HERSCHEL — HERSENT
avant qu'il lui fût possible d'avancer qu’il existe des étoiles fixes se mouvant autour l’une de l’autre dans des orbites ré- guliers.
| Herschel mourut à Slough, le 25 août 1822, et fut enterré à Upton, dans le Berkshire. Les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres contiennent l’exposé de la plupart de ses travaux scientifiques. Il en est cependant resté beaucoup d’inédits.
La sœur de Herschel, Caroline HenscneL, née à Hanovre, le 16 mars 1750 , aida beaucoup ce grand astronome dans ses observations et ses calculs. Elle découvrit elle-même plusieurs comètes, et, indépendamment de diverses dissertations imprimées dans les Transactions philosophiques, elle publia, en 1798, un catalogue d'étoiles. A la mort de son frère, elle revint à Hanovre, où elle est morte, le 9 janvier 1848, à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans.
HERSCHEL (Sir Jonx-FReDERIGK-WiLLiAM, baronet), fils unique du précédent, naquit en 1792, dans le domaine de son père, à Slough, près de Windsor, et fit ses études à lPuniversité de Cambridge. Ses premières recherches mathématiques sont consignées dans sa refonte du Calcul différentiel de Lacroix, entreprise avec Peacock. Soit seul, soit en société avec James South, il consacra, à partir de 1816, une grande partie de son temps à l'observation des étoiles doubles. Comme premier résultat, il put, en 1823, présenter à la Société royale de Londres un catalogue de trois cent quatre-vingts nouvelles étoiles doubles, dans ses Observations of the apparent distances and positions of three hundred and eighty double and triple stars (Londres, 1825), contenant le résumé de dix mille cbservations. En 1827 il donna un second catalogue de deux cent quatre-vingtquinze, et en 1828 un troisième de trois cent vingt-quatre étoiles de ce genre. En 1830 il publia d'importantes observations sur douze cent trente-six étoiles, faites avec un réflecteur de 6 mètres 66 centimètres. Il donna la même année, dans le tome V des Transactions de la Société Astronomique, un travail contenant l'observation exacte detrois cent soixante-quatre étoiles, et tous les résultats sensibles du mouvement des étoiles doubles. En même temps il s’occupait de recherches de physique, dont il consigna les fruits soit dans des journaux scientifiques, soit dans des ouvrages spéciaux ; à cet ordre appartiennent : Treatise on Sound, dans l’En-
cyclopædia metropolitana (1830); On the Theory of
Light; À pfeliminary Discourse on the Study of natural Philosophy, faisant partie de la Cyclopædia de Lardner, et À Treatise on Astronomy, dans le même recueil. La plus grande entreprise de Herschel est son séjour de quatre ans au cap de Bonne-Espérance, du mois de février 1834 au mois de mai 1838, où il examina de la manière la plus exacte et dans les circonstances les plus favorables tout l’hémisphère céleste méridional. Du cap de Bonne- Espérance, il suggéra, et non sans succès, l’idée de faire, à des jours déterminés et simultanément en divers lieux de la terre, des observations météorologiques. Il supporta seul tous les frais de cette expédition scientifique, et refusa l’indemnité que le gouvernement lui offrit à cette occasion. La reine Victoria, en 1838, le créa baronet.
Sir John Herschel a consigné les résullats de son expédition au Cap dans Results of astronomical Observations made at the cape of Good Hope (\.ondres, 1847). On a aussi de lui un Manual of scientific Inquiry à l'usage des officiers de marine (1849); et sous le titre de Outlines of aslronomy (1849) il a réimprimé avec d’importantes additions le traité qu'il avait déjà publié. En
1850 il fut appelé aux fonctions de directeur de la Mon-,
paie; mais le mauvais élat de sa santé l'obligea à les ré-
signer en 1855. Il se retira dans un domaine du comté de
Kent, à Collingwood, où il mourut le 11 mai 1871. 11 était
l’un des associés de notre Académie des sciences et il avait présidé la Société royale de Londres.
HERSE (Agriculture), du latin kerpex (même signi-
. fication), ou d’Acricius , hérisson, La herse est un cadre
rectangulaire, disposé en forme de treillis, et orné d’un côt de plusieurs rangs de dents très-fortes, On attelle un cheval à la herse, et on le fait passer sur les terres labourées ou nouvellement ensemencées : les dents de cet instrument de labour brisent alors les mottes de terre que la charrue a soulevées, ou recouvrent et enfouissent les graines que l’on vient de semer ; il est certains terrains et nombre de contrées où ce dernier office est rempli par la charrue. Le verbe herser et le mot Lersage représentent l’action de passer la herse dans un champ.
Le mot Aerse se dit encore de ces chandeliers de forme triangulaire sur les pointes desquels on fait brûler plusieurs cierges.
HERSE ( Fortification ), sorte d’arrière-porte, ou de double porte qui, au lieu d’être à gonds, jouait en glissant dans des rainures verticales, pratiquées dans le solide d’une voûte. Cet usage est immémorial en Grèce et en Orient. Celles des Grecs et des Romains s’appelaient cataractes. La forme des herses orientales, empruntées par nos pères, avait produit la dénomination de sarrasines ; le moyen âge les a aussi appelées harpes. 11 y a eu des herses en bois plein; mais on les a surtout préféréesen grilles, ou barreaux, soit en bois ferré, soil en fer. A travers leurs ouvertures, les assiégés repoussaient l’insulte, tandis que, par un judas percé dans la centre de la voûte, un énorme pilon, armé de lames de fer, travaillait les assiégeants, au milieu d’un déluge de pierres et de tisons. Les herses dont les barres, au lieu d’être assemblées par des entre-toises, tombaient chacune sans faire un tout, s’appelaient orgues de mort. Depuis le système de la fortification récente , toute espèce de herse a disparu. G*! BARDIN.
HERSENT (Louis), peintre d’histoire et membre de l’Académie des Beaux-Arts, est né à Paris, le 10 mars 1777. Il entra fort jeune dans l'atelier de J.-B. Regnault, et il obtint en 1797 le second prix de peinture. Les œuvres de M. Hersent n’ont pas été nombreuses ; parmi celles qui ont commencé à rendre son nom illustre, il faut citer : Achille livrant Briséis aux hérauts d’Agamemnon (1804); Atala s’'empoisonnant dans les bras de Chactas (1806); Fénelon ramenant une vache à des paysans et le Passage du pont de Landshut (1810) : ce dernier tableau est maintenant au musée de Versailles. M. Hersent exposa encore Las Casas soigné par des sauvages (1814), la Mort de Bichat, Daphnis et Chloé, et Louis XVI distribuant des secours aux pauvres (1817). Ainsi, l'artiste passait de la peinture historique à la peinture de genre, et se faisait une réputation. M. Delessert possède le Zouis XVI distribuant des secours; c’est la pensée première du tableau de plus grande dimension que l'artiste peignit plus tard pour les galeries de Versailles. L’Abdication de Gustave W'asa, qui fut achetée par le duc d’Crléans, produisit une sensation profonde au salon de 1819. Ruth et Booz (1822); les Religieux du mont Saint-Gothard (1824); le Portrait de l’évêque de Beauvais (1827), et ceux du roi, de la reine, du duc de Montpensier (1831), ont été les derniers ouvrages sérieux de M. Hersent. L'un de ses meilleurs portraits est à notre gré celui de M D. Gay, qui a été plusieurs fois gravé. La peinture de M. Hersent est soignée, finie, mais sans largeur aucune et sans accent. Son dessin est d’une élégance un peu fade; sa forme est d’une correction vulgaire; son coloris est terne et froid. Les portes de l’Institut se sont ouvertes pour lui en 1822. La plupart de ses ouvrages ont été gravés par des artistes habiles. Dans les trente dernières années de sa vie il se borna à exécuter des dessins intéressants. Il mourut en 1860.
M. Hersent avait épousé Louise Mauduit, fille du géomètre de ce nom, qui elle-même a fait quelques tableaux dans le genre anecdotique. On se rappelle avoir vu de sa main La Mèreabandonnée (1814); Henriette de France (1819); Sully et Marie de Médicis (1822); et enfin Louis XIV bé: nissant son arrière-pelit-fils (1824), scène banale, qu'on a jugée digne des honneurs du Luxembourg:
HERSIAU ou ERSEAU. Voyez ERse (Marine).
HERSTALL. Voyez HÉRIsTAL.
HERTFORD ou HERTS, l’un des comtés du centre de l'Angleterre, entre les comtés de Cambridge, d’Essex, de Midd!esex, de Buckingham et de Bedford, n’est fraversé que dans sa partie septentrionale par une suite de montagnes atteignant une altitude de 250 à 300 mètres, et présente partout ailleurs une surface à peu près plane, interrompue seulement par les vallées de la Lea, du Colne, du Maran, du Rib, du New-River, du Stort et du Gade, et offrant alternativement des forêts, des champs de blé et des prairies, ainsi qu'une foule de maisons de campagne , de fermes et de villages, qui lui donnent l'aspect le plus riche et le plus agréable. Sur une superficie de 20 myriamètres carrés, dont 19 sont cultivés, ce comté contient une population de
192,725 habitarts (1871), dont la culture du sol constitue, avec l'élève du bétail, la principale industrie, HERTFORD Où HartrorD , sur la Lea, son chef-lieu, est
une peiite ville de 7,164 hab.; un monument ya été élevé
à la mémoire de Bacon de Verulam, daus l'église de Saint- Michel. Son château, maintenant en ruines, servit de prison au roi de France Jean et au roi d'Écosse David II.
A peu de distance de Hertford est situé le château d’Æailesbury, où la Compagnie des Indes faisait éleverlesj unis gens qu'elle destinait à lui servir un jour d'employés dans ses possessions des Indes, après qu’ils y avaient suivi, pendant deux années, des cours spéciaux consacrés à l’enseignement des langues crientales et de l'organisation politique et judiciaire de ces contrées, ainsi que de leur histoire, et comprenant en même temps quelques notions générales de mathématiques et d'histoire naturelle, La construction de cet édifice, qui date de 1808, coûta à la Compagnie 100,000 liv. st. Ce collège a été fermé en 1857, et le château est devenu une résidence privée, qui appartient au marquis de Salisbury.
Le comté de Hertford comprend encore la petite ville de Saint-Aibans sur Ver, appelée jadis Veruwlanium. On y voit les ruines de la muraille dont les Romains avaient entouré cette ville, ainsi qu'une abbaye fondée en 793, dans la charelle de laquelle se trouve le tombeau de Fr. Bacon. 11 s’y rattache aussi d'intéressants souvenirs historiques ces guerres de la Rose rouge et de la Rose blanche. Saïint-Albans compte 8,303 habitants.
HERTOGENBOSCH. Voyez Bois-Le-Duc.
HERULES, peuple germanique, remarquable au moyen âge par son agilité et son impétuosité à la guerre, par son naturel indompté et son long attachement au paganisme, IL est probable que les Hérules habitèrent d’abord les bords de la mer Baltique, sous le nom de Suardons; mais plus tard on les voit paraître dans des contrées très-éloignées. On les trouve sur les rivages de la mer Noire, prenant part, dans le troisième siècle, aux expéditions maritimes des Goths; puis ils sont soumis, dans le quatrième, par le roi goth Ermanrich; plus tard ils suivent Attila, et après la mort de ce conquérant ils se joignent aux Gépides pour détruire la domination des Huns, On rencontre aussi des Hérules parmi les peuples qui, à la fin du troisième siècle, battirent l’empereur Maximien dans les Gaules, Au commencement du cinquième , ils sont mentionnés comme les compagnons des pirates saxons qui ravagèrent à cette époque les côtes de la Gaule; et dans le courant du même siècle, sept navires montés par 400 Hérules parurent sur les rivages de la Galice et de la Cantabrie. On trouve aussi des Hérules parmi les hordes qui, sous la conduite d’Odoacre, renversèrent l'empire d'Occident, Les Hérules nous sont signalés, à la fin du cinquième siècle, comme dominant sur le moyen Danube et établis sur les bords de la Theiss supérieure, Dans leur orgueil, ils contraignirent , dit-on, leur roi Rodulf à attaquer les Lombards, qui leur étaient soumis ; mais ils furent vaincus, et une partie d’entre eux fut établie var l'empereur Anastase, en 512, sur Ja rive méridionale da Danube , tandis que l’autre prit la résolution hasardeuse
mn,
HERSIAU — HERVAGAULT
de gagner la Scandinavie. Un grand nombre de ceux qui s'étaient établis dans l’Empire se joignirent aux Gépides, les autres rendirent à Justinien d’excellents services dans ses guerres contre les Perses, les Vandales et les Ostrogoths. Le nom des Hérules disparait de l’histoire après la soumission de l'Italie par Narsès.
HERVAGAULT (Jean-Marie). Le 28 pluviôse an x, au temps du Consulat, comparut devant le tribunal correctionnel de Vitry-sur-Marne un jeune homme, âgé tout au plus de dix-neuf ans, IL avait les traits agréables, le teint blanc, une chevelure blonde qui bouclait naturellement, un grand air de candeur et de dignité : il était vêtu avec beaucoup de recherche et s’exprimait d’un ton plein d’aisance, La salle de l'audience s’était remplie, de bonne heure, d’une foule inaccoutumée, au milieu de laquelle on pouvait remarquer des ecclésiastiques, des femmes élégantes , des citoyens riches, tous connus, dans le département de Ja Marne ou les départements voisins, pour leur attachement, mal déguisé, à l’ordre de choses que la révolution avait dé truit. L'intérêt le plus vif paraissait s’attacher à l'accusé, qui, à peine assis, parcourut lentement des yeux cet auditoire frémissant de curiosité ou de sympathie, et salua d’un sourire empreint d’une noble familiarité tous ceux qui lui envoyaient des regards respectueux et amis. Cependant, ce jeune homme était là sous le poids d’un délit qui n'a pas coutume de provoquer un bien vif intérêt. L’accusation, qui avait eu le bon esprit de ne pas le prendre au mot, lui reprochait tout simplement « d’avoir abusé de la crédulité de plusieurs personnes à l'aide de faux noms et de fausses qualités, et de leur avoir escroqué partie de leur fortune, » C’étaient ses propres termes ; mais ils ne provoquèrent dans la plupart des assistants qu’un sentiment d’incrédulité moqueuse ou d’indignation mal contenue. Et, chose remarquable, ceux dont le commissaire du gouvernement se faisait le défenseur officieux (il n’y avait pas de plaignant) étaient précisément les plus incrédules ou les plus indignés. C’est qu’ils étaient tous profondément convaincus que celui qu’on allait juger comme un ignoble escroc n’était autre que le légitime héritier de la courenne de France, le jeune et infortuné Louis XV II, que quelques serviteurs fidèles avaient su enlever du Temple, caché dans une voiture de linge, après y avoir introduit, de la même manière , l'enfant malade qui mourut bientôt après, et fut enterré sous le nom du dauphin.
Cette conviction avait jeté de si profondes racines dans leur esprit, qu’elle ne put être ébranlée par les charges qu'une longue et minutieuse instruction avait accumulées contre l'accusé. Elle établissait d’abord qu’il s’appelait tout simplement Jean-Marie Hervacaur, et n’était que le fils d'un pauvre tailleur de Saint-Lô ; puis elle lui reprochait d’avoir dès l’âge de douze ans déserté la maison paternelle, parcouru successivement les départements de la Manche, de l'Orne, du Calvados, de Seine-et-Marne, de la Marne, tantôt sous un nom, tantôt sous un autre, et d’avoir partout, à l’aide de fausses qualités, extorqué des sommes considérables ; de s’être fait arrêter comme vagabond, une première fois à Hottot, une seconde fois à Cherbourg; de n'avoir échappé dès lors à une juste punition qu’à la faveur de sa grande jeunesse et des instances de son père, qui l'avait réclamé; enfin d’avoir été condamné à Chälons, le 13 floréal an vir, à un mois de détention ; à Vire, le 23 thermidor suivant, à deux années de la même peine, et toujours pour les mêmes faits. Ces charges ne démontrèrent qu’une chose aux yeux des partisans obstinés du faux dauphin, c’est la fécondité de son imagination pour dépister les poursuites de la police; et quant au tailleur de Saint-Lô, ils ne voyaient en lui que le père de l'enfant substitué au dauphin, lors de son évasion du Temple. Le tribunal de Vitry , qui ne partageait pas cette opinion, condamna le jeune Hervagault à quatre années de détention. Cette condamnation, bientôt confirmée par ie tribunal criminel de Châlons, ne mit pas Gn tout d’un coup à l'intérèt qu'Hervagault avait su exciter. U
HERVAGAULT — HESCHAM
fallut que le ministre de la police le fit transporter loin du |
théâtre de ses aventures, pour faire enfin cesser les hom-
. mages et les attentions dontil continuait à être l'objet, même
après l'arrêt du tribunal criminel de Châlons. Il mourut à Bicêtre, en 1812. Hippolyte TaiBauD.
HERVEYX (Iles). Voyez Cook ( Archipel de).
HERWEGH (Geonces), l’un des poëtes lyriques allemands les plus distingués de la jeune génération, est né à Stuttgard, le 31 mai 1817; il étudia d’abord la théologie, ne tarda point à connaître le doute, et abandonna alors cette direction pourselivrer à la politique et à la culture des lettres.
. Après avoir pris part à la rédaction de diverses feuilles publi-
ques, il fit paraître, en 1841, ses Poésies d’un vivant (Zurich et Winterthur), dont sept éditions se succédèrent rapidement. Après un courtséjour à Paris, Herwegh fit, en 1842,sa rentrée en Allemagne, qui fut pour lui un véritable triomphe. Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, l’engagea lui-même à venir le voir à Berlin. Mais à ces avances Herwegh, poëte républicain et socialiste, répondit par un refus formel, qui le fit expulser du territoire prussien. Jl se fit recevoir bourgeois du canton de Bâle-Campagne, et se fixa ensuite à Paris, où il fit paraltre un second volume des Poésies d’un vivant. Herwegh se lia avec Jes principaux meneurs du parti socialiste, et au mois d'avril 1848, suivi de sa femme, fille d'un riche négociant de Berlin, il envahit le territoire badois à la têle d'une colonne de volontaires allemands et français. Cette bande ayant été battue et dispersée par les troupes wurtemb ergeoises, Herwegh se réfugia dans le midi de la Fr ance, puis à Zurich. On lui doil une version allemande des Œuvres de Lamartine. HERZ (Hexri) , l’un de nos pianistes contemporains les plus justement célèbres, est né à Vienne (Autriche), en 1806. Son père, pianiste habile, lui enseigna dès l’âge de quatre ans l’art dans lequel il ne tarda pas à faire de rapides progrès, ma gré une faiblesse dans la main gauche, qui l’empêcha pendant bien longtemps de faire courir ensemble ses deux mains sur le clavier. Il triompha de cette faiblesse constitutive en exerçant sa main gauche, non Sur le piano, mais sur le violon. Après avoir pendant quelque temps pris des leçons d'harmonie du célèbre Hun-
ten, Henri Herz vint à Paris, en 1817, entra au Conser- |
vatoire et y remporta bientôt le grand prix. La même année il se fit entendre dans un concert donné au Théâire- Italien par Mme Catalani, ety obtint un grand et beau succès. Depuis lors il n’a ces sé d’être placé au premier rang entre les grands talents qui se partagent la faveur publique, et toutes les capitales de l’Europe ainsi que les principales villes del'Amérique o nt tour à tour confirmé par leurs suf-ÿ frages le jugement en p remier et dernier ressort prononcé par le public parisien, 11 y a longtemps déjà que M. H-rz s’est décidé à faire servir à la fabrication des pianos les lumières puisées dans sa longue pratique, et il réussit à se placer sur la ligne des Érard et des Pleyel. Il est auteur dune Méthode de piano et d’un récit de ses voyages en Amérique (1865).
HERZ2BERG (Ew ac Frénéric, comte DE), diplomate prussien, né en 1795, obtint peu de temps après sa sortie de l’université un emploi au ministère des affaires étrangères à Berlin, et fut ensuite nommé secrétaire de légation. 11 composa en huit jours, d’après les dépêches secrèles des cours d'Autriche et de Saxe, trou vées par Frédéric à Dresde, le fameux Mémoire raisonné, qui avait pour but de justifier invasion de la Saxe par une armée prussienne, et ne tarda pas à être nommé ministre des affaires étrangères. Le traité conclu en 1762 avec la Russie et la Suède fut son ouvrage, comme aussi la paix d'Hubertsbour : Lors du premier parta ge de la Polowne, effectué en 1/72, il ex‘cuta avec une grande habileté les projets d: Frédéric à l'égard de la Prusse occidentale. Ses efforts pour la pacification des troubles fnrent couronnés d’un plein succès. J1 s'a!tacha en outre à maintenir l’équili-
bre politique conformément aux principes qui avaient aniené
la création du Fürslenbund. Cependant, par suite de Ja condescendance dont le roi de Prusse fit preuve à l'égard de la Hollande et de l'Angleterre, la convention de Reichenbach fut conclue, en 1790, sur de tout autres bases que celles qu’il aurait voulu voir prévaloir L’avortement “de son plan contraignit Herzberg, en 1791, à donner sa démission. Il mourut le 27 mai 1795.
HERZÉGOVINE, c'est-à-dire pays du duc, province de la Turquie d'Europe, qui faisait jadis partie du royaume de Croalie; elle confine au nord à la Croatie; à l’est, à la Bosnie; au sud, au Monténégro; à l’ouest, à la Dalmatie. Réunie à la Bosnie en 1326, l’empereur Frédérie II l’érigea plus tard en duché indépendant. Conquise par le sultan Mahomet II, en 1466, mais par la suite souvènt disputée aux Turcs, l'Herzégovine leur fut formellement cédée aux termes de la paix de Carlowitz, en 1699, à l'exception d’un petit territoire, dont les Vénitiens s’étaient mis en possession en 1682, et qui fait partie de la Da'matie.
Une insurrection y éclata en 1861 : des bandes composées de naysans slaves, de Monténégrins et de soldats, attaquèrent les Turcs, qu’elles battirent dans plusieurs rencontres, à Duga et à Piva entre autres. Bientôl une résistance sérieuse fut organisée sous les ordres du patriote Lucas Vukalovich et aliment'e, surtout en 1862. par le secours du Montenegro. Les deux pays faisaient ouvertement cause commune. Le pacha Omer, envoyé avec des forces considérables, ne vint à bout de la rébellion de Herzégovine qu'après avoir essuyé maint échec partiel et des pertes nombreuses. Vukalovich et les districts révoltés firent leur soumission, le 22 septembre 1862.
L'Herzégovine, qui forme la partie sud-ouest du vilayet de Bosnie, compte (1861), sur une superficie de 2,237 kilom. carrés, une population de 254,000 habitants, dont 107,000 musulmans et 147,000 chrétiens. Sa capitale, Mostar, sur la Narenta , avec 18,000 âmes , possède des fabriques renommées d'armes blanches.
HERZEN (AzexAnore), patriote russe, né en 1812 à Moscou, fil ses études à l'université de cette ville et conçut de bonne heure une haine profonde contre le despotisine. Jeté en prison à vingt-trois ans pour avoir chanté un refrain injurieux pour l’empereur, il fut exilé à Perm, puis à Viatka, sur les confins de la Sibérie. La mesure qui le frappait ayant été rapportée en 1839, il se rendit à Saint- Pétersbourg, où il fut employé dans les bureaux du ministère de l’intérieur. Nommé ensuite conseiller de régence à Novogorod, il donua sa démission et revint à Moscou pour s'occuper de travaux littéraires, La mort de son père l'ayant mis en possession d'une grande fortune (1846), Herzen obtint à grand’ peine la permission de quitter la Russie. Depuis cette époque il n’y reparut plus, et parcourut successivement l’Angleterre, la France, l’Ifalie, l’Allemasne et la Suisse. Il est mort à Paris, le 21 janvier 1870. Patriote avant tout et nullement cosmopolite, il fit de la régénération de son pays son unique préoccupation, et soutint cette thèse que la vieille Europe, inpuissante à accomplir la révolution sociale, devait périr dan; l’esclavage et le despotisme tandis qu'il appartenait à la race slave, une fois affranchie, de développer le prog ès et la liberté. Par ses écrits et surtout par ses journaux, l'Etoile Polaire (1857-62) et La Cloche (1856 63), qui furent promptement populaires en Russie, H-r/en exerça une influence décisive sur le mouvement réformateur qui s’opéra après la mort de Nicolas. De ses écrits russes nous citerons : Lettres sur la France et l'Italie (1850), où il prédit l’avénement du césarisme suivi d’une guerre des pauvres contre les riches; Développement des idérs révolulionnaires en Russie (1851); Mémoires de /a princesse Dachkof (1857, 2 vol.); La Fri on et l'exil (1864) le Monde russe et la révolu'ion (1860-1862, 3 vol.). Où a fait un choix de ses ouvrages (Genève, 1870).
IIESCHIANE, khalifes de Cordoue. Voyez OmuÉIADES.
HÉSIODE , un des plus anciens poëtes grecs dont les ouvrages nous soient parvenus , était né à Cyme, en Élide, province de l'Asie Mineure; mais il quitta très-jeune son pays, et passa la plus grande partie de sa vie à Ascra, bourg de Béotie, au pied du mont Hélicon. Nous savons trèspeu de chose de certain sur sa personne. On est même dans le doute sur le siècle où il vécut. Aulu-Gelle, Sénèque et Pausanias nous apprennent que de leur temps on discutait pour savoir s'il avait été contemporain d'Homère, ou lequel des deux avait précédé l’autre. Hérodote, qui les fait contemporains , s'exprime ainsi à leur égard : « Je ne crois pas qu'Hésiode et Homère aient existé plus de quatre cents ans avant l’âge où je vis. » Ce qui marquerait l’époque des deux poëtes au neuvième siècle avant J.-C. Quant à une lutte poétique dans laquelle Hésiode aurait remporté le prix sur Homère, quoique Dion Chrysostome, sur l'autorité de Varron, rapporte une inscription relative à cette tradition, il est bien reconnu que le petit écrit dans lequel elle est racontée est l'ouvrage de quelque rhéteur de l’école d’Alexandrie, et n’a aucune valeur historique. D'un autre côté, les marbres de Paros font Hésiode plus ancien qu'Homère. Enfin , l'opinion la plus généralement adoptée, et la plus probable, est qu'Hésiode est venu après Homère.
Tzetzès cite les titres de seize ouvrages qui ont été attribués à Hésiode. Sur ce nombre, trois seulement nous sont parvenus, savoir : les Travaux et Les Jours, la Théogonie, et le Bouclier d'Hercule. Pausanias n’admet comme ouvrage authentique de ce poëte que les Travaux et les Jours. Ce poëme est un recueil de maximes de morale, de préceptes sur l’agriculture, la navigation, la doctrine des jours heureux et malheureux. Les anciens le faisaient apprendre par cœur à leurs enfants, selon Denys d’Halicarnasse. On ne peut nier qu’il n'offre dans son plan un certain nombre de répétitions, d’incohérences, de transitions mal ménagées. C’est ce qui a induit d’habiles critiques à penser que les divers morceaux dont il se compose, n’appartenaient pas primitivement à un même ouvrage, et que leur fusion dans un seul tout est due à un travail postérieur. Les deux morceaux les plus remarquables sont la fable de Prométhée et de Pandore, puis la description des différents âges par lesquels a passé le genre humain. Hésiode adresse ce poëme à son frère Persès. Voici à quelle occasion : Ils vivaient tous deux avec leur père à Ascra, s’occupant d'agriculture et du soin d'élever des troupeaux. Après la mort du vieillard, ses biens furent partagés entre les deux enfants; mais les juges, iniques, firent tort au poëête d’une partie de ce qui lui revenait, et favorisèrent son frère, aussi avide que prodigue. Hésiode administra avec économie ce qui lui restait, et fit si bien prospérer son petit domaine, qu’il sembla n’avoir rien perdu. Persès, au contraire, laissa ses biens se détériorer par la paresse et la négligence, et s’engagea dans des procès qui achevèrent sa ruine. Hésiode tire de ce double exemple de salutaires leçons qu’il adresse à son frère. Aujourd’hui cet ouvrage nous offre surtout un intérêt historique, comme monument de l’état des mœurs et de la société à l’époque d’Hésiode. C’est un tableau de la civilisation encore dans son enfance. On y voit le passage de la vie guerrière à la vie laborieuse, de la société héroïque à une société nouvelle, fondée sur le travail et la propriété,
Le second ouvrage qui porte le nom d’Hésiode est une Théogonie. Pausanias doutait qu’il fût réellement l’auteur de ce poëme. C’est une collection de mythes antiques sur la généalogie des dieux et sur leurs combats. Ce poëme est le plus ancien monument que nous ayons de la mythologie grecque : aussi mérite-L-il sous ce rapport une sérieuse attention, Plusieurs critiques, il est vrai, entre autres Hermann, n’y voient qu'un assemblage confus de fragments étrangers l’un à l’autre, de débris des chants nombreux que possédait l'antiquité sur l’origine des dieux et du monde, cousus ensemble et remaniés, sans que le compilateur ait toujours eu l'intelligence du sens véritable de ces documents anciens. 11 est certain qu’on est frappé en lisant la Théo-