‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 277 sur 522 · DIDEROT · texte numérisé non relu

DIDEROT

INSINUATION (en latin insinuatio, fait de insinuo, je fais entrer, et formé lui-même de in, dans, sinus, sein). Lorsqu'un orateur, qui aspire à capter la bienveillance de son auditoire, est appelé à parler d’une chose où d’un sujet qui inspire de la répugnance ou de l’éloignement, il se garde bien d’aller droit au but, car il le manquerait infailliblement; mais il commence par présenter à ceux qui l’écoutent un autre objet qui les intéresse, et qui cependant , par ses rapports avec l’autre objet dont 1l veut parler, prépare heureusement les esprits , les guérit de leurs préventions, et les amène d’une manière insensible à voir d’un œil favorable ce qui les aurait indignés tout d’abord. C'est ce tour d’éloquence qu’on nomme insinuation. Cicéron , qui a donné tant de préceptes et de modèles de l’art oratoire, prescrit l'emploi de l’insinuation toutes les fois que celui qui est en cause, ou la cause elle-même, se présente sous des couleurs odieuses, S'agit-il, par exemple, d’un jeune homme dont l’imprudence et l'inconduite ont mérité le blime universel, eh bien, il faut parler de la considération dort jouit la famille de l'accusé, des vertus et des services de

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