‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 31 sur 522 · HESPÉRIDES — HESSE · texte numérisé non relu

HESPÉRIDES — HESSE

| teurs Jardins des pommes d’or que, lors de son mariage avec Zeus (Jupiter), Hérê (Junon) reçut en cadeau de noces de Gæa (la Terre). Les Jardins des Hespérides étaient, suivant Apollodore, situés sur le mont Atlas, dans le pays des Hyperboréens, et suivant la tradition la plus ancienne, rapportée par Hésiode, tout à l'extrémité occidentale du monde. Hercule rapporta les pommes d’or à Eu rysthée, qui lui en fit présent. Mais, au lieu de les garder, Hercule les donna à Minerve, qui les rapporta aux lieux où elles se trouvaient auparavant. Ce fut aussi avec une de ces pommes d’or que la Discorde brouilla les trois grandes divinités, qui décidèrent entre elles de s’en rapporter au jugement de Pâris. On peut voir dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions une longue dissertation de labbé Massieu, qui nous apprend que les Hespérides avaient pour voisines les Gorgones, et qui discute savamment la question de savoir si les fameuses pommes d’or étaient des citrons, des oranges ou bien des coings.

HESPÉRIE (Æesperia, l'occidentale), nom donné d’abord par les Grecs à l’Italie (voyez Hesrerus) , puis plus tard à l'Aispanie, quand ils eurent poussé leurs expéditions plus à l’ouest.

HESPERUS, HESPER ou VESPER en (grec "Ecrepos, Pétoile du soir, de éoméox, le soir). C'était, suivant Hésiode, l’un des fils d’Astrée et de l’Aurore. D’après une autre tradition , c’était le père des Hespérides, le fils d’Atlas et un astronome distingué. Étant monté au haut de l’Atlas pour y observer le cours des astres, une tempête l’en précipita dans un abîme, et on ne le revit plus jamais. On lecrut métamorphosé en étoile; et ce fut pour horiorer sa mémoire qu’on donna son nom à la plus belle d’entre les étoiles. Hyginus rapporte qu'il était fils de l’Aurore et de Céphale, et si beau, qu’il put disputer le prix de la beauté à Vénus elle-même ; de là le nom de Vénus donné aussi à cette étoile, D’après une autre version , Atlas aurait chassé de ses États son fils Hesperus, qui se réfugia alors en Italie, contrée qu’en conséquence on nomme aussi queiquefois Hespérie.

Cette étoile, qui n’est autre que la planète Vénus, paraît tantôt le soir, tantôt le matin. Comme étoile du matin, elle avait reçu des anciens le nom de Zucifer. Dans nos campagnes on l’appelle encore l’éfoile du Berger.

HESS (CuarLes-ERNEST-CRiSTOPHE), graveur célèbre, né en 1755, à Darmstadt, eut à lutter contre bien des oba stacles, dont sa mysère n’était pas le moindre, avant de pouvoir se livrer à l’étude des arts, vers laquelle il se sentait irrésistiblement entraîné. C’est à Manheim qu’il apprit les premiers éléments de la gravure ; et une Scène de Chasse qu'il exécuta pour l’électeur de Bavière lui valut la protection de ce prince. En 1776 il alla se perfectionner à Augsbourg; et l’année suivante il accepta l'invitation qui lui fut faite de se rendre à Dusseldorf pour y travailler à la grande gaierie de Krahe. La première planche de ce recueil, qu’il exécuta d’après Rembrandt, obtint un tel succès qu’il fut élu membre de l’Académie; et en 1782 l'électeur lui donna le titre de graveur de sa cour. En 1787 il entreprit le voyage d’Italie, et se lia à Rome avec Hirt, Herder, Gœthe et Schlegel. Quand, en 1782, l'Anglais Green résolut de continuer la galerie de Dusseldorf, Hess et Bartolozzi furent appelés à y travailler. Hess, pour sa part, exécuta l’Ascension de la Vierge Marie, d’après le Guide, Le Charlatan, d’après Gérard Dow, l’un des chefs-d’œuvre de la gravure, le

Portrait de Rubens, et celui de la femme de Rubens, re- |

gardé comme la meilleure gravure au pointillé qu’on possède. Nous citeronsencore de cet artiste une Sainte Famille d’après Raphaël, et la scène célèbre du Jugement dernier, d’après Rubens Quand la galerie et l’Académie de Dusseldorf furent transférées, en 1896, à Munich, Hess y obtint également une position honorable; et parmi les planches qu'il grava dans cette capitale, nous mentionnerons plus particulièrement le Saint Jérôme, d’après Palma, l’Adoration

du divin Agneau, d'après Van Eyck, œuvre de sa vieil-

lesse, et enfin son dernier ouvrage, le portrait en pied du DICT. DE LA CONVERS. — T, XIe

roi Maximilien, d’après Stieler, Cet artiste mourut à Munich, le 25 juillet 1828, laissant trois fils, nés à Dusseldorf, et qui se sont fait aussi un nom distingué dans les arts : l'aîné, Pierre Hess, né en 1792, mort en 1871, comme peintre de genre et de batailles (Nicolas le fit venir en 1839 èn Russie, où il peisnit une suite de scènes grandioses relatives aux événements de la guerre de 1819); le second, Henri Hess, né en 1798, mort en 1863, peintre d'histoire et bon portraitiste, depuis 1826 professeur de peinture à l'école des beaux-arts de Munich, puis directeur des musées royaux; le troisième, Charles Hess, peintre distingué de genre et d’animaux, né en 1801, et qui a reproduit avec autant de vérité que de poésie les scènes de la vie alpestre.

HESS (Henri, baron DE); général autrichien, est né

à Vienne, en 1788. En 1805 il entra comme enseigne dans le régiment d'infanterie du comte Gyulay, et tant que dura la paix il fut employé soit à l’état-major général, soit à des opérations trigonométriques. Il fit la campagne de 1809 avec le grade de premier lieutenant, et se signala à la bataille de Wagram. A la conclusion de la paix, il retourna à ses travaux scientifiques; mais lorsque la guerre de 1813 éclata, il rentra en activité comme capitaine d’état-major. Après la campagne de 1814, où il se distingua et fut décoré d’ordres autrichiens, prussiens, russes, il fut élevé au grade de major et attaché au bureau de la guerre. Depuis 1817 il fut chargé du commandement de divers régiments. En 1829 il passa colonel, et l’année suivante il fut mis à la tête de la division de l'état-major général auprès du corps mobile dans la Lombardie, Il rendit dans ce poste d’éminents services, par les soins qu'il apporta à l'instruction des troupes, en sorte que dès lors il passait pour un des meilleurs officiers de l'armée autrichienne. En 1842 il fut promu au grade de feld-maréchal-lieutenant. C’est surtout dans la guerre de 1848 qu’il a trouvé l’occasion de déployer ses talents. Nommé, au mois de mai de cette année, quartier-maitre général auprès de l’armée d’Italie , il dirigea les opérations qui préparèrent le triomphe des armes de l'Autriche. Radetzky lui-même, dont il était le principal conseiller, se plut à le reconnattre en maintes occasions. C’est lui, par exemple, qui conçut et prépara les plans des opérations décisives des mois de juin et de juillet ; la marche sur Vicence, la prise de cette ville, les mouvements offensifs qui amenèrent la victoire de Custozza; c’est lui encore qui, après la défaite des Piémontais, signa l’armistice avec le général en chef ennemi. En récompense de ses services, Hess fut décoré par son souverain de l’ordre de Marie-Thérèse, et par l’empereur de Russie de celui de Saint-Georges. La guerre s'étant rallumée, Hess conçut le plan de cette glorieuse campagne de cinq jours, et l’exécuta avec une rapidité merveilleuse. Le vieux Radetzky lui-même avoua modestement que c'était à sen quartier-maître général que la gloire en revenait presque tout entière. A la suite de la campagne de 1849, Hess fut créé baron et élevé au grade de chef de l'état-major général de l’armée autrichienne. En 1859, il fut appelé à remplacer Giulay, qui venait d'être battu à Magenta, et dirigea les opérations de l’armée. Malgré la défaite de Solférino, il fut nommé feld-maré chal. 11 est mort, le 13 avril 1870, à Vienne,

HESSE (en allemand Æessen), contrée de l’Allemagne, habitée autrefois par les Kattes, et formant avant 1866, les trois Etats de Hesse-Cassel, Hesse-Darmstadt et

Hesse-Hombourg. Dès l'an 15 après J.-C. on voit les Kattes aux prises avec les Romains comreandés par Germanicus, qui détruisit leur chef-lieu, appelé par les historiens romams Martium. Pendant les siècles suivants ils se confondirent dans la ligue des Francs ; plus tard l’émigration des Francs en Belgique et dans le Gaules eut pour résultat de laisser la Hesse presque entièrement céserte jusqu’à ce qu’ils y eussent été remplacés par les Saxons, lesquels la divisèrent en gaus nombreux, qui à l’époque

| des rois Francs obéissaient tous . des comtes particuliers .

Page 1