HESSE — HESSE-CASSEL
dont les plus puissants furent les Conrad. Lors de la-chute des Carlovingiens, cette race parvint à la dignité de duc des Francs, en la personne de Conrad 1°, et bientôt après à Ha couronne impériale. La mort de Conrad et de son frère, arrivée sans qu’ils laissassent de postérité, n’eut pas précisément pour résultat de détruire le duché des Francs ; mais ja puissance des ducs cessa dès lors de s'étendre sur la Hesse, où s'élevèrent diverses dynasties de souverains et de comtes, dont les plus puissants furent les comtes de‘Gudenberg. Par son mariage avec la fille unique et héritière du dernier de ces comtes, Geiso 1V, le landgrave de Thuringe Louis I°° hérita du comté dc Gudenberg ; et tous les seigneurs de la Hesse le reconnurent alors pour leur souverain. La race de celui-ci s’éteignit en 1247, en la personne de Henri de Raspe, et sa nièce, Sophie, fille du landgrave Louis le Pieux et épouse du duc Henri de Brabant, éleva des prétentions à l'héritage de la Thuringe et de la Hesse. A la suite de luttes longues et sanglantes, soutenues contre son rival, le margrave Henri l’Illustre de Misnie, fils d’une sœur de Henri Raspe, un compromis conclu en 1263 lui adjugea la Hesse. Le fils de cette Sophie, Henri 1°", dit l'Enfant, souche de la maison de Hesse qui subsiste encore de nos jours, s'établit à Cassel, où avait résidé jadis la dynastiedes Conrad, conserva le titre de landgrave, qu'il tenait du chef de sa mère, et fut reconnu en cette qualité comme prince de l’Empire. Ses descendants accrurent peu à peu leurs possessions, par des acquisitions hors de la Hesse et même sur les bords du Rhin; maïs tous les efforts qu’ils tentèrent pour revendiquer feurs droits à l'héritage du Brabant demeurèrent infructueux. ; A la mort de Henri 1°, en 1309, un partage de ses États eut déjà lieu entre ses deux fils, Othon et Jean. Les deux lignes collatérales qu'ils fondèrent et leurs divers rameaux se trouvèrent de nouveau confondus , en l’année 1500, en la personne de Guillaume II, lequel mourut en 1509, laissant à son fils unique, âgé alors de cinq ans seulement, Philippe 1°" le Magnanime, la souveraineté de tout le pays de Hesse, Pendant la minorité de ce prince, ses États furent gouvernés par une régence, composée de gentilshommes, puis par sa mère, d'accord avec la diète du pays. Mais les troubles auxquels lPAllemagne était en proie déterminèrent dès 1508 l’empereur Maximilien à déclarer le jeune landgrave majeur, Il prit une part active à la guerre ditedes Paysans, à l'œuvre réformatrice de Luther et aux luttes de la ligue de Schmalkade. Il consacra à fonder l’université de Marbourg les biens confisqués des couvents, et mourut en 1567. Par son testament, daté de 1562, il avait précédemment partagé ses États entre ses quatre fils : Guillaume, Louis , Philippe et Georges. Philippe étant mort en 1583 et Louis en 1603, tous deux sans laisser de postérité, il ne resta plus alors que les deux lignes principales, Hesse= Cassel et Ilesse-Darmstadt; la dernière est la seule régnante, la première ayant été dépossédée en 1866. HESSE (Azexanpre), peintre, né en 1806, à Paris, est le fils de J.-Henri HESsE, qui sous l'Empire s’est fait connaitre par un grand nombre de portraits en miniature et à Paquarelle. M, Alexandre Hesse, entré chez Gros en 1821, puisa dans la fréquentation de ce maître célèbre un vif amour pour la couleur, 11 donna un intéressant spécimen de son talent dans un tableau exposé en 1833, les Honneurs Junèbres rendus au Tilien, dont le succès ne fut pas contesté, Cette composition, qui fait partie de la collection de M. Delessert, posa d'emblée M. Hesse comme un coloriste de la meilleure école. Mais les réputations acquises en un jour se conservent malaisément. Dans le Léonard de Vinci (1836), dans les Pécheurs catalans et la Jeune Arlésienne (1844), on ne vit rien qui répondit aux promesses du début. Les portraits de femme que M. Hesse exposa à diverses reprises furent, d’un commun accord, jugés durs, secs et sans vie. Préoceupé par le souvenir de son premier succès, l'artiste voulut donner dans le Triomphe de Pisani (1847) un pendant aux Funérailles du Tilien, Bien que ce tableau ait
été acquis pour le musée du Luxembourg, M. Hesse trouva des critiques moins complaisants qu'en 1833. Ce n’est pas que Pisani fût inférieur aux Funérailles du Tilien; mais quatorze années s’élaient écoulées, et pendant ce temps l’école avait fait dans le coloris et le clair-obscur des progrès rapides ; le public, de son côté, avait un peu étudié les maitres et était devenu plus difficile. Le titre glorieux de dernier Vénilien, que les journalistes avaient accordé à M. Hesse, sans doute parce que ses tableaux étaient signés et datés de Venise, lui fut cette fois contesté. C'était en effet un étrange éloge pour un peintre qui ignore à ce point les transparences des demi-teintes et semble se complaire aux ombres lourdes et noires. Dans les Funérailles du Tilien comme dans le Triomphe de Pisani, il y a absence complète de mouvement. Si agitées que paraissent les figures , elles ne vivent pas, elles sont de bois sous leurs spiendides étoffes , et l’auteur les a plutôt juxtaposées que groupées. Le pinceau de M. Hesse est extrémement soigneux, Il sait trouver des {ons intenses et brillants, mais sa touche est d’une dureté sans égale : aussi les vêtements dont ses personnages sont couverts n’ont-ils pas plus de réalité que de souplesse. Doué d’une patience infinie, M. Hesse a le travail très-lent, et de tous les peintres actuels c’est celui qui à le moins produit, 1] a succédé, en 1867, à Inzres, dans l’Académie des Beaux-Arts. Son oncle, Nicolas-Auqustle HESse, né en 1795 et mort en 1869, avail sigé dans la même Académie à la place de Delacroix. Ses meilleurs ouviages se trouvent dans les églises de Paris : ils se distinguent par un profond sentiment religieux, de la simplicité et de l'ampleur.
HESSE-CASSEL (Électoratde) ou HESSE-ÉLECTO - RALE, ancien État d'Allemagne, réunien 1866 à la Prusse, confine, au nord, à la province prussienne de Westphalie et à la principauté de Waldeck; à l’ouest au grand-duché de Hesse-Darmstadt, au Nassau, à l'ex-ville libre de Francfort ; au sud, à la Bavière ; à l’est au grand-duché de Saxe-Weimar, à la Saxe prussienne et au Hanovre. Sesenclaves, séparées du groupe principal et disséminées au milieu de divers États voisins, étaient le grand comté de Schaumbourg, la seigneurie de Schmalkalde, une portion de l'ancien comté de Henneberg, etc.
La Hesse-Cassel forme aujourd’hui une province prussienn, mesurant une superficie totale de 9,53 kilom. carrés, el distribuée en 4 cercles ou arrondissements : que l'on nomine la Basse-Hsse, la Hesie-Supérieure, Fulda etS:hmalkalde, Hasau. La plus grande part e du s0. i esois occupe le centre du plateau de l'Allemagne. Elle forme une plaine onduleuse, entrecoupée par un grand nombre de crêtes montagneuses, dont la hauteur varie entre 4 et 700 mètres. Les cours d’eau les plus importants qui l’arrosent sont la Werra, qui ne parcourt qu’un petit nombre de parcelles; la Fulda, qui dans tout son parcours appartient presque exclusivement à lélectorat, et qui a pour affluents l’'Edder et la Schwalm; le Weser, provenant de la jonction de la Werra et de la Fulda, qui tantôt sert de frontière au pays et tantôt traverse une petite partie du terriloire ; le Main, qui sert de limites au cercle de Hanau du coté de Hesse-Darmstadt, avec ses alfluents la Kinzig et la Nidda; enfin, la Lahn, avec ses affluents l'Ohm et la Wohras.
Le sol est presque partout fertile, et produit une grande quantité de céréales de toutes espèces , jusqu’à de l'épeautre et du maïs, de plantes légumineuses, notamment des fèves, beaucoup de tabac (environ 20,900 quintaux ), du lin et des fruits excellents, Des forêts en couvrent un bon tiers. L'éducation du bétail, notamment des moutons et du porc, y donne des produits importants. En fait de productions du règne minéral, on y trouve du cuivre, du plomb, du cobalt, du vitriol, de Palun, de l'argile et surtout de la houille ainsi que du sel gemme. En fait de sources minérales, il faut citer Schwelheim , Wilhelmsbad , Rodenberg et Nenndorf. Après la culture du sol et l'élève du bétail, les principales industries sont, dans la Haute ef la Basse-