsi que cela avait déjà eu lieu fréquemment; mais la mort enleva ce pontife avant qu’il eût achevé de donner à l’inquisition déléguée, qui était distincte de celle des évêques, cette forme stable et permanente qu’elle prit sous les papes suivants. Il avait autorisé saint Dominique à créer son ordre des dominicains, dont la seule mission était de prêcher contre les hérétiques. En 1221, des symptômes d’hérésie s'étant manifestés jusque dans la capitale des États de l’Église, Honorius IF, successeur d’Innocent, décréta une constitution contre les hérétiques d’Italie, et lui fit donner force de loi civile par l’empereur Frédéric II. Trois ans après , l'inquisition exisfait déjà dans toute l'Italie, à l’exception de la république de Venise, du royaume de Naples et de la Sicile. Frédéric JI avait la réputation d’être un assez mauvais chrétien; pour s’en laver, il se fit le protecteur de l’inquisition. Il rendit contre les hérétiques une loi par laquelle ceux qui étaient condamnés comme tels par l’Église et livrés à la justice séculière devaient être punis d’une manière proportionnée à leurs crimes. Si la crainte du supplice en ramenait quelques-uns à l’unité de la foi, ils étaient soumis à une pénitence canonique, et enfermés dans une prison perpétuelle. Les hérétiques, ceux qui les soutenaient ou les protégeaient, ceux qui, ayant faitabjuration, deviendraient relaps, devaient être jugés et punis de mort; enfin, leurs enfants, jusqu’à la deuxième génération, étaient déclarés incapables de remplir aucune fonction publique et de jouir d’aucun honneur, exceptéceux qui dénonceraient leurspères. Après Frédéric II, qui en mourant s’était repenti du pouvoir qu’il avait conféré aux inquisiteurs ecclésiastiques, prévoyant l’extension dont la puissance temporelle des papes serait redevable à l’inquisition, le pape Innocent IV érigea aux inquisiteursun tribunal perpétuel, et priva les évêques et les juges séculiers des débris de pouvoir que leur avait laissés Frédéric. La juridiction inquisitoriale releva directement du saint-siége, et ceux qui furent appelés à l'exercer, poussèrent leur zèle si loin, qu’un soulèvement général des esprits mit fin à leur règne dans toute l’Allemagne.

Protégée par saint Louis et par les conciles assemblés pour la diriger à Toulouse, Melun, Béziers, l’inquisition courba longtempsla France sous son joug; mais elle en disparut bientôt, quoique l’histoire nous rapporte jusqu’en 1465 les noms de plusieurs inquisiteurs attitrés. Rétabli un instant sous le règne de ce François I°° qui offrait son alliance aux luthériens du Nord tout en livrant aux flammes ceux de ses États, le terrible tribunal n’y eut cette fois qu'une durée momentanée, et les ligueurs en réclamèrent vainement le rétablissement lors des guerres de religion : l’inquisition n’était plus viable parmi nous. On la vit, en revanche, s'établir sans obstacle en Italie; Venise et Naples avaient fini par l’accepter, et elle se perpétua dans cette terre classique de l'antiquité jusqu’au jour où la France révolutionnaire y apporta ses armes et la liberté. Depuis ia chute du premier empire napoléonien, sauf le le laps de temps fort court de la dernière république romaine, les États de l'Église y ont été de nouveau soumis. Hàtons-nous toutelois de reconnaître qu’elle n’a été nulle part

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