‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 280 sur 522 · INSPECTION — INSPIRATION · texte numérisé non relu

INSPECTION — INSPIRATION

Sion, to ste de confiance, se transportent sur les lieux, exa- ! à celle de quelques maréchaux de camp ou de quelques

‘minent, comparent, vérifient et adressent leur rapport, en ‘conséque nce et sous leur propre responsabilité, à l’autorité qui les a délégués. Ainsi, nous avons des inspecteurs des finances, de l'enregistrement et des domaines, des forêts, 1 \des postes , des contributions directes et indirectes, de Pa- * 'griculture , de la navigation, de la marine, des ponts et ‘chaussées, des mines, des prisons, des maisons centrales \ de force et de correction, desétablissements de bienfaisance, ‘du travail des enfants dans les manufactures, des poids et , mesures, es poudres et salpètres, des tabacs, des théâtres, ‘des fortifications, des haras, des écoles vétérinaires et des bergeries impériales, des eaux minérales, dela voierie, des bâtiments civils et monuments publics, des beaux-arts, des monuments historiques et antiquités nationales, des halles et marchés, etc. Le décret du 30 janvier 1852 avait créé des in pecteurs généraux et spéciaux de police ; ils ont été supprimés par le décret du 5 mars 1853.

université à des inspecteurs généraux de l’enseignement supérieur, de l’enseignement secondaire et de Penseignement primaire. Elle a aussi des inspecteurs d'académie et des inspecteurs de l'instruction primaire; dans l’Église de la confession d'Augsbourg on nomme inspection la réunion de cinq Églises consistoriales. Elle se compose du pasteur et d’un ancien de chacune des Églises de sa circonscription. Les inspecteurs ecclésiastiques sont nommés par le gouvernement, sur la présentation du directoire.

[Au point de vue militaire, le terme inspecteur a eu des significations fort diverses : le mot, d’abord purement générique, ne s’est caractérisé qu’à l’aide de quantité d’épithètes ou de génitifs : ainsi, les hôpitaux, les poudres, cerfaines manufactures d'armes, certaines fabriques d’étoffes, ont été soumis à la surveillance d’inspecteurs spéciaux ; ainsi, il y a eu des inspecteurs en chef, des inspecteurs généraux, des inspecteurs particuliers ; ainsi l’infanterie, la cavalerie, le génie, la maréchaussée, les ingénieurs géographes, la gendarmerie, la garde royale, onteu des inspecteurs, qu’il faut se garder de confondre avec les inspecteurs aux revues. Décrire toutes ces particularités serait entreprendre un travail beaucoup trop technique, une grande partie de ces fonctions n'est, d'ailleurs , déjà plus qu’une vieille question d'histoire. De tous les fonctionnaires appelés inspecteurs, lesinspecteurs aux revues ont joué le rôle le plus important, le plus permanent, le plus essentiel au jeu de la machine administrative. Créés au commencement du siècle, par le système d’organisation de Bonaparte, ils ont peu survécu à la chute du grand capitaine. Ils avaient été dotés d’une partie des attributions dont le commissariat avait été dépouillé ; ils avaient vécu parallèlement avec lui, mais chargés de Ja branche la plus relevée de l'administration , le personnel. La suppression des inspecteurs aux revues, décidée en principe en 1817, en même temps que celle des commissaires des guerres, occasionna une refonte, un amalgame, qui, faisant revivre à peu près des errements du dernier siècle, donna naissance au système appelé l’intendance militaire.

Ce qui peut être de quelque intérêt ici, c’est uniquement le tableau succinct de l'institution des inspecteurs de troupes, connus dans {es documents officiels, suivant les temps, sous le titre d'inspecteurs, inspecteurs généraux, inspecteurs d'armes. Étrangers d’abord à l'administration , ils dirigeaient l’organisation et la police : aussi s’appelèrent-ils également directeurs. Vers la fin du quatrozième siècle, un essai d'inspection eut lieu ; les soins en furent confiés aux lieutenants du grand-maître des arbalétriers et aux maréchaux de France, dont on ne peut donner approximativement idée qu’en les assimilant aux maréchaux de camp de Louis XV et de Louis XVI. François I** créa passagèrement inspecteurs, c’est-à-dire examinateurs de troupes, des seigneurs, qui dans l’accomplissement de leurs fonctions ne pouvaient être guidés que par leur seul bon sens, aucun précepte officiel, aucun principe écrit, n’exisfant encore, Sous Henri IX, la qualification d’inspecteur fut ajoutée

mestres de camp; le détail des grandes mnonstres (on appelait ainsi les revues) était de leur ressort. Des sergents de bataille furent ensuite chargés de travaux du même genre, et s’en acquittèrent jusqu’à la paix des Pyrénées. Louis XIV, sous lequel commencèrent à se classer les armes, c’est-à-dire le personnel des troupes, mit réellement en fonctions de véritables inspecteurs : l’un fut chargé delinfanterie : c’était Martinet, colonel du régiment du roi; des mestres de camp devinrent des inspecteurs de cavalerie : ce furent Fonvielle ef Desfourneaux. Martinet, auquel on doit les premières idées en fait de campement, les premières applications raisonnées de Ja tactique, exerça seul à lPégard de Pinfanterie jusqu’ez 1678. Il y eut alors plusieurs inspecteurs, et de simples ma

jors furent décorés de ce titre; ensuite des officiers généraux furent préposés seuls à ce genre de service, et depuis la fin du dix-septième siècle ils l’exercèrent, tantôt par armes, tantôt suivant des dispositions différentes, opérant par circonscription territoriale, indépendamment des armes. La prépondérance des colonels, jusque là petits souverains dans leurs corps, avait infiniment décru depuis létablissement de ces inspecteurs ; de même, la puissance et l’importance des commissaires des guerres s’affaiblit sensiblement dès que leurs opérations furent soumises au contrôle des inspecteurs. Le système d’organisation de l’armée prussienne de Frédéric II fut une imitation, un raffinement, de ce mécanisme militaire des dernières années du règne de Louis XIV.

Maintenant, un inspecteur général dans infanterie française est ordinairement un général de division , qui opère en vertu dun livret d'inspection, se rend au lieu où stationne chacun des corps qu’il a mission d’inspecter, recueille les états de revue qu'il a ordonné de dresser, rassemble les hommes sur le terrain, s’assure de leur effectif, de leur instruction, de leur tenue, et, sur le vu des pièces qui lui sent fournies, juge de la régularité des admissions, de la légalité des renvois, de la justice des récompenses, de la nature des punitions, de l’état des armes, de la qualité du matériel. Président supérieur du conseil d'administration, examinateur de toutes les opérations dont l’intendance à déjà préparé et visé le travail, il y siège la plume à la main; constate la validité des pièces, la justesse des allégations , l’observanee de tout le dispositif des lois, vérifie les entrées en caisse et en magasin, les sorties, les dépenses, les pertes, recherche la concordance des délibérations, des pièces comptables, des opérations administratives , se montre, enfin, dans le cercle complet de ses fonctions, le gardien des ordonnances, le père des soldats, le surveillant de leur bien-être, le défenseur de leurs droits, le répartiteur de: leurs récompenses

: méritées, l’âme de leur discipline, et l'interprète de leurs

vœux, de leurs réclamations, dont il rédige le tableau pour le soumettre au gouvernement et au ministère. Gal BarDiN. ]

INSPIRATION (de in, dans, et spirare, souffler). On exprime par cemot une des actions organiques dont la fonction de là respiration se compose, celle par laquelle Pair atmosphérique pénètre dans les poumons, afin de servir à la sanguification : c’est le temps opposé à l'expiration.

INSPIRATION: On se sert de ce mot, au figuré, en parlant des sentiments , des pensées , des desseins qui semblent naître spontanément dans le cœur, dans l'esprit, et qui paraissent en quelque sorte sowfflés par le génie , l’enthousiasme, la divinité elle-même. En effet, linspiration semble si sublime à l'homme, qu'il est porté à l’attribuer à une puissance surnaturelle. Par Pinspiration, la pensée sort de ses régions habituelles; elle trouve d’abondance des images, des expressions, des mouvements magnifiques ; elle semble toucher au beau idéal. L’inspiré croit voir les ténèbres de la nature se dissiper pour lui ; sa tête se trouble, et dans une sorte d'ivresse il pénètre les plus profonds se. crets de l'humanité. Comment ne placerait-on pas au-dessus du vulgaire le poète, l'artiste, le prophète, la sibylle qui

parle ou crée d'inspiration? Comment nepas croire que c’est un Dieu qui agit en eux? En tout cas, l'inspiration est un don divin; onla reçoit, mais on ne l’acquiert pas : néanmoins, fe travail peut contribuer à la conserver et à l’ennoblir.

INSPIRATION ou THÉOPNEUSTIE (Théologie ). On appelle ainsi, d’une part, une communication immédiate, par conséquent surnaturelle, de Dieu avec les hommes, opérée par le souffle de son esprit, de l’autre l’état de ceux qui agissent sous l'influence inspiratrice de l'Esprit divin. Une idée qu’on trouve universellement répandue dans l’antiquité païenne et juive, c’est que les sages , les artistes, les poëtes , en général tous les hommes véritablement grands, étaient en rapport avec la divinité et placés sous son influence inspiratrice, de même que c'était de Dieu lui-même que les savants tenaient le don de parler de lui et des choses divines (voyez RÉVÉLATION). Aussi tous les fondateurs de religion ont-ils prétendu avoir été immédiatement instruits par Dieu lui-même. Les Hébreux attribuaient à leurs voyants ou prophètes un état de sainte sujétion spirituelle ; et dans le Nouveau Testament , la sainte écriture de l’Ancien Testament est désignée comme ayant été inspirée par Dieu lui-même, en tant que les saints de Dieu ont parlé sous l’inspiration de l'Esprit Saint. Suivant l'opinion des rabbins et celle de Philon, la loi mosaïque provient du ciel, et l'Ancien Testament est une œuvre de l'Esprit Saint, pour f'intelligence de laquelle il faut encore, suivant Philon, l'inspiration. -

Le mot ééopneustie fut employé surtout par Origène et par saint Jean Chrysostome; et ce dernier s’en servit dans le sens d'inspiration divine. L'Église latine se servit du mot inspiratio, que Tertullien applique d'ordinaire aux livres de l'Écriture, et qu’on rencontre souvent aussi dans la Vulgate, où il est question du souffle ou de l'inspiration de Dieu. La langue de l’Église primitive employait en général volontiers l'expression d'inspiration de l’Écriture Sainte; et sous ce rapport Athénagore compare l'Esprit Saint à un joueur 4e flûte, de sorte que l’auteur n’est à ses yeux que l'instrument dont se sert l'Esprit Saint. Dans la théologie de la période postérieure, la signification dominante du mot inspiratio fut celle de suggestion de l'Esprit Saint, encore bien que d'ordinaire la scolastique comprit sous cetle dénomination toute espèce de révélation. Dès lors on ne traça point une distinction assez précise entre les mots inspiration et révélation, que souvent même l’on confondit. On regarda comme agent réel de l’inspiration l'Esprit divin, en tant que force et personne divine ; et on employa pour cela les termes Dieu, Logos, Esprit Saint ou divin, dans une signification absolument identique. Toutefois, on ne considéra l’influence de l’Esprit Saint que comme une force divine; et en même temps on soutint, contre les mystiques et les fanatiques, que dans l'inspiration des prophètes et des auteurs de l’'Écriture Sainte il n’y avait point eu communication ou réunion de la substance divine avec l’homme, On se représentait plus ou moins rigoureusement le mode suivant lequel cette influence opérait. D’après l'opinion la plus rigoureuse (et c'était celle de saint Justin, martyr, d’Athénagore, de Théophile et d’Origène, etc.), les écrivains sacrés n’avaient été à proprement parler que des instruments de Dieu, qui n’avaient plus eæ la conscience d'eux-mêmes et qui avaient cessé d’être maîtres d'eux-mêmes : aussi les qualifiait-on d'organa, mus à volonté par la force divine. D’après l’opinion la moins rigoureuse (et c'était celle de saint Épiphane et de saint Augustin ), il n’y avait dans l'inspiration qu’une assistance divine. Cette idée fut accueillie et se répandit d'autant plus aisément dans l’Église, qu’elle paraissait plus propre à démontrer, à l'encontre des fanatiques, que le prophétisme n’avait point été un enthousiasme fanatique, n'ayant pas même la conscience de soi. Toutefois, il existait aussi dans l'Église primitive une idée, qu’on peut considérer comme la théorie de l'inspiration du Nouveau Testament , à savoir, que l’auleur du Nouveau Testament avait été

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