HESIODE — HESPÉRIDES
gonie de la différence des mythes, tantôt informes et peu développés, tantôt perfectionnés jusqu’au raffinement : le récit en est tantôt sec et sans ornement, tantôt abondant et riche de poésie. Néanmoins, quelles que soient les altérations que l’ouvrage a subies par l’action du temps, quelles que soient les contradictions fréquentes qui résultent des versions différentes d’un même mythe, quelles que soient. les interpolations de morceaux plus modernes au milieu de fragments antiques, nous croyons qu’il est possible de reconnaître dans ce poème une certaine unilé d’intention e
de sujet. Il nous semble que sous cette forme incohérente et mutilée, dans laquelle les siècles nous l'ont transmis, règne une pensée première et fondamentale, qui domine l’ensemble et forme le lien des diverses parties. Ce fut longtemps une espèce de livre sacré dans toute la Grèce et comme le catéchisme poétique des croyances nalionales. Ce fut en effet la première tentative considérable faite pour systématiser les traditions religieuses des Grecs, pour les résumer en corps de doctrine, et donner à ce peuple une théologie. L'auteur y recueille les mythes populaires sur les dieux ; il les coordonne, il les interprète, non avec l'appareil dogmatique , mais sous la forme poétique de l’épopée. Il y raconte l’histoire des dynasties célestes qui ont tour à tour gouverné l’univers , la succession des générations divines, représentant symboliquement les grandes phases de la création du monde, Telle est la donnée fondamentale dela Théogonie. La guerre des Titans contre les dieux olympiens en est l’action principale eten forme le nœud ; le dénouement, c'est la victoire de Jupiter sur les Titans, c’est-à-dire du principe de l’ordre sur les agents du désordre , et par suite l’organisation du monde dans son état actuel.
11 nous reste à dire quelques mots du Bouclier d'Hercule, fragment d'une Hérogonie, ou filiation et histoire des demi-dieux : les 56 premiers vers sont extraits du Cataloque des Femmes, ouvrage d’Hésiode perdu. Un rhapsode inconnu y a rattaché un morceau sur le combat d’Hercule et de Cycnos , renfermant la description du bouclier du héros. L’authenticité de ce morceau a déjà été contestée par les anciens, entreautres par Longin et plusieurs scoliastes. Le caractère de cette poésie est purement descriptif, et n’a aucun rapport ni avec la poésie d’Hésiode ni avec celle d'Homère,
Hésiode succède à Homère comme la science à la poésie, comme la réflexion à l'inspiration. Sa poésie est essentiellement didactique; elle a presque partout un caractère d'utilité. On voit que le poëte s’est donné la mission d'enseigner les hommes. Il se plait aux sentences, aux proverbes, son poëme en abonde. Aussi Isocrate lui assigne-t-il une place parmi les poëtes gnomiques. Son style, vanté pour sa grâce et sa douceur, n’a pas l'élévation épique de celui d'Homère, mais Quintilien lui donne la palme dans le genre tempéré. ARTAUD.
HÉSIONE, fille du roi de Troie Laomédon et de Leucippe, devait être, en vertu d’un oracle, et parce que son père avait refusé la récompense promise à Neptune pour la reconstruction des murs de Troie, exposée à un monstre marin , et elle venait dans ce but d’être enchaïnée à un rocher lorsque Hercule, au retour de son expédition contre les Amazones, vint à Troie, et la délivra. Hercule fit ensuite la guerre à Laomédon, pour le punir d’un parjure, et Hésione échut au vainqueur, qui la donna pour épouse à son compagnon , Télamon, duquel elle eut un fils, Teucer. Selon d'autres, Hésione, mécontente de son mari, l'abandonna , et se maria avec Arion, roi de Milet,
HESPÉRIDES, filles de la Nuit, et suivant d’autres de Phoreys et de Léto, ou d’Atlas, d'Hespérus, ou encore de Jupiter et de Thémis, Suivant Apollodore, elles étaient au nombre de quatre : Églé, Erythéia, Hestia et Aréthuse; de trois, suivant Apollonius, Hespérie, Erythéis et Églé; et de sept, suivant Diodore. On les appelle aussi A{lantides, suivant qu’on leur donne Atlas pour père, Elles étaient préposées avec Ladon, dragon à cent têtes, à la garde dans