INTERLAKEN — INTERNE
Ainsi, par exemple, il y ades fontaines qui tarissent pendant un certain temps, puis recommencent à donner de l'eau comme auparavant. Les accèsde certaines lièvres dites intermuttentes, de la folie, sont dans le même cas. Dans les jeux de hasard, on appelle infermiltences des séries qui se composent de coups qui appartiennent alternativement à deux chances différentes et opposées.
INTERMITTENTE (Fièvre). Voyez FIÈVRE INTER- MITTENTE.
INTERNATIONAL (Droit). Voyez DROIT DES GENS.
INTERNATIONALE. On a dit que l'Association internationale des travailleurs, « venue au monde à Paris, avait été mise en nourrice à Londres. » En elfet, c’est par la Commission ouvrière déléguée à l'exposition universelle de Londres, en 1862, que l’idée paraît en avoir été émise. Les travailleurs anglais ne tardèrent pas à l’adopter, et, dans un meeting tenu, le 28 septembre 1864, à Londres, dans Saint-Martin’s Hall, en faveur de la Pologne, meeting où plusieurs nations européennes se trouvaient représentées, on élut un comité qui reçut la mission d’élaborer les statuts de l’association, et siégea à Londres, avec le titre de Conseil central provisoire. Ce comité eut pour président Odger, menuisier. Il fut décidé qu’un congrès général aurait lieu en 1866, pour discuter et voter les statuts définitifs.
Le congrès s’ouvrit à Genève, le 3 septembre 1866.
Considérant que tous les efforts faits jusqu’ici pour amener l'émancipation économique des travailleurs avaient échoué, faute de solidarité entre les ouvriers des diverses professions dans chaque pays, et d’une union fraternelle entreles travailleurs des diverses contrées, il décida qu’une association était établie entre les ouvriers des différents pays aspirant au même but, savoir : le concours mutuel, le progrès et l’affranchissement de la classe ouvrière; que le nom de cette association serait : Association internationale des travailleurs; que tous les ans un congrès serait réuni, indiquerait le siége du conseil général et en nommerait les membres; que le conseil général serait obligé d'exécuter les résolutions du congrès; que tout membre de l’association verserait, par année, une cotisation fixe de 10 centimes, destinée à couvrir les dépenses ‘du conseil général, ete. La présidence du conseil fut maintenue à Odger; les secrétaires correspondants furent, pour la France, Eugène Dupont; pour l'Allemagne, Karl Marx; pour la Belgique, A. Seraillier; pour la Suisse, Hermann Yung; pour les États-Unis, Georges Eccarius, etc. Aux noms de ces personnages, qui eurent une grande importance dans la constitution et le développement de l’Internationale, il faut ajouter , comme ayant eu aussi une influence considérable, ceux de Varlin, dès le début, et plus tard de Bakounine. Pour rattacher entre elles les sections de l’association, établies dans les diverses locaiités, et pour les relier plus facilement au conseil général, on forma des conseils fédéraux ou fédérations, comprenant un certain nombre de sections , et envoyant chaque mois un rapport au conseil général.
Ainsi organisée, l’Internationale grandit rapidement, par une propagande active et par le ‘ecours qu’elle prêta aux ouvriers pour soutenir les grèves, On vit sa main dans la plupart des grèves qui signalèrent l’année 1869, et surtout en Frauce dans celles du Creuzot. C’est en Suisse qu'elle s'établit le plus promptement. La Belgique ne tarda pas à suivre cet exemple. Il se forma aussi de nombreuses fédérations en Espagne. Des sections s’établirent en Hollande et en Italie. Les Trades-Unions d'Angleterre, les Labour-Union des États-Unis, les associations ouvrières de la Prusse et de l'Autriche s’affilièrent à l’Internationale. En France, elle se trouva aux prises avec les lois contre la liberté de réunion et d’association, et des poursuites judiciaires firent avorter d’abord les tentatives faites pour l'y établir ; mais, en 1870, elle y prit en peu de temps le plus large développement.
Le second congrès de l'Internationale se tint à Lausanne, en 1867 ; le troisième, à Bruxelles, en 1868 ; lequatrième à Bâle, en 1869. Dans ces réun'ons, on discuta les moyens de lutter contre le capital, et les diverses questious qui intéressaient spécialement les travailleurs; on aborda aussi divers problèmes sociaux et même des questions purement politiques. Cependant il paraissait sage aux principaux membres de l’association de ne point la détourner de son but, et de ne pas en compromettre le succès par des actes qui pourraient soulever l’animosité des gouvernements. À ceux même qui rêvaient pour elle un rôle politique dans l'avenir le moment semblait encore fort éloigné où elle serait appelée à le jouer. Mais les déchirements intérieurs qui suivirent en France, au commencement de 1871, la guerre contre les Prussiens, parurent aux meneurs de la fédération parisienne une occasion trop favorable pour ne pas tenter de réaliser leurs rêves; à l’aide du Comité central de la garde nationale, dont ils étaient les maîtres, ils firent l'insurrection du 18 mars. Cette insurrection, dans laquelle ils obtinrent un triomphe facile, fut leur perte. Sans parvenir à garder la direction de la Commune, qui passa aux Jacobins, ils furent cause que le nom de l’Internationale se trouva lié aux faits les plus épouvantables de cette époque néfaste, et que cenom devint un objet de terreur pour l'univers entier; des lois furent édictées contre elle dans divers pays, et particulièrement en France. D'un autre côté, la dissolution se mit dans les rangs de l’association.
Au congrès de septembre 1872, qui se tint à la Haye, les politiques ou blanquistes demandèrent l’organisation politique du prolétariat, la destruction des classes bourgeoises, l'établissement de la Commune, et réclamèrent un témoignage de sympathie en faveur de l'insurrection du 18 mars; mais ils furent batius par l'élément purement socialiste. Karl Marx, qui en était le chef, après avoir fait exclure de l’association Bakounine avec les nihilistes, l’emporta aussi sur les politiques et ohtint que le conseil général fût transféré à New-York. La scission devint plus profonde encore, l’année suivante, à Genève; il s’y tint, en septembre, deux congrès distincts, presque en mên'e temps, l’un des internationaux, dit fédéralistes, sous l’inspiration de Bakounine, l’autre des internationaux, dits autoritaires, sous celle de Karl Marx. Ainsi, en sortant, après quelques années d'existence, du programme qu’elle s'était tracé au début, l'Association internationale des travailleurs semble s'être pour jamais suicidée.
INTERNE. Ce mot, dérivé du latin, est recu en français, tantôt comme adjectif, tantôt comme substantif. Dans la première de ces acceptions, il sert à désigner en général tout ce qui est au-dedans, ainsi que l’adjectil externe exprime tout ce qui est au dehors. C’est ainsi qu’on a partagé l’art de guérir en deux divisions principales : la pathologie interne, ou médecine, selon l’acception commune, et la pathologie externe, ou chi rurgie.
Employé comme substantif, le mot interne, pris isolément, désigne les étudiants qui demeurent dans les écoles, les pensions, les colléges, les établissements destinés à l'instruction de diverses connaissances. C’est par ce nom qu’on distingue les élèves attachés au service des hôpitaux civils, où ils montent tour à tour la garde, font les pansements, et pratiquent les opérations chirurgicales qui sont les plus simples, où ils sont en outre chargés de suivre les visites des médecins et chirurgiens, afin d'enregistrer leurs prescriptions d’aliments, de médicaments, et leurs observations relatives aux maladies. Leur service, enfin, équivaut à celui des chirurgiens sous-aides dans les hôpitaux militaires. Ces places, qui s’acquièrent par la voie des concours , excitent vivement l'ambition des étudiants zélés, parce qu’elles accroissent beaucoup les moyens d'instruction, en facilitant l'étude de l'anatomie normale et pathologique, ainsi que celle de la médecine clinique. Assi les internes des hôpifaux de Paris et ceux de l’école pratique composent-ils
Pélite des étudiants, et tout démontre aujourd'hui l'avantage de cette institution. L'emploi d’interne, enfin, est si important pour les études médicales, qu’on devrait imposer aux élèves cette condition indispensable, à laquelle ils peuvent satisfaire dans toutes les villes.
On distingue encore par le même nom , dans les colléges, comme dans les pensionnats, les élèves qui demeurent dans ces établissements d'avec ceux qui n’y passent qu’une partie de la journée, étant logés et souvent mème nourris au dehors.
D' CHARBONNIFR.
INTERNEMENT , INTERNÉ. L’internement est une sorte de haute surveillance administrative, mise en pratique après les événements de 1851, et qui consiste à imposer à la personne désignée le séjour d’une ville ou d’un endroit plus ou moins limité, avec l'obligation de se montrer aux autorités certains jours et à toutes réquisitions. En cas de contravention, l’interné peut être éloigné de France. Des commissions spéciales ont placé les suspects dans différentes catégories, dont l’internement est une série. Pour sortir du département l’interné a besoin de l’autorisation du ministre, sauf certains cas d'urgence.
INTERNONCES. C'est le titre que portent les ambassadeurs accrédités par le pape auprès des petites cours étrangères ou auprès des gouvernements républicains, à la différence des nonces, qui sont accrédités auprès des grandes puissances. L’ambassadeur d'Autriche à Constantinople porte aussi le titre d’internonce.
INTERPELLATION, Dans le droit parlementaire, l’interpellation est une question faite aux ministres sur un point ordinairement en dehors de la discussion des lois, mais touchant la situation extérieure ou intérieure du pays, l'exécution des lois, etc. En général, le membre qui veut adresser une interpellation à un ministre dépose d'avance l’objet de sa demande, et l’assemblée fixe un jour pour le développement des interpellations. 11 est bien rare que ces discussions aboutissent à rien de définitif; mais elles ont l'avantage de faire connaître au pays la situation de ses affaires. Les interpellations sont fréquentes dans les pays libres. Supprimé en France à la suile du coup d’État bonapartiste, l’usage en fut rendu en 1866, mais avec des restrictions considérables. Dans l’Assemblée nationale de 1871 il a été repris dans toute son intégrité, comme avant le 2 décembre. FT
INTERPOLATION (| Diplomatique), introduction subreptice, dans un manuserit ancien, d’un ou plusieurs mots, une ou plusieurs phrases, et même de chapitres entiers, n’appartenant pas à l’auteur primitif de l’œuvre, et placés ultérieurement dans le texte comme en faisant partie, genre d’altération qui a souvent exercé la sagacité des critiques et la témérité des amateurs de paradoxes. Les premiers, tels que Saumaise et Casaubon, épurant les textes, les ont souvent dépouillés, avec bonheur, d’interpolations évidentes. Les seconds, comme le père Hardoin, ont traité sans pitié d’interpolations tout ce qu'ils ne compreñaient pas, ou tout ce qui s’accordait mal avec leurs systèmes arrêtés d’ayance.
Diverses causes ont donné naissance aux interpolations. Tantôt, mais rarement, la prétention déplacée d’un copiste ignorant , jaloux d’ajouter quelque chose de son cru au texte de l’auteur qu’il transcrivait; tantôt, et plus fréquemment, sa méprise en insérant la glose dans le texte eten prenant la note explicative d’un commentateur, écrite à la marge d’un manuscrit, pour une phrase de l’œuvre, omise par inadvertance. Viennent ensuile les infidélités commises de propos délibéré, dans quelque intérêt plus grave. Aucun ouvrage ne fut plus en butte à ce genre d'interpolations que les poëmes d' Homère. Le texte de la Bible n'est lui-même admis d'une manière uniforme ni par les juifs, ni parles chrétiens, ni même par différentes communions chrétiennes.
INTERPOLATION (Mathématiques ). Lorsqu'en astronomie, en physique, on a fait un cerlain nombre