HÉROS — HERRERA
race plus juste, plus vaillante, celle des héros, demidieux qui ont précédé dans la carrière de la vie la race actuelle, cinquième âge du monde, siècle de fer. De ces héros, les uns périrent sous les murs de Thèbes, les autres sur ceux de Troie ; mais tous ne descendirent pas chez les morts, dit Hésiode : quelques-uns furent transportés, au delà de l’Océan, dans des iles où ils jouissaient d’un bonheur sans mélange. D’autres furent même admis aux honneurs de l’Olympe, parmi les immortels. L'âge héroïque s'étend depuis Inachus jusqu’au retour des Héraclides, c’est-à-dire de lan 1800 à l’an 1190 avant J.-C.
Dans la suite, le héros fut plus que fort et courageux, il fut intelligent : il se personnifie dans Épaminondas et Alexandre. Alexandre est le type du héros chez les Grecs : jeune, vaillant, courageux , plein d’ambition, soumettant des provinces inconnues , détruisant une des plus puissantes et des plus vieilles dynasties du monde. Les Romains pourraient compter grand nombre de héros; mais si nous conservons à ce mot l’acception qui lui convient désormais, nous dirons que leur héros est César. César, dans des circonstances beaucoup moins favorables qu’Alexandre , ayant des obstacles plus grands à surmonter, fit d'aussi grandes choses et montra une plus grande intelligence. Depuis Charlemagne jusqu’à nos jours, les temps modernes ont fourni grand nombre de héros, méritant justement ce titre , mais nous ne les citerons pas. D’après leur vie, on jugera les hommes. Celui qui dans les temps modernes a réalisé le vrai type du héros, l’homme qui a réuni la plus haute expression de l'intelligence humaine à la force de volonté la plus énergique, c’est N ap olé o n. Noussommes encore trop près de ce géant pour le saisir dans son ensemble et le juger commeil le mérite.
Le mot héros s'applique encore à une âme noble et généreuse, souffrant sans murmurer, et dévorant ses secrètes douleurs, pour ne point démentir son caractère. L'homme vertueux qui supporte les angoisses de la misère plutôt que de renoncer à ses convictions , que rien ne peut abattre, qui sait dompter la mauvaise fortune par sa grandeur d’âme inébranlable , celui-là est un héros, méritant bien mieux ce titre que celui qui va promenant son épée victorieuse dans quelque partie de la terre. C’est assez généralement dans ce
sens de résistance morale du héros que se prend le mot Aé-
roisme.
L’héroïsme est bien aussi une qualité de l’âme, supposant toujours un fait éclatant, mémorable, appelé frait d’héroisme;
mais C’est surtout l’action de l’homme accomplissant un fait
noral par lequel il devient héros. Il y a héroïsme à résister aux offres brillantes et séductrices du pouvoir, lorsqu’on souffre, et cette résistance constitue le héros moral. Dans les œuvres théâtrales et littéraires, on appelle héros le sujet principal de laction, et héroïne la femme qui remplit le premier rôle dans une pièce, ou une œuvre littéraire.
HERPES. Voyez DARTRE.
HERPETOLOGIE. Voyez ERPÉTOLOGIE.
HERRENHAUSEN, château de plaisance des rois de Hanovre , situé à environ deux kilomètres de la capitale, et où on arrive par une avenue magnifique, était autrefois une propriété particulière de la famille de Welmoden. Le parc à la française qui en dépend renferme un des plus beaux jets d’eau qu’on puisse voir en Europe; la gerbe qui s’en échappe s’élève jusqu’à 40 mètres. On y voit un mausolée, œuvre de Rauch, et qui contient les tombes du roi Ernest-Augu:te et de sa femme.
HERRERA ( ErNanxDo ou HERNANDO DE ), poëte espagnol, né à Séville, au commencement du seizième siècle, ne se voua que tard à l’état ecclésiastique ef mourut vers 1598. Formé par l'étude des Grecs, des Romains et des Italiens, il possédait une vaste érudition. Comme poëte, il eut une telle réputation parmi ses contemporains, qu’ils lui décernèrent le surnom de divin, à une époque où la poésie brillait d’un grand éclat en Espagne. Plusieurs de ses poèmes paraissent avoir été perdus, et parmi ceux qui existent il se
trouve beaucoup de poésies érotiques, qui charment par l'expression de sentiments tendres et délicats ; tandis qu’il règne souvent dans ses odes un enthousiasme sublime. Ses Obras en verso ont été publiées par Pacheco (Séville, 1582), et plus tard sous le titre de Versos (1619); puis réimprimées dans la Coleccion de Ramon Fernandez (1786 ; nouv. édit., 1808. On a aussi de lui, en prose, une Relacion de la Guerra de Chippre (1572), et une Vida y Muerte de Tomas Moro (1592).
HERRERA ( Anronio ), l’un des historiens espagnol les plus célèbres, né à Cuellar, en 1549, s’appelait rée.lement Tordesillas, comme son père; mais il prit le nom de de sa mère. Il alla en Italie dans sa jeunesse, y gagna les bonnes grâces de Vespasiano Gonzaga, frère du duc de Mantoue, revint avec lui en Espagne lorsqu'il fut nommé vice-roi de Navarre et de Valence, et obtint dans la suite de Philippe IE la ‘charge de premier historiographe des deux Indes et de Castille. IL mourut à Madrid, le 29 mars 1625, peu de temps après avoir été élevé aux fonctions de secrétaire d'État. Son meilleur ouvrage est son Historia general de los hechos de los Castellanos en las islas y lierra firme del Mar Oceano, 1492-1554 (4 vol., Madrid, 1601-1615 avec figures), publiée ensuite de nouveau avec les continuations de Gonzalès de Barcia ( 4 volumes, 1728- 1730); sa Descripcion de las Indas occidentales (1601 et 1615) en est comme l'introduction. Il faut mentionner aussi son Historia del Mundo, ed el Reynado del rey D. Philippe II, 1554-1598 (3 volumes, 1601-1612); ses Commentarios de los hechos de los Espagnoles, Francescos y Venecianos en Italia, 1281-1559 (1624), et son Historia de Portugal y conquista de las islas de los Açores, 1582 y 1583 (1591, 4 volumes).
HERRERA (Francesco), dit el Viejo, c’est-à-dire Ze Vieux, l’un des plus grands peintres espagnols de l’école de Séville, naquit en cette ville, vers 1576. IL est le premier qui renonça à cette timidité de pinceau que l’on remarque dans les œuvres des anciens peintres andaloux; il dessinait avec feu et vigueur, et peut par conséquent être considéré comme le fondateur d’une nouvelle école plus nationale. Son Jugement dernier, tableau qu'il peignit pour l’église de Saint-Bernard de Séville, est un chef-d’œuvre de dessin et de coloris; on n’estime pas moins sa Sainte- Famille et sa Venue du Saint-Esprit, dans léglise de Sainte-Inès, de la même ville. La coupole de l’église de Saint-Bonaventure témoigne de son habileté dans la peinture à fresque. Il travailla aussi le bronze ; ce qui peut-être donna lieu à l’accusation élevée contre lui de s’être mis en rapport avec de faux monnayeurs..Il avait un caractère détestable, au point que personne ne pouvait vivre avec lui. Après avoir, en 1647, terminé ses tableaux pour le palais archiépiscopal de Séville, il se rendit à Madrid, où il mourut, en 1656. Ses tableaux de chevalet, parmi lesquels se trouvent aussi quelques sujets de la vie ordinaire, se vendent à des prix très-élevés, ainsi que ses dessins à la plume. Le musée du Louvre contient quelques-uns de ses meilleurs ouvrages, par exemple Les Israélites duns le désert etrecueillant des cailles, tableau d'une grande finesse de coloris, mais dans la composition duquel il règne un peu de confusion. Il se méla aussi de sculpture et d'architecture : la façade d’un couvent de Séville, notamment, est de lui.
Le plus jeune de ses fils, Francesco HERRERA, Surnommé el Mozo, c’est-à-dire le Jeune, peintre de genre en fresque et architecte, né à Séville, en 1622, fut l'élève de son père ; maisne pouvant pas supporter plus longtemps son affreux caractère, il se rendit à Rome, où il se distingua tellement par ses tableaux représentant des poissons, qu’on le surnomma il Spagnuolo degli pesci. Ala mort de son père, il revint à Séville, et travailla alors pour les églises. Lors de la fondation de l’Académie de Séville, en 1660, il en fut vice-directeur; toutefois, il se démit de cette place, et alla à Madrid, où il orna la coupole de la chapelle de Saint- Philippe de fresques qui plurent tant au roi Philippe IV,
qu'il le chargea de la décoration de Ja chapelle de Notre- Dame-d’Atocha ; et comme il toucha de main de maître le
sujet qu'il avait à traiter, l’Assomption de la Vierge, le |
oi le nomma peintre de sa cour. Plus tard, Philippe LV lui donna l’intendar-e des bâtiments de la couronne ; dans ces fonctions, il se 1.t détester par son excessif orgueil, et mourut l’an 1685. Ses tableaux de fleurs ne sont pas moins estimés que ses tableaux de poissons. On trouve de ses toiles à Séville, à Madrid et à l’Escurial; on dit qu’il grava aussi à l’eau forte.
HERRERA, surnommé e/ Rubio, c’est-à-dire le Rouge, frère du précédent, également peintre de genre, mourut très-jeune.
Parmi les artistes du même nom, il faut encore citer Alfonso de Herrera, né à Ségovie, en 1579, auteur de six tableaux exécutés pour l’église de Villa-Castin, qui ont été gâtés en 1734 par la main d’un restaurateur inhabile; et Sebastiano Herrera, surnommé Barnuevo, né à Madrid, en 1619, mort inspecteur de l’Escurial, en 1671, élève de son père, Antonio HerRERA, également distingué comme statuaire, comme architecte et comme peintre, et imitateur heureux d’Alfonso Cano.
HERREROS (Don Manuez BRETON pe Los). Voyez BRETON.nE Los HERREROS.
HERRIES (Jonn-Cnares ), ministre anglais, né en 1778, mort en 1855, fils du colonel Herries, descendait d’une ancienne famille écossaise, dont une branche s’était établie à Londres et y avait fondé une forte maison de banque. Après avoir terminé ses études à Leipzig, il fut nommé, en 1807, secrétaire privé de lord Perceval, alors chancelier de léchiquier, et plus tard premier ministre. Son patron ayant été tué en 1812, il obtint la place lucrative de commissaire de la liste civile, et il la remplit pendant quelques années. Sa vie publique ne commence qu’en 1823, où il fut nommé secrétaire de la trésorerie et envoyé au parlement par le bourg de Harwich. Sans être doué de talents supérieurs, sans posséder les qualités de l’homme d’État, Herries se montra un homme d’affaires habile. En politique, il s’attacha à la fraction du parti tory qui suivait Wellington et Peel plutôt qu’à la fraction libérale qui reconnaissait Canaing pour chef. L’étonnement fut donc général lorsqu'on vit tord Goderich, l’ami et le successeur de Canning, lui confier le poste de chancelier de l’échiquier. Le désaccord que l’on prévoyait ne {arda pas à se manifester entre Herries et ses collègues, plus libéraux. Son opposition aux vues de Huskisson, qui réclamait une modification du système protecteur, fit éclater un conflit et amena la dissolution du ministère. Herries entra dans le cabinet formé par Wcl1lington, où il n'obtint que le poste subordonné de di recteur de la monnaie. En 1830 il fut appelé à la présidence du Bureau du commerce ; mais dèsle mois de novembre il dut se retirer avec ses collègues devant un ministère libéral. Dès lors il combattit au premier rang parmi les conser. vateurs, jusqu’en 1834 ; alors un nouveau cabinet {ory lui confia le portefeuille de secrétaire d'État de la guerre. Dès l’année suivante, les libéraux revinrent aux affaires , et Herries finit par perdre même son siége au parlement , en 1841. U ne prit donc aucune part personnelle à la lutte contre e libre échange , que la défection inattendue de Peel termina en faveur des libres échangistes. L'influence du marquis d’Exeter l'ayant fait réélire député, en 1847, par le bourg de Stamford, sa longue expérience lui valut dans le parti protectioniste, assez pauvre en capacités, un rang éminent, sinon le premier, qu’il dut céder à D’Israëli, qui lui est infiniment supérieur comme orateur. Lorsque ce parti reprit, en 1852, les rênes du gouvernement, il rentra dans le ministère comme président du Bureau des Indes. Ce fut, comme on le sait, pour bien peu de temps.
HERRNHUT, bourg d'environ 1,100 âmes, dans la Haute-Lusace saxonne, est le principal établissement des frères moraves ou frères Bohémes, dits aussi Herrnhutes. Ce bourg tire son nom du Hutsberg, montagne sur le ver-